Salut.

Je suis triste car mon année de chômage touche à sa fin (en effet, à partir du 1er octobre, je vais officiellement être obligé de rechercher à nouveau du travail). Et qui dit retour au salariat dit retour de l’ennui abyssal en open space et donc RETOUR DU BLOG. Afin d’anticiper ce retour, donc, j’ai décidé de vous faire un article avec tous les trucs trop bien que j’ai découverts ces derniers temps et dont je vous ai encore jamais parlé:

1.LES MUTINS DE PANGÉE

Je ne sais pas si vous vous souvenez de Noël Godin alias l’entartreur? (perso c’était le héros de mon enfance). Hé bah entre deux attentats pâtissiers contre BHL il a créé les mutins de pangée, qui est une « coopérative audiovisuelle » qui diffuse tout un tas de cools documentaires à bas prix. Vous y trouvez notamment en VOD:

  • la sociale de gilles perret (sur l’histoire de la sécurité sociale en france. ou comment fermer le bec une bonne fois pour toutes à tous ceux qui assimilent le communisme au nazisme et soutiennent que le programme du CNR était le fruit d’un « consensus » entre gauche et droite au sortir de la seconde guerre mondiale. il y a eu consensus mes couilles ouais. la vérité, c’est que ça a été à peu près la seule fois dans l’histoire de france où on a pu mettre en œuvre un programme un minimum révolutionnaire dans ce pays)
  • iranien de mehran tamadon (vous découvrirez peut-être alors, comme moi, que vous vous sentez intellectuellement proches des ayatollahs)
  • la cigale, le corbeau et les poulets de olivier azam (pour choper des idées de communisme rural efficace)
  • ni dieu ni maître: une histoire de l’anarchisme de tancrède ramonet

Et encore plein d’autres trucs.

2.LES COUILLES LUMINEUSES POUR VÉLO

(ne me remerciez pas)

3.JEAN-CLAUDE MICHÉA

Je ne sais pas comment j’ai pu vivre si longtemps sans connaître Jean-Claude Michéa. C’est vraiment incompréhensible, car Jean-Claude et moi sommes en osmose sur ABSOLUMENT TOUT. Bon alors en gros pour vous résumer les thèses de Jean-Claude:

  • il n’y a pas d’un côté un « bon » libéralisme et de l’autre un néo-libéralisme horrible. Il n’y a qu’un seul libéralisme, qui produit partout les mêmes effets.
  • par conséquent, si on se dit anti-libéral, il faut être cohérent avec soi-même et être à la fois anti-libéral en économie ET sur les sujets de société. or ce principe est trop souvent oublié à gauche (coucou les groupes facebook « insoumis libertins »)
  • le libéralisme est en train de gagner et risque de détruire l’humanité (humanité au sens littéral, c’est à dire « ce qui fait de nous des humains »). le seul moyen de s’y opposer, c’est de calquer nos actions sur le « common sense » que décrit si bien orwell. common sense qu’on trouve encore dans les milieux populaires (moralité: rentrez-vous bien dans le crâne que si vous n’aimez ni le foot ni l’ambiance PMU vous n’arriverez jamais à faire la révolution)

Plus sérieusement, je bois ce qu’écris Jean-Claude comme du petit lait. Récemment par exemple j’ai terminé « l’empire du moindre mal » et j’ai surligné toutes les pages tellement c’était trop bien. Un exemple parmi tant d’autres, sur l’éducation:

« Si l’éducation a un sens, c’est précisément d’offrir à l’enfant les moyens de dépasser cet égocentrisme initial et d’acquérir progressivement ce sens des autres qui représente, à la fois, le signe et la condition de toute autonomie véritable (ou, ce qui revient au même, de toute maturité psychologique). C’est alors seulement qu’un être humain devient capable de tenir sa place dans l’ordre humain, autrement dit d’entrer à son tour dans les chaînes socialisantes du don et de la réciprocité. Si donc, pour une raison ou une autre, la défaillance des fonctions « paternelles » ou « maternelles » n’a pas permis à ce travail d’autonomisation de s’accomplir efficacement (avec tous les renoncements nécessaires qu’il implique par définition), le sujet se retrouvera inexorablement rivé, sous réserve de rencontres émancipatrices ultérieures, à son désir initial de toute-puissance et, par conséquent, privé de son pouvoir de « grandir ». Il demeurera ainsi une monade égoïste, incapable de donner, de recevoir et de rendre, autrement que de façon purement formelle (c’est-à-dire sur le mode des simples « convenances » indispensables à toute comédie sociale, et dont l’acquisition ne requiert qu’un dressage, non une éducation au sens strict). Sous ce rapport, les différentes pathologies de l’ego – qu’il s’agisse de la volonté de pouvoir manifestée en tant que telle, ou ses multiples formes dérivées, comme, par exemple, le besoin pathétique de devenir « riche » ou « célèbre » – doivent apparaître pour ce qu’elles sont: l’effet d’une dépendance non résolue à des histoires d’enfance, dépendance qui conduit invariablement un sujet à envisager sa propre vie comme l’occasion d’une revanche personnelle à prendre (manière de voir mutilante, puisqu’elle transforme automatiquement cette vie en « carrière », pathologiquement structurée par le désir de parvenir, ou tout simplement par la nécessité de vivre perpétuellement en représentation). L’expérience confirme toujours, en effet, que ceux qui ont consacré leur « vie » à grimper les différents échelons d’une hiérarchie (quelle qu’elle soit) n’ont jamais, selon la belle formule de Georges Elgoay, que « ramper verticalement ». D’un point de vue anarchiste, les classes dominantes sont d’abord à plaindre ».

 

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Salut les soupes au pistou,

En ce moment j’ai rien le temps d’écrire pour le blog du coup comme je suis vil et mesquin et que la foule (en l’occurrence le ouais) hurle pour mon retour, j’ai décidé de vous copier coller un vieux post à la con (datant de l’été dernier) que je n’avais jamais publié. Ne me remerciez pas:

« Je suis actuellement couvert de piqûres de moustiques – ce qui est une situation idéale pour vous faire la liste de tout ce qui m’énerve dans la vie. Car ce n’est un secret pour personne : je suis intolérant (et si vous voulez mon avis, le monde irait mieux si 99% des gens avouaient franchement leurs intolérances au lieu de se draper dans la cape du super tolérant jamais indigné par rien). Voici donc la liste des comportements qui devraient selon moi être punis par la décapitation immédiate :

1.LES FEMELLES INFIDÈLES

Titre volontiers provocateur afin de faire hurler les féministes (mon sport favori dans la vie, juste après manger du beurre de cacahuètes sur le canap). BIEN SÛR que les mâles sont infidèles aussi (même Ulysse, qui est mon top chouchou dans la mythologie grecque, a trompé Pénélope). Le truc, c’est qu’un mâle infidèle sera en général moins énervant qu’une femelle infidèle parce qu’avant de fauter, il ne vous aura pas pété les couilles pendant de longs mois à base de plaintes diverses relatives à l’engagement, la fidélité et les preuves d’affection (« mon mâle ne m’a pas offert de grosse bagouze tiphany avec le diamant qui coûte 3 mois de salaire » / « mon mâle ne m’a pas fait une surprise à base de pétales de rose pour la saint valentin » / « mon mâle ne m’apporte pas le petit-dèj au lit » / « mon mâle ne m’a toujours pas demandée en mariage » / « mon mâle ne veut pas procréer tout de suite c’est un méchant » / « mon mâle ne répond pas dans la minute à mes sms il me trompe c’est sûr » / « mon mâle ne m’a pas dit 15 fois que je suis de toute beauté aujourd’hui » /  « mon mâle refuse de m’affirmer que je ne suis pas un boudin » / « mon mâle a des films porno cachés dans un sous dossier de son ordinateur SCANDALE » etc etc.). Je vous le dis tout net : si vous êtes en couple avec le genre de femelle qui vous culpabilise avec le genre de phrases choc précédemment citées, vous pouvez être sûrs qu’une fois qu’elle aura obtenu ce qu’elle veut, elle vous cocufiera avec le premier crétin venu. Hashtag say pas ma faute, il y avait un open bar de mojitos. (et vous, vous ne serez qu’un mâle instagram à cornes, obscur croisement entre un caniche et un esclave, qui n’aura été bon qu’à faire des photos, porter le sac et se faire hurler dessus en cas de coup de stress).

Je suis sûr que vous allez dire « tu exagères, ceci est une caricature sexiste & débile ». J’ai envie de vous dire : allez zoner sur le blog de Garance Doré. Je sais pas ce qui se passe là-bas, une sorte de micro-climat tropical, mais toutes les grognasses qui y écrivent des articles ont l’air complètement pétées du casque. Genre cet article. On sent que la personne qui a pondu ça est du genre à claquer une durite si son mâle parle à une autre femelle en public mais qui trouve ça trop amusant hihi de faire la liste des célébrités avec qui elle aimerait coucher.

POUAH

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2.LES VEGAN

Premier truc chiant avec les végan : non seulement ils ne peuvent pas se contenter d’être végétariens comme tout le monde, mais en plus ils te reprennent sur la prononciation du nom de leur secte. Moi par exemple je prononce végan avec un « han » comme dans « hi-han ». Or les végan se revendiquent végANE (comme dans bête à manger du foin).

Le pire, c’est la tendance végan-youtube. Genre l’autre fois dans une FAQ un fan a demandé à Enjoy Phoenix si elle achetait du maquillage végan-friendly : on a eu droit à un laïus de 10 minutes comme quoi OUI, il était important de consommer responsable. J’avais envie de planter mes canines dans le gras de la fesse de cette personne. Elle s’est pris pour Brigitte Bardot ou quoi ? Genre en tant que youtube gourou elle surconsomme comme un sale, commande des vêtements moches sur des sites chinois (probablement fabriqués par des enfants dans des caves), et pollue plus la planète que tous les mangeurs de viande du Larzac réunis, mais EN PLUS elle se paye le luxe de venir faire la morale en mode « je connais la vérité, je suis un être vertueux qui fait le bien sur terre car j’aspire à être végan, parfois je fais des petits écarts pas la peine de juger vous êtes so négatifs c’est l’intention qui compte ok ».

C’est insupportable ces cancres satisfaits d’eux-mêmes alors qu’ils n’ont vu qu’un seul aspect du problème quoi

3.LES GENS QUI NE SAVENT PAS PRENDRE DES DÉCISIONS

Bon j’avoue eux ils ne méritent pas la décapitation (juste quelques petits coups de fouet histoire de les galvaniser un peu). Les gens qui ne savent pas prendre des décisions et moi, c’est un peu comme l’huile qui rencontre l’eau : nous ne nous mélangeons pas… (ne me remerciez pas pour cette fantastique métaphore). 3 critères pour les reconnaître:

  1. Ils ont adoré Eternal sunshine of the spotless mind et Mr Nobody car ils aiment se palper la nouille en réfléchissant jusqu’à plus soif sur la notion de choix. En effet les gens qui ne savent pas prendre de décisions s’imaginent que le moindre caca a un sens et doit donc être mûrement réfléchi. Et ils sont nostalgiques aussi. Ils sont chiants quoi ;

  2. Lors de l’organisation d’un voyage de groupe, c’est à cause d’eux qu’on se tape les billets d’avion ruineux à des horaires impossibles (car aucune décision n’a pu être prise dans les temps bien sûr) ;

  3. Ils passent leur temps à se plaindre de leur vie mais refusent de solutionner leurs problèmes, usant de l’argument top bambou 2016 : « oui mais c’est compliqué tu sais ».

En fait le problème des gens qui n’arrivent pas à faire des choix, c’est qu’ils aiment trop de trucs dans la vie. Les renardeaux n’ont pas ce problème : ils détestent à peu près tout et tout le monde, ce qui restreint drastiquement le domaine des possibles (chez le glacier par exemple je n’ai qu’une règle : je prends systématiquement la glace aux noisettes et si par chance il y a de la glace aux cacahuètes je rajoute une boule par-dessus. Choix garanti 100% sans déception).

4.LES ANTI MARIAGE, ANTI PROCRÉATION

Je l’avoue : quand j’étais plus jeune et que j’étais insupportable je n’hésitais pas à clamer sur tous les toits que je n’aurais jamais de marcassins et que de toute façon ça servait à rien de croire au mariage et à l’amour éternel car ça allait mal se passer ok. Schéma classique de personne n’ayant eu pour seul repère affectif que le couple formé par ses géniteurs (couple marqué par une propension certaine aux engueulades collectives).

Je comprends les anti-mariage / anti-enfants (surtout quand il y a des enfants pénibles qui hurlent dans le TGV à proximité) mais des fois quand même trop c’est trop. Du genre:

  • Je ne fais pas d’enfants car ce n’est pas végan ;

  • De toute façon faire des enfants c’est être égoïste, or l’égoïsme c’est le mal ;

  • L’espèce humaine mériterait de disparaître car elle détruit la planète par conséquent j’ai décidé de ne pas me reproduire (et de laisser la place à tous les débiles qui ne se posent pas de questions sur l’avenir de la planète justement) ;

  • Je suis nudiste libertin échangiste j’aime le cap d’agde et DSK.

Plouf, plouf »

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Salut les lézards,

De base j’avais prévu de râler contre cet attrape-crétin de Macron (comme toujours) mais finalement je me suis dit que c’était chiant, de râler tout le temps sans jamais rien proposer de constructif. C’est pourquoi j’ai décidé à la place de vous faire la liste des trucs COOLS que j’ai découverts ces derniers temps. En espérant que cela vous inspirera dans votre lutte contre le capitalisme.

Bisous.

1.LA VIE SECRÈTE DES ARBRES, Peter Wohlleben

Est-ce que vous aussi des fois vous prévoyez d’offrir un livre à quelqu’un et finalement, le livre en question a l’air tellement bien que vous le lisez d’abord et que vous ne le refilez à la personne que trois mois de plus tard ? (tout surligné et annoté?) C’est un peu ça qui s’est produit avec la vie secrète des arbres. Dès le premier chapitre, je me suis mis à glapir comme un forcené :

« Il y a longtemps de cela, alors que je parcourais l’une des anciennes réserves de hêtres de mon district, de curieuses pierres moussues ont attiré mon attention. J’étais passé maintes fois à côté sans les remarquer, jusqu’à ce jour où je me suis arrêté et accroupi. Leur forme, en léger arc de cercle, était peu ordinaire. En soulevant un peu la mousse, je mis au jour l’écorce. Ce que je croyais être des pierres était en fait du vieux bois. Le bois de hêtre pourrissant habituellement en l’espace de quelques années sur un sol humide, la dureté du morceau que j’examinais m’étonna. Surtout, je ne pouvais pas le soulever, il était solidement ancré dans le sol. Je grattai un petit morceau de cette écorce avec un canif et découvris une couche verte. Verte ? Cette couleur n’apparaît que lorsqu’il y a présence de chlorophylle, soit dans les feuilles fraîches, soit stockée sous forme de réserve dans les troncs des arbres vivants. Une seule explication était possible : ce morceau de bois n’était pas mort ! A y regarder de plus près, les autres « pierres » n’étaient pas disposées au hasard, mais formaient un cercle de 1,50 mètre de diamètre. Je me trouvais en présence des très anciens vestiges d’une immense souche d’arbre. Il ne subsistait que quelques fragments de ce qui avait jadis été l’écorce tandis que l’intérieur s’était depuis longtemps décomposé en humus, deux indices qui permettaient de conclure que l’arbre avait dû être coupé entre 400 et 500 ans auparavant. Mais comment était-il possible que des vestiges survivent aussi longtemps ? Les cellules se nourrissent de sucres, elles doivent respirer, se développer, ne serait-ce qu’un minimum. Or, sans feuilles, donc sans photosynthèse, c’est impossible. Aucun des êtres vivants de notre planète ne résiste à une privation de nourriture de plusieurs centaines d’années, et cela vaut aussi pour les vestiges d’arbres, du moins pour les souches qui ne peuvent compter que sur elles-mêmes. A l’évidence, ce n’était pas le cas de celle-ci. Elle bénéficiait de l’aide que les arbres voisins lui apportaient par l’intermédiaire des racines. La transmission des substances nutritives s’effectue soit de façon diffuse par le réseau de champignons qui enveloppe les pointes des racines et contribue ainsi aux échanges, soit par un lien racinaire direct. Je ne pouvais savoir quelle forme de transmission était ici à l’œuvre, car je ne voulais pas causer de dommages à cette vénérable souche en fouillant le sol. Mais une chose était sûre : les hêtres environnants lui diffusaient une solution de sucre pour la maintenir en vie. Pourquoi les arbres ont-ils un comportement social, pourquoi partagent-ils leur nourriture avec des congénères et entretiennent-ils ainsi leurs concurrents ? Pour les mêmes raisons que dans les sociétés humaines : à plusieurs, la vie est plus facile ».

Ce livre est une mine d’informations fascinantes, et l’occasion de se forger une solide culture végétale afin de clouer le bec aux deux fléaux de notre époque : les libéraux et les végétariens. Je vous laisse le lire pour savoir pourquoi mais sachez que vous aurez de bons arguments en stock la prochaine fois que quelqu’un vous sortira des conneries sur la loi du plus fort qui règne dans la nature (et que notre économie humaine se doit de copier). Ou quand un végétarien tentera de vous expliquer la différence entre le règne animal et le règne végétal (ou le retour du débat sur la souffrance et le cri de la carotte). En bonus, il y a pas mal d’infos croustillantes sur les champignons et les chauves-souris.

2.MAD MAX : FURY ROAD

J’avais un gros a-priori sur ce film avant de le voir (car, sous mes apparences de renard sauvage, je ne suis pas un aficionado de films d’action violents). D’ailleurs j’ai passé la première demie-heure de visionnage à grogner devant la surenchère de cliché machistes (une société patriarcale basée sur les grosses voitures et les femmes tire-lait, une armée de guerriers blanchâtres et dégénérés qui ont tous le même père : wtf ?). Mais, lentement mais sûrement, le film s’est acheminé vers tout l’inverse et ça a été tellement, mais tellement COOL que j’ai même pleuré à la fin. Je crois que c’est mon film pref de l’année (après l’enlèvement de Michel Houellebecq of course).

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3.PICARDIE DEBOUT

Je viens de remarquer que j’en ai étonnamment peu parlé sur ce blog mais il se trouve que depuis plusieurs mois je voue un culte à François Ruffin. C’est simple et je le dis sans objectivité aucune : François Ruffin est la seule personne en France avec qui je suis intégralement d’accord, quoi qu’il dise, et je souhaite qu’il devienne président de la république (autant vous dire que je suis sur les starting-blocs pour 2022). C’est pourquoi j’ai décidé de faire une entorse à mon règlement interne de renard (grogner oui, s’engager en politique non) pour participer, en mai dernier, à la campagne de Picardie Debout pour les législatives. Et franchement c’était TROP BIEN. J’étais déjà plutôt radicalisé avant, mais la campagne n’a fait qu’accélérer le processus. Je suis rentré à la maiz totalement galvanisé. Car j’ai compris un truc tout bête (mais qu’on oublie souvent à gauche) : il est possible de gagner des batailles ! Et l’ennemi (en l’occurrence En Marche) vacille plus facilement que prévu. Alors il est évident qu’au vu du nombre de siège ridiculement bas obtenu par les Insoumis aux législatives au niveau national, la victoire de Ruffin dans la 1ere circonscription de la Somme paraît comme une goutte d’eau dans un large fleuve macroniste. Mais il a déjà commencé à grogner et à envoyer des boulets rouges un peu partout, et je suis CONTENT. J’aime bien me dire que c’est peut-être le début d’un mouvement qui prendra de l’ampleur. A mort le capitalisme et vive la révolution !

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En plus François R. court le 5k à 15 km/h en moyenne. De quoi impressionner toutes les youtubeuses fitness en marche.

4.LES CARTES DE VŒUX GARAGE DELOFFRE

Je ne sais pas vous mais moi je suis un grand aficionado de papeterie. Dès que je suis dans une librairie ou un bar-tabac, je suis en quête de CARTES (si possible moches et remplies d’humour gras). C’est pourquoi j’ai été excessivement enthousiasmé le jour où je suis tombé sur les cartes de vœux Garage Deloffre :

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J’ai pensé que ça vous plairait aussi, pour offrir à vos amis macronistes pour leur anniversaire. En bonus, la personne qui tient la page facebook est très aimable :

RENARDEAU : bonjour je souhaite envoyer une carte de vœux passive-agressive à l’un de mes amis. où puis-je me procurer vos œuvres?

GARAGE DELOFFRE : bonjour, c’est une très bonne idée. l’intégrale des cartes paraîtra aux éditions lapin le 24 août.

RENARDEAU : TOP COOLOS! on a hâte.

GARAGE DELOFFRE : si c’est urgent, n’hésitez pas à lui envoyer le fichier numérique de la carte, il la recevra et sa journée sera ruinée, mais c’est vrai que le papier fait plus d’effet.

Salut les gigots,

Récemment, c’était mon anniversaire. Et on m’a offert le livre le plus COOLOS qui puisse exister:

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C’est difficile de résumer l’histoire de ce bouquin car il n’y en a pas. En gros on suit Sophie, une jeune chômeuse lyonnaise qui essaye d’écrire un livre mais qui se fait régulièrement déconcentrer par Lorchus (son diable personnel), Hector (son ami obsédé qui la tanne pour qu’elle lui écrive une scène de sexe) et sa mère (qui commente tout ce qu’elle écrit en direct). Le livre raconte les efforts de Sophie pour poursuivre son travail d’écrivain tout en essayant de boucler les fins de mois avec le peu d’argent qui lui reste (Sophie a perdu ses droits au RSA à cause d’une sombre erreur administrative).

Ce livre m’a tellement enthousiasmé que je l’ai lu en passant mon temps à faire des sauts de cabri sur place et à glapir de joie. J’ai corné pratiquement toutes les pages (on s’est même foutu de ma gueule parce qu’à un moment dans l’histoire, Hector envoie à Sophie un mail dont l’objet est « Salut. », et que j’ai surligné ce passage) (moi aussi j’envoie des mails à objet « Salut. »). Je crois que ça m’a fait du bien de lire ce livre car pour une fois ce qui comptait, ce n’était pas le réalisme de l’intrigue. Sophie Divry n’en a rien à foutre que ça parte en quéquette. Dès qu’elle veut faire une digression sur un truc, elle le fait. C’est comme ça par exemple qu’au milieu de nulle part, on se retrouve avec des longs apartés gratuits, du genre celui-là:

« Je n’aime pas les hommes qui se sont vraiment découverts en allant passer une semaine dans le désert, Il faut vivre ça au moins une fois dans ta vie, ça m’a tellement apporté; je n’aime pas les hommes qui remplissent d’office votre verre de vin; je n’aime pas les hommes parfumés; je n’aime pas les hommes avec de grosses cuisses; je n’aime pas les complotistes ni les lecteurs de livres ésotériques; je me méfie de ceux qui aiment trop le jazz; je n’aime pas les mauvais pères; je n’aime pas les hommes qui ont des problèmes de parking; je n’aime pas les hommes qui redoutent sans cesse de se faire arnaquer; je n’aime pas les hommes qui vocifèrent pendant les grèves SNCF; je n’aime pas les hommes qui appellent par leur prénom des gens qui, eux, leur donnent du monsieur; je n’aime pas les hommes qui sont mal à l’aise dans un PMU crade; je n’aime pas les hommes qui font de la photo, Tu fais quoi, toi? Moi, je fais de la photo; je n’aime pas les hommes qui ne mangent rien au petit déjeuner »

J’ai bien aimé aussi le coté « roman en train de se construire ». En ce moment (je suppose qu’il fallait bien finir par l’avouer à un moment ou à un autre) j’essaye d’écrire, et je n’arrête pas de buter sur les mêmes problèmes: quelle est la place du narrateur? comment raconter une histoire en gardant le suspense quand l’auteur et le narrateur se confondent et qu’on sait à l’avance comment ça va se terminer? comment écrire les transitions? comment caser des passages loufoques? QUID du RÉALISME?. Dans ce bouquin, tous les problèmes sont réglés par le fait que le Sophie s’autorise tout. En lisant ce livre on a l’impression de lire un journal de travail. Avec des petits grabouillages de bas de page (il y a tout un travail sur la typo qui est très chouette, avec des tâches d’encre au milieu des pages, ou bien un passage où le diable (Lorchus) dessine une bite au milieu du texte), des jeux de mots, des rimes, des mots inventés, des conversations enregistrées au dictaphone et intégralement recopiées dans le texte…

Il y a tout un tas de passages qui m’ont fait hurler de rire et que j’aurais aimé vous copier-coller (le passage où Sophie parle avec « Patriciamiam-miam » sur un tchat sexy, ou alors le passage où Sophie fait du covoiturage et tombe sur un fan de serpents (« Mate, lui c’est Half. Il mange du vivant. L’autre, c’est Jeyson, je lui donne des souris congelées, parce qu’une fois il s’est fait mordre par une souris, depuis il a peur, ce con, alors je lui donne des souris congelées« ) mais je terminerai avec un extrait des élucubrations du personnage de Lorchus:

« -Faut réseauter, y’a que ça qui compte ré-seau-ter. On voit bien que tu n’as pas l’esprit d’entreprise, toujours le salariat, toujours l’assistanat… Incapable de performer. Tu ne connais pas le bonheur de faire quatre-vingt-dix pour cent de marge sur un produit. Ce sont de grandes joies. Bon, après, dit-il en se touchant les cornes, après il faut placer l’argent, c’est sûr…

Lorchus se tut un moment, perdu dans d’helvétiques et antifiscales pensées. Je me bouchai le nez et dis que tout ça n’était pas de mon ressort, j’étais une fille honnête. Lorchus me tira violemment par l’oreille.

-Gnnnnn…

-Je n’ai pas fini la leçon, microbe! Achète du pain en donnant un billet de dix euros, demande la monnaie sur vingt. Ça marche un coup sur deux. Tu passes ton temps à traîner en bibliothèque, dérobes-y des ordinateurs. Tu les revendras à prix cassé. Au bar, fais-moi plaisir, vole le sac des fumeurs sortis s’en griller une…

Lorchus se promenait de long en large, ses pieds fourchus laissaient des traces gluantes sur mon petit plancher.

-Attaque ton prochain! rugit-il, énervé par mon silence. Libère ton potentiel! Je ne vais pas non plus tout lucifaire à ta place. Tu penses trouver de l’argent par miracle? Fais-toi pute, là ça rapporte. Ou mendiante… Ben voilà, on n’a pas envie, on a – comment tu dis, déjà? – sa dignité.

Mes parents ne m’avaient pas éduquée comme ça. Autant mourir de faim.

-Comme tu veux, mais va falloir faire un choix, ma petite. Ou tu es du côté des winners qui rebondissent toujours, ou du côté des microbes sous perfusion qui pleurent à chaque facture et s’enfoncent dans la mouise chaque jour un peu plus. Remets en cause tes valeurs. Libère-toi. L’honnêteté, le partage, la sobriété, tout ça c’est pets de poule. Tu vas écouter ta mère toute ta vie? Deviens toi-même. Be yourself! »

On dirait un jeune avec Macron, pas vrai?

PS: en fouinant sur internet j’ai appris que Sophie Divry avait reçu le prix trop virilo pour ce bouquin. Le prix virolo est un prix parodique du prix femina, qui récompense chaque année « la poussée de testostérone littéraire la plus vivace de l’année, c’est-à-dire un roman ou essai qui place l’homme, ou plus précisément le machisme, au centre de sa problématique. Un prix Trop Virilo est à la fois Trop Virilo et content de l’être« . Je sais que vous frétillez tous comme des poulets rôtis désormais hinhin

allez bye

Salut les sales,

Cette semaine franchement c’est n’importe quoi.

Par exemple, cet après-midi je suis allé prendre du chocolat dans la boite à chocolat (OUI je possède une boite dans laquelle je range mes chocolats. Ne me jugez pas merci). Et là mon mâle m’a dit « attention: tu fais le jeu du FN ».

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la boite à chocolat en question

Et il avait pas tord de me dire ça: cette remarque était en droite ligne avec la foire au boudin de la connerie qui a lieu depuis une semaine à la télé et sur les réseaux sociaux. C’est simple: si t’as le malheur de dire que le 7 mai, tu penses s’abstenir, tout le monde sort son gourdin pour te le taper sur le crâne parce que soit disant tu fais le jeu du FN (il faudrait qu’à un moment quand même les gens se rendent compte que ce qui fait le jeu du FN, c’est les gens qui votent FN, ainsi que les politiques économiques libérales et les blogs de mode. Personne d’autre ok).

Mais pourtant, malgré mon grugru instinctif au sujet de tous les appels au vote utile, plus les jours passent et plus je culpabilise à l’idée de voter blanc (exemples d’articles culpabilisants).

Du coup comme je suis quand même un citoyen modèle, j’ai décidé de lire les programmes de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron pour essayer d’avoir un avis un minimum objectif sur la question (spoiler: en fait je voulais me rassurer et me dire que le programme de Macron était pas si terrible que ça comparé à celui de Le Pen).

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le résultat de mon investigation: en direct live de mon bullet journal tavu

Conclusion: on a pas le cul sorti des ronces.

D’abord on observe (juste visuellement) que le programme du FN est beaucoup plus fourni que celui d’En Marche (tant du côté des points positifs que des points négatifs). Constat qui s’explique par une raison simple: le programme du FN comporte 144 propositions, quand le programme d’En Marche en comporte un peu moins de 100 (soit un tiers de moins).

Ce constat effectué, je me suis heurté à deux difficultés.

La première difficulté, c’est que j’avais pas assez de place dans la colonne « moins » pour noter tous les trucs du programme du FN avec lesquels j’étais pas d’accord. J’ai donc gardé seulement les points que j’estimais être « les pires » mais à la relecture, je ne sais pas si on saisit bien tout le potentiel caca de ce programme (la proposition la plus WTF étant sans conteste la numéro 15: « Mettre en place un plan de désarmement des banlieues concernées et de reprise en main par l’État des zones de non-droit. Cibler les 5 000 chefs de bandes délinquantes et criminelles identifiées par le ministère de l’Intérieur. Afin d’empêcher leur reconstitution, instaurer en complément de la peine pénale l’injonction civile d’éloignement« . J’en connais qui vont se prendre des matraques dans le cul à minuit alors qu’ils avaient rien demandé et qu’ils dormaient tranquilles dans leur lit).

Mais la seconde difficulté, c’est que j’arrivais pas non plus à trouver suffisamment de trucs biens dans le programme de Macron pour remplir la colonne des « plus ». Parce que entre les selfies de groupes de gens qui ont l’air hyper contents d’être en marche et les propositions complètements creuses écrites en rose fluo, il y avait quand même pas grand chose, dans son programme. J’ai dû me creuser la tête pendant une bonne demie-heure pour parvenir à trouver les quatre minuscules points que j’ai mis dans la colonne des points positifs (sachant que le 50% de bio dans les cantines scolaires et les restaurants d’entreprise, c’est pas la grosse révolution non plus…).

Je suis alors allé trouver mon mâle (alias le gros abstentionniste du groupe) pour lui amener le résultat de mon enquête ficelé entre mes dents. En mode « ok le programme de Manu est complètement creux et vide mais lui au moins ne va pas nous mettre de matraque dans le cul ». Le mâle a jeté un regard méprisant à mon bullet journal et a lâché un lapidaire:

-« T’as pas marqué ce que Macron a dit, au sujet des retraites. »

Qué retraites? Je suis allé revérifier, il a quasiment rien mis à ce sujet dans son programme, hormis « nous mettrons fin aux injustices de notre système de retraites » et « nous ne toucherons pas à l’âge de départ à la retraite, ni au niveau des pensions« . C’est là que je me dois de vous livrer une information importante sur la Vie (avis au plus jeunes d’entre vous): si quelqu’un vous annonce qu’il ne va pas faire un truc, méfiez-vous, en général ça sent le pâté. Du coup que dit vraiment Macron au sujet des retraites? Sous l’anodine phrase « nous mettrons fin aux injustices de notre système de retraites« , ce qu’il  veut en fait, c’est passer à un système de retraites par points. Système nettement moins bisounours que prévu, comme le souligne cet article du Monde:

Emmanuel Macron précise par ailleurs qu’il maintiendrait l’âge légal de la retraite à 62 ans et le montant des pensions, mais cette promesse est toute relative. Elle serait sans doute vraie sur son éventuel quinquennat, puisque la réforme mettrait « environ dix ans » à entrer en œuvre. En revanche, une fois effective, le montant des retraites pourrait varier. Dans un régime par points, le montant des retraites n’est pas garanti (comme il l’est actuellement) puisqu’il varie en fonction de la « valeur du point » dans le système classique, ou du « coefficient de conversion » dans le système de comptes notionnels. En 2010, le Conseil d’orientation des retraites avait simulé un passage à la retraite par points mais avait souligné la difficulté à en évaluer les effets sur les pensions, qui dépendent notamment de la définition du coefficient. En outre, le calcul du coefficient de conversion inciterait globalement à travailler plus longtemps: il prend en compte l’âge de départ : plus une personne décide de prendre sa retraite tard, plus sa pension est élevée. Il prend aussi en compte l’espérance de vie de la génération à laquelle appartient l’assuré. Maintenir un niveau fixe de pension si l’espérance de vie augmente supposerait donc de retarder l’âge de départ à la retraite.

Et TOUT dans son putain de programme est comme ça. L’exemple le plus connu étant celui de l’assurance chômage, qui sera étendue (selon le programme) même aux gens qui démissionnent MAIS qui interdira à un chômeur (selon les réponses données par Macron quand les journalistes le poussent sur le sujet) de refuser plus de deux offres d’emplois sous peine de perdre ses droits.

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On en revient donc au même point que lors de l’élection de Trump vs Hillary. On nous demande de choisir entre un programme ouvertement caca et un programme un peu moins caca, mais qui a la désagréable habitude de se parer des habits du bien pour forcer les gens à voter pour lui.

Et vous savez quoi? ça me fait chier. Je sais pas ce que je ferai le 7 mai du coup (si vous pensiez que j’allais vous dire quoi faire, vous l’avez dans le cul). Mais je vous laisse avec cette vidéo de François top chouchou Ruffin, qui me semble être la seule personne à dire des trucs intelligents en ce moment (merguez et cool citation de Gramsci incluses):