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Archives Mensuelles: décembre 2015

Séguéla commença par la garde-robe. “‘Le public n’entendra jamais votre message de solidarité si vous continuez à vous fringuer comme un banquier, lui-dit-il. Habillez-vous à gauche, avec des couleurs en camaïeu, des matières déstructurées, des laines ». Il dût aussi se faire limer les dents; un chirurgien dentiste s’occupa de ses canines, qui lui donnaient un petit air de vampire. Mitterrand commença par refuser, mais Séguéla lui dit : « si vous ne vous faites pas limer les canines, vous susciterez toujours la méfiance. Vous ne serez jamais élu à la présidence de la République avec une denture pareille.”

– les Inrocks, les derniers secrets de François Mitterrand

Bon je suis emmerdé, parce que j’ai plein de trucs à dire sur le FN, mais le sujet me parait POLÉMIQUE (sans blague Ginette…).

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En plus ici c’est un blog de mode, et comme chacun le sait, avec l’approche des fêtes ce lieu devrait être un havre de paix peuplé de codes promos, wishlists cocooning, bougies qui puent et tutos spécial dinde – avec à la limite des petits brâmes pour la forme sur l’état du monde, parce que MERDE quoi, c’est pas parce qu’on fait des posts sponsos qu’on n’a pas une conscience (je ne sais pas vous mais moi le matin quand je me sens un peu mou du genou je vais faire un tour sur le blog de la douce Caroline Franc. ça me donne direct la force de retourner MORDRE DES FESSES).

Du coup, comme je ne sais par où attaquer le morceau je vais commencer par vous parler de ma famille (c’est mon sujet de conversation préféré)

Dans ma famille, on est de gauche.

Quand j’étais petit d’ailleurs, je croyais que le monde se divisait en deux catégories: les gentils (ceux qui votent à gauche) et les méchants (ceux qui votent à droite). Avec un bonus « spécial nazis » pour ceux qui votaient Front National (comme tonton raymond, qu’on ne voyait qu’une fois par an car il habitait à tahiti, et qui venait toujours nous prendre le chou quand on allumait la télé pour nous dire qu’au lieu de regarder les Minikeums on ferait mieux d’apprendre la Marseillaise).

A la maison, on aimait bien: l’hymne de l’urss, l’élection de Mitterrand en 81, Coluche, Hara-Kiri, Salvador Allende, la laïcité, Ken Loach, Renaud, les Guignols, l’école républicaine, la fête de l’huma, Noam Chomsky, le Larzac, le rugby et le confit de canard.

On aimait pas: Pinochet, Bush père et fils, les marées noires, Margaret Thatcher, les mocassins à gland, Benjamin Castaldi, le rap commercial, le Figaro, les OGM, Claude François, les curés pédophiles, les militaires, Neuilly, les 4×4, le Club Med et BHL.

Du coup forcément, à l’adolescence, j’étais le prototype idéal du hippie chiant (les dreads en moins).

2002: je pleure car Jean-Marie est arrivé au deuxième tour de la présidentielle (Mère, elle, écrit une longue lettre à Jacques Chirac pour lui expliquer qu’il « a son vote, mais pas son cœur« ) (hihi)

2003: persuadé que la 3e guerre mondiale est pour demain du fait de l’invasion de l’Irak par les USA, je pleure encore (et je grave « Tibet Libre » sur ma table en cours de latin)

2006: je sèche le lycée pour aller hurler dans la rue « villepin, villepin, on t’encule » (c’est les manifs contre le CPE)

2007: je pleure quand Sarkozy est élu, c’est trop triste pour Ségolène. Je rêve de tout plaquer pour vivre dans un van en Californie et prendre du LSD nu sur la plage (« ouai tu comprends les drogues psychédéliques c’est vraiment incroyable comme expérience ça permet de voir des couleurs qui n’existent pas…« ). Je regrette de ne pas avoir connu Mai 68, notre époque est tellement nulle en comparaison. J’idolâtre Sartre et Simone de Beauvoir et leur concept du couple libre parce que « le mariage et la fidélité c’est culturel » (ensuite mon copain me trompera et je peux vous assurer que je CHANGERAI D’AVIS). Je soutiens à qui ne veut pas l’entendre que allez quoi, l’avortement c’est pas si traumatisant que ça. Je dis des trucs cons du genre « ouai mais de toute manière la nationalité ça veut rien dire, moi je me sens pas français tu vois, on est des citoyens du monde…« . Je veux travailler chez Greenpeace pour sauver les baleines.

Je pars en croisade contre tout et n’importe qui, persuadé de détenir LA vérité et que mes arguments feront fondre les cœurs les plus à droite. Je n’écoute pas les arguments des autres: j’arrive avec une idée préconçue du monde et je cherche le conflit pour pouvoir écraser des briques sur des têtes. Et même quand on me fait remarquer que je suis de mauvaise foi, que les sources sous-tendant mes arguments ne sont pas fiables et que je déplace les questions dont je ne connais pas la réponse, je suis incapable de reconnaitre que oui, c’est vrai. Je suis insupportable. Et ridicule. Car le plus ironique dans l’histoire, c’est que mon comportement est contre-productif: personne ne change jamais d’avis après avoir discuté avec moi (à ma manière je radicalise même encore plus les gens dans leurs idées).

Un jour…je rencontre le clone de Timothy:

– « Le racisme vient surtout de l’ignorance et de la bêtise des gens… mais bon, on est tous des êtres humains quoi! »

– « Oui Camille! Oui! Absolument! »

– « Attendez attendez… c’est pas avec ce genre de phrases bateau et consensuelles qu’on va faire évoluer le débat! Camille, si c’est pour dire des conneries pareilles ça vaut mieux que tu fermes ta gueule hein »

Je trouve ça à la fois exotique et fascinant. C’est la première fois que je discute vraiment avec quelqu’un qui n’a pas mes idées sans ressentir le besoin de lui taper dessus.

Et un jour, alors que Marine Le Pen passe à la télé, je Glousse parce qu’elle me fait penser à un troll (et que j’ai une forme d’affection pour les trolls). Pour info le troll se définit par l’opposition – si le troll n’a rien à haïr, point de trolling. D’où la fameuse règle du don’t feed the troll, que certains interprètent comme « ne parlons pas à ces sous-merdes » alors qu’il faudrait plutôt se poser la question: « qu’ai-je fait pour attirer du troll? ». Ce qui me fait penser à ce super sketch de louis ck:

« My first year in the building, about a year ago, I went down to the courtyard. And… I didn’t looked too good, you know. It was Sunday morning: that’s my least presentable hour. You know… just stains, food and meat…whatever. I’m sitting there on this stone bench on this courtyard and I feel a little out of place. You know, there is this fancy doorman and stuff. And then, there is this GUY looking at me. I notice that he is looking at me from across the courtyard. I can tell that he is thinking that I don’t live in the building: he thinks I just wandered off the street, and sat in the courtyard. And I can tell he is thinking of coming over, and dealing with me on his own… So I’m seating there and I’m thinking: « oh PLEASE do that! ». And I try to look even more gross! And I see him being like: « oh, no, that’s not okay at all » and he comes over to me! And I’m like, so excited! So he comes over, says: « excuse me. Do you live in this building? ». And I say: « no » – because why not start there? He goes: « then what are you doing here? » and I say: « I just need to rest… I’m having a hard time… ». He says: « this is private property ». And I say: « well, I don’y really believe in that » (you know, just the worst thing I could say from his point of view). And he goes: « well, if you don’t leave in a minute I’m talking to the doorman » and I’m like: « can I stay just five more hours?!? ». So he goes over to the doorman and I see him talking about me and I see the doorman go on: « oh no! That guy lives here, it’s okay! ». Ahhhh. And the look on his face! It was this beautiful cocktail of anger and confusion – it’s like I had invented a new way to hurt somebody’s fellings! How excited I was! »

En fait les pipeaux qui votent FN, tout ça les fait marrer. Ils sont persuadés d’être du côté de l’humour et de l’esprit critique et nous regardent nous agiter comme des guignols en brandissant des idées totem sans jamais vraiment expliquer pourquoi il ne faut pas penser certains trucs.

Sans parler des inénarrables personnes pénibles qui ont brâmé après le 1er tour des « comment est-ce possible que le FN fasse un tel score moi je vote pas FN, aucun de mes amis ne vote FN COMMENT EST-CE POSSIBLE? QUI SONT CES CONS? » : j’ai envie de dire mec, si le FN représente 30% de la population et que tu n’as jamais eu une discussion sérieuse avec quiconque votant pour ce parti, c’est que c’est toi le con. Depuis quand les gens changent d’avis si on ne leur adresse jamais la parole? Quand on reste entre nous, on ne sert à rien d’autre qu’à se tirer mutuellement la nouille.

Et enfin il y a les gens qui viennent te faire la morale parce que tu votes un petit parti à con (genre EELV) ou que tu t’abstiens, pour te dire que c’est important de voter UTILE. J’ai envie de vous dire: ça fait 60 ans qu’on vote utile les gars, et jamais rien n’a changé, alors votre avis, je me torche avec. A la base le droit de vote, c’est pas l’obligation de voter soit PS soit UMP que je sache, c’est le droit d’exprimer ses convictions. Et moi ça me fait chier de voter pour un parti qui a été au pouvoir de nombreuses fois au cours des dernières années et qui n’a jamais respecté ses engagements. Au pire si vous êtes pas contents, vous avez qu’à retirer le droit de vote à tout le monde et le problème sera réglé HEIN

C’est tout pour aujourd’hui. Je vous souhaite une agréable nuit (attention à ne pas se renverser l’eau de la bouillotte sur les doigts de pied)

 

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« Vous devriez vous méfier de ce type, dis-je. Certains le considèrent comme un cul-de-sac pour l’évolution de l’espèce »

– Joseph Macé-Scaron, Ticket d’entrée

Bon si vous le voulez bien, reprenons le cours habituel des programmes. Et quoi de mieux pour le mois de Décembre (qui s’annonce tendax à souhait) qu’une liste de livres de derrière les fagots?

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« On n’avait qu’une pièce à la maison. Et une seule ampoule électrique. C’était là que mon frère ainé travaillait installé sur une sorte de caisse à mandarines. Ma mère était aux anges de voir son grand fils plongé dans les bouquins. Mais quand le paternel rentrait bourré, c’était terrible. Il piquait une colère noire. « Abruti! » hurlait-il. « Tu vas nous empêcher de dormir avec ta lumière. Arrête de passer ton temps à lire des trucs incompréhensibles, il est tard! » Alors ma mère prenait la grosse lampe carrée, tu sais, le genre qui sert de phare aux bicyclettes et qui marche avec deux piles. Elle prenait aussi des boulettes de riz au sel qu’elle avait préparées, et la voilà partie avec mon frère. Sans quitter le quartier, ils cherchaient un coin désert, jusque dans les faubourgs ou presque. Au début, je n’avais aucune idée de ce qu’ils allaient faire. Donc, une fois, je les ai suivis. J’ai vu mon frère, accroupi sous un lampadaire, qui lisait un livre. Et elle, derrière lui, qui dirigeait sur les pages le faisceau de sa fameuse lampe. De temps à autre, il avalait une bouchée de riz. En découvrant la scène, je suis resté sur le cul! Imagine ma mère, à l’éclairer comme ça. Quand j’y repense, je trouve que c’était une famille vraiment démente »

C’est le mâle qui m’a refilé ce bouquin (parce que selon lui je lis « trop de livres dépressants ») (je crois qu’il faisait allusion au « monde des mafias » de Jean-François Gayraud et à « terroristes: les 7 piliers de la déraison » de Marc Trévidic) (#sorrynotsorry).

J’avoue être assez partagé au sujet de Kitano. Comme je suis une lopette je déteste la violence; or les films de Kitano sont truffés de bagarres dans les toilettes avec du sang, des yakuzas et des gros pistolets qui font peur. Du coup en règle générale je brâme au visionnage tel Moundir dans Koh Lanta pourquoi être aussi corrompu putain éducation de merde aucun honneur aucune dignité etc. Le truc… c’est que Kitano a aussi fait l’été de Kikujiro. Et ce film est trop beau (tellement beau que c’est un de mes films préférés, désormais vous savez TOUT). Du coup, j’avais le coussinet plutôt complaisant en commençant la lecture de l’ouvrage sus-nommé, qui ma foi a été plutôt amusante. C’est une série de courts textes racontant l’enfance de Kitano, dans un style assez direct. ça a un petit côté marcel pagnol japonais. c’est plutôt cool quoi.

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Bon je vous le dis direct: j’ai détesté ce livre. Pourquoi vous en parler alors? Bah pour râler (parce que j’aime bien ça) et aussi parce que j’avais pas assez de livres pour les favoris du mois (hashtag ma vie de blogueuse mode est difficile).

Je l’avoue: je plaçais des attentes démesurées dans cette histoire (car je ne suis qu’un sale hippie, doublé d’une truffe). Cheryl Strayed est une grosse américaine bedonnante qui décide, à l’âge de 22 ans et suite à une vie de débauche (mariage + divorce + héroïne sur matelas crado + abandon de la fac + avortement + tendances nymphomaniaques), de se lancer toute seule à l’attaque du PCT – ou Pacific Crest Trail pour les intimes: un chemin de rando reliant le Mexique au Canada en passant par la côte ouest des États-Unis. A la lecture de cet humble récit j’ai réalisé que je n’avais, contre toute attente, aucune patience pour les histoires de drogue & rédemption. Je trouve ça juste con en fait. Je ne vois pas bien la différence, en terme d’inutilité dans la vie, entre se piquer les veines en compagnie de mecs bizarres et se taper 4 000 km de marche en solitaire parmi les serpents à sonnette. Surtout que Cheryl Strayed est juste le cliché de la personne stupide. Elle se lance dans la rando de manière tellement impréparée que même moi qui ne suis pas le roi de la frite en termes de survie en milieu hostile je ne pouvais m’empêcher de glapir à chaque page devant ses erreurs de débutante (randonner dans un désert sans eau, partir à l’attaque d’une montagne enneigée sans équipement, ETC. ETC.). Sans parler du fait que cette personne n’a aucun goût en matière de mâles:

« Salut », ai-je murmuré tout en cherchant en vain la ceinture de sécurité, coincée dans les plis de mon siège. J’ai examiné ses tatouages du coin de l’œil: sur un bras, il avait une boule hérissée de pics de métal au bout d’une chaine; sur l’autre, le torse nu d’une femme qui se pâmait de plaisir ou de douleur; et un mot latin que je ne comprenais pas en travers de la poitrine. Quand j’ai renoncé à attraper la ceinture, le husky s’est mis à me lécher le visage avec avidité, de sa langue douce et étonnamment fraiche. « Ce clébard a sacrément bon goût en matière de bonnes femmes », a commenté l’homme. « Il s’appelle Stevie Ray. Moi, c’est Spider. »

 » Tu veux m’épouser, chérie? » m’a proposé Spider, en effleurant ma cuisse nue du dos de la main. Sa bague en turquoise m’a griffé la peau. « Ignore-le », m’a conseillé Lou. « C’est rien qu’un vieil obsédé ». Elle a éclaté de rire et m’a lancé un regard dans le rétroviseur. « Moi aussi je suis une vieille obsédée », ai-je songé pendant que Stevie Ray me léchait le genou et que l’autre Stevie Ray entamait Pride and Joy d’une voix rauque. Je sentais battre le sang à l’endroit où Spider m’avait touchée. J’avais envie qu’il recommence tout en sachant que c’était ridicule. Une carte plastifiée ornée d’une croix pendait au rétroviseur, à côté d’un désodorisant en forme de sapin délavé. »

Suite à son voyage « initiatique » Cherl Strayed est devenue écrivain mondain et s’est mise à porter de grosses bagouzz et des robes moches en satin (comme vous vous en doutez je ne suis que mépris pour cette personne).

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Retour au calme avec Jean-François Sabouret, alias « le plus japonais des chercheurs français », selon la 4eme de couverture. Ce livre est juste parfait si vous en avez marre de ce monde barbare et que vous voulez reprendre foi en l’humanité. C’est une succession de repas douillets au creux de kotatsus (si vous ne savez pas quoi m’offrir pour Noël j’en veux un), de grand-mères japonaises délicieusement rétro, de bars de quartier peuplés de vieux habitués et de campagnes paisiblement enneigées (Jean-François Sabouret a vécu 30 ans au Japon (à Hokkaido et à Tokyo) où il a été correspondant pour France Inter et sociologue pour le CNRS. Nous rêvons tous d’avoir sa vie)

« J’ai toujours cherché à m’expliquer pourquoi je me sentais tellement à l’aise au Japon autour d’un comptoir de restaurant où se retrouvent des habitués. Peu à peu, une image m’est apparue, celle, maternelle, d’un mammifère donnant à manger à ses enfants, assis côte à côte. Faites-en l’expérience et prenez place dans un petit restaurant de province au Japon. Prêtez l’oreille au bruit des bouches affamées avalant bruyamment, signe de grand contentement, une soupe chaude de pâte de soja, ou une fondue aux poissons et aux légumes comme on les prépare dans le Nord du Japon, ou encore des soupes de ramen, de soba, de udon… Ce bruit, c’est bien celui des petits d’un mammifère qui tètent avec avidité le lait maternel. Il est du reste fortement recommandé, pour vous aussi, de produire du bruit en mangeant dans les restaurants populaires au Japon ».

/!\ BONUS /!\

chatons-violentsJ’ai fait preuve d’un courage à toute épreuve le week-end dernier car je suis allé au THÉÂTRE (hashtag je suis en terrasse hé ouai). Et plutôt deux fois qu’une (je suis aussi allé voir le tombeur de michel leeb mais si vous le voulez bien nous en reparlerons une autre fois). J’avais envie de voir chatons violents depuis que j’étais tombé sur une interview d’océane rosemarie dans laquelle elle expliquait qu’elle ambitionnait d’être un mélange de Dieudonné (sans la quenelle) et de Louis CK. Ce qui tombait bien car je trouve que les humoristes français sont en général trop politiquement corrects et que j’avais envie de voir un truc qui me fasse réfléchir et me bouscule un peu. Et c’est ce qui s’est produit. La cible du spectacle, c’est les BBB – les bons blancs bobos – et tout y passe: la laïcité, le racisme de gauche, l’homosexualité, les haies de bambou à Montreuil. Il y a eu plein de moments où je me suis senti directement visé (notamment dans la caricature du BBB qui se balade avec le hashtag « la guerre say MAL » cousu à la poitrine) et c’est ça qui était chouette: se rendre compte de son propre grotesque. Je vous le recommande CHAUDEMENT