Aujourd’hui, nous tenterons, à travers une bibliographie fournie, de répondre à la question suivante : comment changer le monde ? Faut-il user de la violence ou faut-il au contraire se foutre de tout et ricaner dans son coin ? (ouai je parle comme un prof de fac dégarni. Laissez-moi vivre okay)

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Pendant les vacances, en bon angoissé de la vie qui se respecte, j’ai essayé de respecter des règles strictes en matière de plan vigipirate afin d’éviter de périr dans un attentat pendant l’euro de foot. a) éviter le TGV b) éviter le métro c) éviter les mouvements de foule. C’est comme ça qu’un poisseux matin de juin, je me suis retrouvé dans un TER mettant 6h pour relier Paris à Lyon, en compagnie de Renard-bis. Parmi le tas de trucs que Renard-bis avait emporté avec lui (tampax extra larges, tabac à rouler, chaussures à la semelle décollée, paquet de chips), il y avait plusieurs tommes d’un manga japonais inconnu au bataillon : death note. Je me suis dit : quoi de mieux qu’un long voyage en train pour me goinfrer de lecture ? Et c’était parti.

L’histoire de death note est simple. Light Yagami, une tête d’ampoule un poil solitaire, trouve par hasard un carnet dans la rue. C’est le death note : un cahier qui tue les gens du moment qu’on y écrit leur nom. Au lieu de l’utiliser pour s’adonner à de viles vengeances de bac à sable (ce que je craignais en feuilletant les premières pages), Light décide qu’il va être un être noble et changer le monde. Il écrit donc le nom de quelques criminels connus, qui meurent aussitôt de crises cardiaques… conscient de son pouvoir, il entreprend alors d’épurer le monde du mal et de punir systématiquement par une mort subite tous ceux qui s’adonnent à des actes répréhensibles. Son objectif : que les gens, voyant le crime puni en direct, en viennent à s’autoréguler. Et ça fonctionne : peu à peu, la criminalité diminue au Japon… Alors ouai, on sait, c’est immoral de solutionner les problèmes par la peine de mort, hashtag badinter etc. Mais qui n’a jamais rêvé que les affreux qui nous gouvernent meurent, histoire de voir si ça serait pas mieux sans eux?

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« Violet Kahn était une de ces filles pulpeuses et précoces dotées dès l’adolescence d’une féminité explosive et trompeuse qui les avaient frustrées de maturité réelle. L’œil butait contre ce corps, ces seins, ces hanches et ces fesses tressautants – même l’œil bienveillant d’une sœur – et on se surprenait à fixer Violet, comme Marilyn Monroe, en pensant que derrière cette abondance de chair chaude et mammalienne, il y avait une personne – un être piégé et haletant. Si les yeux de Violet rencontraient les vôtres et s’y accrochaient, même fugitivement, vous saviez, et elle savait. Mais cela ne durait jamais. »

Autre lieu, autre époque, autre solution. Si vous en avez marre de vous faire siffler dans la rue et de vous faire pincer les fesses dans les transports en commun, pourquoi ne pas créer votre propre gang ? Un GANG DE FILLES ? Bah voilà, c’est l’histoire de Foxfire. Ça se passe dans les années 50 aux Etats-Unis. C’est Maddy qui raconte. Avec des copines du lycée, sous la direction de Legs Sadovsky, une grande perche casse-cou au physique intimidant, elles décident de mener des actions choc pour se venger de ceux qui leur ont fait du mal (surtout des hommes). Et de venir en aide aux plus démunis (chiots dans une animalerie, vieilles dames sans le sou, femmes enceintes célibataires). Bien sûr, ça finira mal (c’est toujours pareil quand on commence à se servir de la violence, ne vous faites pas d’illusions). Mais qui n’a jamais rêvé de dépouiller rouer de coups les vieux dégoutants qui offrent travail salarié dans leur usine contre massage de bite occasionnel à des jeunes filles sans le sou ?

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Bon je vous le dis tout de go : je ne suis qu’amour éternel pour le Lobe qui, sous les commentaires de la dernière liste de bouquins, m’a suggéré la lecture de Cavanna. C’est pas comme si je connaissais pas du tout Cavanna hein (au risque de me répéter, le Père, en bon lecteur de feu hara kiri, voue pour sa personne une admiration sans bornes). C’est juste que c’est gênant d’aimer les mêmes choses que ses parents, pas vrai ? Du coup Cavanna, je le tenais un peu à distance. Je me disais, c’est vrai qu’il a l’air rigolo, mais lui et moi, ça va pas coller à cause de ses blagues de fesse. Mais dans le fond je savais que ce n’était qu’une question de temps (la maturité de l’âge mûr ?) pour que je sois moi aussi un gros fan gluant.

Alors j’ai acheté les ritals et les russkoffs,  qui sont les deux premiers tommes de son autobiographie, et je les ai plus lâchés. Déjà, il y a eu un processus d’attachement bizarre. Pour une raison que j’ignore, je me sens tout à fait à mon aise dans les récits de vie qui se situent grosso merdo entre 1900 et 1950. Comme dans des grosses pantoufles bien confortables.  Genre l’enfance de Marcel Pagnol, d’Albert Camus… et maintenant de Cavanna. C’est étrange non ? Je sais pas si ça vous fait ça à vous aussi. Pour moi ces années-là sont limite plus « réelles » dans ma géographie mentale que ma propre enfance dans les années 2000. Mais le meilleur truc avec Cavanna, c’est qu’il grogne à peu près 24 heures sur 24 et ponctue la moitié de ses phrases par « tous des cons ». J’avoue que j’apprécie bien ça, et que ça me parait être une philosophie de vie des plus raisonnables :

« Sur la Marne, il y a aussi les pêcheurs. Des vieilles merdes qui louent un emplacement avec un piquet pour amarrer une barque plate, peinte en vert, aussi déprimante à voir qu’une pantoufle charentaise. Ils restent là, des plombes et des plombes, à guetter le bouchon, faut avoir de la purée de marrons à la place du cerveau. Et quand ils en sortent un, ces enfoirés, un gardon comme mon petit doigt, je me barre, je les fracasserais à coups de parpaing, je les balancerais à la baille, je sens la colère rouge qui monte. Pourriture de braves gens ! Ils te décrochent la bestiole, la gueule arrachée, la jettent dans le panier de zinc, et là, elle se tortillera bâillera étouffera pendant des heures, tout ça pour que des connards à bidoche grise, à bajoues et à mégot aient un peu de saine distraction au bon air ! J’ai essayé d’expliquer, une fois, à un jeune, donc moins con, que je croyais. Il m’a pris d’abord pour un dingue, puis pour une gonzesse, puis pour les deux à la fois… C’est quand même quelque chose, non ? Ils voient une rivière, belle, large, calme, pas trop de courant, des arbres autour, des fleurs, du soleil, un paradis. Ça devrait leur filer aussitôt l’envie de virer leurs loques et de plonger, quéquette au vent, dans cette extase, non ? Moi, en tout cas, c’est ça que ça me fait. Ces cons-là, non. Pensent seulement aux petites bêtes qui vivent là-dedans, pénardes, leurs vies de petites bêtes, et ne peuvent rien imaginer de plus excitant que de leur baiser la gueule avec leurs ruses et leur matériel, de les arracher hors de l’eau pour les laisser crever pendant des heures et les ramener, triomphants, à leur femelle, aussi grise, aussi moche qu’eux. Merde, crevez, affreux ! Vous salissez tout, vous chiez sur tout, vous changez tout en souffrance et en laideur, rien que pour vos petits plaisir merdeux de petits vieux qui se font chier. Ce monde n’est pas le vôtre, vous êtes des ratés, des brutes, des monstres, vous êtes pires que les vrais méchants : vous êtes les bons cons.

Je devrais pas m’énerver comme ça. »

(comme on le voit dans cet extrait, cette personne est végétarienne. Mais juste avant de mourir, son dernier souhait a été de boire une bière en mangeant du saucisson)

Un dernier truc qui m’a marqué. Dans les Russkoffs, Cavanna raconte pas mal d’évènements historiques ayant eu lieu pendant la seconde guerre mondiale : l’exode, le STO (il a été obligé d’aller travailler dans une usine de fabrication d’armes à Berlin), la débâcle allemande de la fin de la guerre. J’ai lu pas mal de livres sur cette période, et pourtant c’est la première fois que je lis un récit comme le sien. Il ne s’inscrit pas dans l’histoire avec un grand H : il ne choisit pas ses anecdotes de manière à ce qu’on sache d’avance qui sont les bons et les méchants (il égratigne tout le monde : les allemands bien sûr, mais aussi les français, les américains, les belges, les russes…). Il n’oriente pas son récit de manière à ce qu’on sache qui va gagner à la fin : on vit comme lui, au jour le jour, dans le flou. Et il n’insiste pas non plus lourdement sur les moments affreux ultra connus et documentés type bombardements, exécutions sommaires, antisémitisme ou viols de groupe. A la place, il raconte de manière très sincère, en n’oubliant rien, même les plus infimes trucs, ce qu’a été son quotidien et comment il s’est débrouillé avec tout ce qui arrivait. Avec plein de petits détails, sur ce qu’il mange, comment il s’habille, les expressions que les gens utilisent – que certains verront comme anecdotiques mais qui ont fait jouer à fond le processus d’identification chez moi (par exemple il raconte que dans son camp de travail, il y avait juste un gros wc pour tout le monde, qui consistait en une fosse rectangulaire remplie de caca, surmontée d’une unique planche. On s’accroupissait sur la planche pour faire caca. Un jour, alors qu’il laisse tomber une grosse crotte, il entend un gémissement étouffé en dessous : c’est le curé du camp qui a dû descendre dans la fosse chercher son portefeuille (qu’il avait perdu en baissant son pantalon), et qui vient de se recevoir ses excréments sur la tête…).

Je me demande souvent avec angoisse ce qu’il se passerait s’il y avait à nouveau la guerre, ou un évènement terrible qui ferait que le pays sombrerait dans le chaos le plus total. En lisant Cavanna je me suis rendu compte de ce à quoi ça ressemblerait, et son état d’esprit « ni collabo, ni résistant, juste anti-cons » m’a bizarrement réconforté. Je me suis aussi dit que si tout le monde était un peu anar comme lui on n’aurait pas tous ces problèmes.

Trois solutions possibles :

  1. Arrêter de s’acheter des vêtements
  2. Partir vivre en Norvège
  3. Faire des paris sportifs

Euro de foot oblige, nous allons parler aujourd’hui du petit c.

Bon alors je vous vois déjà grogner d’avance dans vos chaumières tels les crypto-féministes-végétariens que vous êtes : « l’Euro de foot say nul, les joueurs sont trop payés, leurs coupes de cheveux sont moches, où sont les femmes, encore du pain et des jeux pour distraire le peuple des vrais problèmes, 11 crétins en short qui courent derrière un ballon si c’est pas un scandale ça alors qu’on parle si peu du tir à l’arc » ETC ETC. Mais je ne m’abaisserai pas à rentrer dans le débat « pour ou contre » car je crois bien que vous avez tous des hémorroïdes.

Pendant le tournoi, avec mon mâle, on a décidé de se lancer sur la dangereuse pente du vice et de l’endettement en commençant à faire des paris sportifs. Les paris sportifs, c’est trop bien parce que ça nécessite d’aller au PMU. Le PMU : le lieu interdit de mon enfance, où renard-mère ne laissait jamais trainer sa progéniture – un local rempli de cigarettes gauloises, de machins à gratter, de néons violets et de gros monsieurs tout rouges à chemise à carreau marronnasse fixant d’un œil débonnaire l’écran de télé en haut à gauche tout en lapant une bière blonde couleur pipi. Un endroit fantastique quoi.

Après avoir fait chier la femme du buraliste pendant 30 minutes avec nos questions de jeunes chiots surexcités (est-ce que les femmes de buralistes sont spécifiquement payées pour avoir l’air ennuyé en toutes circonstances ?), nous avons parié à 1 contre 5 que le Pays de Galles ratatinerait la Belgique en quarts de finale. J’avoue, c’était un peu facile : on aime pas les belges (ils sont un peu bêtes une fois) et dans l’équipe du Pays de Galles il y avait Gareth Bale. Résultat : gain de 20 euros (on avait misé 5 euros, ce qui est certes petite bite, mais vous connaissez beaucoup de placements financiers avec un tel rendement vous ?).

Puisqu’on était partis sur notre lancée, à savoir celle de l’argent facile [d’ailleurs à ce propos j’aimerais bien que vous me disiez ce que vous feriez si vous gagniez au lotto vous. Moi j’en profiterais pour aller faire mes courses du mois à Biocoop, et je pourrai enfin acheter les fraises à 8 euros sans me faire mordre par mon mâle (toi-même tu sais)], j’ai proposé que nous parions pour l’Islande au prochain quart de finale. Avec une cote de 7 contre  1 en faveur de la France, franchement, ça valait le coup. Mais je me suis pris un coup de gourdin sur la tête et me suis vu accusé de « faire de l’anti-France » (expression drôle quand c’est marine le pen qui brâme sur France Inter le matin mais nettement moins plaisante quand vous vous la prenez directement dans le museau). Ça, c’était le début des tensions. Parce que comme je suis un animal susceptible ET vénal, j’ai bien sûr misé mes 5 euros contre la France quoi qu’il arrive – et je les ai perdus (la fameuse dérouillée du 5-2).

Suite à ça, il y a eu Portugal vs Pays de Galles en demi-finale. Là j’avoue, je sais pas quelle mouche m’a piqué mais j’ai eu envie de prendre la défense des portugais. Peut-être parce que dans un coin de ma tête j’avais pas encore intégré que Cristiano Ronaldo, c’était pas le Ronaldo brésilien de France 98 (trop chou avec ses dents écartées). Et que merde quoi on pourrait bien se serrer les coudes entre sudistes & pays en crise contre nos ennemis historiques (les anglais). Alors : je sais pas si vous avez déjà essayé ça chez vous, mais il semblerait que ça soit une règle mathématique universelle : si vous dites à votre mâle que vous soutenez le Portugal, vous êtes bons pour une séance de brâme 15 jours non-stop. Son argument phare, c’était : « tu peux pas trouver Ronaldo chou, il a une marque de SLIPS ».

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Remarquez, j’aurais dû résister tel Victor Hugo dans la tempête parce que si j’avais poussé l’anti-france jusqu’au bout, je me serais fait des couilles en or avec la finale. Mais que voulez vous, je suis faible et moi aussi j’ai cru qu’on allait le gagner, cet euro…

Il y a pas de chute à cet article (c’est l’été et j’ai le coussinet détendu). La prochaine fois, je vous expliquerai comment faire pour voler des trucs chez Zara et H&M encore un que les boches n’auront pas sans se faire gauler.

« Nous ne voulons pas d’un monde où la certitude de ne pas mourir de faim s’échange contre le risque de mourir d’ennui. »

– citation adolescente retrouvée lors de la relecture de vieux journaux intimes

Salut les saucisses…

Suite à l’introduction du stop internet (cf article ci-dessous), deux choses notables se sont produites :

  1. J’ai enfin trouvé le responsable de l’odeur de rat mort qui régnait dans l’appart depuis le début du mois d’avril (pour info c’était un bout d’ail moisi abandonné par colloc Philippe-trompette dans un recoin sombre de son placard, entre 2 paquets de chips au fromage et un sachet de nouilles chinoises lyophilisées)
  2. Je me suis mis à lire plus de livres et me suis dit qu’il était grand temps de revenir à l’alpha & l’oméga de ce blog, à savoir les LISTES DE LECTURES. Alors ce mois-ci je vous conseille :

Americanah

En ce moment je suis dans ma période « je viens du sud et par tous les chemins » et du coup je suis un peu obsédé par les histoires d’immigration et d’appartenance. Ça a commencé avec une interview d’Houria Boutelja sur Hors-Série, au sujet de son livre « les blancs, les juifs et nous : vers une politique de l’amour révolutionnaire ». Et ça a continué avec Americanah. Le seul problème avec ce livre, c’est le nom de l’auteur. Si quelqu’un vous demande « c’est de qui ? », vous allez vous retrouver automatiquement dans la situation du blanc dont le livre se moque, à savoir une personne incapable de prononcer correctement les noms de famille à consonance étrangère (ce qui est à la fois rigolo et culpabilisant).

Americanah, c’est l’histoire d’Ifemelu, qui quitte le Nigeria après le lycée pour aller étudier aux États-Unis en laissant son amoureux Obinze sur place. Ce qu’il y a de bien avec le personnage d’Ifemelu, c’est qu’il n’est pas politiquement correct. Elle passe son temps à disséquer les comportements des noirs et des blancs avec sens critique élevé, sarcasme et ironie (en bonus, de petits arguments percutants à opposer aux gens qui parlent du racisme anti-blanc ou du problème avec les quotas).

« Plus tard, elle lut ses articles dans le Nigerian Village, tous acerbes et véhéments, signés « Comptable igbo du Massachussetts », et elle fut surprise par l’abondance de sa prose, et l’énergie qu’il déployait dans des débats vides de sens. Il n’était pas retourné au Nigeria depuis des années et peut-être avait-il besoin du réconfort de ces groupes d’internautes, des petites remarques qui fusaient et explosaient en attaques personnelles, des insultes qui volaient de part et d’autre. Ifemelu en imaginait les auteurs, des Nigérians habitant de sinistres maisons en Amérique, leurs vies écrasées par le travail, économisant toute l’année afin de pouvoir passer une semaine au pays, en décembre, arriver avec des valises pleines de chaussures, de vêtements et de montres bon marché, et voir, dans le regard de leurs familles, une image exaltée d’eux-mêmes. Ensuite ils retournaient en Amérique pour défendre sur Internet les mythologies de leur pays, car leur pays était maintenant un endroit indistinct entre ici et là-bas et, sur le Net au moins, ils pouvaient ignorer à quel points ils étaient devenus insignifiants »

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Livre TROP COOL acheté sur conseil de Caroline. J’ai lu les premiers chapitres dans un état d’euphorie palpable, me reconnaissant dans toutes les pages (je me demande d’ailleurs comment Jeffrey Eugenides, qui est un mâle, peut aussi bien connaitre les tourments de l’âme féminine post-adolescente) (je le soupçonne d’avoir un espion infiltré sur place). Comme dans Americanah, c’est une histoire écrite à plusieurs voix : on y suit un trio amoureux : Madeleine, Léonard et Mitchell (je vous avoue que je n’apprécie pas ce dernier personnage car je préfère les mâles torturés ok).

« Madeleine se pressa de gagner l’escalier du fond, avec à l’esprit ce qu’elle pensait toujours en ce qui concernait les fraternités et les garçons qui en faisaient partie : que l’attrait qu’elles avaient pour eux provenait d’un besoin primitif de protection (à l’image des hommes de Neandertal ligués en clans les uns contre les autres) ; que les épreuves de bizutage imposées aux nouveaux en période d’essai (abandonnés, nus et les yeux bandés, dans le hall du Baltimore Hotel, avec un ticket de bus scotché aux parties génitales) mettaient en scène les peurs mêmes de sodomie forcée et d’émasculation dont l’affiliation promettait de les protéger ; qu’un garçon aspirant à faire partie d’une fraternité souffrait de complexes qui empoisonnaient ses relations avec les femmes ; que des garçons homophobes qui centraient leur vie sur un lien homoérotique avaient un sérieux problème ; que les maisons bourgeoises louées depuis des générations grâce aux cotisations des membres étaient en réalité des lieux dédiés à la consommation d’alcool et aux abus sexuels ; que ces tanières sentaient toujours mauvais ; que s’y doucher était inenvisageable ; que seules les filles de première année étaient assez stupides pour aller aux soirées qui y étaient organisées ; que Kelly Traub avait couché avec un membre de Sigma Delta qui ne cessait de répéter : « Là tu la vois, là tu la vois plus, là tu la vois, là tu la vois plus », qu’à elle, à Madeleine, jamais une chose pareille ne lui arriverait »

Le premier homme

J’ai piqué le bouquin en fourbe dans la bibliothèque de la grand-mère de mon mâle (à la place je lui ai refourgué « profession du père » de Sorj Chalandon parce qu’il prenait trop de place dans mon sac. Ensuite j’ai mis des milliers de kilomètres entre nous afin de ne pas être dans les parages lors de la découverte de mon méfait).

Albert Camus, c’est un peu mon chouchou (et oui, cette phrase est ridicule). Quand j’avais 17 ans, comme tous les lycéens de terminale découvrant l’existentialisme, j’étais fan de Sartre mais avec le temps l’animal m’a ennuyé. Je trouve Camus plus intéressant car il ne fait pas la morale. Le premier homme est un livre un peu spécial, le genre qu’on lit avec une indulgence et une affection particulière, car il a été publié après la mort de son auteur (le manuscrit était avec lui dans sa voiture accidentée, et il n’avait pas terminé de travailler dessus. Le texte a donc été publié en version « inachevée », avec notes de bas de page indiquant les passages ou les mots que Camus pensait modifier). Le livre a un côté simple, très Marcel Pagnol dans le récit d’une enfance à Alger, et en même temps un côté mystique car on a la chance de lire un quasi premier jet – et qui écrit des premiers jets aussi beaux ? (pas moi en tout cas)

« Tous les jours, à la saison, un marchand de frites activait son fourneau. La plupart du temps, le petit groupe n’avait même pas l’argent du cornet. Si par hasard l’un d’entre eux avait la pièce nécessaire, il achetait son cornet, avançait gravement vers la plage, suivi du cortège respectueux des camarades et, devant la mer, à l’ombre d’une vieille barque démantibulée, plantant ses pieds dans le sable, il se laissait tomber sur les fesses, portant d’une main son cornet bien vertical et le couvrant de l’autre pour ne perdre aucun de ses gros flocons croustillants. L’usage était alors qu’il offrît une frite à chacun des camarades, qui savourait religieusement l’unique friandise chaude et parfumée d’huile forte qu’il leur laissait. Puis ils regardaient le favorisé qui, gravement, savourait une à une le restant des frites. On suppliait le repu de bien vouloir les partager. Et la plupart du temps, sauf s’il s’agissait de Jean, il dépliait le papier gras, étalait les miettes de frites et autorisait chacun à se servir, tour à tour, d’une miette. Il fallait simplement une « poire » pour décider qui attaquerait le premier et pourrait par conséquent prendre la plus grosse miette »

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“Si vous voulez devenir écrivain, il y a avant tout deux choses que vous devez impérativement faire: lire beaucoup et beaucoup écrire. Il n’existe aucun moyen de ne pas en passer par là »

Livre commandé sur les conseils de citron g, et qui m’a tellement galvanisé que j’ai grabouillé environ 80% des pages de notes enthousiastes. Pourtant, je ne suis pas ultra fan de Stephen King (je suis trop trouillard pour lire des romans d’épouvante). Mais dans ce bouquin, le petit Stephen se révèle être un animal étonnamment attachant : a) il est toujours amoureux de sa copine de fac b) il mène une vie d’une routine rassurante, bien loin des mœurs dissolues des auteurs à la mode (suivez mon regard, Frédéric Beigbeder). Et surtout je le trouve vraiment sympa car il livre de manière très simple et très accessible plein de techniques pour réussir à écrire un roman. Alors oui, il vous fera prendre conscience qu’écrire n’est pas hobby qui se pratique tous les 36 du mois au coin du feu (il a un programme de lecture et d’écriture de quatre à six heures par jour, 7 jours sur 7 et balance des petites phrases culpabilisantes telles que « « j’aime bien rédiger dix pages par jour, ce qui équivaut à deux mille mots »). Mais Rome ne s’est pas construite en un jour quoi.

En bonus, un petit conseil d’asocial :

« Lire pendant les repas passe pour grossier dans la bonne société, mais si vous voulez réussir comme écrivain, la grossièreté devrait être l’avant-dernier de vos soucis. Si vous avez l’intention d’écrire avec autant de sincérité que vous pouvez, vos jours au sein de la bonne société sont de toutes les façons comptés »

Et vous, vous lisez quoi en ce moment ? (les vacances d’été approchent et je suis en quête de lectures idoines pour les longs voyages en train)

« J’avoue que j’ai perdu un temps précieux dans les voyages et les relations sociales. Je tiens à présent à m’investir totalement dans ce qui me semble plus utile, c’est-à-dire l’écriture et la lecture. Sans la solitude, je me sens perdu. C’est pourquoi j’y tiens – sans me couper pour autant de la vie, du réel, des gens… Je m’organise de façon à ne pas m’engloutir dans des relations sociales parfois inintéressantes »

–  Mahmoud Darwich

Salut les boas,

Bon ce n’est un secret pour personne (c’est même un marronnier récurent sur ce blog (voir ici, ici ou ici): j’ai un sérieux problème d’addiction à internet.

Comment en est-on arrivé là ? Et surtout : quelles solutions pour sortir de la DROGUE?

La première fois que j’ai entendu parler d’internet, c’était chez le pédiatre. (mère était un grand aficionado du pédiatre et y a d’ailleurs trainé l’ensemble de sa portée jusqu’à des âges assez avancés – ce qui n’était pas pour me déplaire car la salle d’attente était remplie de magazines traitant de sujets sensibles tels que « à quel âge votre enfant cessera il de se balader à poil ? » (réponse : « à partir de 8 ans, lors de l’apparition de la notion de pudeur ») ou « mon enfant rit systématiquement aux blagues de caca, que faire ? » (réponse : « attendre qu’il soit sorti du stade anal » (avertissement bonus : pour certains, cela n’arrivera malheureusement jamais, préparez-vous))). Bref donc on était chez le pédiatre et je crois que celui-ci devait s’emmerder sec entre deux consultations pour strabisme divergent, car il nous a dit tout de go tout en tapotant l’écran de son ordinateur « figurez-vous qu’on m’a récemment fait découvrir quelque chose d’incroyable ». Ah oui ? a dit mère, qui est une personne qui manifeste toujours un intérêt poli face à la présentation de nouvelles technologies. Le pédiatre nous a alors présenté une photo d’orteil en gros plan et nous a annoncé avec une excitation palpable que le détenteur de cette mycose plantaire résidait à la Réunion, et que grâce à l’Internet Mondial, tous les médecins de la terre entière pouvaient désormais échanger des anecdotes et des conseils à ce sujet.

Incroyable non ?

Evidemment, j’aurais dû me douter qu’un truc permettant de partager ses mycoses à la vitesse de l’éclair n’était pas de bon augure pour la survie de la civilisation, mais je n’ai cessé, depuis cet instant, de souhaiter l’arrivée d’internet dans notre foyer. Il a cependant fallu attendre 2005 (car il n’y avait pas la fibre optique dans notre réseau de grottes ok) pour que nous soyons enfin reliés au câble – et quand ce fût fait, le père a bien évidemment claqué sa durite. « Internet rend con, vous allez finir caissières chez mammouth si vous trainez trop sur internet, le fils de Grugru est allé en PRISON à cause de ce qu’il faisait sur internet, ETC. ETC. » – injonctions assez paradoxales, si vous voulez mon humble avis, de la part de quelqu’un qui passait la plupart de son temps libre devant la télé (mais je ne suis qu’un petit insolent).

Evidemment, avec trois marcassins sur le coup, l’accès à l’unique ordinateur de la maison a vite posé des problèmes géopolitiques – habilement solutionnés par la création d’un planning avec horaires d’accès drastiques (planning qui bien évidemment n’a jamais été respecté et dont l’application concrète s’est souvent réglée à coups de gourdin). Internet déployait des charmes indéniables que les plus de 40 ans ne pouvaient pas comprendre. A cette époque, j’avais un skyblog. Franchement les skyblogs, c’était trop génial. Les gens ne faisaient pas leurs chochottes comme maintenant que tout est monétisé et qu’on ne peut plus rien dire sans tomber sous le coup de la modération pour « propos outranciers ». Sur skyblog, des propos outranciers, il y en avait tout le temps, et c’était ça qui était COOL. Comme j’étais un jeune renardeau gauchiste, je passais mon temps à mordre les fesses et on me mordait allégrement en retour, ce qui me faisait évoluer à toute vitesse (je laissais aussi des commentaires énamourés aux mâles que j’aimais bien. Mais ça marchait pas trop trop. Je crois qu’ils n’étaient pas assez cyber-punks). C’était l’époque de l’internet cool de la fesse, où tout le monde échangeait sous pseudo.

Et puis facebook et les blogs de mode sont arrivés, et ça a été le début de l’enfer.

Internet est passé d’un terrain de jeu décontracté du slip, qui développait l’esprit critique et le sens de l’humour, à un truc pénible qui pousse à la surconsommation et flatte les insécurités à l’intérieur de chacun de nous. Internet est devenu ce truc un peu pesant de la vie de tous les jours, dont on aimerait bien se passer pour retrouver le temps libre de notre enfance, mais qui nous est devenu tellement indispensable qu’on ne peut même plus aller faire les courses, voyager, garder contact avec nos amis, s’informer ou se cultiver sans passer par lui. Et pour les plus faibles d’entre nous, ceux qui n’arrivent pas à se réguler (à savoir les personnes qui finissent le pot de nutella compulsivement à la cuillère ou qui se tapent des nuits blanches juste pour finir un roman policier), c’est devenu une putain de DROGUE. (je sais pas vous mais moi, il suffit qu’il y ait une connexion internet dans mon champ de vision et je vais direct zoner dessus, au mépris de toutes considérations élémentaires relatives au sommeil, à la lutte contre la sédentarité et à l’élévation intellectuelle (je ne suis pas sûr que Victor Hugo aurait écrit les misérables s’il avait passé autant de temps que moi sur internet chaque jour…))

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C’est pour cela que je suis heureux de vous annoncer que j’ai enfin trouvé la solution au problème (et non, ce n’est pas une appli débile qui coûte la peau de la fesse).

1. LEECHBLOCK

Sérieusement : l’inventeur de ce truc devrait gagner le prix nobel de la paix. Leechblock, c’est un module que vous pouvez installer sur Firefox pour vous bloquer internet tout entier, ou seulement quelques sites suçe-temps bien choisis, et ce pendant des plages horaires prédéterminées. Je regrette de vous annoncer que la solution « auto-régulation » ne fonctionne pas (comme pour beaucoup de choses de la vie par ailleurs, mais c’est un autre débat) : si vous ne bloquez pas l’accès aux options, il y a de grandes chances que vous sautiez dessus pour les modifier dès que la limite du temps imparti sera atteinte (c’est-à-dire tout le temps). La solution : la dictature. J’avoue que je me trouve plutôt malin car je n’ai désormais accès à internet que 30 minutes par jour, avec impossibilité de modifier les options car je les ai bloquées à l’aide d’un mot de passe TOP SECRET (en effet je l’ai tapé les yeux fermés en écrasant mes coussinets sur le clavier,  je ne pourrai donc même pas le retrouver, même si je le voulais) (ne me dites pas « on en reparle dans une semaine, quand tu te rouleras par terre en poussant des grognements d’énervement »: je me sens fier tel un rouleau de papier toilette atomique)

2. 360 SECURITY

Bah ouai parce que maintenant que vous avez bloqué l’accès internet sur votre PC, il faut s’attaquer au smartphone (je refuse de donner des conseils pour les tablettes ; si vous en possédez c’est que vous êtes des nouilles). A la base 360 security est un anti-virus, donc il vous demandera un mot de passe à chaque fois que vous voudrez accéder à une fonctionnalité dite « sensible ». Il vous suffira de classer comme « sensible » l’accès à internet, votre boite mail, facebook etc. et vous pourrez enfin jouir d’un smartphone sans accès aux conneries (ce qui rend la vie très agréable car il ne vous restera plus de dispo que les sms, duolingo pour apprendre le turc et anki pour ranger vos mots de japonais). Pour le choix du mot de passe, vous n’avez qu’à en donner la responsabilité à une personne de confiance et intraitable (votre concierge, votre mâle, votre mère) qui refusera bien évidemment de vous le donner quelles que soient les circonstances.

N’hésitez pas à me faire part de vos astuces pour ne pas aller sur internet !

« Ce jour-là, Perry allait me parler de ses chats et de ce qu’il pensait être la clé de leurs vies incroyablement longues. D’abord, il y a le régime alimentaire. En plus des croquettes, Perry leur concoctait tous les matins un solide petit-déjeuner composé d’œufs, de bacon de dinde, de brocolis et de café au lait. Tous les deux jours, il y ajoutait un compte-gouttes rempli de vin rouge –pour «faire circuler les artères». Ensuite, Perry veillait à leur stimulation intellectuelle: il avait reconverti son garage en salle de cinéma, avec projecteur à bobines et fauteuils idoines, où il passait des documentaires nature à destination exclusive de ses chats (et quelques bandes-annonces, avait-il précisé). Enfin, et c’était peut-être là le plus important, il m’avait juré qu’un lien affectif et personnel avec chacun de ses chats les avait aidés à vivre plus longtemps. Perry adorait tellement ses chats qu’il se souvenait de tous leurs anniversaires. (Il avait même invité Bill Clinton au 34e anniversaire de Granpa; le président n’était pas venu mais avait envoyé un carton d’excuses) »

– « Que faire pour avoir un chat de 165 ans? », Slate.fr

Salut les cul-terreux,

Vous ne savez pas quoi télécharger illégalement ce mois-ci? Vous cherchez des films avec des boutons d’acné dedans? et du rap underground? PAS D’INQUIÉTUDE, J’AI FAIT UNE LISTE (j’adore faire des listes de trucs).

1. LES BEAUX GOSSES, Riad Sattouf

Pendant longtemps je n’ai pas osé m’approcher de Riad Sattouf car renard-père avait décrété, du ton péremptoire qu’ont les personnes bien informées sur la vie, que « Riad Sattouf, il ne raconte que des conneries ». (il faisait allusion à la BD « la vie secrète des jeunes », qui paraissait chaque semaine dans charlie hebdo et suscitait immanquablement chez lui moultes grognements contrariés).

Et puis un jour, j’ai vu les beaux gosses et j’ai décidé que Riad Sattouf serait mon nouveau dieu grec.

L’histoire des beaux gosses est plutôt simple car il n’y en a pas: Hervé et sa bande de copains (Camel, Meryl et Benjamin) sont en troisième et cherchent à choper de la femelle. Sauf qu’ils sont moches donc ça marche pas trop.

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moche mais trop chou

Hervé est joué par le fantastique Vincent Lacoste (ouai cette phrase est labellisée Télérama-friendly mais je suis secrètement amoureux de Vincent Lacoste, bien qu’il soit né en 1993 okay). Si vous cherchez du poil, de la mère envahissante et des chaussettes sales: ce film est fait pour vous.

2. DE L’INFLUENCE DES RAYONS GAMMA SUR LE COMPORTEMENT DES MARGUERITES, Paul Newman

L’autre jour j’ai fait un test à la con sur internet pour savoir « quel bourgeois-bourrin êtes vous? » et après avoir répondu que j’appréciais le film sus-nommé on m’a annoncé que j’étais un bourgeois métal. Je ne comprends pas trop? De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites raconte la vie d’une mère célibataire un poil toc-toc qui élève ses deux filles dans une maison sombre et brinquebalante. L’ainée est nymphomane et la cadette est adorablement autiste. C’est un vieux film (1972) mais j’ai pleuré comme un veau à la fin donc je peux vous assurer que ça vaut le coup d’aller s’enterrer au cinéma d’art et d’essai du coin pour le voir.

3. BANDE DE FILLES, Céline Sciamma

J’aime bien Céline Sciamma. Elle a l’air d’avoir le poil décontracté contrairement aux autres personnes évoluant dans le milieu du cinéma qui se tirent un peu trop sur la nouille je trouve. Bande de filles c’est, comme un peu tous les films de cette liste, une histoire d’apprentissage. On suit Marieme, qui essaye d’échapper à ses déterminismes (la vie en banlieue, la violence des rapports hommes-femmes, du monde du travail) et ne trouve un échappatoire que dans l’amitié.

Dedans il y a une scène trop bien sur diamonds de Rihanna:

4. MUSTANG, Deniz Gamze Ergüven

On a souvent comparé Mustang à Virgin Suicides et ça m’énerve un peu car Mustang est genre, dix fois mieux (je déteste Virgin Suicides à cause de Kirsten Dunst (mon mâle trouve Kirsten Dunst sexy et ça me hérisse le poil car je suis l’exact opposé physique de cette personne)).

Mustang ça se passe en Turquie. C’est l’histoire d’une fratrie de 5 sœurs. (les helléniques du groupe indiquent que d’ailleurs ce n’est pas une fratrie)

CaptureBref elles ont des noms trop beaux: Lale, Nur, Ece, Selma, Sonay… un jour, leur oncle moustachu et susceptible décide de les enfermer à la maiz car il y a trop de jeunes mâles qui leur tournent autour. Un film qui rappellera des souvenirs à tous ceux qui ont déjà essayé de braver l’autorité paternelle à table.

5. SWEET SIXTEEN, Ken Loach

Je suis un insupportable militant gauchiste & prévisible mais OKAY J’AVOUE TOUT: Ken Loach fait partie de mes réalisateurs pref. Il est trop chouchou quoi. Il y a plein de films de lui que j’adore, comme Just a Kiss ou Looking for Eric. Sweet Sixteen, je peux pas dire que c’est un film que j’ai aimé: je ne l’ai vu qu’une fois, et je n’ai pas l’intention de le revoir, parce qu’il n’est pas agréable. C’est juste que c’est le genre de film nécessaire, que quand tu le regardes, tu as l’impression que d’un coup tu comprends tout: comment le monde fonctionne, pourquoi la violence existe. Le personnage principal, c’est Liam. Il a un petit duvet moche qui ne ressemble pas encore à une moustache et au début franchement on se dit « cette personne est pénible »…avant de compatir à fond avec lui et de finir le film les yeux embués de larmes et l’envie de hurler à mort au clair de lune.

6. AIDE-TOI LE CIEL T’AIDERA, François Dupeyron

CAR

j’aime bien la bande-son

BONUS SPÉCIAL PROSTIPOUF: THIRTEEN, Catherine Hardwicke

J’avoue tout: j’adorais ce film quand j’étais au lycée.

3fb58ed5ee95ff30db0d1ae4fa822f33surtout le style vestimentaire en fait

L’histoire est totalement honteuse: Evie et Tracie, adolescentes en pleine crise hormonale, décident de se maquiller à outrance et de choper du mâle dans des photomatons et des sous-sols de maisons bourgeoises. En plus ça se passe à Los Angeles. C’est donc un film complètement crétin, mais qui exercera à n’en pas douter une fascination malsaine sur vous.

Allez à plus (je repars à la chasse aux mites. Est-ce que vous aussi vous êtes infestés de mites avec le printemps qui arrive?!???)

 

« Les restaurants et les enfants sont deux concepts qui ne vont pas très bien ensemble. Les uns sont des lieux d’échange, de dégustation et de convivialité épicurienne quand les autres ne sont — en grande majorité, il faut l’avouer — que de petites créatures sales et bruyantes, connues pour avoir une capacité d’attention qui dépasse rarement les trente secondes. Car on a tous déjà croisé la route (et le nez qui coule) de ce gosse insupportable qui n’en finit pas de criser à la table d’à côté pendant qu’on essaie d’assaisonner religieusement son steak-tartare. Pourtant, alors que la tension est palpable et que ce mioche mérite visiblement que quelqu’un lui mette un petit coup de pression, il est impensable de péter un câble et de s’en prendre directement au petit bonhomme. On se retient principalement à cause de cette règle tacite en vigueur chez les gens biens qui veut que l’on ne s’en prenne jamais à plus petit et plus faible que soi. Ensuite, on ne dit rien parce que, de toute façon, on finit toujours par se faire traiter de psychopathe aigri qui préfère les chats aux enfants »

Vice.com, « un pas de plus vers la fin des gosses qui chialent au restau »

Salut les buissons ardents,

Je sais pas vous mais moi je suis un peu nul en cuisine. D’ailleurs les recettes sur internet estampillées « végan » ou « trop facile vous allez voir » me font en général hurler car moi je rate à chaque fois (qui sont les foodies? quels sont leurs réseaux? pourquoi utiliser des mots compliqués tels que « faire blanchir les légumes »???). Bref, du coup comme je pense que vous êtes aussi nuls en cuisine que moi voici mon top 5 de mes recettes pref. de toute la vie. 100% réalisable par toutes les formes d’intelligence, parole de mammifère.

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1. POULET RÔTI AUX 40 GOUSSES D’AIL

Recette ayant le bon goût de combiner deux de mes passions dans la vie à savoir: le poulet et l’ail. Ne vous laissez pas intimider par la partie relative à la farine qui soude les bords de la cocotte (en vrai c’est facile à faire et rigolo). Le truc TROP COOL avec cette recette, c’est qu’une fois que c’est cuit, vous pouvez vous faire des tartines avec l’ail écrasé sur du pain grillé.

2. SOUPE DE POIS CASSÉS

Je suis trop fier de moi car d’habitude je suis nul en soupes or celle-là, je la réussis à chaque fois (call me top chef). Les ingrédients:

  • la moitié d’un sachet de pois cassés
  • 3 carottes
  • 3 patates
  • 1 feuille de laurier
  • 1 oignon
  • 1 ail

Vous foutez tout ça dans une casserole avec quand même plein d’eau (parce que les pois cassés sont des êtres pénibles qui absorbent une quantité de liquide inimaginable) et vous laissez cuire bien 1h à feu doux avec du sel et du poivre. ATTENTION: les pois cassés sont fourbes et il faut remuer régulièrement sinon ça mousse outrageusement et ça finit par déborder. C’est chiant parce que ça tâche en plus (je déteste nettoyer la cuisinière).

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exemple d’accident facilement arrivé

3. KARÊ RAISU

Je l’avoue, cette recette c’est un peu un plaisir coupable car elle nécessite l’utilisation de boites de Golden Curry (or malgré toutes mes recherches, il n’y a pas d’alternative bio à ce truc et il est donc fort probable que vous ingurgitiez tout un tas de cochonneries). L’avantage du curry japonais cela dit, c’est que ça fait manger des légumes aux mâles ni vu ni connu (vous pouvez adapter la recette et y fourrer tous ceux qui vous tombent sous la main), et qu’il est possible d’en préparer des quantités gargantuesques afin de manger le même plat toute la semaine. Vous pouvez utiliser la viande de votre choix mais moi je trouve qu’avec du porc c’est plus slurps ronron.

4. PÉLA

Le plat grassouillet et facile par excellence (essayez quand même de vous procurer du reblochon et du lard de qualité sinon franchement c’est dommage). Je suis nrv car les recettes sur internet racontent n’importe quoi donc voici EN EXCLUSIVITÉ l’unique procédure à suivre (ne me contredisez pas car je suis un animal agressif):

  • commencer par faire sauter des pommes de terre à la poelle
  • quand c’est bientôt cuit, faire revenir dans une autre poelle du lard fumé
  • et puis aussi des oignons séparément
  • ensuite trouver un plat qui va au four, y mettre lard, patates et oignons mélangés. Couper un reblochon en deux et l’étaler de tout son long sur la préparation (si vous êtes au régime et que vous voulez avoir bonne conscience, vous pouvez gratter un peu le reblochon avant usage et vous débarrasser des côtes)
  • mettre au four et surveiller du coin de l’œil car ça cuit vite (c’est prêt quand le reblochon est fondu)

5. AUBERGINES A LA PARMIGIANA

Un grand classique indétrônable (et une des rares recettes végétariennes un peu festive)

BONUS CAKE AU THON

Le plat régressif du dimanche soir. Ingrédients:

  • 100g de farine
  • 1 cuillère à café de bicarbonate de soude (incroyable mais vrai: le bicarbonate de soude a le même pouvoir que la levure chimique pour faire lever vos gâteaux)
  • 3 œufs
  • 5 cl d’huile
  • 10 cl de lait
  • 1 cuillère à soupe de moutarde
  • 1 poignée de gruyère
  • 1 boite de thon
  • câpres ou olives selon ce que vous pref.
  • sel & poivre

Mettre le tout dans un moule à cake recouvert de papier sulfurisé et cuire un peu plus de 35 min à 180 degrés.

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