« Pour savoir si vous avez la peau vraiment grasse, faites ce test : pendant trois jours, nettoyez consciencieusement votre visage avant d’aller vous coucher et n’appliquez aucune crème de nuit. Le 3e matin, déposez un petit papier à rouler des cigarettes sur votre front, un autre sur votre nez, un autre sur vos joues. Regardez si ces papiers sont vraiment gras. Et surtout conservez-les jusqu’au soir pour voir s’il s’agit bien de gras ou juste d’humidité »

conseil de Joëlle Ciocco, gourou de la peau grasse & vendeuse de laits démaquillants à 50 boules

Salut les batraciens,

Devant le succès planétaire de la précédente édition des « conseils que parfois on écoute et parfois non« , je reviens aujourd’hui avec de nouveaux conseils révolutionnaires (car je ne suis qu’une blogueuse mode aux dents longues qui veut faire du CLIC). J’avoue, c’est un peu too much information sur ma vie, mais on est au mois de février et on se fait chier sur la blogosphère, alors bon.

1) LES LÉGUMES BIO ATTIRENT LES MITES

DSC_4475et pas qu’une si vous voulez savoir

Alors ça c’est une photo du placard de ma cuisine l’été dernier. Que nous apprend cette image? (hormis que je mange trop de beurre de cacahuètes). C’était l’INVASION. J’étais tellement au bord du gouffre que j’ai passé une soirée entière à envelopper méticuleusement tous mes vêtements en laine, mes précieux, dans des sacs plastiques hermétiques afin qu’ils ne se fassent pas dévorer par les larves (le premier qui me dit que les mites alimentaires et les mites vestimentaires, c’est pas pareil et qu’il n’y avait donc rien à craindre, je le crucifie). Je me suis également ruinée au magasin bio en divers achats de hippie tels que: sacs de lavande à mettre sous l’oreiller, plaques de bois de cèdre à glisser dans les poches ET sparadraps enduits de phéromones afin de transformer mon habitat naturel en cimetière pour mites (indice: ça marche moyen. la seule solution contre les mites c’est le FROID, c’est à dire L’HIVER)

2) GLANDER SUR FACEBOOK APRÈS 20h30 EMPÊCHE DE DORMIR

CaptureJe ne sais pas vous mais quand j’étais un jeune renardeau je montrais les dents quand résonnait le générique de fin du journal télévisé de France 2 car cela signifiait qu’il était 20h et que le Père allait sonner l’extinction des feux pour les moins d’1 mètre 20 du groupe d’une minute à l’autre. Je trouvais cette mesure injuste et c’est pourquoi j’ai employé la totalité de ma vie d’adulte responsable à glandouiller devant un écran. Et vous savez quoi? ça empêche vraiment de dormir (ps: si comme moi vous êtes insomniaque, cette émission de la tête au carré est super)

3) BOIRE BEAUCOUP D’EAU PERMET D’ÉVITER LES INFECTIONS URINAIRES

J’avoue, il fallait pas sortir de saint cyr pour le savoir (mais je le dis au cas où il y aurait des débiles dans le groupe).

Les infections urinaires, ça a longtemps été ma grande passion dans la vie. Il faut dire que je suis un animal plutôt colérique et qu’à une période de mon existence, je me tapais des infections urinaires & des mycoses à chaque fois que je ressentais un sentiment d’injustice (c’est à dire: tout le temps). J’ai tout essayé: l’homéopathie, le jus de cranberry toi même tu sais, le miel de manuka, l’huile essentielle de tea tree, les probiotiques…ça sert à QUEDALL (sauf à délester votre porte-monnaie d’un tas de précieux euros). Par contre un truc qui marche bien, c’est d’aller voir un vieux gynéco. Je sais que parmi vous il y aura forcément des femelles pour faire la moue en mode no way que je me fasse examiner les parties par une personne masculine de plus de 60 ans. Hé bien j’ai envie de vous dire: c’est une grave erreur. En général les vieux gynécos n’ont plus rien à prouver à personne car ils ont déjà fait Carrière (surtout ceux du planning familial) du coup ils ne sont là que par amour du métier. Ensuite ils ont un côté gros chat qui est rassurant – des mycoses, ils en ont déjà vu des tonnes et la votre n’a pas l’air si terrible que ça. Et enfin ils ne sont pas agressifs comme leurs homologues féminins (c’est moi ou les gynéco femelle sont juste affreuses? la première fois que j’ai dû aller chez le gynéco, cette personne a observé mes poils ventraux d’un air exaspéré avant de me sortir: « vous êtes de quelle origine »? – j’aurais eu envie de lui répondre portugaise juste pour faire une blague mais j’étais tellement tétanisé par cette question que je suis resté figé sur la table d’examen, ce qui lui a permis de décréter que j’avais trop de poils et que j’allais désormais devoir gober Diane 35 (je ne l’ai jamais prise car je suis hypocondriaque))

4) IL FAUT OBÉIR AU KINÉ QUAND ON A UNE SCOLIOSE

Si vous ne faites pas vos étirements et vos exercices de renforcement musculaire vous allez finir comme Elsamakeup (et croyez moi, même si il y a du cadal sponso à la clé, sa vie ne doit pas être cool)

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« Le responsable éditorial reçoit 3 à 5 propositions par jour, et tente de répondre à tout le monde. Depuis 2002 il a envoyé un nombre incalculable de mails venimeux, méchants et vindicatifs en réponse à des propositions de collaboration. Comment être sûr d’en recevoir à son tour ? On ne veut pas de sujets. On s’en fout des sujets. Les sujets qui suivent n’ont aucun intérêt : Mon voyage en Transibérien – Mon voyage en général – Le journal de bord du making-of des coulisses de mon voyage – Les musiciens du métro – Les catacombes – Les gens qui travaillent la nuit – Portrait sonore d’un objet – Un jeune artiste marocain entre tradition et modernité – Une association courageuse qui fait des marionnettes avec des taulards handicapés sans-papiers – Vous l’avez déjà fait en 2003 mais j’ai la flemme de chercher sur le site – Je connais très bien quelqu’un qui vous connaît, qui connaît la Présidente d’ARTE, qui connaît la vie – Je parle allemand et souhaite m’investir dans un projet de dimension européenne, etc. Je ne réponds plus à ce genre de courrier autrement que par un hurlement de bête blessée »

Comment se faire refuser un projet? signé le respo éditorial d’Arte Radio

Salut les saxophones,

Aujourd’hui, retour à la ligne éditoriale fondatrice de ce blog; à savoir: les listes de livres. Et quoi de mieux en cette période post-fêtes que de se pencher sur sa généalogie? Je ne sais pas vous mais moi j’adore les histoires familiales. (interroger renard grand-mère, par exemple, c’est plonger dans le monde merveilleux des années 60 entre deux parts de gratin de courgette (mais je vous raconterai une autre fois)).

Pour ceux qui se découvrent un tropisme pour les autobiographies familiales donc, voici 3 livres que j’ai beaucoup aimés:

200px-EverythingIsIlluminatedQuand j’ai commencé « tout est illuminé » de Jonathan Safran Foer, j’étais un peu sur les nerfs. Déjà, je rappelle que ce mec a écrit « faut-il manger les animaux? » qui est LE livre responsable de la reconversion au houmous de l’ensemble de ma portée. Ensuite, il me semblait que le bouquin avait un souci évident de traduction (je l’ai acheté d’occasion sur internet. je soupçonnais donc une contrefaçon des plus grossières). Pour vous donner une idée du style littéraire:

« Grand-père, dis-je, bougeant son bras pour l’éveiller. Grand-père, il est là ». Grand-père fit une rotation de sa tête de là à là. « Il est toujours à reposer », dis-je au héros, espérant que cela pourrait le faire moins dans la détresse. « Quel beau lilas », dit le héros. « Quoi? » demandai-je. « Je disais quel beau lilas ». « Qu’est-ce que cela veut dire, quel beau lilas? » « Que ça doit lui rendre service. Vous comprenez, lui être utile. » J’utilise cette expression américaine très souvent maintenant. J’ai dit à une fille dans une discothèque célèbre, « Quel beau lilas sont mes yeux quand j’observe ta poitrine sans égale. » J’ai perçu qu’elle percevait que j’étais une personne extra. Plus tard nous devînmes très charnels et elle renifla ses genoux et aussi mes genoux.

J’ai mis deux bons chapitres avant de piger que l’auteur n’était pas un sombre crétin illettré mais que tout ça frôlait le génie. Le livre est composé de 3 récits distincts. Il y a celui de Jonathan Safran Foer, venu en Ukraine démêler l’histoire de sa famille. Il y a celui d’Alex, son guide ukrainien qui est très fier de son américain approximatif tout droit tiré de google translate. Et enfin il y a les lettres qu’Alex envoie à Jonathan pour lui dire ce qu’il pense de son livre au fur et à mesure que celui-ci se construit (Alex signe toutes ses lettres par « ingénument » au lieu de « cordialement ». je trouve ça mignon). Bon bien sûr, comme Jonathan Safran Foer est un peu LE chouchou new yorkais du monde littéraire, un film a été tiré de cette histoire (avec Elijah Wood. c’est pourquoi je ne vous le conseillerai pas)

PerecJ’adore Georges Perec (et pas que à cause de son Poil fourni). Pour moi Georges, c’est un peu la France douillette, celle des rues parisiennes qui sentent bon le pain au chocolat au petit matin… Cela dit je n’étais pas très chafouin à l’idée de commencer la lecture de W car j’avais peur que ça soit un livre toc-toc et déprimant (je sortais de la lecture de « quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour? » qui m’avait apporté beaucoup de sérénité. je ne souhaitais pas briser cet équilibre). Au final c’est une lecture que je ne regrette pas du tout. Pour une raison que j’ignore je me suis beaucoup reconnu dans l’histoire (et non, je ne viens pas d’une famille d’immigrés juifs polonais).

« La découverte de la tombe de mon père m’a causé une sensation difficile à décrire: l’impression la plus tenace était celle d’une scène que j’étais en train de jouer: quinze ans plus tard, le fils vient se recueillir sur la tombe de son père; mais il y avait, sous le jeu, d’autres choses: l’étonnement de voir mon nom sur une tombe (car l’une des particularités de mon nom a longtemps été d’être unique: dans ma famille, personne d’autre ne s’appelait Perec), le sentiment ennuyeux d’accomplir quelque chose qu’il m’avait toujours fallu accomplir, qu’il m’aurait été impossible de ne jamais accomplir, mais dont je ne saurais jamais pourquoi je l’accomplissais, l’envie de dire quelque chose, ou de penser à quelque chose, un balancement confus entre une émotion incoercible à la limite du balbutiement et une indifférence à la limite du délibéré, et, en dessous, quelque chose comme une sérénité secrète liée à l’ancrage dans l’espace, à l’encrage sur la croix, de cette mort qui cessait enfin d’être abstraite, comme si la découverte de ce minuscule espace de terre clôturait enfin cette mort que je n’avais jamais apprise, jamais éprouvée, jamais connue ni reconnue. Je portais ce jour-là, pour la première fois, une paire de chaussures noires et un costume croisé sombre à fines rayures blanches. Je m’arrangeai pour ne plus jamais les remettre »

Même topo que « tout est illuminé »: deux textes se superposent; l’un, inventé, met en scène le double de Georges; l’autre, autobiographique, tente de raconter son histoire familiale avec le plus d’objectivité possible. C’est BEAU.

9782220040578Je vous préviens direct: hypocondriaques, abstenez-vous. Car Anne Ancelin Schützenberger n’est pas le genre de personne à vous dire que vos céphalées persistantes, c’est rien du tout. Non. Anne Ancelin Schützenberger va vous demander si par hasard il n’y a pas eu des pogroms dans votre famille et si la tête de vos ancêtres n’aurait pas fini plantée sur une pique?

Comme vous l’aurez compris, le postulat du livre (Anne Ancelin Schützenberger est un as de l’analyse psychogénéalogique), c’est que rien n’arrive par hasard et que les maladies ou accidents qui nous affectent ne sont parfois que les répétitions d’histoires familiales, de mécanismes de loyauté invisibles et d’injustices. Après, je ne suis pas un grand fan de ce genre d’explications à la mords-moi-le-Freud mais le livre est une succession d’histoires marrantes qui feront sans contexte de vous le clou de la soirée lors de dîners mondains (sans compter qu’il est un pamphlet intraitable en faveur de la divulgation de secrets familiaux, ce qui est très bien si vous voulez mon avis).

Et vous? Est-ce que vous avez lu des livres COOL ce mois-ci? (et est-ce que vos parents sont immigrés juifs polonais?)

Bon alors je ne souhaite dénoncer personne mais sachez que quelqu’un a atterri ici en tapant « cul de vieilles au bois blog ».

J’espère ne pas vous décevoir.

Sinon ça va? La forme? Moi, si vous voulez savoir, je me gèle les couilles. Heureusement, il y a le wifi dans les toilettes. Et qui dit wifi dit LISTE DE LIENS whoop whoop

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1) hihi

2) Céleste Candido, naturopathe

(j’ai découvert cette fascinante personne en écoutant des podcasts sur France Culture) (ne me jugez pas)

3) la théorie de la Boîte, partie 1 et partie 2

parce que Maïa Mazaurette n’est pas QUE une personne insupportable (parfois elle écrit des trucs bien)

4) le compte twitter de Corse Tourisme

paix, amour et figatellu

Capture5) sociologie: expliquer, est-ce excuser?

ce lien vers cette émission d’arrêt sur images a deux inconvénients: a) il est payant b) il y a une nana d’osez le féminisme dans les invités (et comme on pourrait s’y attendre, elle ponctue toutes ses phrases de terrifiants « égalité FEMME homme »)

arrêt sur images fait des émissions vraiment cool depuis les attentats de novembre. je ne me situe pas du tout du coté des zinzins de l’espace qui estiment qu’en matière de djihadisme il n’y a rien à comprendre. ça m’aide de trouver des explications (et ça m’inquiète de voir les hommes politiques enfiler leur cape de super musclor et foncer droit dans le mur en klaxonant)

« La sociologie est l’un des savoirs, l’un des modes de problématisation du monde, qui produit le plus de résistances, d’oppositions, de traumatismes. La sociologie est violente parce qu’elle met en cause nos manières spontanées de penser, de nous rapporter à nous mêmes, aux autres. Ce qu’il y a de très important dans la sociologie, c’est qu’elle met en évidence l’existence de déterminations sociales, politiques, ethniques. Et par conséquent si l’on croit en l’idée de société, alors nous sommes tous virtuellement responsables de tout ce qui se passe dans le monde. Et c’est ça qui est traumatisant. Parce que si vous voyez un clochard dans la rue, si vous voyez quelqu’un qui va en prison, si vous voyez un djihadiste, vous savez que votre manière de vivre, votre manière d’avoir fait fonctionner le monde social, a, de fait, participé de la création du monde dont ces gens sont aussi des effets. La sociologie vous rappelle en permanence que tout ce qui se passe dans le monde est lié à nos manières d’être, à nos manières d’adhérer à des pouvoirs, de faire fonctionner de la violence chacun dans notre espace… par conséquent la sociologie vous empêche de vivre de façon innocente votre vie. Elle vous empêche de vous dire: « c’est pas de ma faute ». Et dès que la sociologie dit aux individus: « prenez en compte la manière dont votre vie produit des effets, conforte un système. Essayez toujours d’agir du point de vue d’un peu plus de justice, d’un peu plus d’émancipation », tout le monde est traumatisé parce qu’on passe notre temps à nous mentir nous mêmes, dénier la vérité, essayer de se mettre hors de cause »

BONUS pour aller plus loin: cet article de Danychou dans Rue89

allez bye

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“A la place qui est la leur, les journalistes ont à réinterroger leur pratique: dans la situation historique présente, elle leur dicte de déplacer leur centre d’intérêt, de se mettre autant à l’écoute du peuple que des pouvoirs. L’information est là, dans les taudis de Caracas et dans les trains de banlieue parisienne, dans les grandes plaines américaines et dans les discothèques des petites villes de province. L’information ne gît pas seulement dans les réseaux cachés des oligarchies, mais au cœur palpitant de la société, le long du système nerveux de la vie, dans les humbles neurones de la conscience collective. C’est en portant plus d’attention à cette réalité que la presse échappera à l’ère du soupçon. »

Hervé Kempf

Salut les onigiri,

Déso d’avoir déserté le blog, j’étais en expédition au Japon (ne me jugez pas, je sais qu’entre ça et la Californie l’été dernier mon bilan carbone est des plus désastreux cette année).

La décision de me casser au pays du soleil levant m’est apparue des plus raisonnables malgré Fukushima quand, lors d’une conversation téléphonique avec renard-mère, celle-ci m’a répondu « du houmous » avec décontraction quand je lui ai demandé quel menu elle avait prévu pour le soir de noël. Du houmous sérieux. (comme vous ne vous en doutiez pas, je vis dans une famille de végétariens)

Le Japon, donc.

Bon alors j’aimerais bien vous pondre un article intello en mode CNRS mais sachez que je n’ai été marqué que par deux choses dans ce pays: les piscines municipales et les reniflements.

Commençons, si vous le voulez bien, par les piscines municipales (j’envisage de devenir blogueuse sport en plus de blogueuse mode. N’hésitez pas à m’envoyer du cadal sponso). Afin de resituer le contexte sachez qu’il y a de ça quelques mois & sous la pression du stade, j’ai enfin appris à nager le crawl. Autant vous dire que c’est un peu ma grosse fierté de 2015. Désormais je classe les gens en deux catégories: ceux qui nagent la brasse en bikini avec la tête hors de l’eau (cad moi il y a 6 mois) vs les détenteurs d’un maillot de bain moche une pièce qui nagent fièrement dans la ligne d’eau réservée au crawl où il n’y a que les mâles tatoués. Sérieux, je suis super fier de nager le crawl. J’ai l’impression de peser dans le savane game. Je me suis même acheté des lunettes de piscine dorées avec verres antibuée et protection UV pour fêter ça (call me truffe, I don’t care).

C’est dans cet état d’esprit résolument dénué de toute modestie que j’ai débarqué à la piscine olympique de Tokyo un froid matin de décembre, tout fier de « vivre comme les locaux et pas juste comme un imbécile de touriste ». Le bassin était divisé en quatre lignes d’eau: « high speed », « middle speed », « low speed » – et l’humiliant « walk » pour les pépés qui marchent dans l’eau. Confiant quant à mon tour de biceps, je saute joyeusement dans la ligne « middle speed » (ne me jugez pas). Or je n’ai même pas le temps de faire un aller-retour qu’un coup de sifflet retentit et un maitre nageur me notifie avec une politesse toute japonaise que ma place est dans le « low speed ». Humilié mais néanmoins coopératif, je me délocalise. Mais comme je suis un animal rancunier, j’entreprends de doubler méthodiquement mes camarades de ligne d’eau afin de prouver au monde entier que je subis une erreur judiciaire. Aussitôt je me fais siffler et le maitre nageur m’informe (sous les regards consternés de tout le bassin) que je suis un connard d’étranger qu’il est interdit de doubler.

Renardeau: 0 – Piscine olympique de Tokyo: 1

Comme je suis triste je décide de boire de l’eau mais même cette action m’est interdite car le maitre nageur (que j’ai très envie d’empailler) me dit que c’est interdit de mettre sa bouteille d’eau au bord du bassin à cause des risques de contamination bactérienne. Touch my contamination bactérienne, j’ai envie de lui dire, mais je me retiens parce qu’après tout on ne sait pas ce qui peut arriver (je rappelle que les japonais ont crucifié des missionnaires portugais quand ceux-ci ont tenté de coloniser l’archipel).

Du coup je ronge mon frein et alors même que je commence à retrouver une forme de tranquillité d’esprit une affreuse sirène de pompier retentit et tout le monde saute hors de l’eau. Nom de dieu je me dis, IL Y A UNE ATTAQUE TERRORISTE DANS LA PISCINE (ne me jugez pas bis). En fait non. C’est juste l’heure de la vérification de la pureté de l’eau. Pendant que mes camarades d’entrainement font moultes étirements & génuflexions pour garder le tempo, un gros pipeau muni d’un scaphandre et de palmes fait le tour du bassin en long, en large et en travers pour vérifier qu’aucune impureté ne flotte à la surface (j’avoue avoir prié à cet instant pour qu’aucun de mes poils pubiens ne soit exhumé hors de l’eau). Au bout de 10 minutes d’un surréalisme le plus total, le PH est déclaré conforme et tout le monde est autorisé à retourner barboter (suite à ça j’ai pris sur moi et me suis retenu de verser la moindre goutte d’urine, bien que faire pipi dans la piscine soit indéniablement un de mes plaisirs favoris dans la vie).

CE PAYS EST ZINZIN

Ensuite il y a eu le coup des radiateurs. Bon alors il faut savoir que les japonais et l’écologie, ça fait un peu 36 (et pas que à cause de la pêche à la baleine). Les mecs se grattent la rate puissance 10 000 de l’isolation de leurs appartements. ça fait que la plupart des immeubles sont construits avec des matériaux tout pourris et que tout le monde s’en fout car de toute de façon ils seront rasés et reconstruits dans 30 ans. Du coup, en hiver on se gèle les couilles. Les japonais ont trouvé une solution toute personnelle à ce problème: les radiateurs à gaz portatifs. Alors oui, je l’avoue, au début j’ai trouvé le radiateur à gaz portatif plutôt mignon (tellement design! je veux le même à la maison!). A la fin, j’avais envie de le MORDRE. Déjà le truc fait un bruit de tondeuse à gazon, donc si vous voulez vous endormir dans le calme, c’est mort. Ensuite il a une autonomie d’environ 3 heures et pas plus (après ce délai il émet une petite sonnerie énervante et se coupe. Officiellement pour éviter les accidents car le gaz c’est dangereux. Non-officiellement pour faire CHIER les renardeaux) ce qui fait que vous vous réveillerez forcément à 2h du mat avec les coussinets glacés.

Du coup bah j’ai chopé le Rhume.

OAH3Le soir du 31 décembre en plus (je ne sais pas vous mais moi je tombe toujours malade ce jour là?). Du coup alors qu’on était au restaurant j’ai dégainé mes feuilles de sopalin afin de me moucher dedans à grand bruit. J’étais en train de fourrer les résidus dans la manche de mon pull quand mon mâle a dégainé son argument « insulte culturelle ». J’ai frémi de terreur dans ma grotte parce que la dernière fois qu’il m’avait sorti ça, c’est quand j’avais pas réussi à manger mon udon avec des baguettes et que le serveur m’avait apporté une fourchette à la place. J’avais trouvé ça gentil de sa part mais selon le mâle c’était juste un acte méprisant face à mon incapacité à manger proprement. Bref, apparemment il est très malpoli au Japon de se moucher (surtout en présence de nourriture). Et de la même manière qu’il est de bon ton de slurper à grand bruit quand on mange quelque chose de délicieux, quand on est malade, on avale sa morve. En reniflant. Au début je trouvais ça un peu dégueulasse mais finalement j’ai fini par adopter cette habitude.

1459083_756223791070899_1174939471_n(mes collègues de travail sont ravis que je ne sois pas mort dans un accident d’avion)

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Séguéla commença par la garde-robe. “‘Le public n’entendra jamais votre message de solidarité si vous continuez à vous fringuer comme un banquier, lui-dit-il. Habillez-vous à gauche, avec des couleurs en camaïeu, des matières déstructurées, des laines ». Il dût aussi se faire limer les dents; un chirurgien dentiste s’occupa de ses canines, qui lui donnaient un petit air de vampire. Mitterrand commença par refuser, mais Séguéla lui dit : « si vous ne vous faites pas limer les canines, vous susciterez toujours la méfiance. Vous ne serez jamais élu à la présidence de la République avec une denture pareille.”

– les Inrocks, les derniers secrets de François Mitterrand

Bon je suis emmerdé, parce que j’ai plein de trucs à dire sur le FN, mais le sujet me parait POLÉMIQUE (sans blague Ginette…).

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En plus ici c’est un blog de mode, et comme chacun le sait, avec l’approche des fêtes ce lieu devrait être un havre de paix peuplé de codes promos, wishlists cocooning, bougies qui puent et tutos spécial dinde – avec à la limite des petits brâmes pour la forme sur l’état du monde, parce que MERDE quoi, c’est pas parce qu’on fait des posts sponsos qu’on n’a pas une conscience (je ne sais pas vous mais moi le matin quand je me sens un peu mou du genou je vais faire un tour sur le blog de la douce Caroline Franc. ça me donne direct la force de retourner MORDRE DES FESSES).

Du coup, comme je ne sais par où attaquer le morceau je vais commencer par vous parler de ma famille (c’est mon sujet de conversation préféré)

Dans ma famille, on est de gauche.

Quand j’étais petit d’ailleurs, je croyais que le monde se divisait en deux catégories: les gentils (ceux qui votent à gauche) et les méchants (ceux qui votent à droite). Avec un bonus « spécial nazis » pour ceux qui votaient Front National (comme tonton raymond, qu’on ne voyait qu’une fois par an car il habitait à tahiti, et qui venait toujours nous prendre le chou quand on allumait la télé pour nous dire qu’au lieu de regarder les Minikeums on ferait mieux d’apprendre la Marseillaise).

A la maison, on aimait bien: l’hymne de l’urss, l’élection de Mitterrand en 81, Coluche, Hara-Kiri, Salvador Allende, la laïcité, Ken Loach, Renaud, les Guignols, l’école républicaine, la fête de l’huma, Noam Chomsky, le Larzac, le rugby et le confit de canard.

On aimait pas: Pinochet, Bush père et fils, les marées noires, Margaret Thatcher, les mocassins à gland, Benjamin Castaldi, le rap commercial, le Figaro, les OGM, Claude François, les curés pédophiles, les militaires, Neuilly, les 4×4, le Club Med et BHL.

Du coup forcément, à l’adolescence, j’étais le prototype idéal du hippie chiant (les dreads en moins).

2002: je pleure car Jean-Marie est arrivé au deuxième tour de la présidentielle (Mère, elle, écrit une longue lettre à Jacques Chirac pour lui expliquer qu’il « a son vote, mais pas son cœur« ) (hihi)

2003: persuadé que la 3e guerre mondiale est pour demain du fait de l’invasion de l’Irak par les USA, je pleure encore (et je grave « Tibet Libre » sur ma table en cours de latin)

2006: je sèche le lycée pour aller hurler dans la rue « villepin, villepin, on t’encule » (c’est les manifs contre le CPE)

2007: je pleure quand Sarkozy est élu, c’est trop triste pour Ségolène. Je rêve de tout plaquer pour vivre dans un van en Californie et prendre du LSD nu sur la plage (« ouai tu comprends les drogues psychédéliques c’est vraiment incroyable comme expérience ça permet de voir des couleurs qui n’existent pas…« ). Je regrette de ne pas avoir connu Mai 68, notre époque est tellement nulle en comparaison. J’idolâtre Sartre et Simone de Beauvoir et leur concept du couple libre parce que « le mariage et la fidélité c’est culturel » (ensuite mon copain me trompera et je peux vous assurer que je CHANGERAI D’AVIS). Je soutiens à qui ne veut pas l’entendre que allez quoi, l’avortement c’est pas si traumatisant que ça. Je dis des trucs cons du genre « ouai mais de toute manière la nationalité ça veut rien dire, moi je me sens pas français tu vois, on est des citoyens du monde…« . Je veux travailler chez Greenpeace pour sauver les baleines.

Je pars en croisade contre tout et n’importe qui, persuadé de détenir LA vérité et que mes arguments feront fondre les cœurs les plus à droite. Je n’écoute pas les arguments des autres: j’arrive avec une idée préconçue du monde et je cherche le conflit pour pouvoir écraser des briques sur des têtes. Et même quand on me fait remarquer que je suis de mauvaise foi, que les sources sous-tendant mes arguments ne sont pas fiables et que je déplace les questions dont je ne connais pas la réponse, je suis incapable de reconnaitre que oui, c’est vrai. Je suis insupportable. Et ridicule. Car le plus ironique dans l’histoire, c’est que mon comportement est contre-productif: personne ne change jamais d’avis après avoir discuté avec moi (à ma manière je radicalise même encore plus les gens dans leurs idées).

Un jour…je rencontre le clone de Timothy:

– « Le racisme vient surtout de l’ignorance et de la bêtise des gens… mais bon, on est tous des êtres humains quoi! »

– « Oui Camille! Oui! Absolument! »

– « Attendez attendez… c’est pas avec ce genre de phrases bateau et consensuelles qu’on va faire évoluer le débat! Camille, si c’est pour dire des conneries pareilles ça vaut mieux que tu fermes ta gueule hein »

Je trouve ça à la fois exotique et fascinant. C’est la première fois que je discute vraiment avec quelqu’un qui n’a pas mes idées sans ressentir le besoin de lui taper dessus.

Et un jour, alors que Marine Le Pen passe à la télé, je Glousse parce qu’elle me fait penser à un troll (et que j’ai une forme d’affection pour les trolls). Pour info le troll se définit par l’opposition – si le troll n’a rien à haïr, point de trolling. D’où la fameuse règle du don’t feed the troll, que certains interprètent comme « ne parlons pas à ces sous-merdes » alors qu’il faudrait plutôt se poser la question: « qu’ai-je fait pour attirer du troll? ». Ce qui me fait penser à ce super sketch de louis ck:

« My first year in the building, about a year ago, I went down to the courtyard. And… I didn’t looked too good, you know. It was Sunday morning: that’s my least presentable hour. You know… just stains, food and meat…whatever. I’m sitting there on this stone bench on this courtyard and I feel a little out of place. You know, there is this fancy doorman and stuff. And then, there is this GUY looking at me. I notice that he is looking at me from across the courtyard. I can tell that he is thinking that I don’t live in the building: he thinks I just wandered off the street, and sat in the courtyard. And I can tell he is thinking of coming over, and dealing with me on his own… So I’m seating there and I’m thinking: « oh PLEASE do that! ». And I try to look even more gross! And I see him being like: « oh, no, that’s not okay at all » and he comes over to me! And I’m like, so excited! So he comes over, says: « excuse me. Do you live in this building? ». And I say: « no » – because why not start there? He goes: « then what are you doing here? » and I say: « I just need to rest… I’m having a hard time… ». He says: « this is private property ». And I say: « well, I don’y really believe in that » (you know, just the worst thing I could say from his point of view). And he goes: « well, if you don’t leave in a minute I’m talking to the doorman » and I’m like: « can I stay just five more hours?!? ». So he goes over to the doorman and I see him talking about me and I see the doorman go on: « oh no! That guy lives here, it’s okay! ». Ahhhh. And the look on his face! It was this beautiful cocktail of anger and confusion – it’s like I had invented a new way to hurt somebody’s fellings! How excited I was! »

En fait les pipeaux qui votent FN, tout ça les fait marrer. Ils sont persuadés d’être du côté de l’humour et de l’esprit critique et nous regardent nous agiter comme des guignols en brandissant des idées totem sans jamais vraiment expliquer pourquoi il ne faut pas penser certains trucs.

Sans parler des inénarrables personnes pénibles qui ont brâmé après le 1er tour des « comment est-ce possible que le FN fasse un tel score moi je vote pas FN, aucun de mes amis ne vote FN COMMENT EST-CE POSSIBLE? QUI SONT CES CONS? » : j’ai envie de dire mec, si le FN représente 30% de la population et que tu n’as jamais eu une discussion sérieuse avec quiconque votant pour ce parti, c’est que c’est toi le con. Depuis quand les gens changent d’avis si on ne leur adresse jamais la parole? Quand on reste entre nous, on ne sert à rien d’autre qu’à se tirer mutuellement la nouille.

Et enfin il y a les gens qui viennent te faire la morale parce que tu votes un petit parti à con (genre EELV) ou que tu t’abstiens, pour te dire que c’est important de voter UTILE. J’ai envie de vous dire: ça fait 60 ans qu’on vote utile les gars, et jamais rien n’a changé, alors votre avis, je me torche avec. A la base le droit de vote, c’est pas l’obligation de voter soit PS soit UMP que je sache, c’est le droit d’exprimer ses convictions. Et moi ça me fait chier de voter pour un parti qui a été au pouvoir de nombreuses fois au cours des dernières années et qui n’a jamais respecté ses engagements. Au pire si vous êtes pas contents, vous avez qu’à retirer le droit de vote à tout le monde et le problème sera réglé HEIN

C’est tout pour aujourd’hui. Je vous souhaite une agréable nuit (attention à ne pas se renverser l’eau de la bouillotte sur les doigts de pied)

 

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« Vous devriez vous méfier de ce type, dis-je. Certains le considèrent comme un cul-de-sac pour l’évolution de l’espèce »

– Joseph Macé-Scaron, Ticket d’entrée

Bon si vous le voulez bien, reprenons le cours habituel des programmes. Et quoi de mieux pour le mois de Décembre (qui s’annonce tendax à souhait) qu’une liste de livres de derrière les fagots?

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« On n’avait qu’une pièce à la maison. Et une seule ampoule électrique. C’était là que mon frère ainé travaillait installé sur une sorte de caisse à mandarines. Ma mère était aux anges de voir son grand fils plongé dans les bouquins. Mais quand le paternel rentrait bourré, c’était terrible. Il piquait une colère noire. « Abruti! » hurlait-il. « Tu vas nous empêcher de dormir avec ta lumière. Arrête de passer ton temps à lire des trucs incompréhensibles, il est tard! » Alors ma mère prenait la grosse lampe carrée, tu sais, le genre qui sert de phare aux bicyclettes et qui marche avec deux piles. Elle prenait aussi des boulettes de riz au sel qu’elle avait préparées, et la voilà partie avec mon frère. Sans quitter le quartier, ils cherchaient un coin désert, jusque dans les faubourgs ou presque. Au début, je n’avais aucune idée de ce qu’ils allaient faire. Donc, une fois, je les ai suivis. J’ai vu mon frère, accroupi sous un lampadaire, qui lisait un livre. Et elle, derrière lui, qui dirigeait sur les pages le faisceau de sa fameuse lampe. De temps à autre, il avalait une bouchée de riz. En découvrant la scène, je suis resté sur le cul! Imagine ma mère, à l’éclairer comme ça. Quand j’y repense, je trouve que c’était une famille vraiment démente »

C’est le mâle qui m’a refilé ce bouquin (parce que selon lui je lis « trop de livres dépressants ») (je crois qu’il faisait allusion au « monde des mafias » de Jean-François Gayraud et à « terroristes: les 7 piliers de la déraison » de Marc Trévidic) (#sorrynotsorry).

J’avoue être assez partagé au sujet de Kitano. Comme je suis une lopette je déteste la violence; or les films de Kitano sont truffés de bagarres dans les toilettes avec du sang, des yakuzas et des gros pistolets qui font peur. Du coup en règle générale je brâme au visionnage tel Moundir dans Koh Lanta pourquoi être aussi corrompu putain éducation de merde aucun honneur aucune dignité etc. Le truc… c’est que Kitano a aussi fait l’été de Kikujiro. Et ce film est trop beau (tellement beau que c’est un de mes films préférés, désormais vous savez TOUT). Du coup, j’avais le coussinet plutôt complaisant en commençant la lecture de l’ouvrage sus-nommé, qui ma foi a été plutôt amusante. C’est une série de courts textes racontant l’enfance de Kitano, dans un style assez direct. ça a un petit côté marcel pagnol japonais. c’est plutôt cool quoi.

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Bon je vous le dis direct: j’ai détesté ce livre. Pourquoi vous en parler alors? Bah pour râler (parce que j’aime bien ça) et aussi parce que j’avais pas assez de livres pour les favoris du mois (hashtag ma vie de blogueuse mode est difficile).

Je l’avoue: je plaçais des attentes démesurées dans cette histoire (car je ne suis qu’un sale hippie, doublé d’une truffe). Cheryl Strayed est une grosse américaine bedonnante qui décide, à l’âge de 22 ans et suite à une vie de débauche (mariage + divorce + héroïne sur matelas crado + abandon de la fac + avortement + tendances nymphomaniaques), de se lancer toute seule à l’attaque du PCT – ou Pacific Crest Trail pour les intimes: un chemin de rando reliant le Mexique au Canada en passant par la côte ouest des États-Unis. A la lecture de cet humble récit j’ai réalisé que je n’avais, contre toute attente, aucune patience pour les histoires de drogue & rédemption. Je trouve ça juste con en fait. Je ne vois pas bien la différence, en terme d’inutilité dans la vie, entre se piquer les veines en compagnie de mecs bizarres et se taper 4 000 km de marche en solitaire parmi les serpents à sonnette. Surtout que Cheryl Strayed est juste le cliché de la personne stupide. Elle se lance dans la rando de manière tellement impréparée que même moi qui ne suis pas le roi de la frite en termes de survie en milieu hostile je ne pouvais m’empêcher de glapir à chaque page devant ses erreurs de débutante (randonner dans un désert sans eau, partir à l’attaque d’une montagne enneigée sans équipement, ETC. ETC.). Sans parler du fait que cette personne n’a aucun goût en matière de mâles:

« Salut », ai-je murmuré tout en cherchant en vain la ceinture de sécurité, coincée dans les plis de mon siège. J’ai examiné ses tatouages du coin de l’œil: sur un bras, il avait une boule hérissée de pics de métal au bout d’une chaine; sur l’autre, le torse nu d’une femme qui se pâmait de plaisir ou de douleur; et un mot latin que je ne comprenais pas en travers de la poitrine. Quand j’ai renoncé à attraper la ceinture, le husky s’est mis à me lécher le visage avec avidité, de sa langue douce et étonnamment fraiche. « Ce clébard a sacrément bon goût en matière de bonnes femmes », a commenté l’homme. « Il s’appelle Stevie Ray. Moi, c’est Spider. »

 » Tu veux m’épouser, chérie? » m’a proposé Spider, en effleurant ma cuisse nue du dos de la main. Sa bague en turquoise m’a griffé la peau. « Ignore-le », m’a conseillé Lou. « C’est rien qu’un vieil obsédé ». Elle a éclaté de rire et m’a lancé un regard dans le rétroviseur. « Moi aussi je suis une vieille obsédée », ai-je songé pendant que Stevie Ray me léchait le genou et que l’autre Stevie Ray entamait Pride and Joy d’une voix rauque. Je sentais battre le sang à l’endroit où Spider m’avait touchée. J’avais envie qu’il recommence tout en sachant que c’était ridicule. Une carte plastifiée ornée d’une croix pendait au rétroviseur, à côté d’un désodorisant en forme de sapin délavé. »

Suite à son voyage « initiatique » Cherl Strayed est devenue écrivain mondain et s’est mise à porter de grosses bagouzz et des robes moches en satin (comme vous vous en doutez je ne suis que mépris pour cette personne).

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Retour au calme avec Jean-François Sabouret, alias « le plus japonais des chercheurs français », selon la 4eme de couverture. Ce livre est juste parfait si vous en avez marre de ce monde barbare et que vous voulez reprendre foi en l’humanité. C’est une succession de repas douillets au creux de kotatsus (si vous ne savez pas quoi m’offrir pour Noël j’en veux un), de grand-mères japonaises délicieusement rétro, de bars de quartier peuplés de vieux habitués et de campagnes paisiblement enneigées (Jean-François Sabouret a vécu 30 ans au Japon (à Hokkaido et à Tokyo) où il a été correspondant pour France Inter et sociologue pour le CNRS. Nous rêvons tous d’avoir sa vie)

« J’ai toujours cherché à m’expliquer pourquoi je me sentais tellement à l’aise au Japon autour d’un comptoir de restaurant où se retrouvent des habitués. Peu à peu, une image m’est apparue, celle, maternelle, d’un mammifère donnant à manger à ses enfants, assis côte à côte. Faites-en l’expérience et prenez place dans un petit restaurant de province au Japon. Prêtez l’oreille au bruit des bouches affamées avalant bruyamment, signe de grand contentement, une soupe chaude de pâte de soja, ou une fondue aux poissons et aux légumes comme on les prépare dans le Nord du Japon, ou encore des soupes de ramen, de soba, de udon… Ce bruit, c’est bien celui des petits d’un mammifère qui tètent avec avidité le lait maternel. Il est du reste fortement recommandé, pour vous aussi, de produire du bruit en mangeant dans les restaurants populaires au Japon ».

/!\ BONUS /!\

chatons-violentsJ’ai fait preuve d’un courage à toute épreuve le week-end dernier car je suis allé au THÉÂTRE (hashtag je suis en terrasse hé ouai). Et plutôt deux fois qu’une (je suis aussi allé voir le tombeur de michel leeb mais si vous le voulez bien nous en reparlerons une autre fois). J’avais envie de voir chatons violents depuis que j’étais tombé sur une interview d’océane rosemarie dans laquelle elle expliquait qu’elle ambitionnait d’être un mélange de Dieudonné (sans la quenelle) et de Louis CK. Ce qui tombait bien car je trouve que les humoristes français sont en général trop politiquement corrects et que j’avais envie de voir un truc qui me fasse réfléchir et me bouscule un peu. Et c’est ce qui s’est produit. La cible du spectacle, c’est les BBB – les bons blancs bobos – et tout y passe: la laïcité, le racisme de gauche, l’homosexualité, les haies de bambou à Montreuil. Il y a eu plein de moments où je me suis senti directement visé (notamment dans la caricature du BBB qui se balade avec le hashtag « la guerre say MAL » cousu à la poitrine) et c’est ça qui était chouette: se rendre compte de son propre grotesque. Je vous le recommande CHAUDEMENT

Dimanche dernier, mon mâle m’a posé un ultimatum car je suis insupportable.

En effet en l’espace de moins de 24h:

  • je lui ai sauté dessus en pleine nuit en hurlant de terreur car « un djihadiste vient de rentrer dans l’appart » (« avec une kalachnikov ») (ne me jugez pas, je sais que vous faites tous le même genre de cauchemar depuis que vous vous êtes tapés la lecture de TOUS les récits des survivants de la fusillade du Bataclan);
  • je l’ai par la suite agressé dès le petit-déjeuner en brandissant Zéro Déchet (le livre de Béa Johnson dont toutes les blogueuses mode raffolent) (nous en reparlerons sur ces pages, n’ayez crainte) afin de le forcer à acheter un lubricomposteur (c’est pas parce que c’est l’état d’urgence qu’il faut oublier la crise écologique).

Il paraît que je passe trop de temps sur internet (et comme chacun le sait, les renards deviennent fous avec un freewifi illimité…).

J’ai donc été sommé d’installer un STOP-GRUGRU.

DSC_4509Le principe du STOP-GRUGU est simple: vous le foutez sur la prise à laquelle votre pc est branché (ne faites pas genre vous ne branchez pas votre ordinateur quand vous vous en servez. tout le monde sait que votre batterie est à plat. car les objets technologiques, c’est de la MERDE). Ensuite vous sélectionnez, sur le petit cadran noir, les plages horaires auxquelles vous voulez être déconnecté par la force; puis vous enclenchez le bouton.

C’est ainsi que désormais tous les jours à partir de 20h pétantes, je n’aurai plus accès à internet. Je vous dirai si ça marche bien (mon objectif final est d’atteindre un temps de connexion limité à 2h par jour) (pour le moment on en est loin je ne suis qu’un sale toxicomane)

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