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Archives Mensuelles: février 2018

Salut les femmes enceintes,

Aujourd’hui je suis content car c’est le retour des listes de livres (je sais que ça vous avait manqué).

 (pour fêter ça, une photo floue & mal cadrée en direct-live de ma bibliothèque)

Ces derniers temps j’ai lu et aimé:

BD écrite par Antonio Altarriba au sujet de son père, qui s’est suicidé, en maison de retraite, à l’âge de 90 ans, en sautant par la fenêtre du 4e étage (père qui, on le notera, s’appelait aussi Antonio Altarriba. je trouve que c’est pratique cette idée d’avoir le même prénom que son fils. si j’ai des gosses c’est évident que je les appellerai tous renardeau: renardeau 1, renardeau 2, renardeau 3 etc). Oui donc le truc plutôt intéressant avec Antonio Altarriba père, c’est qu’il a vécu à peu près tous les événements marquants du XXe siècle: la guerre d’Espagne, les camps de réfugiés en France, la seconde guerre mondiale, la dictature franquiste. Et le bouquin, tout naturellement, retrace toutes les étapes de sa vie, en les reliant aux événements historiques que je viens de citer.

Alors il faut que je vous prévienne: ce n »est pas la BD la plus joyeuse de la terre (la vie d’Antonio Altarriba père est ponctuée d’échecs et de désillusions). Mais c’est un ouvrage qui a le mérite d’éclairer de manière très simple et très limpide les raisons profondes pour lesquelles l’Espagne est au bord de la crise de nerfs en ce moment avec cette histoire de Catalogne (en gros tout un tas d’hommes, comme Antonio Altarriba, ont dû taire toute leur vie leur engagement passé en faveur du communisme ou de l’anarchisme pour réussir à survivre dans l’Espagne de Franco. Forcément, cette absence de reconnaissance des souffrances passéss laisse des traces, à l’échelle d’un pays).

Il y a de ça quelques semaines, je me suis retrouvé tout seul dans une grande ville en sortant d’un train, avec 2h de temps à tuer avant que quelqu’un vienne enfin me chercher (c’est l’histoire de ma vie). Et comme il faisait froid à se geler les couilles, j’ai fait ce que tout renard sensé fait dans ces cas-là: je suis aller zoner à la fnac. Mon objectif principal était évidemment de me réchauffer, mais j’avais également un objectif alternatif, à savoir, voler un carnet moleskine (oh ça va hein, qui n’a jamais volé un carnet moleskine à la fnac?) (en + j’en avais grave besoin pour me faire des to-do lists). Bref, mais comme je suis un renard prudent, je me suis dit qu’il fallait que j’achète un bouquin pour brouiller les pistes (rapport au vol du carnet moleskine). Je me suis donc dirigé vers le rayon BD, et c’est comme ça que je suis tombé sur Spinning.

Je suis très content d’avoir acheté cette BD, même si ce n’est pas du tout le genre de chose que je lis d’habitude, car c’est un livre qui parle de deux thèmes qui m’intéressent et qui ne sont usuellement jamais traités ensemble: l’adolescence et le patinage.

A ce moment-là de l’histoire, il faut que je vous fasse un aveu: quand j’étais un jeune renardeau, je faisais de la danse sur glace. Je crois d’ailleurs que c’est à cause de cette histoire de danse sur glace que j’ai développé une aversion importante pour tout ce qui touche au maquillage et que c’est pour ça que maintenant je mors les fesses des blogueuses mode. Ma vie au patin a été une succession d’échecs. Déjà il faut dire que je n’étais pas aidé par la nature parce ma génitrice n’en avait rien à battre de la fougère du patin. J’ai retrouvé une photo d’un gala qui datait d’au moins 1996 – gala qui avait pour thème « les aristochats ». On y voit une rangée de mignonnes petites filles déguisées en mignons petits chats, moustaches élégamment dessinées par leurs mamans avec du crayon noir. Et, au milieu, RENARDEAU. Renardeau qui n’a pas de moustache, mais un immonde grabouillage dégueu sur le museau qui le fait ressembler à un pédophile de 67 ans, rapport au fait qu’il a dû se maquiller tout seul (je me rappelle de ce jour comme si c’était hier: renard-mère avait refusé de me maquiller parce qu’il trouvait que c’était dégradant pour l’image de la femme). Au patin, j’étais donc moche, mais en plus il y avait les compètes. Je détestais les compètes, l’odeur des vestiaires, les cris hypocrites qu’il fallait pousser pour encourager les autres, les envois de peluches sur la glace à la fin de la prestation de chacune, les petits bouts de neige que notre prof nous collait dans le dos juste avant notre entrée en piste pour nous réveiller, et qui nous dégoulinaient jusqu’aux fesses, les tuniques moches qu’on devait porter (avec interdiction de mettre une culotte en dessous parce que sinon ça faisait des plis), l’odeur de la laque, les épingles à chignon qui faisaient mal à la tête, les patins neufs qui faisaient mal au pied de fou (j’ai retrouvé une ancienne paire qui avait encore des traces de SANG à l’intérieur), les remarques de notre prof (« renardeau, tu ressembles à un poireau dans le vent quand tu patines ». « et la musique, c’est pour les cochons?!? »), les meufs persuadées qu’elles allaient devenir championnes olympiques alors que maintenant elles sont secrétaires médicales et qu’elles ont épousé un dentiste… BREF: lire le livre de Tillie Walden (qui est un récit autobiographique: elle y raconte ses années lycée en sport-études et comment elle a pris la décision d’arrêter le haut niveau) m’a rappelé tout un tas de choses, et ça m’a bizarrement fait du bien. Je me suis dit: « quelqu’un a eu les couilles de parler de tout ça », j’ai refermé le bouquin avec un sentiment de travail accompli, et je suis allé manger du beurre de cacahuètes.

J’avais entendu parler de la sortie du dernier livre en date de Philip Pullman mais je ne voulais pas le lire parce que je garde dans mon cœur un souvenir trop ému des royaumes du nord et que j’avais peur que ce nouvel opus fasse tout foirer. Bon, après il se trouve que quelqu’un m’a offert ce bouquin (et je lis toujours les bouquins qu’on m’offre). Hé bah figurez-vous que cette lecture a vraiment été la bonne surprise du mois de février. C’est vraiment le livre idéal à lire par temps pluvieux et froid, quand vous vous sentez déprimé et que vous avez besoin de réconfort. je ne vous en dis pas plus, mais si vous êtes à la recherche d’une bonne fan fiction bien régressive de base, alors ce livre sera pour vous.

Sur ce j’espère que vous regardez les jeux olympiques (moi j’ai pris comme résolution 2018 de devenir top grugru comme martin fourcade)

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Salut les gras,

Je suis content de vous retrouver aujourd’hui afin de reprendre la ligne éditoriale, à savoir les listes de trucs.

[ATTENTION DISCLAIMER] (Je me suis rendu compte récemment que j’étais attaché à ce blog parce que c’est comme un journal intime interactif que j’aurais tenu pendant plusieurs années. J’aime bien cette idée que tous les livres que j’ai aimés, toutes mes petites obsessions, brâmes et découvertes du quotidien sont stockés là; et quand je remonte dans les archives je me sens toujours vaguement content que TOUT soit bien rangé ici et pas dans des vieilles boites en carton poussiéreuses au fond de mon grenier. D’où ma résolution 2018 de continuer à alimenter régulièrement le bouzin. Hashtag archives nationales, madeleine project, enculage de mouches)

Bref, les jeux vidéo donc. Je dois vous prévenir, par souci d’honnêteté, que je ne suis absolument pas un expert en la matière (en effet le concept de jeux vidéo était soumis à un embargo strict dans ma grotte quand j’étais enfant et adolescent à cause d’angoisses parentales portant sur les mots-clés « Japon » et « Violence »). C’est pourquoi je me garde bien d’émettre mon point de vue quand il est question:

  • du débat sur le sexisme dans les jeux vidéo
  • du débat sur l’Art (« le jeu vidéo est-il un art comme les autres au même titre que le cinéma et la littérature? »)

L’unique raison pour laquelle il m’arrive de jouer à des jeux vidéo, c’est à cause de mon mâle. Voici donc en exclusivité mes jeux favoris parmi l’amas de conneries, pardon, les découvertes que j’ai faites ces derniers mois:

1.JOURNEY

Journey c’est vraiment très très très très beau. En y jouant, j’ai ressenti une sensation de glisse et d’espace vraiment géniale (le même genre d’émotion que la première fois où j’ai eu le droit de monter à l’avant en voiture et que j’ai vu la route se dérouler devant moi, ou que la première fois où j’ai vu un film en 3D (c’était la descente du nil, à la géode) (oui je fais vraiment des métaphores de merde)).

Ce qui est chouette dans Journey c’est que le jeu ne nécessite pas de compétences « techniques » particulières: on se contente de pousser le petit personnage (le bidule à la cape rouge que vous voyez sur l’image ci-dessous) et celui-ci s’envole, glisse sur le sable, avec un petit cliquetis très apaisant. La luminosité évolue au fil du jeu; le personnage traverse plusieurs villes abandonnées à l’architecture plutôt moyen-orientale. La fin est vraiment exceptionnelle, avec des paysages qui rappellent à la fois l’Himalaya et le Japon.

J’avais la larme à l’oeil quand j’ai terminé le jeu, parce que c’est typiquement le genre d’expérience qu’on ne vit qu’une fois et c’est pas pareil la deuxième fois.

2.PHOENIX WRIGHT

Si comme moi vous manquez clairement de coordination entre votre patte droite et votre patte gauche et que vous mourez toujours en trente secondes lors des combats, alors ce point and click est fait pour vous. Phoenix Wright, c’est un peu le Sherlock Holmes de la DS: c’est un jeune avocat qui se démène dans divers tribunaux hostiles pour sauver ses clients d’une mort certaine et faire triompher la Vérité.

Si, comme moi, vous êtes en renardeau enquêteur dans l’âme, nul doute que vous frétillerez d’aise en jouant à ce jeu et que vous vous metterez à glapir « OBJECTION! » à tout bout de champ à chaque fois que quelqu’un dans votre entourage dira une connerie.

3.WINDJAMMERS

Si comme moi vous n’arrivez pas à jouer au frisbee en vrai car cet objet vous fait mal aux mains à chaque fois que vous le rattrapez, alors Windjammers est clairement fait pour vous. Musique détendue du coussinet, plages de sable fin, cocotiers, meufs en bikini qui comptent les points à la fin des matchs: toutes les conditions sont réunies pour passer un bon moment. Sans compter que vous pourrez choisir votre joueur parmi une liste de personnages plus Pascal Brutaux les uns que les autres (ma préférence va pour Klaus Wessel, le gros allemand).

A noter que Windjammers est un jeu addictif et qu’il n’est pas impossible que vous restiez scotché de longues heures sur votre canapé à essayer de grimper les échelons de la hiérarchie mondiale – car OUI, il existe un classement mondial des joueurs de Windjammer, et chaque match gagné en ligne vous fait engranger des points (à noter que le champion du monde actuel est français, qu’il s’appelle Kévin et qu’il se la pète grave sur son compte twitter).

4. FISCAL KOMBAT

Jeu vidéo vraiment drôle mettant en scène Jean-Luc Mélenchon et dont le but est de récupérer le flouze perdu de la France en se battant contre des fraudeurs fiscaux tels Jérôme Cahuzac. Très rigolo.