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Archives Mensuelles: juillet 2016

Salut les sales cafards,

A la base j’avais prévu de vous parler de mon hypocondrie galopante (j’ai peur de mourir d’un mélanome fulgurant okay), mais j’ai déboursé 20 euros sur epiderm hier soir à une heure indécente et depuis je ne suis plus inquiet (epiderm, c’est le site où tu envoies une photo de ta bite ton pied en gros plan et un dermato te répond en direct pour te dire si c’est grave ou si tu es juste un sale hypocondriaque pénible. En l’occurrence on m’a dit je cite que je n’avais pas de grain de beauté mais une « pigmentation due au contact avec certaines plantes sauvages (la tige recèle des furocoumarines qui sont photosensibilisantes)». Je me suis dit : comment ils savent que je suis un renard et que je passe ma vie fourré dans les fougères ? Encore un coup de la NSA. Mais bon, ça m’a rassuré, j’ai pu aller me coucher en chantant la vie, dansant la vie et n’étant qu’amour, alors je me suis dit que parler d’hypocondrie dans ces conditions, ça allait casser l’ambiance).

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Du coup à la place je vais vous refiler une liste de liens (je sais que vous adorez ça secrètement car vous n’êtes qu’une bande de glandouilleurs)

1. Article spécial végétariens : le lait de cafard est le plus nutritif du monde

2. La page facebook « code de beaufs »

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3. Le défi « 30 jours de yoga » d’Ariane (le yoga c’est la vie, si vous n’en faites pas vous n’êtes qu’un petit caca ratatiné, je vous le dis tout net)

4. Si je vous dis « poésie parlée » je sais que vous pensez direct « grand corps malade » et « ennui fatal courage fuyons » mais essayez d’être ouverts d’esprit et d’aller renifler ce que fait Sarah Kay. Ses poèmes sont cool, okay. Surtout celui-là.

5. Petite dédicace pour tous ceux qui ont très envie de faire caca pendant leurs rencarts

6. Une idée de cadeau pour vos enfants pénibles

PS : j’ai installé pokemon go sur mon téléphone. Ne me jugez pas svp.

Aujourd’hui, nous tenterons, à travers une bibliographie fournie, de répondre à la question suivante : comment changer le monde ? Faut-il user de la violence ou faut-il au contraire se foutre de tout et ricaner dans son coin ? (ouai je parle comme un prof de fac dégarni. Laissez-moi vivre okay)

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Pendant les vacances, en bon angoissé de la vie qui se respecte, j’ai essayé de suivre des règles strictes en matière de plan vigipirate afin d’éviter de périr dans un attentat pendant l’euro de foot. a) éviter le TGV b) éviter le métro c) éviter les mouvements de foule. C’est comme ça qu’un poisseux matin de juin, je me suis retrouvé dans un TER mettant 6h pour relier Paris à Lyon, en compagnie de Renard-bis. Parmi le tas de trucs que Renard-bis avait emporté avec lui (tampax extra larges, tabac à rouler, chaussures à la semelle décollée, paquet de chips), il y avait plusieurs tommes d’un manga japonais inconnu au bataillon : death note. Je me suis dit : quoi de mieux qu’un long voyage en train pour me goinfrer de lecture ? Et c’était parti.

L’histoire de death note est simple. Light Yagami, une tête d’ampoule un poil solitaire, trouve par hasard un carnet dans la rue. C’est le death note : un cahier qui tue les gens du moment qu’on y écrit leur nom. Au lieu de l’utiliser pour s’adonner à de viles vengeances de bac à sable (ce que je craignais en feuilletant les premières pages), Light décide qu’il va être un être noble et changer le monde. Il écrit donc le nom de quelques criminels connus, qui meurent aussitôt de crises cardiaques… conscient de son pouvoir, il entreprend alors d’épurer le monde du mal et de punir systématiquement par une mort subite tous ceux qui s’adonnent à des actes répréhensibles. Son objectif : que les gens, voyant le crime puni en direct, en viennent à s’autoréguler. Et ça fonctionne : peu à peu, la criminalité diminue au Japon… Alors ouai, on sait, c’est immoral de solutionner les problèmes par la peine de mort, hashtag badinter etc. Mais qui n’a jamais rêvé que les affreux qui nous gouvernent meurent, histoire de voir si ça serait pas mieux sans eux?

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« Violet Kahn était une de ces filles pulpeuses et précoces dotées dès l’adolescence d’une féminité explosive et trompeuse qui les avaient frustrées de maturité réelle. L’œil butait contre ce corps, ces seins, ces hanches et ces fesses tressautants – même l’œil bienveillant d’une sœur – et on se surprenait à fixer Violet, comme Marilyn Monroe, en pensant que derrière cette abondance de chair chaude et mammalienne, il y avait une personne – un être piégé et haletant. Si les yeux de Violet rencontraient les vôtres et s’y accrochaient, même fugitivement, vous saviez, et elle savait. Mais cela ne durait jamais. »

Autre lieu, autre époque, autre solution. Si vous en avez marre de vous faire siffler dans la rue et de vous faire pincer les fesses dans les transports en commun, pourquoi ne pas créer votre propre gang ? Un GANG DE FILLES ? Bah voilà, c’est l’histoire de Foxfire. Ça se passe dans les années 50 aux Etats-Unis. C’est Maddy qui raconte. Avec des copines du lycée, sous la direction de Legs Sadovsky, une grande perche casse-cou au physique intimidant, elles décident de mener des actions choc pour se venger de ceux qui leur ont fait du mal (surtout des hommes). Et de venir en aide aux plus démunis (chiots dans une animalerie, vieilles dames sans le sou, femmes enceintes célibataires). Bien sûr, ça finira mal (c’est toujours pareil quand on commence à se servir de la violence, ne vous faites pas d’illusions). Mais qui n’a jamais rêvé de dépouiller rouer de coups les vieux dégoutants qui offrent travail salarié dans leur usine contre massage de bite occasionnel à des jeunes filles sans le sou ?

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Bon je vous le dis tout de go : je ne suis qu’amour éternel pour le Lobe qui, sous les commentaires de la dernière liste de bouquins, m’a suggéré la lecture de Cavanna. C’est pas comme si je connaissais pas du tout Cavanna hein (au risque de me répéter, le Père, en bon lecteur de feu hara kiri, voue pour sa personne une admiration sans bornes). C’est juste que c’est gênant d’aimer les mêmes choses que ses parents, pas vrai ? Du coup Cavanna, je le tenais un peu à distance. Je me disais, c’est vrai qu’il a l’air rigolo, mais lui et moi, ça va pas coller à cause de ses blagues de fesse. Mais dans le fond je savais que ce n’était qu’une question de temps (la maturité de l’âge mûr ?) pour que je sois moi aussi un gros fan gluant.

Alors j’ai acheté les ritals et les russkoffs,  qui sont les deux premiers tommes de son autobiographie, et je les ai plus lâchés. Déjà, il y a eu un processus d’attachement bizarre. Pour une raison que j’ignore, je me sens tout à fait à mon aise dans les récits de vie qui se situent grosso merdo entre 1900 et 1950. Comme dans des grosses pantoufles bien confortables.  Genre l’enfance de Marcel Pagnol, d’Albert Camus… et maintenant de Cavanna. C’est étrange non ? Je sais pas si ça vous fait ça à vous aussi. Pour moi ces années-là sont limite plus « réelles » dans ma géographie mentale que ma propre enfance dans les années 2000. Mais le meilleur truc avec Cavanna, c’est qu’il grogne à peu près 24 heures sur 24 et ponctue la moitié de ses phrases par « tous des cons ». J’avoue que j’apprécie bien ça, et que ça me parait être une philosophie de vie des plus raisonnables :

« Sur la Marne, il y a aussi les pêcheurs. Des vieilles merdes qui louent un emplacement avec un piquet pour amarrer une barque plate, peinte en vert, aussi déprimante à voir qu’une pantoufle charentaise. Ils restent là, des plombes et des plombes, à guetter le bouchon, faut avoir de la purée de marrons à la place du cerveau. Et quand ils en sortent un, ces enfoirés, un gardon comme mon petit doigt, je me barre, je les fracasserais à coups de parpaing, je les balancerais à la baille, je sens la colère rouge qui monte. Pourriture de braves gens ! Ils te décrochent la bestiole, la gueule arrachée, la jettent dans le panier de zinc, et là, elle se tortillera bâillera étouffera pendant des heures, tout ça pour que des connards à bidoche grise, à bajoues et à mégot aient un peu de saine distraction au bon air ! J’ai essayé d’expliquer, une fois, à un jeune, donc moins con, que je croyais. Il m’a pris d’abord pour un dingue, puis pour une gonzesse, puis pour les deux à la fois… C’est quand même quelque chose, non ? Ils voient une rivière, belle, large, calme, pas trop de courant, des arbres autour, des fleurs, du soleil, un paradis. Ça devrait leur filer aussitôt l’envie de virer leurs loques et de plonger, quéquette au vent, dans cette extase, non ? Moi, en tout cas, c’est ça que ça me fait. Ces cons-là, non. Pensent seulement aux petites bêtes qui vivent là-dedans, pénardes, leurs vies de petites bêtes, et ne peuvent rien imaginer de plus excitant que de leur baiser la gueule avec leurs ruses et leur matériel, de les arracher hors de l’eau pour les laisser crever pendant des heures et les ramener, triomphants, à leur femelle, aussi grise, aussi moche qu’eux. Merde, crevez, affreux ! Vous salissez tout, vous chiez sur tout, vous changez tout en souffrance et en laideur, rien que pour vos petits plaisir merdeux de petits vieux qui se font chier. Ce monde n’est pas le vôtre, vous êtes des ratés, des brutes, des monstres, vous êtes pires que les vrais méchants : vous êtes les bons cons.

Je devrais pas m’énerver comme ça. »

(comme on le voit dans cet extrait, cette personne est végétarienne. Mais juste avant de mourir, son dernier souhait a été de boire une bière en mangeant du saucisson)

Un dernier truc qui m’a marqué. Dans les Russkoffs, Cavanna raconte pas mal d’évènements historiques ayant eu lieu pendant la seconde guerre mondiale : l’exode, le STO (il a été obligé d’aller travailler dans une usine de fabrication d’armes à Berlin), la débâcle allemande de la fin de la guerre. J’ai lu pas mal de livres sur cette période, et pourtant c’est la première fois que je lis un récit comme le sien. Il ne s’inscrit pas dans l’histoire avec un grand H : il ne choisit pas ses anecdotes de manière à ce qu’on sache d’avance qui sont les bons et les méchants (il égratigne tout le monde : les allemands bien sûr, mais aussi les français, les américains, les belges, les russes…). Il n’oriente pas son récit de manière à ce qu’on sache qui va gagner à la fin : on vit comme lui, au jour le jour, dans le flou. Et il n’insiste pas non plus lourdement sur les moments affreux ultra connus et documentés type bombardements, exécutions sommaires, antisémitisme ou viols de groupe. A la place, il raconte de manière très sincère, en n’oubliant rien, même les plus infimes trucs, ce qu’a été son quotidien et comment il s’est débrouillé avec tout ce qui arrivait. Avec plein de petits détails, sur ce qu’il mange, comment il s’habille, les expressions que les gens utilisent – que certains verront comme anecdotiques mais qui ont fait jouer à fond le processus d’identification chez moi (par exemple il raconte que dans son camp de travail, il y avait juste un gros wc pour tout le monde, qui consistait en une fosse rectangulaire remplie de caca, surmontée d’une unique planche. On s’accroupissait sur la planche pour faire caca. Un jour, alors qu’il laisse tomber une grosse crotte, il entend un gémissement étouffé en dessous : c’est le curé du camp qui a dû descendre dans la fosse chercher son portefeuille (qu’il avait perdu en baissant son pantalon), et qui vient de se recevoir ses excréments sur la tête…).

Je me demande souvent avec angoisse ce qu’il se passerait s’il y avait à nouveau la guerre, ou un évènement terrible qui ferait que le pays sombrerait dans le chaos le plus total. En lisant Cavanna je me suis rendu compte de ce à quoi ça ressemblerait, et son état d’esprit « ni collabo, ni résistant, juste anti-cons » m’a bizarrement réconforté. Je me suis aussi dit que si tout le monde était un peu anar comme lui on n’aurait pas tous ces problèmes.

Trois solutions possibles :

  1. Arrêter de s’acheter des vêtements
  2. Partir vivre en Norvège
  3. Faire des paris sportifs

Euro de foot oblige, nous allons parler aujourd’hui du petit c.

Bon alors je vous vois déjà grogner d’avance dans vos chaumières tels les crypto-féministes-végétariens que vous êtes : « l’Euro de foot say nul, les joueurs sont trop payés, leurs coupes de cheveux sont moches, où sont les femmes, encore du pain et des jeux pour distraire le peuple des vrais problèmes, 11 crétins en short qui courent derrière un ballon si c’est pas un scandale ça alors qu’on parle si peu du tir à l’arc » ETC ETC. Mais je ne m’abaisserai pas à rentrer dans le débat « pour ou contre » car je crois bien que vous avez tous des hémorroïdes.

Pendant le tournoi, avec mon mâle, on a décidé de se lancer sur la dangereuse pente du vice et de l’endettement en commençant à faire des paris sportifs. Les paris sportifs, c’est trop bien parce que ça nécessite d’aller au PMU. Le PMU : le lieu interdit de mon enfance, où renard-mère ne laissait jamais trainer sa progéniture – un local rempli de cigarettes gauloises, de machins à gratter, de néons violets et de gros monsieurs tout rouges à chemise à carreau marronnasse fixant d’un œil débonnaire l’écran de télé en haut à gauche tout en lapant une bière blonde couleur pipi. Un endroit fantastique quoi.

Après avoir fait chier la femme du buraliste pendant 30 minutes avec nos questions de jeunes chiots surexcités (est-ce que les femmes de buralistes sont spécifiquement payées pour avoir l’air ennuyé en toutes circonstances ?), nous avons parié à 1 contre 5 que le Pays de Galles ratatinerait la Belgique en quarts de finale. J’avoue, c’était un peu facile : on aime pas les belges (ils sont un peu bêtes une fois) et dans l’équipe du Pays de Galles il y avait Gareth Bale. Résultat : gain de 20 euros (on avait misé 5 euros, ce qui est certes petite bite, mais vous connaissez beaucoup de placements financiers avec un tel rendement vous ?).

Puisqu’on était partis sur notre lancée, à savoir celle de l’argent facile [d’ailleurs à ce propos j’aimerais bien que vous me disiez ce que vous feriez si vous gagniez au lotto vous. Moi j’en profiterais pour aller faire mes courses du mois à Biocoop, et je pourrai enfin acheter les fraises à 8 euros sans me faire mordre par mon mâle (toi-même tu sais)], j’ai proposé que nous parions pour l’Islande au prochain quart de finale. Avec une cote de 7 contre  1 en faveur de la France, franchement, ça valait le coup. Mais je me suis pris un coup de gourdin sur la tête et me suis vu accusé de « faire de l’anti-France » (expression drôle quand c’est marine le pen qui brâme sur France Inter le matin mais nettement moins plaisante quand vous vous la prenez directement dans le museau). Ça, c’était le début des tensions. Parce que comme je suis un animal susceptible ET vénal, j’ai bien sûr misé mes 5 euros contre la France quoi qu’il arrive – et je les ai perdus (la fameuse dérouillée du 5-2).

Suite à ça, il y a eu Portugal vs Pays de Galles en demi-finale. Là j’avoue, je sais pas quelle mouche m’a piqué mais j’ai eu envie de prendre la défense des portugais. Peut-être parce que dans un coin de ma tête j’avais pas encore intégré que Cristiano Ronaldo, c’était pas le Ronaldo brésilien de France 98 (trop chou avec ses dents écartées). Et que merde quoi on pourrait bien se serrer les coudes entre sudistes & pays en crise contre nos ennemis historiques (les anglais). Alors : je sais pas si vous avez déjà essayé ça chez vous, mais il semblerait que ça soit une règle mathématique universelle : si vous dites à votre mâle que vous soutenez le Portugal, vous êtes bons pour une séance de brâme 15 jours non-stop. Son argument phare, c’était : « tu peux pas trouver Ronaldo chou, il a une marque de SLIPS ».

Untitledc’est toi le slip

Remarquez, j’aurais dû résister tel Victor Hugo dans la tempête parce que si j’avais poussé l’anti-france jusqu’au bout, je me serais fait des couilles en or avec la finale. Mais que voulez vous, je suis faible et moi aussi j’ai cru qu’on allait le gagner, cet euro…

Il y a pas de chute à cet article (c’est l’été et j’ai le coussinet détendu). La prochaine fois, je vous expliquerai comment faire pour voler des trucs chez Zara et H&M encore un que les boches n’auront pas sans se faire gauler.