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REFLEXIONS SUR LA VIE MODERNE

Salut les lézards,

De base j’avais prévu de râler contre cet attrape-crétin de Macron (comme toujours) mais finalement je me suis dit que c’était chiant, de râler tout le temps sans jamais rien proposer de constructif. C’est pourquoi j’ai décidé à la place de vous faire la liste des trucs COOLS que j’ai découverts ces derniers temps. En espérant que cela vous inspirera dans votre lutte contre le capitalisme.

Bisous.

1.LA VIE SECRÈTE DES ARBRES, Peter Wohlleben

Est-ce que vous aussi des fois vous prévoyez d’offrir un livre à quelqu’un et finalement, le livre en question a l’air tellement bien que vous le lisez d’abord et que vous ne le refilez à la personne que trois mois de plus tard ? (tout surligné et annoté?) C’est un peu ça qui s’est produit avec la vie secrète des arbres. Dès le premier chapitre, je me suis mis à glapir comme un forcené :

« Il y a longtemps de cela, alors que je parcourais l’une des anciennes réserves de hêtres de mon district, de curieuses pierres moussues ont attiré mon attention. J’étais passé maintes fois à côté sans les remarquer, jusqu’à ce jour où je me suis arrêté et accroupi. Leur forme, en léger arc de cercle, était peu ordinaire. En soulevant un peu la mousse, je mis au jour l’écorce. Ce que je croyais être des pierres était en fait du vieux bois. Le bois de hêtre pourrissant habituellement en l’espace de quelques années sur un sol humide, la dureté du morceau que j’examinais m’étonna. Surtout, je ne pouvais pas le soulever, il était solidement ancré dans le sol. Je grattai un petit morceau de cette écorce avec un canif et découvris une couche verte. Verte ? Cette couleur n’apparaît que lorsqu’il y a présence de chlorophylle, soit dans les feuilles fraîches, soit stockée sous forme de réserve dans les troncs des arbres vivants. Une seule explication était possible : ce morceau de bois n’était pas mort ! A y regarder de plus près, les autres « pierres » n’étaient pas disposées au hasard, mais formaient un cercle de 1,50 mètre de diamètre. Je me trouvais en présence des très anciens vestiges d’une immense souche d’arbre. Il ne subsistait que quelques fragments de ce qui avait jadis été l’écorce tandis que l’intérieur s’était depuis longtemps décomposé en humus, deux indices qui permettaient de conclure que l’arbre avait dû être coupé entre 400 et 500 ans auparavant. Mais comment était-il possible que des vestiges survivent aussi longtemps ? Les cellules se nourrissent de sucres, elles doivent respirer, se développer, ne serait-ce qu’un minimum. Or, sans feuilles, donc sans photosynthèse, c’est impossible. Aucun des êtres vivants de notre planète ne résiste à une privation de nourriture de plusieurs centaines d’années, et cela vaut aussi pour les vestiges d’arbres, du moins pour les souches qui ne peuvent compter que sur elles-mêmes. A l’évidence, ce n’était pas le cas de celle-ci. Elle bénéficiait de l’aide que les arbres voisins lui apportaient par l’intermédiaire des racines. La transmission des substances nutritives s’effectue soit de façon diffuse par le réseau de champignons qui enveloppe les pointes des racines et contribue ainsi aux échanges, soit par un lien racinaire direct. Je ne pouvais savoir quelle forme de transmission était ici à l’œuvre, car je ne voulais pas causer de dommages à cette vénérable souche en fouillant le sol. Mais une chose était sûre : les hêtres environnants lui diffusaient une solution de sucre pour la maintenir en vie. Pourquoi les arbres ont-ils un comportement social, pourquoi partagent-ils leur nourriture avec des congénères et entretiennent-ils ainsi leurs concurrents ? Pour les mêmes raisons que dans les sociétés humaines : à plusieurs, la vie est plus facile ».

Ce livre est une mine d’informations fascinantes, et l’occasion de se forger une solide culture végétale afin de clouer le bec aux deux fléaux de notre époque : les libéraux et les végétariens. Je vous laisse le lire pour savoir pourquoi mais sachez que vous aurez de bons arguments en stock la prochaine fois que quelqu’un vous sortira des conneries sur la loi du plus fort qui règne dans la nature (et que notre économie humaine se doit de copier). Ou quand un végétarien tentera de vous expliquer la différence entre le règne animal et le règne végétal (ou le retour du débat sur la souffrance et le cri de la carotte). En bonus, il y a pas mal d’infos croustillantes sur les champignons et les chauves-souris.

2.MAD MAX : FURY ROAD

J’avais un gros a-priori sur ce film avant de le voir (car, sous mes apparences de renard sauvage, je ne suis pas un aficionado de films d’action violents). D’ailleurs j’ai passé la première demie-heure de visionnage à grogner devant la surenchère de cliché machistes (une société patriarcale basée sur les grosses voitures et les femmes tire-lait, une armée de guerriers blanchâtres et dégénérés qui ont tous le même père : wtf ?). Mais, lentement mais sûrement, le film s’est acheminé vers tout l’inverse et ça a été tellement, mais tellement COOL que j’ai même pleuré à la fin. Je crois que c’est mon film pref de l’année (après l’enlèvement de Michel Houellebecq of course).

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3.PICARDIE DEBOUT

Je viens de remarquer que j’en ai étonnamment peu parlé sur ce blog mais il se trouve que depuis plusieurs mois je voue un culte à François Ruffin. C’est simple et je le dis sans objectivité aucune : François Ruffin est la seule personne en France avec qui je suis intégralement d’accord, quoi qu’il dise, et je souhaite qu’il devienne président de la république (autant vous dire que je suis sur les starting-blocs pour 2022). C’est pourquoi j’ai décidé de faire une entorse à mon règlement interne de renard (grogner oui, s’engager en politique non) pour participer, en mai dernier, à la campagne de Picardie Debout pour les législatives. Et franchement c’était TROP BIEN. J’étais déjà plutôt radicalisé avant, mais la campagne n’a fait qu’accélérer le processus. Je suis rentré à la maiz totalement galvanisé. Car j’ai compris un truc tout bête (mais qu’on oublie souvent à gauche) : il est possible de gagner des batailles ! Et l’ennemi (en l’occurrence En Marche) vacille plus facilement que prévu. Alors il est évident qu’au vu du nombre de siège ridiculement bas obtenu par les Insoumis aux législatives au niveau national, la victoire de Ruffin dans la 1ere circonscription de la Somme paraît comme une goutte d’eau dans un large fleuve macroniste. Mais il a déjà commencé à grogner et à envoyer des boulets rouges un peu partout, et je suis CONTENT. J’aime bien me dire que c’est peut-être le début d’un mouvement qui prendra de l’ampleur. A mort le capitalisme et vive la révolution !

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En plus François R. court le 5k à 15 km/h en moyenne. De quoi impressionner toutes les youtubeuses fitness en marche.

4.LES CARTES DE VŒUX GARAGE DELOFFRE

Je ne sais pas vous mais moi je suis un grand aficionado de papeterie. Dès que je suis dans une librairie ou un bar-tabac, je suis en quête de CARTES (si possible moches et remplies d’humour gras). C’est pourquoi j’ai été excessivement enthousiasmé le jour où je suis tombé sur les cartes de vœux Garage Deloffre :

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J’ai pensé que ça vous plairait aussi, pour offrir à vos amis macronistes pour leur anniversaire. En bonus, la personne qui tient la page facebook est très aimable :

RENARDEAU : bonjour je souhaite envoyer une carte de vœux passive-agressive à l’un de mes amis. où puis-je me procurer vos œuvres?

GARAGE DELOFFRE : bonjour, c’est une très bonne idée. l’intégrale des cartes paraîtra aux éditions lapin le 24 août.

RENARDEAU : TOP COOLOS! on a hâte.

GARAGE DELOFFRE : si c’est urgent, n’hésitez pas à lui envoyer le fichier numérique de la carte, il la recevra et sa journée sera ruinée, mais c’est vrai que le papier fait plus d’effet.

Salut les moches,

Je me pose tout le temps plein de questions sur les riches: qui sont-ils? quels sont leurs réseaux? pourquoi n’en ont-il pas marre de vivre de manière aussi grotesque? et pourquoi ont ils la sensation d’être de grosses victimes de la vie ? (spéciale dédicace aux gens qui trouvent qu’il y a trop de haine anti-riches en France). Alors que, comme le dit bien Warren Buffet:

« Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner »

En fait je pensais à tout ça aujourd’hui, car je réfléchissais au concept d’admiration. C’est assez courant, quand on est ado, de se choisir des modèles – des personnes que l’on admire, auxquelles on voudrait ressembler, et dont les actions nous guident dans nos propres choix de vie. Je comprends le concept du role model donc, mais ce que j’ai jamais compris, c’est pourquoi ce role model était, chez 99% des gens, quelqu’un de riche ou puissant (oui toi qui collais des posters de stars sur les murs de ta chambre quand tu étais ado, c’est de toi dont je parle).

Pourquoi y a il des gens, par exemple, qui admirent Kim Kardashian? (« nan mais tu vois avec ses grosses fesses elle révolutionne vraiment l’image de la femme »)? Ou Lily-Rose Depp? (« tu te rends pas compte, elle a vraiment eu une enfance terrible, elle a beaucoup souffert du divorce de ses parents et a dû se battre contre l’anorexie… »). Petit rappel des chiffres. Kim Kardashian: au moment de son agression, la meuf se baladait avec 9 millions d’euros de bijoux sur elle (soit 7800 smics). Lily-Rose Depp: la fortune de ses parents s’élève à 300 millions d’euros. A un moment, quand on est face à un tel niveau de richesse, on s’en fout que un tel ou un tel soit sympa ou ait souffert ou se tartine je ne sais quelle crème sur la face le soir avant d’aller se coucher: la seule chose qui compte, et la seule chose qu’on devrait remarquer, c’est qu’une telle richesse est anormale.

Alors il y en a toujours dans la salle pour balancer l’argument top bambou de « leur fortune, ils l’ont méritée », valeur travail etc. Bon alors déjà dans la majeure partie des cas les mecs ont hérité de leur fortune, alors pour le mérite on repassera. Et puis même s’ils ont travaillé d’arrache-pied pour arriver là, ça ne prouve qu’une chose: s’ils ont accumulé autant de fric, c’est qu’il y a un paquet de gens à l’autre bout de la chaîne qui se sont serrés la ceinture. A un moment c’est mathématique: la richesse sur terre n’est pas infinie hein; si une petite minorité se gave, la grande majorité crèvera de faim (et ne venez pas faire vos économistes de bac à sable en mode « mais c’est très bien, qu’il y ait des riches! les riches créent de la richesse pour tout le monde, et c’est grâce à eux que les pauvres peuvent élever leur niveau de vie! ». vous avez déjà vu un riche partager sa fortune, vous? pas moi)

Bref; donc face au problème des riches (qui nous pètent les couilles, il faut bien le dire), je ne vois que deux solutions.

1) voter Philippe Poutou:

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2) arrêter de vouer une admiration débile aux riches et puissants. Choisissez-vous des modèles de vie un peu plus cool, merde!

Sur ce je vous propose de terminer avec une citation de l’abbé pierre:

« Le contraire de la misère ce n’est pas la richesse. Le contraire de la misère, c’est le partage »

sur ces belles paroles, bye

Ce week-end, j’étais top grugru.

Déjà, je suis allé voir au cinéma « moi, daniel blake », le dernier film de ken loach. Alors ok, on peut dire que j’étais conquis d’avance car dans le genre « cinéaste top chouchou », ken loach trône très haut dans mon panthéon personnel. Et puis le sujet me concernait directement parce que, rappelons le pitch, il s’agit de l’histoire d’un mec qui se retrouve au chômage. Donc, je me doutais que j’allais aimer ce film mais ce dont je me doutais moins, c’est que j’allais pleurer comme une madeleine pendant les 3/4 de la projection (oui le renardeau a une âme sensible). Tout le long du film, je n’arrêtais pas de me demander : pourquoi les gens n’aident pas daniel blake ? Pourquoi, quand il tague le mur du pôle emploi, les gens se contentent de rigoler, de le prendre en photo et d’applaudir, mais personne ne s’oppose à son arrestation quand la police arrive ? Pourquoi, à chaque échelon de la société (vigile du supermarché, conseillère du pôle emploi), chacun joue le rôle qui est attendu de lui, exerçant la domination à son échelle, terrorisé à l’idée de perdre sa place ? Alors qu’il suffirait de créer des alliances pour que le monde change ?

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Sinon dans la catégorie « mais que font les gens alors que tout va mal ? », j’ai aussi écouté une émission d’hors-série avec Pablo Servigne. Oui l’accès est payant (comme d’hab) mais vous pouvez trouver tout un tas d’autre émissions feat. Pablo Servigne un peu partout sur internet alors faites pas genre cela est hors de votre portée. Pablo Servigne c’est qui ? C’est un mec qui a écrit un bouquin intitulé « comment tout peut s’effondrer ». Donc ça parle de l’effondrement de notre civilisation (au sens civilisation industrielle dépendante des énergies fossiles). C’est un peu angoissant mais aussi terriblement nécessaire. De toute manière que vous le vouliez ou non, il y a de grandes chances qu’au cours de votre vie vous viviez ce fameux effondrement, donc autant commencer tout de suite à vous y préparer au lieu de vivre avec des œillères et de vous persuader que l’innovation technologique nous sauvera de la catastrophe.

Et donc, tout ceci nous amène à une question que je me pose tout le temps : comment les gens peuvent-ils continuer à vivre comme si de rien n’était alors que nous vivons à une époque où une crise majeure (économique, sociale, environnementale) se prépare ?

Deux solutions.

  1. les gens savent mais s’en foutent (c’est l’attitude « boire du champagne sur le titanic qui coule »)
  2. les gens ne savent pas.

Je vous propose de laisser un instant de côté la catégorie des « gens qui savent mais s’en foutent » (si vous voulez mon avis, l’histoire leur réglera leur compte tôt ou tard – remember marie-antoinette et son « s’ils ont faim, qu’ils mangent de la brioche ») et de réfléchir aujourd’hui tous ensemble à la question suivante : comment sensibiliser les « gens qui ne savent pas » aux enjeux cruciaux pour la survie de notre société, sans leur faire peur et les faire basculer dans la catégorie des « gens qui savent mais s’en foutent » ?

Il est évident que 99 % du temps, je suis la mauvaise personne pour m’attaquer à ce combat crucial (en effet, tel le militant de la manif pour tous ou l’écolo décroissant qui vit tout nu dans sa yourte, je cède souvent à la tentation d’asséner mes arguments à coup de gourdin quand quelqu’un n’est pas d’accord avec mon point de vue).

Or, tout le monde le sait, les gens sont susceptibles (et surtout les blogueuses mode). Face à la critique, ils vont bouder dans leur coin et après c’est un casse-tête sans fin pour les faire sortir de leur grotte et pouvoir à nouveau discuter avec eux.

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souvent une boite de thon dissipe tous les malentendus

Alors, comment convaincre sans crisper ? Pour vous, lecteurs fidèles, j’ai élaboré trois stratégies :

a) la technique « Guillaume Meurice », plus connue sous le nom « d’argumentation par l’absurde ». En gros ça consiste à ne pas dire « non » à l’autre quand il sort un argument débile mais au contraire de dire « ah oui ! » et dérouler la suite logique de l’argument, à savoir les implications sur le monde réel (indice : ça marche hyper bien avec les mecs de droite qui pensent que le patronat c’est hyper cool). Après, le risque avec cette technique, c’est évidemment la condescendance, d’où le choix crucial des cibles. Attaquer les pauvres en se foutant de leur gueule parce qu’ils votent FN, c’est plus de l’humour, c’est du mépris de classe. Ne vous trompez pas de cible : l’humour oui, mais d’abord contre les puissants !

b) deuxième technique : le débat argumenté. Le problème, c’est que beaucoup de gens se lancent dans des débats sans s’y être assez préparés. Combien de fois vous êtes vous retrouvés dans cette impasse qui consiste à demander à votre interlocuteur de vous croire sur parole ? (et quand il vous demande des chiffres, des preuves réelles de ce que vous avancez quoi, vous bafouillez un ridicule « je l’ai lu sur internet »). On veut des SOURCES, des faits en béton, merde. Si une cause est importante pour vous, travaillez votre argumentaire. Soyez préparés à toutes les questions possibles et essayez de vous en tenir à la rationalité scientifique sans partir dans les aigus (combien de débats se sont terminés par le fameux « au temps de la préhistoire les humains vivaient comme ça DONC il me paraît logique que ce mode de vie est plus naturel que les autres ». stop à la théorie de l’évolution pour tout et n’importe quoi, ne tendez pas les bâtons pour vous faire battre, merde). Et de grâce, restez calme. Utilisez les principes de la communication non violente. Comme dirait renard-mère, un animal énervé, qui montre les dents, est un animal en situation de détresse. Plus tu montres de l’agressivité, plus ça veut dire que tu perds du terrain et donc c’est désastreux pour ton image : c’est toi qui passes pour l’excité du bulbe extrémiste, aux idées irréalistes.

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moi quand je rentre à la maison et que je me mets à table

c) troisième technique : la théorie de l’exemplarité. Pourquoi vous croyez que le mot « décroissance », en France, suscite systématiquement des sourires condescendants ? Parce que pas mal de gens qui défendent cette cause sentent des pieds. Imposez-vous une hygiène de vie et une morale irréprochable. Si les autres considèrent que vous avez une vie cool, que vous êtes quelqu’un de fiable, de confiance, qui prend de bonnes décisions, ils auront tendance à écouter ce que vous avez à dire. Si au contraire vous dégagez une haleine fétide et que vous vous effondrez, essoufflé, à chaque fois que vous montez 4 étages, personne n’aura envie de mener la même existence que vous et d’écouter votre philosophie de vie. Le changement c’est maintenant comme dirait l’autre, mais c’est d’abord sur soi qu’il faut l’accomplir avant de pouvoir prétendre toucher les autres (ce qui nous amène au point tant controversé de l’engagement humanitaire : selon moi, il est ridicule de prétendre sauver la planète et les petits enfants en afrique quand soi-même on nage dans des tonnes de problèmes psychologiques & relationnels)

d) quatrième technique : la propagande. Vous êtes nul en débat ? Votre humour est à chier ? Vous êtes incapable de rester calme quand vous parlez d’un sujet qui vous passionne? Une seule solution s’offre à vous : faire découvrir aux autres les sources de votre pensée… directement à la source. Vu que vous, de toute évidence, n’arrivez jamais à retranscrire correctement ce que vous avez lu ou vu. Donc : forcez votre entourage à lire les livres qui vous ont marqué, abonnez votre famille de force aux journaux qui vous passionnent, offrez des dvd militants, et surtout, crevez la bulle de confort de tout le monde en introduisant du réel dedans, et des expériences.

Alors après je sais que vous allez me dire : « t’es bien gentil avec ton militantisme, mais même si les gens finissent par t’écouter poliment ça va changer quoi ? l’instant d’après ils seront repartis dans leur petit train-train quotidien et ça aura servi à rien au final ». Hé bien détrompez-vous. On ne peut JAMAIS savoir l’impact qu’on peut avoir sur la vie des gens. Parfois, vous dites un truc à quelqu’un, il s’énerve ou alors il ne réagit pas, vous vous dites « cette personne est hermétique à mes arguments » alors qu’en fait l’idée fait son chemin, souterrainement, à la manière d’une graine. Ne sous-estimez jamais votre capacité à influencer les autres. Si des blogueuses mode parviennent à vous faire acheter des vêtements moches fabriqués en Chine sous prétexte que « ce top est magnifique », alors tout est possible. Plantez des graines dans les esprits des gens !

Allez bye

« Pour tous ceux d’entre nous qui fréquentent les réseaux assidûment, reconnaissons que nous avons tous déjà trollé. Nous avons répondu par la vindicte à des discours pourtant modérés, nous avons appelé à l’insurrection sur des sujets nécessitant surtout de la mesure et de la diplomatie, nous avons usé de mauvaise foi manifeste, nous avons exprimé des opinions partisanes dans des espaces où nous savions qu’elles ne seraient pas les bienvenues, qu’elles provoqueraient gêne ou embarras, nous avons moqué, raillé. Et nous y avons pris du plaisir. Celui d’un soulagement parfaitement inessentiel mais libérateur et le plus souvent jubilatoire »

-Veni Vidi Trolli: en défense du trolling, rue89

2016 touche bientôt à sa fin. Le monde est toujours aussi pourri et les gens sont toujours aussi cons. L’existence vous déprime et vous ne savez pas quelles résolutions prendre pour 2017 ? J’ai la solution : pourquoi ne pas adhérer à l’association nationale des trolls velus ?

En tant que troll en formation (ce blog existe deux ans et demi, champagne !) j’ai réuni pour vous une série de tips qui vous aideront je l’espère à faire chier le monde efficacement – et qui sait, peut-être qu’un jour les trolls seront au pouvoir (on a hâte).

1.MENTIR SUR SON CV

Faites pas genre « oulala non le mensonge c’est mal très peu pour moi ». Tout le monde ment sur son CV. Par ailleurs, je sais pas si vous avez fait une recherche d’emploi lors de ces derniers mois, mais c’est quand même du gros foutage de gueule. Genre pour le moindre boulot à la con les mecs te demandent un master + au moins trois ans d’expérience + un QI de génie des mathématiques (alors qu’en vrai, tout le monde sait qu’un enfant de CM2 serait capable d’accomplir les taches intellectuellement peu stimulantes qui s’offriront à vous si par hasard vous décrochez le gros lot à l’entretien).

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Mon conseil : faites comme Trump. Mentez éhontément. Inventez-vous des expériences à l’étranger ou dans des start-ups dynamiques (si le mec des ressources humaines se montre soupçonneux et vous demande de fournir un numéro de téléphone pour contacter votre ancien patron, donnez celui de votre mère ! Qui serait mieux placé que votre génitrice pour faire l’inventaire de vos talents ?).

Après, si la recherche d’emploi, c’est pas votre truc (car vous êtes riche et oisif), mais que vous voulez quand même faire chier le monde, vous pouvez toujours vous créer un faux profil linkedin. Ça sert à rien (à part à emmerder les community managers) mais c’est rigolo. Dans la case « compétences clés » vous pourrez ainsi mettre : fruit picking, amazing cocktail engineering, depressing alone at home, secretaring, fishing on earthworm (et attendre de voir si quelqu’un finit par se montrer intéressé par vos talents) (parole de renard, catégorie « expérience vécue dans la vraie vie » : sur un malentendu ça peut marcher).

2.TROLLER LES SONDAGES DU FIGARO AU PETIT-DÉJEUNER

Acte de rébellion facile, pouvant s’effectuer en pyjama, qui consiste à voter à l’inverse de la masse des lecteurs du Figaro lors du sondage du jour. Fonctionne également avec la page sondages du site internet de Valeurs Actuelles.

3.ADHÉRER A LA BRIGADE ANTI-PUB

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4.PASSER SOUS LINUX

On nous ment : NON, utiliser Linux n’est pas compliqué !!!! (la preuve, c’est que même moi, le renard aux talents informatiques les plus faibles de la planète, je m’en sors très bien). La plupart des gens ne se servent de leur ordinateur que pour envoyer des mails, regarder des séries en streaming, zoner sur les réseaux sociaux et éventuellement utiliser le traitement de texte. D’où vous avez besoin d’un ordinateur microsoft ultra performant ? Il existe tout en tas de revendeurs, partout en France, qui offrent du matériel informatique d’occasion en très bon état de marche avec Linux installé dessus. Vous pouvez pas voter front de gauche et continuer à engraisser Bill Gates. Un peu de cohérence, merde.

5.S’ADONNER A LA FATALE FLATTERIE SUR LES BLOGS DE MODE

Vous en avez pas marre parfois de lire des conneries sur les blogs de mode ET dans les commentaires ? J’ai la solution : devenir un fatal flatteur. Historiquement le mouvement des fatals flatteurs est né en 2008 (un groupe de trolls s’était mis en tête de laisser des commentaires excessivement laudatifs sous les articles de gros melons médiatiques tels que BHL ou Alain Minc. Les cibles, persuadées de la profondeur de leurs analyses, ne s’étaient pas rendues compte tout de suite qu’on leur brossait le poil avec une pommade un peu trop visqueuse). Plus d’infos ici.

Après 2008, plus rien. Le mouvement des fatals flatteurs est retombé dans l’anonymat et je trouve ça bien dommage, parce que c’est super efficace. Pour avoir testé le truc sur les blogs de mode, un commentaire volontairement agressif et rentre-dedans a environ 99 % de chances de se faire censurer. Un commentaire bête et mielleux a environ 60 % de chances de passer. Comme on le voit, le jeu en vaut donc la chandelle (je vous conseille d’aller vous faire les dents ici, ici et ici. Cibles 100 % narcissiques et faciles).

6.CRÉER UNE ICE (INITIATIVE CITOYENNE EUROPÉENNE)

Ça c’est pour les révoltés du slip qui trouvent que l’union européenne nous emboucane et ne vote jamais sur les sujets qui nous, nous intéressent (et quand elle le fait, c’est pour légaliser les pesticides. Merci bien). Donc bon, vous pouvez voter pour les verts aux élections européennes. Ou alors vous pouvez participer à une ICE. Une ICE c’est quoi ? C’est un dispositif qui permet aux citoyens européens, pour peu qu’ils réunissent en un an 1 million de signatures dans au moins sept pays de l’union, de forcer la Commission à débattre et prendre des mesures en faveur d’un sujet donné. Par exemple il y a de ça quelques années on a un peu parlé le l’ICE pour le revenu de base inconditionnel (indice : ça a pas marché, ça a seulement récolté 300 000 signatures. Car les gens comme VOUS ne se sont pas bougés les fesses).

7.VOTER POUR PHILIPPE POUTOU AUX PROCHAINES ÉLECTIONS

Car Philippe est doux, Philippe est frais, Philippe est top chouchou.

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« Si vous trouvez que l’éducation coûte cher, essayez l’ignorance »

– Abraham Lincoln

Salut les canards,

Le titre de ce post est à la fois pompeux et mensonger car je vous le dis tout net: j’ai rien compris à la victoire de donald. D’ailleurs pour vous situer l’étendue de mon déni, le jour de l’élection j’ai même cru comprendre qu’hillary était largement en tête, et j’ai bien mis 24 heures avant de me rendre compte de ma terrible méprise (pour ma défense j’écoute les infos sur la radio danoise. or le matin les renardeaux ont le nez dans le GAZ).

Au vu de mon ignorance crasse, il serait donc malvenu de ma part de vous balancer mes habituelles analyses politiques énervées du slip, sur base de « je vous l’avais bien dit ». Je me contenterai donc de vous rappeler les faits suivants (en espérant que ça élève un peu le niveau lors des futurs débats de noël):

1. donald ne sera pas le premier président des états-unis à être complètement zinzin:

« Des présidents un peu fêlés, les États-Unis en ont connu plus d’un, à en croire la belle galerie de portraits publiée par « Libération » (4/11). Theodore Roosevelt, Woodrow Wilson et Calvin Coolidge avaient des dossiers particulièrement chargés chez leurs psychiatres. Le cas le plus étonnant est celui de Lyndon B. Johnson, arrivé à la Maison-Blanche en 1963, après l’assassinat de Kennedy. Obsédé par son pénis, qu’il avait surnommé « Jumbo », « Johnson forçait les députés à admirer: « Vous avez déjà vu quelque chose d’aussi gros? » En prime, il faisait tourner Jumbo sous leurs yeux ». Un modèle pour Trump d’éléphant? »

– source: le canard enchaîné

2. si ces connards corrompus du parti démocrate avaient laissé bernie gagner la primaire, on en serait pas là:

13434701_1785840921660724_7062861947412528536_n3. donald ou la revanche des trolls

je vous épargne le laïus comme quoi donald n’a rien d’un self-made man (il a hérité de sa fortune) et que c’est quand même gonflé de sa part de se positionner comme un candidat « anti-système » qui va venir au secours des pauvres alors qu’il y a de grandes chances que sa politique (abandon de l’obamacare, déni de l’existence du réchauffement climatique, baisses d’impôts) les enfonce encore plus. si le sujet vous intéresse (pourquoi les pauvres votent-ils à droite alors que c’est pas dans leur intérêt de faire ça?) je vous renvoie à l’excellent bouquin de Thomas Frank. je pense que si donald a gagné, ça a certes été parce qu’il s’est positionné en défenseur de l’américain moyen, blanc et pauvre, face à une hillary complètement hors sol et acquise à la mondialisation libérale, mais c’est surtout parce qu’il a gagné le vote des trolls. les gens ont surtout voté pour lui, à mon avis, parce qu’il les faisaient rire:

« When I was in fourth grade, my teacher Mrs. Kolphner taught us a social studies lesson. The seventeen students in our class were introduced to two fictional candidates: a smart if slightly bookish-looking cartoon tortoise named Greenie, and a cool-looking jaguar named Speedy. Rick Dissellio read a speech from Speedy, in which he promised that if elected he would end school early, have extra recess, and provide endless lunches of chocolate pizzandy. (A local Pawnee delicacy at the time — deep fried pizza where the crust was candy bars.) Then I read a speech from Greenie, who promised to go slow and steady, think about the problems of our school, and try her best to solve them in a way that would benefit the most people. Then Mrs. Kolphner had us vote on who should be Class President. I think you know where this is going. Except you don’t, because before we voted, Greg Laresque asked if he could nominate a third candidate, and Mrs. Kolphner said “Sure! The essence of democracy is that everyone—” and Greg cut her off and said “I nominate a T. rex named Dr. Farts who wears sunglasses and plays the saxophone, and his plan is to fart as much as possible and eat all the teachers,” and everyone laughed, and before Mrs. Kolphner could blink, Dr. Farts the T. rex had been elected President of Pawnee Elementary School in a 1984 Reagan-esque landslide, with my one vote for Greenie the Tortoise playing the role of “Minnesota.”

source

19_compresset aussi parce qu’à un moment, face à tous les scandales qui accablent les hommes politiques depuis des années, on finit par préférer quelqu’un de véreux MAIS qui l’assume entièrement à des animaux carnassiers déguisés en herbivores type Hillary qui font genre « votez pour moi. soutenez le camp du bien » alors qu’ils ont du sang sur les mains (je l’avoue, je fais partie des gens qui se sentent physiquement irrités à la vue d’hillary clinton). d’ailleurs je ne suis pas un aficionado de wikileaks (si vous voulez mon avis sur la question, julian assange sent des pieds), mais ils ont le mérite de militer pour la transparence. et qu’on le veuille ou non, ça sera un des grands combats du 21 siècle. les gens en ont marre d’avoir la sensation que les élites leur mentent.

ah, et si les gens sont irrités par le mensonge, le fait de les empêcher de s’exprimer les irrite genre, 10x plus. on entend souvent des journalistes web se triturer la nouille sur le thème ultra rebattu de « comment éviter d’avoir des trolls et du hate dans les commentaires? ». en laissant les commentaires OUVERTS les mecs, pas en les censurant. tu crois quoi? que quelqu’un qui pense des trucs agressifs va voir son niveau d’agressivité diminuer parce que tu lui empêches l’accès à ton club? bah nan. il va fonder son propre club (fox news), y ramener tous ses copains, et tous ensemble, en l’absence totale de mixité intellectuelle, ils vont tellement bien s’émuler dans leur connerie (théories du complot, négationnisme, victimisation, you name it) que leur vision déformée du monde va finir par devenir bien réelle.

luttez contre donald trump: arrêtez de censurer les commentaires sur vos putain de blogs de mode!

4. s’il devait y avoir une morale à cette histoire: ENGAGEZ-VOUS EN POLITIQUE (au lieu de venir chouiner sur twitter)

ça c’est un coup de gourdin que je me donne à moi-même mais aussi à tous les membres de ma génération (les moins de 30 ans). parce que les hashtag #jesuisrévolté #bientôtlafindumonde ça va bien 5 minutes, mais il va quand même falloir songer à se sortir les doigts du cul si on veut que les choses changent un minimum. parce que nous, les jeunes (toi aussi vote pour que cette phrase soit élue dans le top 10 des expressions de vieux ringard 2016), on a quand même tendance à faire la politique de l’autruche. tout va mal dans le monde? ouin on peut rien y faire tout ça est trop compliqué. et puis en plus c’est pas notre faute: c’est la faute des vieux. bah du coup on va larver dans le canap en regardant netflix. le cocon (amical, familial) avant tout les gars. et je ne vous jette pas la pierre: je fais pareil (au lieu de devenir un gros syndicaliste énervé du bulbe, j’ai préféré démissionner et me mettre au chômage afin de marquer mon désaccord pour le travail salarié).

dans « collapse », jared diamond analyse la trajectoire historique de différentes sociétés (les mayas, les vikings au groenland, le japon au 17e siècle) et se demande pourquoi certaines sociétés parviennent à survivre, et d’autres non. bon alors j’ai pas encore terminé le bouquin (il est gros et dense ok) mais l’idée qui se dégage de ces analyses, c’est qu’on ne parvient jamais à rien de bien si on ne se bat pas à la fois au niveau local et au niveau global. jared d. parle de « bottom up » et de « bottom down » strategies. oui, pour qu’un pays s’en sorte il a besoin que ses élites soient un minimum « éclairées » et fassent les bons choix. mais il a aussi besoin que le « peuple d’en bas », en l’espèce chaque citoyen, ne soit pas passif et influe sur le cours des choses à son échelle. faire un choix plutôt que l’autre est inefficace. alors comme dirait bernie (ouai je suis secrètement amoureux de cet individu, laisse-moi): engagez-vous en politique! présentez-vous aux élections, quelles qu’elles soient. ne laissez pas les autres, ceux dont les idées vous insupportent, le faire à votre place.

et si vraiment vous trouvez qu’élections, piège à con, que c’est le système qui est pourri et qu’au lieu de chercher à le changer de l’intérieur la seule solution est de le faire péter de l’extérieur, il y a moultes moyens d’être chiant (mais nous en reparlerons un autre jour car la soupe est prête)

« Sur les 1 024 espèces de mammifères étudiées, 40 % étripent joyeusement les leurs. « Cela a été notre plus grande surprise, admet José Maria Gomez. La violence létale n’est pas concentrée dans des groupes considérés comme a priori violents, tels les carnivores. Elle sévit aussi de façon importante chez les rhinocéros, les marmottes, les chevaux… » Les scientifiques espagnols livrent un chiffre moyen : l’agression intraspécifique constitue 0,3 % des causes de mortalité chez l’ensemble des mammifères. Elle n’est « pas fréquente, mais répandue », concluent-ils. Mais c’est famille par famille que l’examen trouve toute sa richesse. « Jamais je n’avais vu un travail aussi détaillé sur la violence parmi les mammifères », s’enthousiasme Michel Raymond, directeur de recherche au CNRS et responsable de l’équipe de biologie évolutive humaine de l’université de Montpellier. L’étude démontre que la position dans l’arbre phylogénétique des espèces explique fortement la tendance à tuer ses congénères. Fauves, ursidés, rongeurs : quelques familles se distinguent particulièrement. Avec une mention spéciale pour les primates – nos cousins et nos ancêtres, faut-il le rappeler ? –, chez qui le poids de la violence létale atteint 2 %. »

– Le Monde, « Les racines de la violence humaine plongent dans l’arbre de l’évolution« 

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moi quand je parle à un végétarien radicalisé

Je sens que je vais perdre la moitié de mon lectorat (mais je n’en ai cure car je suis un être intrépide), car aujourd’hui, nous allons parler de végétarisme.

Le végétarisme, ça me gonfle.

Comme je suis une personne raffinée et que c’est pas mon genre (oulala non) d’asséner mes opinions à coup de gourdin sans un minimum d’argumentation, je vous propose un plan en 3 parties.

1. LA CUISINE VÉGÉTARIENNE, C’EST PAS BON

Afin de parler concret je vais situer le cadre de ma réflexion dans le cercle restreint de ma propre famille. Car il y a pas photo: en l’espace de deux ans, le végétarisme a imposé sa loi. En effet sur un total de 5 personnes nous avons:

  • 2 végétariens
  • un végan carencé
  • le Père (qui ne sait pas se faire à manger et subit donc les lubies culinaires du groupe)
  • un renard (moi)

(bien sûr, si vous interrogez le végan, il vous informera avec une délicatesse tout à son honneur qu’il est le seul être véritablement « pur » de cette famille – les végétariens s’autorisant ces plaisirs coupables & spécistes consistant à manger des œufs et des produits laitiers) (nous ne rentrerons pas dans ce débat aujourd’hui: pour la clarté de cette chronique, nous considérerons que tout le monde est végétarien)

Alors bien sûr, les végétariens, ces êtres de lumière, ne voient pas où est le problème. On est végétariens, et alors?

Le principal problème les mecs, c’est que depuis que vous avez pris le pouvoir, la bouffe est DÉGUEU (et ne venez pas me dire que j’exagère). Il se trouve que dans notre famille, le respo nourriture, c’est Maman. Pourquoi? Pour des raisons que d’aucuns qualifieraient de sexistes (les femmes à la cuisine). Mais également pour des raisons bassement stratégiques (le fait de tenir les rênes de la liste de courses permet de ne pas subir son alimentation voire même d’imposer délicatement ses opinions politiques aux autres, et ça, je peux vous assurer que cette personne l’a très bien compris depuis le bannissement du lait concentré Nestlé de la grotte en 1998). Or le problème avec Maman, c’est que les légumes, elle les cuisine mal (je sens que cet article va me causer des problèmes). Et en devenant végétarienne, cette tendance à cuisiner les légumes n’importe comment s’est accentuée, pour tendre vers le grand n’importe quoi gustatif (le summum ayant été atteint avec les pâtes au ketchup de carotte et au curcuma). Résultat: à chaque fois que je rentre au terrier j’ai l’estomac en pagaille à force de manger des légumes semi-crus baignant dans des assaisonnements exotiques et je finis systématiquement mon séjour avec une bonne chiasse des familles. C’est un truc qui me rend fou: les végétariens qui te soutiennent droit dans les yeux que non, leur cuisine n’est pas dégueu. J’aimerais bien y croire mais j’ai l’impression qu’on nous ment un petit peu quand même (tous les blogs de cuisine végétarienne qui fleurissent en ce moment sur internet ont l’air d’être tenus par des personnes un poil désœuvrées – pardon, au foyer – qui peuvent passer beaucoup de temps à réunir et cuisiner les ingrédients idoines pour leurs recettes (agar-agar, crème de soja, lait de coco, you name it). Mais comment font les autres, les moches, ceux dont les repas ne ressemblent jamais à ceux des magazines? A quand la vérité sur les repas végétariens des familles normales?). Ah et un autre truc qui m’énerve chez les végétariens (mais bon j’avoue: c’est juste parce que je suis un petit excité du bulbe), c’est cette manie de se réapproprier les plats phares de la gastronomie française. Genre le pâté en croûte végétal. Ou le foie gras végan. Je trouve ça grotesque (à un moment il faut arrêter de vouloir tout avoir: soit on mange un hamburger avec de la viande, soit on en mange pas. mais on ne peut pas être végétarien et exiger de connaitre les mêmes plaisirs gustatifs que les carnivores.)

2. LE VÉGÉTARISME, C’EST CAPITALISTE

Titre volontiers provocateur (je sais bien que l’élevage intensif est bien plus mauvais que la culture de feuilles de bambou dans son jardin).

Mais il y a un truc qui me rend très mal à l’aise et me fait flairer l’arnaque avec le végétarisme: être végétarien est tendance en 2016 (surtout sur les blogs de mode). Certains parleront de paranoïa (pourquoi ne pas se réjouir de l’adoption de masse (surtout chez les plus jeunes) d’un mode de vie plus éthique?): je préfère parler de lucidité (je suis un indécrottable associable qui se méfie comme la peste de l’effet de groupe. surtout quand enjoy phoenix déclare dans sa dernière vidéo qu’elle envisage de franchir le pas et de devenir végétarienne).

« Le discours vegan peut, involontairement, servir les intérêts de l’agrobusiness. Exemple avec le premier steak « in vitro », qui a déjà été mangé en août 2013. Le programme de recherches, hébergé par l’université de Maastricht aux Pays-Bas, et notamment financé par Google, affiche quatre bénéfices : sécurité alimentaire, peu d’émissions de gaz à effet de serre, moins d’impacts sur l’environnement et pas de problèmes de bien-être animal. « Je pense que les industriels sont en train de préparer le remplacement des productions animales par les biotechnologies. Elles produiront des ersatz de viande, fabriqués en laboratoire, redoute la chercheuse. Le steak in vitro, c’est le rêve de Mc Donald’s. Le but de l’industrie des biotechnologies, c’est de se débarrasser des animaux. » Cela pourrait être notamment profitable à des multinationales comme Monsanto ou Bayer, selon elle, qui fournissent un des principaux substituts à la viande : le soja ».

– Reporterre, « Faut-il devenir végétarien pour sauver la planète?« 

En fait pour moi, le risque avec le végétarisme, c’est de créer une société à deux vitesses. D’un coté les pauvres, qui continueront à manger de la viande low cost produite dans des conditions épouvantables. De l’autre les végétariens, appartenant plutôt à des classes aisées, qui certes ne mangeront plus de viande mais ne remettront pas en cause la mondialisation et le système capitaliste, et contribueront à perpétuer un modèle dans lequel on ne réfléchit pas à la provenance de ce qu’on mange mais uniquement à si ça rend bien en photo sur instagram (hashtag brunch végan). Et au milieu, ceux qui vont se faire sacrifier, ça va être les vrais paysans: l’élevage et les boucheries tradi – alors même que ce sont eux les remparts les plus efficaces contre les excès de l’industrie agroalimentaire. Et ça je crois bien que ça me révolte: comment peut-on prendre aussi à cœur la question du végétarisme et ne pas toucher un mot, jamais, de la mort programmée du monde rural?

« Si l’élevage est une telle calamité pour l’environnement, comment se fait-il qu’il existe depuis dix millénaires et qu’il soit consubstantiel de la majorité des sociétés humaines ? Et si je me trompais de combat en étant végétarienne ? En voulant lutter contre l’industrialisation de l’agriculture, ne suis-je pas en train de participer à la disparition des petits paysans ? Des écosystèmes à part entière, où tout est connecté : le petit lait issu de la fabrication du fromage nourrit les cochons, les restes du repas sont donnés aux poules, le potager reçoit le fumier et les arbres fruitiers donnent de l’ombre aux ruminants. Loin des élevages hors sol, ces systèmes paysans sont résilients et très « durables ». La preuve, ils persistent depuis plusieurs siècles ! Finalement, l’équation « écolo égale végétarien » n’est peut-être pas si juste. Nous avons besoin de l’élevage, nous avons besoin des animaux. La solidarité avec les paysans et la planète ne passe pas par le refus catégorique de consommer carné. Elle passe par le refus catégorique d’un élevage industriel, fondé sur la technologie tous azimuts, avec insémination artificielle, puçage et « nutrition de précision ». Et elle passe par la dégustation (à fréquence modérée) d’un bon gigot d’agneau acheté en vente directe au berger du canton !

– Reporterre, « Voici pourquoi je (re)mange de la viande« 

3. HITLER ÉTAIT VÉGÉTARIEN (coïncidence? je ne crois pas)

En vrai dans le fond je suis assez sensible à certains arguments des végétariens (je n’ai rien à répondre, par exemple, à quelqu’un qui me fait remarquer que si j’étais un vrai carnivore, j’irais chasser mon bifteck moi-même et que si je passe par un boucher pour effectuer le sale boulot de la mise à mort, c’est parce que je ne me sens moralement pas capable d’infliger directement cette souffrance à un animal).

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et puis aussi je l’avoue: je serais triste si qqn mettait mon chat au barbecul

Mais ce qui m’empêche d’être végétarien, c’est les autres végétariens. Je les trouve souvent cons, inutilement agressifs et péremptoires (or rien ne m’énerve plus que les gens qui refusent un débat sous prétexte qu’ils connaissent déjà la vérité. et le pire de tout, ce sont les gens sans humour).

Exemple type de végétarien pénible: le végétarien hypocrite. Comme Sébastien Arsac, le co-fondateur de L214 (association qui a fait le buzz récemment pour avoir filmé en caméra cachée des scènes d’une extrême violence se passant dans des abattoirs ou des élevages intensifs de poulets). Pour info voici comment cette personne justifie son engagement:

« Je ne suis pas né aujourd’hui comme je suis. Je cachais du saucisson sous mon oreiller. J’assistais à la fête du cochon, la tuerie du cochon. Mon grand-père était le saigneur du village. C’était une journée de convivialité. mais petit à petit le cri du cochon m’a posé question. […] J’étais sur le canapé en train de lire une BD et de manger du lard. Et je lis sur une case qu’il y a des civilisations qui ne mangent pas d’animaux. Cela m’a fait un choc. Je me suis dit, j’arrête de manger des animaux. »

Genre le mec, il a passé les 30 premières années de sa vie à manger du lard tranquille sur le canap comme si c’était des chips, pépouze, sans jamais faire de lien logique du genre lard = cochon, et il se permet de venir te faire la morale alors que toi tu ne manges de la viande qu’une fois par semaine. Je déteste les nouveaux convertis, ces gens qui mènent un mode de vie dégueulasse pendant la plus grande partie de leur vie puis ont une illumination, deviennent extrêmes dans l’autre sens et viennent faire chier ceux qui mènent une vie mesurée.

Autre type de végétarien pénible: le végétarien complotiste tendance dépressif. Alors pour lui c’est simple: si tout va mal dans le monde, c’est parce que l’homme a cessé d’être un chasseur-cueilleur et a inventé l’agriculture et l’élevage, introduisant la VIOLENCE sur Terre. Bon alors déjà il va falloir se calmer avec le mode de vie prétendument ultra génial des chasseurs-cueilleurs. Moi depuis que j’ai frôlé la mort en Californie face à un serpent à sonnettes, je suis bien content qu’en Europe, on ait plus de super prédateurs du type lion des montagnes, et qu’on puisse faire des randos tranquillou. Mais le végétarien complotiste tendance dépressif, il trouve pas ça cool les randonnées sans danger. A chaque fois qu’il croisera une vache il versera une larme sur le fait que le pauvre animal porte une cloche qui pèse lourd et que quand même le spécisme c’est pareil que le sexisme quoi…

Dernier type de végétarien pénible: le végétarien blog de mode. Le genre qui va étaler son mode de vie à la face du monde sans jamais reconnaitre que c’est un peu obscène parfois de parler autant de nourriture (oui je vous sors l’argument « en Afrique des enfants meurent de faim »). Le pire étant quand même Antigone XXI: on y censure les commentaires tout comme sur un blog de mode tradi mais ici on le fait pour la bonne cause (car on est végan! donc du coté du bien 🙂 Et tant pis si le titre (« l’abondance frugale ») est déjà une monumentale contradiction, on est pas à un paradoxe près.

Conclusion: sauvez une vache, mangez un végétarien. La semaine prochaine nous poursuivrons notre série « critique de la modernité » en nous penchant sur la tendance « to-do list » (adeptes du bullet journal, j’espère que vous tremblez dans vos grottes).