« Je sens le moment venu de te dire, longuement, que selon moi, tu te conduis comme une merde. Je n’affirme pas beaucoup de choses parce que je ne suis jamais tout à fait sûr que l’idée inverse n’est pas aussi juste, mais, si j’affirme que tu es une merde, c’est qu’ il n’y a pas de place pour le doute sur ce point.

L’idée que les hommes sont égaux est théorique chez toi, elle n’est pas ressentie, c’est pourquoi tu ne parviens pas à aimer qui que ce soit, ni à aider qui que ce soit, autrement qu’en jetant quelques billets sur la table. Amateur de gestes et de déclarations spectaculaires, hautain et péremptoire, tu es toujours installé sur ton socle, indifférent aux autres, incapable de consacrer quelques heures désintéressées pour aider quelqu’un. Entre ton intérêt pour les masses et ton narcissisme, il n’y a place pour rien ni pour personne. Il te faut jouer un rôle et que ce rôle soit prestigieux ; j’ai toujours eu l’impression que les vrais militants sont comme des femmes de ménages, travail ingrat, quotidien, nécessaire. Toi, c’est quatre minutes d’apparition, le temps de laisser se déclencher les flashes, deux, trois phrases bien surprenantes et disparition, retour au mystère avantageux. Au contraire de toi, il y a les petits hommes, qui demandent aux autres de leurs nouvelles, les aident à remplir une feuille de sécurité sociale, répondent aux lettres, ils ont en commun de s’oublier facilement et surtout de s’intéresser d’avantage à ce qu’ils font qu’à ce qu’ils sont et qu’à ce qu’ils paraissent. »

- Lettre jubilatoire de Truffaut à Godard

Salut les crustacés,

Je ne sais pas vous, mais moi, il y a plusieurs choses que j’aurais aimé savoir plus tôt dans la vie. Comme par exemple:

1) QUE LES ÉPILATEURS ÉLECTRIQUES FONT MAL

Je me suis toujours rasé les poils à l’aide d’un rasoir jetable des plus modestes, mais avec le temps et mes lectures ennuyées de Femme Actuelle dans la salle d’attente du dentiste mon mode épilatoire est devenu source de culpabilité.

Car il parait que les femelles accomplies ne se rasent pas avec un vil rasoir, mais à l’aide d’un épilateur électrique. Les femelles accomplies sont ainsi épilées à la perfection 24h sur 24, 7 jours sur 7, et ce sans souffrir aucunement n’est-ce pas car nous vivons au XXIe siècle et que désormais les épilateurs ne défoncent plus la peau tels des tractopelles.

Hé bien ça mes enfants, c’est un VIL MENSONGE.

Les épilateurs électriques font mal. Tous (même celui qui va sous l’eau pour pouvoir s’arracher les poils en toute décontraction dans son bain parfumé).

Les épilateurs électriques donnent des boutons rouges de gros sale qui font que vos jambes soigneusement préparées pour la plage ressemblent à des pustules fistulantes.

Et enfin, je n’ose croire qu’il y a des débiles parmi nous qui ont essayé, mais il me parait physiquement impossible de s’épiler le maillot à l’aide d’un épilateur électrique, sous peine de castration immédiate.

Écoutez vos mères. Ne vous rasez pas. Utilisez un rasoir jetable.

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2) QUE LES BLOGUEUSES MODE MENTENT

Ouai je sais il fallait pas sortir de Saint-Cyr pour parvenir à cette conclusion lumineuse, mais fut une époque où j’étais jeune et innocent, et où j’achetais des vêtements après les avoir vus en photo sur des blogs de mode (ne me jugez pas, je suis un caca…).

Un jour, je me suis procuré ce PULL RUINEUX. N’a-il pas l’air à la fois classe, douillet et parfaitement adapté à la vie dans les sous-bois?

La vérité (ouai quand je suis énervé je commence mes phrases comme Nicolas Sarkozy), c’est que ce pull n’était en fait qu’une affreuse cote de maille. Quand je l’ai reçu j’ai glapi d’effroi car il n’était pas du tout gris comme cette photo surexposée le suggère, mais incrusté de fils dorés du plus mauvais gout. Je l’ai quand même enfilé pour aller au travail car sur un malentendu ça peut marcher et que rien ne se perd tout se transforme. Mais ce putain de pull me grattait comme si j’étais un eczéma géant. Et bien que je l’aie pris en M il était trop petit (ce qui me forçait à me ratatiner pour essayer de faire oublier qu’on voyait mon nombril).

Mes collègues ont ricané.

3) QUE LES CHEVEUX BOUCLÉS NE SE PEIGNENT PAS

Je ne sais pas vous mais la phrase que j’ai dû le plus entendre dans ma vie, c’est « va te coiffer ». Alors il est vrai que je suis un renardeau plutôt en pétard, mais il n’y a rien de plus FAUX que de conseiller à un poil bouclé de passer sous la brosse pour devenir présentable.

Il faut se peigner à l’aide d’un peigne en bois à grosses dents, ou avec les doigts (comment vous croyez qu’ils faisaient à la préhistoire? Autant vous dire que personne n’avait de brosse en plastique). Pas plus d’une fois par semaine. Et toujours avant la douche (pas une fois que les cheveux sont mouillés car ça les CASSE,  j’espère je vous frémissez tous de terreur dans vos grottes…).

Wedding4) QUE LES GENS PISTONNÉS SONT MÉDIOCRES

Celle là j’ai mis du temps à m’en rendre compte, mais je pense que si un jour j’ai une progéniture, ça sera le message numéro un que je leur ferai passer.

Il y a un moment dans la  vie où il faut faire ce truc affreux qui s’appelle chercher un travail, et c’est le moment que choisissent tous les Jean-Chacal de la terre pour réciter une litanie envahissante (qui ne manquera pas de vous provoquer des sueurs froides) qui consiste à dire que si on a pas de piston on peut toujours aller se gratter pour faire un métier cool de la fesse tel que, en vrac: éditeur, journaliste, écrivain, chef pâtissier, super-juge ou maitre du monde.

Hé bien ça mes petits, sachez que c’est faux, et qu’il est grand temps de mordre le jarret des Jean-Chacal qui de toute façon sont des êtres frustrés par leur nullité (ils savent très bien que malgré tous leurs pistons familiaux ils finiront comptables chez Castorama).

Si vous voulez vraiment travailler quelque part et que personne dans votre famille n’a sniffé de la coke sur les fesses de Karl Lagerfeld, il existe une solution simple: la candidature spontanée.

(et puis comment peut-on garder un minimum de dignité dans la vie quand on jamais essayé de faire un truc qui nous tient à cœur vraiment tout seul, sans se faire porter par la peau du cou par ses géniteurs?)

« Les moyens de vivre ne doivent pas l’emporter sur les raisons de vivre. »

- Hubert Beuve-Méry

Salut les renoncules,

Récemment j’étais un peu déprimé car je cherchais des trucs intéressants à lire sur internet et il y avait QUEDALL: mes clics frénétiques me ramenaient sans cesse à des blogs de mode à la con ou à des journaux de bord tenus par des mères au foyer. Je me suis demandé POURQUOI en 2015 les femelles continuaient à écrire sur des sujets aussi convenus, puis (comme je suis opportuniste) j’ai décidé de faire pareil (afin d’augmenter mon audience bien sûr et de devenir célèbre, ensuite comme ça je recevrai des sacs renard gratuitement par la Poste).

Voici donc, pour votre plus grand désespoir je l’espère, mon TOP 3 des vêtements que je mets (et affectionne) le plus – liste garantie 100% sans tricherie (pas comme ici ou où ça piaille tous les 2 jours « hiiii ceci est mon nouveau vêtement favori de tous les temps »).

1) SAC RENARD FJÄLLRAVEN

Comme j’ai lu No Logo et que je suis une personne pénible, s’il y a un truc que je ne supporte pas dans la vie, c’est le storytelling des marques. Qui sont ces gens qui décident en toute conscience de travailler dans le marketing? Quels sont leur réseaux? Mangent-ils des harengs crus avant d’aller se coucher?

Cependant, dès qu’il s’agit de Fjällraven, j’oublie mes Principes de Vie et fais preuve d’une indulgence honteuse (c’est une marque de vêtements de sport suédoise qui dit œuvrer pour la protection des renards arctiques mais en vrai ils fabriquent leurs vestes en Chine).

Mais bon bref. On s’en fout car le sac renard est, lui, 1) pas fabriqué en Chine et 2) increvable. C’est le genre de sac qui vous donnera certes un petit côté « salut je suis crado et je vis dans les bois » mais qui ne vous lâchera jamais même si vous le bourrez à craquer de sauce tomate en conserve et que vous faites du vélo sous un orage. Par ailleurs, ce sac est délicieusement has been (je m’identifie un peu à lui en fait je l’avoue): il n’a aucun détail moderne qui pourrait éventuellement vous faciliter la vie. Il n’a aucune super poche pour vous permettre de retrouver plus facilement vos affaires par exemple, et il a une contenance trop petite pour vous permettre de voyager à la fois avec votre ordinateur portable, votre stock de livres et de chaussettes, et votre saucisson aux noix (ce qui vous donne une excuse pour ne pas emmener votre ordinateur portable avec vous).

21e88337-d93f-48d2-a8f6-6b9f596fc08e2) ÉCHARPE EN LAINE ACNE

Ouai encore une marque suédoise (j’aimerais favoriser le made in france mais à part les marinières et les chaussons fourrés je ne vois pas).

Bon alors en fait l’hiver dernier j’ai eu une sorte de toux grasse insupportable pour mon entourage pneumonie car j’ai été un peu trop wild de la fourrure. J’ai donc dû accepter le fait qu’il était temps de m’embourgeoiser et de m’acheter une vraie écharpe en laine (ne levez pas les yeux au ciel, vous aussi vous passerez par là même si vous faites encore les malins dans votre slip bob l’éponge).

Pourquoi avoir choisi une écharpe Acne alors que a) cette marque a un nom de pustule fistulante et b) toutes les blogueuses mode en raffolent? (« ouai mais tu vois c’est la féminité du futur avec une déstructuration des formes ça me parle vachement à moi cet esprit nordique… »).

CAR ce n’est pas une écharpe, c’est un plaid. Du coup vous pouvez au choix vous en servir comme foulard islamique ou comme couverture douillette quand il n’y a pas de chauffage dans votre terrier tellement sa superficie est importante (vous pouvez aussi vous moucher dedans comme c’est noir ça se verra pas).

Conclusion: un achat de hipster, mais utile.

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3) MINI JUPE NOIRE AMERICAN APPAREL

Bon alors American Apparel…c’est vraiment une marque improbable, on se demande qui sont les gens qui mettent vraiment ce genre de vêtements dans la vraie vie. Quelle que soit votre morphologie, vous aurez l’air d’un boudin grec avec leurs jupes patineuses à la con qui remontent au milieu du ventre, et puis les crop top je sais pas vous mais passé douze ans et demi ça devient gênant. DONC, je déteste cette marque de cheerleaders et pourtant c’est là où j’ai acheté le vêtement que je porte le plus (bon OK j’avoue tout je le porte tous les jours et je le lave jamais): une mini-jupe en coton noire.

Et je veux pas faire mon snob mais la qualité de cette mini-jupe American Apparel surpasse celle de toutes les mini-jupes en coton précédemment testées.

Après, je ne sais pas s’il y a des porteurs de mini-jupes en coton parmi vous mais sachez que c’est le vêtement le plus PRATIQUE au monde (c’est également un vêtement qui vous vaudra moultes remarques sexistes, même si vous vous baladez la goutte au nez et le poil raplapla…mais il faut dire fuck aux phallocrates dans la vie).

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« Stories that you read when you’re the right age never quite leave you. You may forget who wrote them or what the story was called. Sometimes you’ll forget precisely what happened, but if a story touches you it will stay with you, haunting the places in your mind that you rarely visit »

- Neil Gaiman

Je faisais le malin jusqu’à hier soir, pensant être passé entre les gouttes de la gastro, grippe hivernale et autres maladies propagées par les trolls mais QUE NENNI. Du coup comme je suis super ronchon et que mes ganglions sont gonflés à bloc j’ai décidé de faire une liste de livres à lire au mois de février pour me remonter le moral (et le votre aussi si vous suez en slip sous votre couette après avoir glopé un citron brulant avec du miel).

1) L’ATTENTAT, Yasmina Khadra

Oui ok j’avoue qu’avant de lire ce livre, j’étais persuadé que a) Yasmina Khadra était une femme et que b) cette personne était à l’origine d’un livre nul sur Nicolas Sarkozy (j’avais confondu avec Yasmina Reza mais vous avouerez que quand même ça fait beaucoup de Yasmina dans le groupe). Donc pour les débiles comme moi, voici une photo de Yasmina Khadra (qui est plutôt chouki et a des petits airs de Barack Obama):

AVT_Yasmina-Khadra_3506L’attentat est un livre tout à fait idoine en cette période stupide où il parait légitime de mourir pour des idées. C’est l’histoire d’Amine Jaafari, un arabe israélien, qui mène une vie bling bling de chirurgien dans le plus grand hôpital de Tel-Aviv (et qui fait des blagues de fesse à ses collègues, ce qui au début me l’a rendu peu sympathique je l’avoue). Un jour, il y a un attentat et il apprend que c’était sa femme le kamikaze.

Ce livre est super, et il est tellement super que je ne peux pas vous en parler sans vous spoiler l’histoire. Lisez-le, et quand ça sera fait vous comprendrez sans vraiment pouvoir l’expliquer avec des mots pourquoi la violence est toujours absurde, même si on essaye de la légitimer avec des idées.

2) JUST KIDS, Patti Smith

J’avais mis du temps à ouvrir ce bouquin parce que j’avais peur qu’il soit glauque – je ne suis pas fan des années 60 à cause de l’ambiance drogues, sida, vie urbaine & dépression. Mais Patti Smith réussit à rendre cet environnement là inoffensif, parce qu’elle passe à travers sans se laisser corrompre (c’est d’ailleurs une des seules personnalités de cette époque à être toujours en vie et saine d’esprit).

C’est l’histoire de sa jeunesse à New York, avant qu’elle ne devienne célèbre, quand elle écrivait des poèmes dans la chambre au Chelsea Hotel qu’elle partageait avec son ami et amoureux Robert Mapplethorpe. C’est le livre idéal à lire si vous avez un meilleur ami (et même si vous n’en avez pas d’ailleurs).

3) LIBRE ET ASSOUPI, Romain Monnery

Ma politique éditoriale (houhou ça faisait longtemps que je rêvais d’utiliser cette expression) consiste à ne parler que de livres lus ET appréciés mais boarf ce mois-ci, grognons un peu. J’avais commandé cet ouvrage en étant persuadé l’adorer car c’est l’histoire d’un type de 25 ans qui végète dans sa chambre au lieu d’aller travailler, et ça les enfants, c’est un thème qui me PARLE. Mais bon déjà ça commençait mal car la quatrième de couverture contenait une critique laudative de la part de Frédéric Beigbeder:

« Fable espiègle sur l’extinction des ambitieux, il est tout entier contenu dans un titre parfait qui résonne comme un programme situationniste. »

(punaise je déteste ce type)

Et de fait, ce livre est Beigbederien au possible (sans le côté drogues & femelles dénudées, du coup il ne reste pas grand chose). C’est un livre où il ne se passe rien en fait, et en le lisant vous aurez la désagréable impression de vous transformer vous aussi en un mollusque parisien presque trentenaire, lâche en amour, puant des pieds et greffé à son lit (une sorte de clone de Bref qui ne sort jamais de chez lui). Le seul petit côté chou du héros, c’est son amour pour les livres et les toilettes:

« Les toilettes étaient devenues ma résidence secondaire. J’avais peu à peu fait de ma salle de lecture un quartier général où je me réfugiais dès que l’occasion se présentait, pour manger ou pour souffler. J’y étais bien. Les néons ronronnaient, les murs étaient blancs, les chasses d’eau chastes et le silence beau. Ces moments me faisaient l’effet de vacances. Ça n’était pas le grand luxe mais c’était du bon temps: le seul à ne pas s’éterniser dans ces journées sans fin. Seulement, je découvris à mes dépends qu’on n’était jamais vraiment tranquille, même en son propre royaume. Un jour où j’étais assis sur mon trône, plongé dans la lecture de L’homme sans qualités, deux types vinrent troubler ma quiétude. Au mépris de toutes les règles élémentaires de bonne conduite exigeant qu’on ne s’approche pas à moins de cinq mètres d’une personne en train de déféquer, je vis leurs pieds s’arrêter devant a cabine.

– Putain, fit l’un d’eux. Regarde, il y en a un qui chie! »

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4) LA LETTRE A HELGA, Bergsveinn Birgisson

Bon alors là on a la palme du livre le plus nul de l’année (et je pèse mes mots). Le seul truc bien dans ce torchon, c’est sa couverture (ce qui expliquerait sa présence impromptue sur les blogs de mode):

LaSolutionEsquimauAWBergsveinn Birgisson est un gros islandais qui apprécie porter des pulls en laine à motifs, et sa biographie précise qu’il est également « titulaire d’un doctorat en littérature médiévale scandinave« . Il a écrit La lettre à Helga pour « porter la mémoire des histoires que lui racontait son grand-père, pêcheur et éleveur dans le nord-ouest de l’Islande« .

Et quelles histoires mes enfants, QUELLES HISTOIRES.

(je vais vous spoiler le truc, j’espère que vous ne m’en voudrez pas)

La lettre à Helga est une lettre que Bjarni Gíslason écrit à l’amour de sa vie, Helga, pour lui rappeler les bons moments passés ensemble – mais halte là si vous croyez que c’est un truc romantique que vous pourrez recopier à votre cher et tendre pour la Saint Valentin. Car Bjarni Gíslason, le héros donc, est un peu grugru. Sa femme est méchante avec lui car elle s’est fait ligaturer les trompes, du coup il passe beaucoup de temps dans la nature à prendre l’air frais et à élever ses moutons, et il rêve de pincer les fesses en cachette de sa voisine Helga. Comment va-il faire pour la séduire?

« Hallgrímur était parti dresser des chevaux dans le nord du pays et tes gosses étaient en pension. Tu étais seule à la ferme. J’avais reçu des instructions précises de l’Union agricole sur la façon de s’y prendre pour la gale des moutons, qu’il s’agisse de la gale due aux poux ou de celle due aux tiques. Le canton de Hörgá disposait d’une baignoire itinérante, acquise aux frais du département, facile à transporter sur une structure en bois ad hoc que nous avions surnommé le sulky. Le canton possédait un réservoir de quatre-vingt litres d’urine fermentée et une marmite géante en aluminium. J’amenai le tout chez toi sur ma charrette à foin. Je jetai dans l’urine pure des algues et de la cendre de bois, additionnées de bitume, de pisse humaine et de quelques feuilles de tabac. Ça fait toute la différence! Nous réchauffâmes le mélange sur les tisons, dans l’ancien corps de logis, et après l’avoir versé dans la baignoire mobile placée au beau milieu de la bergerie, nous y plongeâmes les bêtes. Tu t’en souviens sûrement aussi bien que moi. La chemise aspergée de pisse, tu t’évertuais à faire pénétrer le liquide dans la laine, pendant que je maintenais les brebis, en prenant garde à ce que leurs narines restent au-dessus de la surface. L’instant où je versai l’huile de requin sur l’échine du dernier agneau mes reste toujours en mémoire. C’est alors que tu enlevas ta chemise ».

Suite à ça Bjarni et Helga batifolent dans les fourrés tout le printemps, jusqu’à ce qu’Helga pose un ultimatum à Bjarni: soit il l’épouse, soit elle se CASSE loin de lui à Reykjavik. Bien sûr, comme Bjarni est con il ne fait rien et Helga le quitte.

L’histoire aurait pu s’arrêter là. Sauf qu’il y a un épilogue (qui personnellement m’a fait bondir de fureur et m’a poussé à écrire cette chronique excitée du bulbe). En fait si Bjarni se fait chier à écrire toute une longue lettre à Helga, c’est parce qu’Helga, quand elle était à Reykjavik, lui avait écrit une lettre. Et du coup Bjarni lui répond. Sauf que Bjarni est définitivement un gros MOLLUSQUE (comme quoi les mollusques peuvent aussi bien être français que scandinaves) car il a attendu qu’elle soit MORTE pour répondre à sa PUTAIN de lettre.

Moralité: si quelqu’un vous offre ce livre en cadeau, n’ayez aucun scrupule à le revendre sur le bon coin.

 

« Les assauts contre le temps de sommeil se sont intensifiés au cours du XXe siècle. L’adulte américain moyen dort aujourd’hui environ six heures et demie par nuit, soit une érosion importante par rapport à la génération précédente, qui dormait en moyenne huit heures, sans parler du début du XXe siècle où – même si cela paraît invraisemblable – cette durée était de dix heures. Il ne reste aujourd’hui dans l’existence humaine que très peu de plages de temps significatives – à l’énorme exception près du sommeil – à n’avoir pas été envahies et accaparées à titre de temps de travail, de consommation ou de marketing. Un ensemble de forces concourent à encenser la figure d’un individu constamment occupé, toujours dans l’interconnexion, l’interaction, la communication. Dans les régions prospères du monde, ce phénomène est allé de pair avec la dissolution de la plupart des frontières qui séparaient le temps privé du temps professionnel, le travail de la consommation. C’est « l’activité pour l’activité » : faire quelque chose, se bouger, changer se trouve valorisé par rapport à la stabilité, souvent considérée comme synonyme d’inaction. Le sommeil est fondamentalement un truc de losers. »

- Jonathan Crary, 24/7 Le capitalisme à l’assaut du sommeil

3bdc13c07d14676f612bc6cdc1827232Salut les mollusques,

Je sais que le mois de janvier est allégrement passé et qu’il est un peu tard pour présenter ses vœux et faire une liste de résolutions pour 2015 mais prout dans les feuilles. Cette année j’ai décidé d’être ultra productif et pour ce faire je me suis fixé des objectifs DRASTIQUES (je vous les partage car comme tous les blogueurs je suis convaincu d’être une sorte de messie sur terre dont les conseils de vie intéressent le peuple).

1) NE PLUS MANGER DE VIANDE PENDANT LA SEMAINE

Ouai on sait on sait, comment peut-on être un renardeau en forme si on prend comme résolution de diminuer sa consommation de saucisson?

Il se trouve que plusieurs membres de ma portée ont récemment décidé de devenir végétariens et bien que leur décision ait été à l’origine de nombreuses morsures dans les fourrés cela m’a forcé à me mettre face à mes CONTRADICTIONS INTERNES:

  • j’aime profondément manger de la viande (je ne pourrai jamais me dire: « ceci est le dernier hamburger de TOUTE MA VIE ») et d’ailleurs j’ai l’impression que quand je n’en mange pas assez je suis faiblard;
  • je me sens énervé quand je lis des articles défendant le mode de vie végétarien, et en même temps quand quelqu’un me dit qu’il n’aime pas les végétariens je me sens énervé aussi (ouai je suis chiant);
  • quand je fais les courses je regarde avec dédain les gens qui achètent de la viande industrielle (j’ai l’impression d’être le roi de la frite depuis que j’ai lu « vive la malbouffe à bas le bio » et « faut-il manger les animaux?« ), mais quand j’ai vraiment faim je boulotte tout ce qui passe sous mon nez sans faire gaffe à la provenance et à l’éthique.

Du coup, petite solution: être végétarien en semaine et festoyer le week-end avec des sangliers à la broche et des maquereaux en papillote. Cette idée est plutôt bien car il y a une conférence TED dessus elle permet à la fois d’économiser des sous et de manger des plats qui sortent de l’ordinaire (dites adieu au jambon luisant sous plastique et bonjour au lapin aux croûtes de parmesan et jus de citron).

2) CONSOMMER PLUS DE TRUCS CULTURELS

Je sais pas vous mais j’ai l’impression que depuis qu’internet est entré dans nos vies le temps passé à lire de bonnes BD aux toilettes a lamentablement diminué (ouai je suis réac et je ne crois pas une minute les gens qui affirment que le temps qu’ils passent devant leur ordinateur n’est que productivité: ils regardent des vidéos de chat comme tout le monde).

Et je trouve ça triste. Je veux dire, à quoi ça nous aura servi quand nos sphincters défailleront de vieillesse d’avoir passé notre vie à lire des blogs de mode à la con? Où est le sens de l’existence? La poésie? L’étonnement? L’apprentissage de nouvelles choses?

Du coup, quand je suis tombé sur cette vidéo dans laquelle Solange te parle se fixe des objectifs chiffrés en termes de consommation culturelle, je me suis dit bonzaï je vais faire pareil (du coup si vous avez des BDs, films, documentaires, expos photos, livres, musiques, jeux vidéo à me conseiller n’hésitez pas en commentaire (sauf les musées parce que je suis un peu un beauf et j’aime pas ça))

3) ARRÊTER D’ACHETER DES TRUCS NEUFS

Je veux pas faire ma blogueuse mode adepte du minimalisme (je sais pas vous mais moi j’en ai marre de tous les wannabe minimaux qui consommaient comme des sales il y a 3 mois et qui ont décidé d’un coup d’investir dans une garde-robe « capsule » car l’épure est devenue hype (on sait tous que ça va pas marcher et que c’est aussi productif que de faire des prouts dans l’eau)), mais c’est sacrément cool de trouver des stratégies pour ne plus rien acheter

…cette phrase est longue

Ouai donc je ne peux pas vous prodiguer de conseils pour tenir cette résolution, sachant qu’elle me cause bien du souci (c’est difficile de trouver un presse-aïl d’occasion)

4) DORMIR PLUS

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- « Qu’est-ce que cela implique au quotidien de vivre aux côtés d’un loup ? »

– « Un loup, ça vous casse un manche à balai avec les dents. Vous ne pouvez pas lutter physiquement avec un loup. S’il vous plaque au sol avec sa patte vous ne pouvez plus bouger. Il a une telle volonté et il est tellement roublard que si vous lui fermez une porte et qu’il veut passer, il la casse. Ce n’est pas comme un chien à qui vous dites « tu fais pas ça ». Mais je connais les animaux grâce à mon métier, et j’ai eu cette chance que ma femme soit très douée avec les animaux donc on a pu s’en sortir. Ça nous a obligés à vivre en meute avec un loup, j’ai dû me comporter comme un chef de meute. Kamala, elle, n’était pas gênée. Elle était peinarde. C’est pour nous que c’était dur. Par exemple quand un loup se met sur votre lit, si vous voulez dormir il faut trouver une solution pour qu’il s’en aille. Vous ne pouvez pas lui demander de partir, vous ne pouvez pas l’enlever de force. Si vous n’arrivez pas à le manipuler, vous dormez sur le tapis et c’est tout. Un loup c’est pas un chien, si l’homme a créé le chien c’est pas pour rien ».

- Interview de Pierre Jouventin qui a mal vécu sa collocation avec un loup

 010moi en tout cas je suis content aujourd’hui

G.K. : Il avait relié le document, tout annoté, rajouté des dossiers et des photographies.

M.H. : C’était très administratif. Mais il se trouve que j’ai une machine à relier chez moi, ce n’est pas très cher.

G.K. : Et tout de suite plus classe.

B.D. : Au bout du compte, ses remarques étaient assez minimes. Du genre « J’aimerais manger des apéricubes plutôt que des cacahuètes ».

MH. : Oui, j’ai un problème de dentier. Il ne tient pas.

- Interview nulle de Michel Houellebecq dans Le Monde

C’est le mois de janvier! Et personne n’est excité car Noël est passé et désormais l’hiver ne sert plus à rien – il ne reste qu’à attendre le mois de mars, quand les conditions de vie seront à nouveau humaines et qu’on pourra mettre la truffe dehors.

En attendant, voici une liste de livres à vous mettre sous le coussinet:

1) SOUS LE RÈGNE DE BONE, Russell Banks

J’ai acheté ce livre sur un coup de tête avant de prendre un train – ce qui aurait pu être une mauvaise idée parce qu’on a rarement des bonnes surprises avec les livres achetés dans les gares. D’ailleurs, au début, ça partait assez mal, à tel point que je l’ai mis de côté en me disant que je n’arriverais jamais à le terminer. C’est l’histoire d’un adolescent de 14 ans, Chappie, qui a une crête iroquoise sur la tête, un anneau dans le nez et l’air objectivement un peu con. Pour des raisons qu’on ne comprend pas bien au début, Chappie est super chiant avec sa mère et son beau-père et part de chez eux pour aller zoner au centre commercial, habiter avec un gang de bikers et vendre mollement du cannabis.

Autant vous dire que là, mon degré d’identification à Chappie, sa vie & son œuvre, avoisinait le zéro. Je me disais: c’est quoi encore cette histoire de mollusque?

Et puis, je ne sais pas trop comment c’est arrivé, mais d’un coup j’ai commencé à trouver Chappie super chou (peut être parce qu’il quitte le gang de bikers pour aller vivre dans un bus abandonné avec un gros rasta végétarien). Ce qui est touchant dans le livre, c’est les efforts que fait Chappie pour toujours se poser plein de questions sur le bien et le mal, et sa manière de rester digne alors qu’objectivement il a quand même une vie de merde et qu’il manque d’affection.

Ça ressemble un peu à l’Attrape-coeurs de Salinger, en un peu plus trash (c’est l’Amérique beauf et crado des années 90) mais avec le même genre de grognements enthousiasmants:

« Il y avait aussi quelques pick-up, des campings-cars et un petit nombre d’individus qui sont montés à pied comme nous. La plupart d’entre eux étaient des malades de l’exercice avec de l’argent et un corps bien bronzé, des gens minces qui portaient des shorts J. Crew, des T-Shirts où étaient imprimés des pensées politiques qu’ils avaient du trouver dans des beignets chinois. Ils poussaient à bord leurs vélos à dix vitesses avec des allures de lévriers. Il y avait enfin une bande d’excursionnistes super-écolos, avec des barbes, des queues de cheval, des sacs à dos de haute technologie, d’énormes chaussures en cuir suédé montées sur des semelles comme des pneus de tracteur. Ils semblaient se croire moralement supérieurs à tout le monde et aussi écologiques sur toutes les coutures que si on les avait recyclés dans une vie antérieure.Là plus qu’ailleurs, plus qu’à l’époque du centre commercial, je me suis senti vraiment largué. Je me voyais différent de tout le monde, j’avais l’impression d’assister à une émission scientifique sur la chaine Discovery: « Mode de vie des Débiles Décérébrés », ou un truc du genre. »

2) FRANNY ET ZOOEY, J. D. Salinger

En parlant de Salinger, je me permets de faire un petit aparté de derrière les fagots.

Quand j’avais lu l’Attrape-coeurs, j’avais été tellement enthousiasmé (comme 99% des gens qui tombent sur ce livre à l’âge de 15 ans) que j’avais voulu en savoir plus sur Salinger. J’avais donc entrepris de lire tout ce qu’il avait écrit, romans, nouvelles, et de fouiner un peu partout comme un rat pour comprendre quel genre de personne il était. Je me sentais super proche de lui.

J’avais commencé par Franny et Zooey, ce qui était un bon choix car c’est selon moi le deuxième meilleur livre qu’il ait écrit. C’est un texte assez court dans lequel Franny et Zooey, qui sont frère et sœur, discutent du sens de la vie. Il y a pas mal de passages un peu perchés parlant de Jésus, mais hormis ça, c’est le livre parfait à lire quand on est en pleine crise existentielle:

« Ce que je sais, moi, c’est que je perds la tête, dit Franny. J’en ai assez de l’ego, de l’ego, de l’ego. Du mien et de celui des autres. J’en ai assez de tous ceux qui veulent arriver à quelque chose, faire quelque chose de distingué, être intéressants. C’est écœurant, écœurant. […] J’aime être applaudie et que les gens soient fous de moi, tout ça n’est pas normal et juste. J’en ai honte. J’en ai marre. J’en ai marre de n’avoir pas le courage d’être quelqu’un de très ordinaire. J’en en assez de moi et de tous les gens qui veulent se faire remarquer. »

Sur ma  lancée, j’avais lu un jour rêvé pour le poisson-banane. C’est une nouvelle géniale, mais très perturbante (sans vous spoiler le truc, le poisson-banane a quand même une forme inquiétante de bite).

Du coup quand j’avais vu que Joyce Maynard, une ex de Salinger, avait écrit un livre sur leur vie commune, j’avais fait slurps ronron et sauté dessus, pensant y trouver des EXPLICATIONS. Je ne m’attendais pas à de la grande littérature, le livre ayant été qualifié un peu partout de « super impudique » (et c’est vrai que Joyce Maynard a l’air pas mal névrosée comme personne), mais personne n’a insisté sur le point central du bouquin, à savoir: l’attraction de Salinger pour les jeunes filles. Les très jeunes filles.

Je ne sais pas s’il était vraiment pédophile ou juste un petit peu, mais d’un seul coup ça m’a mis mal à l’aise d’avoir tant aimé ses livres – car comme Joyce Maynard et toutes celles avant et après elle, j’avais été charmé par la capacité de cet homme adulte à décrire la pureté de l’enfance.

C’est pour ça que (bouclons la boucle), à choisir, je préfère Sous le règne de Bone à l’Attrape-coeurs. Parce que l’Attrape-coeurs évacue la question de la pédophilie, alors que Sous le règne de Bone s’y confronte – Chappie a été abusé par son beau-père et on voit les dégâts que ça lui fait.

Donc voilà, si quelqu’un trouvait encore Salinger chou dans le groupe, bin c’est trop tard.

JD Salinger Portrait Session

3) UN BREF INSTANT DE ROMANTISME, Miranda July

Heu…Miranda July est un peu folle (mais c’est le jeu avec la liste des livres à lire au mois de janvier).

miranda-july-02Le livre dont je vous cause, c’est un recueil de petites nouvelles perchées, idéal à lire avant d’aller dormir. Je vous colle un aperçu succint parce que trouve ça utile de lire un extrait avant de choisir un livre:

« Je me suis avancée dans le couloir et j’ai vu que Theresa était assise par terre à côté d’une chaise. C’est toujours mauvais signe. Un terrain glissant. Mieux vaut s’asseoir sur les chaises, manger quand on a faim, dormir, et se lever pour aller au travail. Mais nous sommes toutes passées par là. Les chaises sont pour les gens, et vous n’êtes pas sûre d’en être. »

4) AUTOPORTRAIT DE L’AUTEUR EN COUREUR DE FOND, Haruki Murakami

D’habitude quand je lis des livres de Murakami je brâme car les personnages féminins sont toujours nuls et le héros principal est systématiquement une sorte d’invertébré qui ne réagit à aucun stimuli dans la vie et semble doué de la même excitation interne qu’une moule.

Du coup, pour une fois que j’apprécie un livre de Murakami, ça valait la peine de le notifier. Ce livre est une sorte d’autobiographie dans laquelle l’auteur raconte sa passion pour la course à pied, et plus précisément les marathons.

Alors bon…il y a pas mal de choses que j’ambitionne de faire dans la vie, et les marathons n’en font pas partie; mais c’est pas pour ça que le livre est pas intéressant, au contraire. Murakami raconte que dès le début il a eu pas mal de difficultés à courir. Il était lent, pas souple et son corps morflait un max. Ce qui est rigolo c’est qu’au lieu de se dire « c’est pas fait pour moi j’annule tout et je vais manger de la glace aux fruits des bois devant la télé », il a pris ça comme un avertissement de la part de son corps. Il y a un passage très bien, où il explique que c’est plutôt chouette de se découvrir des limitations physiques tôt dans la vie, parce que comme ça ça nous force à agir rapidement (et pas à 50 ans quand les problèmes seront passés sous le radar et surgiront de manière effrayante). Sa manière de vivre pour se préparer à vieillir dans les meilleures conditions possibles me parle pas mal.

Il y a un autre truc aussi. Il dit à un moment que 25 ans, c’est un âge charnière dans la vie. Qu’avant 25 ans, on peut se payer le luxe de se laisser aller, chercher sa voie, se coucher tard, manger mal, etc. Mais si après 25 ans on persiste dans un mode vie « relaché », bourré de mauvaises habitudes, alors ça ne changera pas et ça sera toute notre vie qui ressemblera à ça – même si on se dit qu’on sera capable de redresser la barre et qu’on réussira à  réaliser nos rêves à un moment (quand on aura décollé les fesses du canapé). C’est un livre qui enjoint à agir, à se fixer des règles de vie drastiques et des objectifs chiffrés à partir d’un certain âge. Je ne sais pas vous mais je trouve l’idée vraiment bien.

« La Génération Chochotte est hypersensible, surtout à la critique. Quand un membre de cette génération crée quelque chose, il a tellement de canaux de diffusion à sa disposition que ce quelque chose débarque souvent dans le monde brut de décoffrage, non corrigé, posté partout, et, à cause de cette liberté, beaucoup de contenus ainsi diffusés sont bâclés, un peu merdiques. Malgré tout, quand on critique une Chochotte à cause de ce genre de contenu, elle semble s’effondrer dans une spirale de honte et la personne qui ose la critiquer est aussitôt étiquetée comme un hater, un salaud, un troll. C’est problématique car cela limite le discours : si, tous autant que nous sommes, nous ­aimons tout ce qui existe, alors de quoi diable ­allons-nous parler ? Du côté formidable de tout ? »

- Article de Bret Easton Ellis dans Vanity Fair, à propos de « la génération chochotte »

Salut les moules,

Aujourd’hui, brâme!

Ces derniers temps, je sais pas si c’est parce que c’est l’hiver et qu’on se gèle la couille, mais je passe mon temps à  me faire traiter de TROLL.

Untitled

Quand j’ai ouvert ce blog, j’étais tellement excité de pouvoir enfin m’exprimer que je suis immédiatement parti en quête de mollets poilus à mordiller. Les wild renardeaux sont comme ça! Ils aiment avoir du débat à se mettre sous la dent – et dieu sait que la blogosphère française regorge de gros melons qui ne demandent qu’à être dégonflés.

Sauf que les réactions sont unanimes: je suis pas rigolo, je suis un troll, et même,certaines personnes CENSURENT MES COMMENTAIRES (ouai. comme Dieudonné). ça me rend un peu triste! Je me sens dans le même état d’esprit que quand, vous savez, vous rentrez dans un gros poulailler en rappant « j’impose mon STYLE héhé viens sur la piste bébé ce SOIR c’est ta soirée » et que tout à coup vous vous coincez le coussinet dans un piège à rat.

Traiter quelqu’un de troll, c’est un argument  zéro, digne de cour de récré en maternelle. C’est une manière facile de se positionner du côté du bon goût et de la vérité, en disqualifiant d’office les critiques soulevées par l’autre sous prétexte qu’il est immature et qu’il ne s’est exprimé que par attrait pour la provocation. Deux questions se posent alors:

  1. Toutes les critiques sont-elles forcément le fait de trolls?
  2. La forme employée disqualifie-elle nécessairement le fond d’un propos?

BEAUCOUP DE QUESTIONS, PEU DE RÉPONSES.

(surtout que pendant ce temps là, j’aimerais ne dénoncer personne, mais de vrais trolls en liberté sévissent H24 dans les commentaires du Figaro et de Rue 89)

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