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Archives Mensuelles: mars 2016

« Attendre des représentants du capital qu’ils vous fournissent gracieusement des armes – c’est-à-dire, en l’occurrence, des journaux – pour s’élever contre une forme de société qui leur convient, et une morale qui est la leur, cela porte un nom : l’imbécillité. »

– Françoise Giroud, feu l’Express

  • la crème hydratante après être allé à la piscine (vous avez déjà eu la peau sèche et craquelée sur votre arrière-train à cause du chlore vous? Si oui merci de m’envoyer des photos ce sujet m’intéresse)
  • les brosses-éponge avec réservoir de produit vaisselle intégré
  • les strings (ne me faites pas croire que genre ça ne vous rentre pas dans les fesses et ne vous fait pas hurler d’énervement au bout de 3min36)
  • les fleurs de douche
  • les coques de téléphone portable en forme de hibou avec oreilles intégrées
  • les hamsters
  • le simili-cuir
  • les serviettes hygiéniques parfumées
  • les trottinettes électriques
  • les basilics en pot (crèvent toujours au bout de 2 jours – vous feriez mieux d’acheter des semences kokopelli et de faire pousser vos trucs vous-mêmes)
  • les cure-dents en plastique
  • les préservatifs pikatchu

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« L’idée que les pandas seraient mignons et géniaux est absolument ridicule. Les pandas n’ont pas un mauvais fond, c’est encore pire: ils n’ont pas de fond du tout. Ce sont les animaux les plus emmerdants que vous puissiez imaginer. Ils sont profondément antisociaux et détestent les interactions, que ce soit avec des humains ou leurs congénères. Toutes les fois où j’ai pu me rendre dans leurs quartiers ou devant leurs cellules, jamais je ne les ai vus faire preuve d’espièglerie, d’affection, d’énergie ou même de violence. Par rapport à n’importe quel animal de zoo –les singes, les félins, les phoques, les chiens de prairie ou les serpents–, les pandas sont plus chiants que la pluie. Leur existence n’est qu’une longue et pénible plage de neurasthénie. Ce sont des mollusques à poils. Ils sont atrocement paresseux, tellement qu’ils rechignent à grimper aux arbres par peur de se fatiguer. Toute leur vie, ils ne font que dormir et manger du bambou »

– article agressif intitulé « casse-toi, pauvre panda » publié sur Slate un soir de dépression hivernale

Salut les yogis,

J’aime trop le mercredi car le mercredi, c’est gâteau aux carottes à la cantine cours de yoga.

Aujourd’hui, le prof s’est pointé tel une fleur une demie heure en retard (l’histoire qui suit est parfaitement inintéressante, préparez-vous), mais nous l’avons accueilli avec un large sourire tels des yogis disciplinés car nous avions attendu toute la semaine pour faire le cobra tous en cœur. Alors qu’il se recoiffait le poil et tentait de se débarrasser de ses chaussettes en laine dégoulinantes de neige fondue, il nous a dit qu’afin d’ouvrir nos chakras nous allions commencer le cours par une Discussion de Groupe.

Je ne suis pas un aficionado des Discussions de Groupe mais j’apprécie être le lèche-bottes en chef, par conséquent je me suis porté volontaire pour répondre à la première question, à savoir « que faites-vous quand vous vous sentez énervé, que votre journée se passe mal et que tout le monde vous gonfle? »

Trop facile, ai-je glapi tel nuf-nuf à l’école des charcutiers, je HURLE et je MORS les gens.

La femelle en collant de danseuse située à 180 degrés dans mon champ de vision a aussitôt poussé un « ohhhh » interloqué (vous savez le genre de personne qui font « oh » en formant un ô parfait avec leur bouche et en écartant les yeux comme bambi? bah c’était elle). Oui? a dit le prof et cette personne a répondu « moi quand je suis énervée je prends une grande respiration et tout va mieux. ou alors je bois du vin hihi ». Nous avons tous senti que cette réponse conventionnello-alcoolisée était un coup de maitre, mais c’était sans compter l’intervention de Jean-Michel grugru. Jean-Michel grugru a 65 ans, une souplesse de fillette et des biceps de la taille de mes fessiers c’est à dire: gros. « Une seule solution », a-t-il dit. « aller se baigner à poil dans la mer quand elle est glacée ».

7141297Il n’y a pas de chute à cet article mais je vous propose de méditer sur la maxime suivante lors des jours à venir: « un baiser sans moustache est comme une soupe sans sel ».

Cordialement

tumblr_nioaraOhan1rarw77o1_500Je sais pas vous mais moi j’en ai marre et j’ai envie d’être en vacances là.

Malheureusement, demain c’est lundi.

Ô RAGE Ô DÉSESPOIR Ô TRAVAIL ENNEMI

N’AI-JE DONC TANT VÉCU QUE POUR TRIER DES FICHIERS EXCEL?

…afin de se changer les idées, voici donc une liste de livres (oui, encore) à lire pour être moins con. Je sais que c’est un peu facile comme ligne éditoriale pour ce blog mais comme dirait l’autre vous ne savez pas ce que vous ratez (comme idées de thèmes à aborder sinon j’ai: les brosses à dents électriques, les exémas vaginaux, Patricia Kaas et la recette du civet de sanglier).

1507-1Je n’aurais sûrement jamais lu ce livre sans les conseils de gros Aubépine, et autant vous dire que ça aurait été dommage [ce qui me fait penser (attention hashtag larme à l’œil) que même si le lectorat de ce blog frôle parfois le zéro pointé, vos commentaires sont COOL, m’apprennent des trucs et réjouissent mon cœur de midinette. Donc MERCI]. Mais revenons à Didier Eribon. Je le reniflais de loin depuis un bon bout de temps mais n’osais m’en approcher car la lecture des livres de son fils spirituel, Edouard Louis, m’avait traumatisé. Je n’aurais pas dû faire autant de chichis, parce que retour à Reims est beaucoup moins axé « anecdotes personnelles crado » qu’il faut en finir avec Eddy Bellegueule (point de descriptions de sodomies familiales en nord-pas-de-calais). C’est un livre assez pudique, digne et beau, dans lequel Didier Eribon parle de son homosexualité, de la trajectoire politique de sa famille (du vote pour le parti communiste au vote FN), de son attraction / répulsion pour le monde ouvrier dont il est issu, du mépris et du désintérêt des classes dominantes pour les problèmes de pauvres, de la rigidité de la société. Bref, un super livre de sociologie (que je vous recommande chaudement même si vous êtes un vieux ronchon et que vous n’aimez pas les bourdieuseries).

« Il me semble incontestable que l’absence du sentiment d’appartenir à une classe caractérise les enfances bourgeoises. Les dominants ne perçoivent pas qu’ils sont inscrits dans un monde particulier, situé (de la même manière qu’un Blanc n’a pas conscience d’être blanc, un hétérosexuel d’être hétérosexuel). Quand on évolue dans les milieux bourgeois ou simplement dans la moyenne bourgeoisie, on est souvent confronté à la présomption d’être l’un des leurs. De même que les hétérosexuels parlent toujours des homosexuels sans imaginer que ceux à qui ils s’adressent pourraient bien appartenir à l’espèce stigmatisée dont ils se moquent ou qu’ils dénigrent, de même les membres de la bourgeoisie parlent à ceux qu’ils fréquentent comme s’ils avaient traversé depuis toujours les mêmes expériences existentielles et culturelles qu’eux. Ils ne s’aperçoivent pas qu’ils vous agressent en le supposant (même si cela vous flatte et suscite en vous, car il a fallu tant de temps pour y parvenir, la fierté de « passer » pour ce que vous n’êtes pas: un enfant de la bourgeoisie). Je ressens toujours de la gène, voire de la haine, lorsque j’entends autour de moi parler avec mépris ou désinvolture des gens du peuple, de leur mode de vie, de leurs manières d’être. Après tout, c’est de là d’où je viens. Et de la haine immédiate devant l’hostilité que les nantis et les installés expriment en permanence à l’égard des mouvements sociaux, des grèves, des protestations, des résistances populaires. Certains réflexes de classe subsistent malgré tous les efforts pour se changer soi-même. Et, s’il m’arrive de me laisser aller, dans la vie quotidienne, à des regards ou à des jugements hâtifs et dédaigneux qui ressortent à une perception du monde et des autres façonnée par ce qu’il faut bien appeler un racisme de classe, les propos péjoratifs sur la classe ouvrière tenus par les gens que je côtoie dans ma vie d’adulte et qui constituent désormais le milieu auquel j’appartiens m’atteignent encore comme si c’était moi qui était visé en même temps que mon milieu d’autrefois. Chaque fois que je suis « infidèle » à mon enfance, en prenant part à des jugements dépréciatifs, une sourde mauvaise conscience ne manque jamais, tôt ou tard, de se manifester en moi ».

413JHCc6rAL._SX280_BO1,204,203,200_Le Nord-Pas-de-Calais qui vote FN en masse: en voilà une transition fantastique pour le livre ci-dessus. Si vous êtes des lecteurs assidus du Monde Diplomatique, cet ouvrage est sûrement votre bible de chevet mais pour les autres: ne vous découragez pas face à la taille du machin (essai de 350 pages sur la vie politique américaine) et lancez-vous. Ce livre répond de manière claire, précise à argumentée à la question qui agite les mammifères à l’approche des présidentielles de 2017: pourquoi les pauvres votent à droite alors que normalement c’est contre leur intérêt de le faire?

(indice: parce qu’Hillary Clinton ou Manuel Valls sont des personnes encore plus insupportables que Donald Trump et Marine Le Pen)

« L' »élite », jadis associée aux possédants, aux grandes familles de l’industrie et de la banque, devient identifiée à une « nouvelle gauche » exagérément friande d’innovations sociales, sexuelles, sociétales et raciales. La perte d’influence du mouvement ouvrier au sein du parti démocrate et l’ascendant corrélatif d’une bourgeoisie néolibérale cosmopolite et cultivée n’arrangent rien. Les médias conservateurs, en plein essor, n’ont plus qu’à déchainer leur truculence contre une oligarchie radical-chic au parler exsangue et technocratique, lovée dans de belles résidences des États côtiers, touriste dans son propre pays, protégée d’une insécurité qu’elle conteste avec l’insouciance de ceux que la violence épargne. « Progressistes en limousine » là-bas; « gauche caviar » chez nous. La gauche parait de plus en plus associée à l’expertise, à la morgue, au cosmopolitisme, au mépris du peuple. Le piège s’est alors refermé; en mettant en veilleuse les questions de classe, les Démocrates ont enflé les voiles d’un poujadisme culturel qui les a balayés. En prenant pour cible l’élite de la culture, le populisme de droite a protégé l’élite de l’argent. Il n’y est parvenu que parce que la suffisance de ceux qui savent est devenu plus insupportable que l’impudence des possédants ».

louieJ’avoue tout, le titre de cet article était clairement putassier mais c’était pour vous attirer car en vrai je n’avais que deux livres à vous présenter. Par contre dans la série « regarde-ça et tu seras nettement moins con » il y la série de Louis ck, sobrement intitulée « Louie ». Pour les incultes Louis ck est un humoriste américain gros et roux qui a pour particularité a) de faire des blagues sur les pédophiles b) de s’auto-produire et de vendre les vidéos de ses shows pour la modeste somme de 5 dollars directement sur son site internet. Bon alors si vous aimez bien les blagues gentilles à la Gad Elmaleh, peut être que Louis ck ne vous fera pas rigoler. Mais si vous êtes hypocondriaque & déprimé le dimanche soir, alors cette série est pour vous. C’est une sorte d’auto-fiction dans laquelle alternent des bouts de spectacles de Louis avec des épisodes romancés de sa vie réelle d’homme de 40 ans divorcé. Comme cet épisode chez le médecin hinhin, avec le génial Ricky Gervais. C’est à la fois drôle, gênant et profond.

Allez à plus, et prenez soin de vous comme disent les youtube gourou.