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JOURNAL DU CHÔMAGE

Salut les fillonistes,

Aujourd’hui, je propose de sabrer le champagne: ça fait 3 mois que je suis au chômage et pour l’instant personne ne m’a attrapé par la peau du cou pour me forcer à me remettre au travail! whoop whoop

Gros succès sur le front de la glandouille active, donc.

Par contre là où je suis moins content, c’est par rapport à mon terrier. Car figurez-vous (attention sortez mouchoirs et clarinettes): on va se faire expulser de l’appart. Rien de bien grave vous me direz, des locataires qui se font tèj parce que le proprio veut vendre, ça arrive tous les jours. Ouai. Sauf que d’ici la fin de notre bail, le proprio a décidé de construire devinez quoi? Un balcon.

Avant j’aimais bien les balcons, je trouvais que c’était sympa comme concept, ambiance « je fais pousser des tomates cerise en pot comme un gros bobio ». Maintenant, je les hais. Déjà, qui a eu l’idée de construire un balcon au Danemark? Et qui plus est côté nord? Il fait jamais beau dans ce pays de toute façon: tout le monde sait que personne n’ira bronzer dessus, même en été (sauf les mouettes. j’espère qu’elles chieront dessus tiens). Et puis qui dit balcon dit « gros trou dans le mur »; or tout le monde conviendra qu’au mois de Février, c’est l’idée la plus con qui existe (amis du chauffage central, bonsoir).

Je crois que les ouvriers ont repéré qu’il y avait du renard agressif dans la place, parce qu’ils ont attaqué par étapes, suivant la technique bien connue du salami. Le principe de la technique du salami est simple, c’est pareil que le détricotage de l’état providence: on évite de supprimer trop d’acquis d’un coup. On rogne un peu par çi, un peu par là; c’est pas assez gros ou pénible pour susciter du brâme alors on attend un peu que l’animal concerné s’habitue; puis une fois que l’acclimatation à la nouvelle situation est faite, on enlève une autre tranche de salami, etc, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de salami.

Actuellement, au niveau du salami je dirais qu’il nous reste environ 2 tranches avant de nous retrouver SDF (ce qui est à la fois terrifiant est vaguement rigolo, ambiance survivalisme avant l’heure).

Au début ils se sont contentés de faire un trou dans le mur + de virer le plancher qui se trouvait juste à côté de la fenêtre. Pour compenser ils nous ont laissé un petit chauffage portatif du coup on s’est dit « trop sympa » et on a continué à vivre notre vie comme avant (en évitant de s’approcher de la fenêtre quand même pour pas risquer de tomber dans un trou). Comme on réagissait bien, ils ont décidé de nous mettre un peu plus de pression en commençant à travailler dès 7h30 le matin. Alors ouai j’avoue tout: moi à 7h30 du matin je n’ai rien de présentable: j’ai le poil débraillé, je suis grognon parce que j’ai mal dormi et SURTOUT, SURTOUT, j’ai besoin d’aller faire caca.

[avouez que ça vous a manqué les posts de blog où ça parle de caca?]

C’est comme ça qu’un matin, alors que j’étais assis sur le trône à moitié à poil, j’ai entendu quelqu’un (quelque chose?) gratter dans la cuisine. J’ai appelé mon mâle (car je suis trouillard) en disant « c’est quoi ce bruit? ». Pas de réponse. Tout de suite je me suis dit: ça y est, il y a un serpent à sonnettes dans l’appart, on va tous mourir. Je me précipite dehors à moitié cul-nul, prêt à en découdre (je suis trouillard mais brave) et là sur qui je tombe? Sur les ouvriers, tranquille pépouze, qui étaient en train de percer le mur de la cuisine. A 7h30 du matin les gars. Où est le respect?

Mais ça encore c’était petite bite comparé à ce qui a suivi. Parce que le matin suivant, alors qu’on s’était levés tôt exprès pour avoir le temps de manger (et de faire caca) avant l’arrivée des perceuses, le respo en chef du balcon s’est pointé  dans notre cuisine et nous a fait: « bah alors? qu’est-ce que vous foutez là? »? Je me suis drapé dans ma cape de ménagère italienne indignée et j’ai fait « mamma mia qu’est-ce que tou fous là toi? ». Et là cette personne nous a dit avec une grande tranquillité qu’il pensait qu’on était au courant, qu’apparemment non et que c’était bien dommage, mais que ça ne changeait rien: aujourd’hui, zou, ils enlevaient tout le plancher de la cuisine. Grand prince, il nous a donné une heure pour manger et virer tous les meubles de la pièce.

Ce que nous avons fait. J’avais l’impression de revenir cinq ans en arrière, quand avec le mâle on habitait dans un 14 m² à Paris, que les wc étaient sur le pallier, la douche collée aux plaques de cuisson de la « cuisine » et que pour dormir, il fallait déplier un canapé-lit qui occupait alors l’intégralité de la pièce (rendant toute sortie aux wc impossible). Puis le mâle est parti au travail et moi j’ai tenter de lire sereinement un bouquin sur la permaculture (c’est pas parce que je suis au chômage que je ne travaille pas secrètement à changer le monde, n’ayez crainte). Mais il y avait des bruits suspects dans la cuisine, donc je me suis senti inquiet. A midi, quand les ouvriers sont partis manger, j’ai risqué un œil dans la pièce et là, surprise: je me suis rendu compte qu’ils n’avaient pas fait que virer le plancher, mais toute la cuisine avec. Plus moyen de cuisiner quoi que ce soit donc, et plus de lavabo non plus (mais qui a besoin d’un lavabo en 2017?)

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R.I.P la cuisinière

En gros la pièce ressemblait à un appartement syrien post bombardement (sens de la mesure, etc.), et pour aller aux wc il fallait se frayer un passage parmi un amas indéterminé de gravats et de CLOUS:

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touch my tetanos

Je n’étais pas content, donc. Comme j’étais pas content, j’ai collé un poster de Philippe sur le frigo histoire de dévoiler le fond de ma pensée au proprio si jamais l’envie lui prenait de venir faire un tour dans notre grotte:

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Mais ça n’a servi à rien: pas plus tard que le lendemain, et alors que je me morfondais sur ma couverture chauffante (oui j’ai enfin accepté de me servir de la couverture chauffante que le mâle a acheté au magasin d’occasion même si c’est pas écolo. car j’ai des ENGELURES aux orteils ok), j’ai entendu une clef tourner dans la porte d’entrée. Et là bim: je me suis retrouvé face à un mec et sa fille, qui me regardaient avec un air de merlan frit. Je sais pas sur quoi ils s’attendaient à tomber? (certainement pas sur moi et mes culottes en train de sécher). J’ai vite pigé que ces personnes étaient les futurs proprios de l’appart, et qu’ils venaient en visite préliminaire afin de superviser l’avancée des travaux. J’ai eu envie de leur faire caca dessus mais je me suis abstenu.

La suite au prochain épisode, donc. En attendant, n’oubliez pas d’œuvrer à la destruction du capitalisme!

Allez bye

 

« Il n’y a pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir »

– Albert Camus

Salut les exploités,

Ça fait un mois que je suis au chômage ! Et qui dit date anniversaire dit bilan. Voici donc les premières observations que je peux vous ramener du Front de Libération du Travail Salarié.

10-2nan je déconne

Déjà je voulais vous dire : être une blogueuse mode au chômage, c’est pas si facile. Depuis que je suis au chômage, je pense que j’ai perdu environ 100 points de sexy. Bon de base, je partais déjà pas d’un top niveau donc l’adaptation à ma nouvelle vie (la vie de moche) n’a pas été trop difficile. Mais quand même, certains jours je me dis qu’on a atteint un nouveau pallier. Déjà à cause de la coiffure. Alors je sais que c’est à la mode en ce moment de se faire un chignon dégueu quand on a le poil gras et qu’on sait pas comment se coiffer le matin. Mais arrêtons de nous mentir : le bun décoiffé ou la chignasse, ça ne ressemble jamais à ça ou à ça, mais à ça :

tumblr_msvswip4lq1sgh5zho1_400ambiance zézette épouse x

Après au niveau de ma garde-robe, j’ai adopté de manière instinctive pour un uniforme minimaliste de chômeur. Call me the new garance doré. Limite on devrait me payer pour écrire un bouquin là-dessus, je l’intitulerais « chômage et décroissance, conseils pour retourner ses slips quand ils sont sales ». En bref, ma technique c’est de m’habiller tous les jours pareil. Avant, quand je travaillais, je faisais un petit effort parce que j’avais peur que les gens me considèrent comme un gros cracra si je me ramenais tous les jours avec les mêmes vêtements. Maintenant, je n’ai plus de scrupules. En plus il fait hyper froid. Du coup tous les matins je fais le même choix vestimentaire : un collant troué, des chaussettes par dessus les collants et un gros pull en laine. ATTENTION tout de même à ne pas sortir dans la rue en collant pour aller faire les courses. Être au chômage oui, retourner au look « maternelle 1996 » non.

Au niveau de mon stage de remise à niveau « femme au foyer 2016 », ça se passe moyen. Je pensais que le temps libre qui s’offrait à moi me permettrait enfin d’apprendre à nettoyer les toilettes correctement. Je suis au regret de vous annoncer que c’est un échec (mon foyer est toujours aussi crado qu’avant et renard-mère a hurlé en voyant l’état du frigo, nous menaçant de mourir de botulisme dans les mois qui viennent).

Bon allez j’y retourne, le chômage n’attend pas

xoxo

Salut les venimeux,

C’est officiel: je suis au chômage!

Je vous raconte même pas depuis combien de temps j’attendais ce moment (depuis que j’ai douze ans je crois). Par contre je ne sais pas vous mais moi, je m’imaginais que la transition entre le travail salarié et la liberté allait se produire de manière un peu plus solennelle – tel un esclave à qui l’on prévoit de retirer ses chaînes je me figurais naïvement que du champagne serait sabré et que tout du moins mes collègues de travail me feraient un petit truc sympa pour marquer mon départ. Que nenni les amis. ça a été comme si toutes ces années de souffrance au travail n’avaient servi absolument à rien. Aucune reconnaissance de mon sacerdoce. Lors de mon dernier jour, la moitié de mon équipe (dont mon chef) n’étaient pas là. Raison officielle: « c’est les vacances scolaires » (raison officieuse: never mind the bollocks). Je m’étais saigné en allant acheter 4 gros gâteaux à la boulangerie bio (si vous voulez savoir combien coûtent 4 gros gâteaux à la boulangerie bio je vous répondrai: une FORTUNE. j’aurais mieux fait de faire des stocks de beurre de cacahuète à la place) et les gens ont à peine picoré dedans, c’était un véritable gâchis (il faut dire qu’il y avait eu des œufs au bacon au petit-dèj et que le taux de cholestérol du groupe, en ce vendredi après-midi, était au max). Le clou du spectacle a été atteint au moment où j’ai dû me faire un discours à moi-même (personne ne se dévouant pour le faire) (hashtag joie et bonne humeur). Ensuite mes collègues m’ont offert mon cadeau avec l’air mal à l’aise des gens qui savent qu’ils offrent une bouse mais tentent d’être cordiaux quand même. Je vous le donne en mille: c’était une plante grasse. Le petit mot disait laconiquement: « merci pour les discussions à la cantine ».

Un véritable fiasco, quoi.

Je pensais que j’allais ruminer sur mon échec professionnel pendant environ trois mois et demi (je suis un animal rancunier) mais la vérité, c’est qu’au moment où j’ai posé le pied dans le terrier pour entamer ma nouvelle vie de chômeur, tout a été oublié. Notamment car le mâle m’a lancé dans la construction d’une ÉTAGÈRE:

dsc_4640waow amazing say TROP BEAU

Et quoi de mieux que le bricolage pour oublier ses soucis? Comme dirait l’ami Cavanna:

« Visser une vis dans du bois est un acte profondément sensuel. Je ne parle pas seulement de cette satisfaction de sentir la matière obéir, de ce sentiment de toute-puissance, de maîtrise des choses et de l’événement, mais bien d’une autre jouissance, simultanée mais différente, jouissance essentiellement, profondément physique. Les muscles de la paume, des doigts, de l’avant-bras et de l’épaule sont à la fête, chacun d’eux prend sa part de plaisir, un plaisir discret, calme et fort, et chaque tour la vis s’enfonce, et s’enfonce, sur la fin du parcours la résistance s’affermit, devient héroïque, elle ne cède que pas à pas, quart de tour à quart de tour, c’est fini, les muscles se relâchent, on respire, on s’aperçoit qu’on avait oublié de respirer. Enfoncer un clou est sensuel. On sent le clou céder un peu à chaque coup de marteau, céder à regret, ferme jusqu’au bout, on sait quel coup sera le dernier, on s’en réjouit d’avance, le voilà, à toute volée, victorieusement, c’est le coup qui scelle le clou, qui enfonce légèrement la tête dans l’épaisseur du bois… Et quand un tenon glisse enfin dans sa mortaise, poussé au cul à petits hochements de maillet, et vient buter juste bien en place… On a fait du définitif, on a mis ensemble ce qui était destiné à l’être de toute éternité… J’ai besoin d’une tâche, difficile mais pas hors de portée. Je m’attache aux objets, aux lieux. Surtout ceux que j’ai faits de mes mains, ou que j’ai conçus, ou sur lesquels j’ai beaucoup travaillé. Je suis tellement content de moi que j’ai une bouffée de plaisir chaque fois que je marche sur « mon » pavage, que j’appuie sur « mon » interrupteur, que je caresse le feuillage pétant de santé de l’arbre par moi planté. »

Du coup je me suis dit que j’allais vous faire un tuto spécial « astuce de chômeur ». Alors, comment fabriquer cette fabuleuse « étagère-design sur plan incliné » sans se ruiner? Déjà vous aurez besoin des trucs suivants:

  • une planche en bois (se pique facilement dans la rue près des poubelles quand les gens paresseux balancent la moitié de leur mobilier à la rue avant de déménager. si vous êtes audacieux et que vous souhaitez un résultat personnalisé vous pouvez toujours scier votre vieille table Ikea moche en petits morceaux)
  • 2 cordes assez solides, mais pas trop grosses non plus (on a toujours des bouts de corde qui traînent à la cave. laissez parler la blogueuse mode en vous pour ce qui est du choix des couleurs – dans mon cas, j’avais le choix entre jaune, rouge et vert mais je me suis dit que cette dernière teinte n’était pas idoine pour une cuisine)
  • 7 petits crochets
  • la perceuse du voisin
  • une équerre
  • un crayon à papier
  • un niveau à bulle (si vous n’en avez pas, tuto ici)

Ensuite la marche à suivre est assez simple et c’est assez rigolo, promis. Déjà commencez par vérifier que la planche est à la bonne taille. Une fois que vous avez un rectangle aux dimensions idoines, munissez-vous de votre équerre et tentez de vous rappeler de vos cours de CM2. L’objectif étant de positionner vos 5 crochets à égale distance a) l’un de l’autre b) du bord (pour les nuls en maths et en géométrie spatiale: courage). Une fois que vous aurez résolu ce problème, marquez la position de chaque crochet au crayon à papier, puis enfoncez-les. ça c’est la meilleure partie j’avoue. je crois qu’il n’y a rien de mieux dans la vie que de visser des crochets à une planche en bois (on a les plaisirs qu’on peut dans la vie hein).

dsc_4650du coup votre planche doit ressembler à ça à la fin

Ensuite c’est le moment de s’attaquer au moment tendax de ce tuto, à savoir le trou dans le mur. [astuce de chômeur: demandez à votre mâle de s’en occuper, et tant pis pour le féminisme]. Le but étant de fixer les 2 crochets muraux, ceux qui soutiendront les cordes de part et d’autre de la planche:

dsc_4645ou sous un autre angle de vue

dsc_4654Une fois que votre mur est percé sans trop de dommages collatéraux, et vos crochets, vissés, dégainez les bouts de corde. Coupez les à la longueur qui vous parait la plus appropriée (comme votre étagère est sur un mur en pente, le plus malin sera de raccourcir l’angle formé par la corde. mais plusieurs combinaisons sont possibles). Vous pouvez vous aider de votre niveau à bulle pour vérifier que l’étagère est bien parallèle au sol et pas toute branlante. Vérifiez la solidité de votre nœud, et c’est terminé! Vous pouvez désormais vous la péter lors de vos dîners mondains à base de « c’est moi qui l’ai fait ».

allez bye

Aujourd’hui à table mes collègues ont eu les sujets de discussion suivants :

  • Donald Trump
  • Les suppositoires (pour ou contre ?)
  • Tinder
  • Le bikram yoga
  • La météo (indice : il ne fait pas beau)
  • Kim Kardashian
  • Le poisson de la cantine (qui est pas bon)
  • La sauce piquante de la cantine (qui pique)
  • Le nouveau kiné de la salle de sport (est-il sexy malgré sa calvitie ?)

Moi pendant ce temps, je prévoyais dans ma tête le discours que je ferai le jour où je vais claquer ma démission (j’adore cette expression, j’ai trop l’impression d’être Marie-Chantal la secrétaire organisée qui un jour trop c’est trop prend ses cliques et ses claques après un ultime pinçage de fesse et QUITTE LE NAVIRE). Car (attention grande nouvelle sortez le champagne whoop whoop) je quitte les rangs du travail salarié le 1er novembre, pour rejoindre les rangs du chômage, des grasses mat et des peignoirs en pilou.

Alors c’est bon, pas la peine de me faire la morale : le trou de la sécu et le laïus sur les assistés qui profitent de l’état providence pour s’acheter des Ferrari et manger du caviar tous les soirs, on connait. Et vous savez quoi ? Je m’en gratte l’os. Car je n’ai jamais été aussi content (de toute ma vie) que depuis que je sais que je vais bientôt arrêter de travailler héhé.

La décision de lourder le travail s’est faite assez facilement : a) je déteste travailler b) je n’ai ni chien, ni progéniture, ni appart (j’ai juste un mâle) c) je suis un renard okay.

Objectifs de vie pour l’année sans travail qui s’annonce :

  • Adopter l’état d’esprit de The Dude (short inclus)
  • Apprendre à nettoyer les wc correctement
  • Devenir un yogi masterchef
  • Réfléchir à un plan pour pouvoir prendre ma retraite à 30 ans

Programme chargé, donc. Je vous en dirai des nouvelles !

Allez bye

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