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Archives Mensuelles: janvier 2017

Ce week-end, j’étais top grugru.

Déjà, je suis allé voir au cinéma « moi, daniel blake », le dernier film de ken loach. Alors ok, on peut dire que j’étais conquis d’avance car dans le genre « cinéaste top chouchou », ken loach trône très haut dans mon panthéon personnel. Et puis le sujet me concernait directement parce que, rappelons le pitch, il s’agit de l’histoire d’un mec qui se retrouve au chômage. Donc, je me doutais que j’allais aimer ce film mais ce dont je me doutais moins, c’est que j’allais pleurer comme une madeleine pendant les 3/4 de la projection (oui le renardeau a une âme sensible). Tout le long du film, je n’arrêtais pas de me demander : pourquoi les gens n’aident pas daniel blake ? Pourquoi, quand il tague le mur du pôle emploi, les gens se contentent de rigoler, de le prendre en photo et d’applaudir, mais personne ne s’oppose à son arrestation quand la police arrive ? Pourquoi, à chaque échelon de la société (vigile du supermarché, conseillère du pôle emploi), chacun joue le rôle qui est attendu de lui, exerçant la domination à son échelle, terrorisé à l’idée de perdre sa place ? Alors qu’il suffirait de créer des alliances pour que le monde change ?

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Sinon dans la catégorie « mais que font les gens alors que tout va mal ? », j’ai aussi écouté une émission d’hors-série avec Pablo Servigne. Oui l’accès est payant (comme d’hab) mais vous pouvez trouver tout un tas d’autre émissions feat. Pablo Servigne un peu partout sur internet alors faites pas genre cela est hors de votre portée. Pablo Servigne c’est qui ? C’est un mec qui a écrit un bouquin intitulé « comment tout peut s’effondrer ». Donc ça parle de l’effondrement de notre civilisation (au sens civilisation industrielle dépendante des énergies fossiles). C’est un peu angoissant mais aussi terriblement nécessaire. De toute manière que vous le vouliez ou non, il y a de grandes chances qu’au cours de votre vie vous viviez ce fameux effondrement, donc autant commencer tout de suite à vous y préparer au lieu de vivre avec des œillères et de vous persuader que l’innovation technologique nous sauvera de la catastrophe.

Et donc, tout ceci nous amène à une question que je me pose tout le temps : comment les gens peuvent-ils continuer à vivre comme si de rien n’était alors que nous vivons à une époque où une crise majeure (économique, sociale, environnementale) se prépare ?

Deux solutions.

  1. les gens savent mais s’en foutent (c’est l’attitude « boire du champagne sur le titanic qui coule »)
  2. les gens ne savent pas.

Je vous propose de laisser un instant de côté la catégorie des « gens qui savent mais s’en foutent » (si vous voulez mon avis, l’histoire leur réglera leur compte tôt ou tard – remember marie-antoinette et son « s’ils ont faim, qu’ils mangent de la brioche ») et de réfléchir aujourd’hui tous ensemble à la question suivante : comment sensibiliser les « gens qui ne savent pas » aux enjeux cruciaux pour la survie de notre société, sans leur faire peur et les faire basculer dans la catégorie des « gens qui savent mais s’en foutent » ?

Il est évident que 99 % du temps, je suis la mauvaise personne pour m’attaquer à ce combat crucial (en effet, tel le militant de la manif pour tous ou l’écolo décroissant qui vit tout nu dans sa yourte, je cède souvent à la tentation d’asséner mes arguments à coup de gourdin quand quelqu’un n’est pas d’accord avec mon point de vue).

Or, tout le monde le sait, les gens sont susceptibles (et surtout les blogueuses mode). Face à la critique, ils vont bouder dans leur coin et après c’est un casse-tête sans fin pour les faire sortir de leur grotte et pouvoir à nouveau discuter avec eux.

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souvent une boite de thon dissipe tous les malentendus

Alors, comment convaincre sans crisper ? Pour vous, lecteurs fidèles, j’ai élaboré trois stratégies :

a) la technique « Guillaume Meurice », plus connue sous le nom « d’argumentation par l’absurde ». En gros ça consiste à ne pas dire « non » à l’autre quand il sort un argument débile mais au contraire de dire « ah oui ! » et dérouler la suite logique de l’argument, à savoir les implications sur le monde réel (indice : ça marche hyper bien avec les mecs de droite qui pensent que le patronat c’est hyper cool). Après, le risque avec cette technique, c’est évidemment la condescendance, d’où le choix crucial des cibles. Attaquer les pauvres en se foutant de leur gueule parce qu’ils votent FN, c’est plus de l’humour, c’est du mépris de classe. Ne vous trompez pas de cible : l’humour oui, mais d’abord contre les puissants !

b) deuxième technique : le débat argumenté. Le problème, c’est que beaucoup de gens se lancent dans des débats sans s’y être assez préparés. Combien de fois vous êtes vous retrouvés dans cette impasse qui consiste à demander à votre interlocuteur de vous croire sur parole ? (et quand il vous demande des chiffres, des preuves réelles de ce que vous avancez quoi, vous bafouillez un ridicule « je l’ai lu sur internet »). On veut des SOURCES, des faits en béton, merde. Si une cause est importante pour vous, travaillez votre argumentaire. Soyez préparés à toutes les questions possibles et essayez de vous en tenir à la rationalité scientifique sans partir dans les aigus (combien de débats se sont terminés par le fameux « au temps de la préhistoire les humains vivaient comme ça DONC il me paraît logique que ce mode de vie est plus naturel que les autres ». stop à la théorie de l’évolution pour tout et n’importe quoi, ne tendez pas les bâtons pour vous faire battre, merde). Et de grâce, restez calme. Utilisez les principes de la communication non violente. Comme dirait renard-mère, un animal énervé, qui montre les dents, est un animal en situation de détresse. Plus tu montres de l’agressivité, plus ça veut dire que tu perds du terrain et donc c’est désastreux pour ton image : c’est toi qui passes pour l’excité du bulbe extrémiste, aux idées irréalistes.

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moi quand je rentre à la maison et que je me mets à table

c) troisième technique : la théorie de l’exemplarité. Pourquoi vous croyez que le mot « décroissance », en France, suscite systématiquement des sourires condescendants ? Parce que pas mal de gens qui défendent cette cause sentent des pieds. Imposez-vous une hygiène de vie et une morale irréprochable. Si les autres considèrent que vous avez une vie cool, que vous êtes quelqu’un de fiable, de confiance, qui prend de bonnes décisions, ils auront tendance à écouter ce que vous avez à dire. Si au contraire vous dégagez une haleine fétide et que vous vous effondrez, essoufflé, à chaque fois que vous montez 4 étages, personne n’aura envie de mener la même existence que vous et d’écouter votre philosophie de vie. Le changement c’est maintenant comme dirait l’autre, mais c’est d’abord sur soi qu’il faut l’accomplir avant de pouvoir prétendre toucher les autres (ce qui nous amène au point tant controversé de l’engagement humanitaire : selon moi, il est ridicule de prétendre sauver la planète et les petits enfants en afrique quand soi-même on nage dans des tonnes de problèmes psychologiques & relationnels)

d) quatrième technique : la propagande. Vous êtes nul en débat ? Votre humour est à chier ? Vous êtes incapable de rester calme quand vous parlez d’un sujet qui vous passionne? Une seule solution s’offre à vous : faire découvrir aux autres les sources de votre pensée… directement à la source. Vu que vous, de toute évidence, n’arrivez jamais à retranscrire correctement ce que vous avez lu ou vu. Donc : forcez votre entourage à lire les livres qui vous ont marqué, abonnez votre famille de force aux journaux qui vous passionnent, offrez des dvd militants, et surtout, crevez la bulle de confort de tout le monde en introduisant du réel dedans, et des expériences.

Alors après je sais que vous allez me dire : « t’es bien gentil avec ton militantisme, mais même si les gens finissent par t’écouter poliment ça va changer quoi ? l’instant d’après ils seront repartis dans leur petit train-train quotidien et ça aura servi à rien au final ». Hé bien détrompez-vous. On ne peut JAMAIS savoir l’impact qu’on peut avoir sur la vie des gens. Parfois, vous dites un truc à quelqu’un, il s’énerve ou alors il ne réagit pas, vous vous dites « cette personne est hermétique à mes arguments » alors qu’en fait l’idée fait son chemin, souterrainement, à la manière d’une graine. Ne sous-estimez jamais votre capacité à influencer les autres. Si des blogueuses mode parviennent à vous faire acheter des vêtements moches fabriqués en Chine sous prétexte que « ce top est magnifique », alors tout est possible. Plantez des graines dans les esprits des gens !

Allez bye

Salut les poux lumineux,

Les vacances de Noël sont finies et nous rentrons dans le mois le plus déprimant de l’année, à savoir le mois de Janvier. Pour vous remonter le moral, je vous ai concocté une liste de livres à lire de derrière les fagots (je sais que c’est vos articles pref sur ce blog). Garanti 100 % top chouchou (sauf le dernier pour lequel j’ai de petites réticences mais je vous expliquerai pourquoi).

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« Je déambulais dans les rues désertes, je montais puis descendais des escaliers. J’ai alors croisé une vieille qui promenait un chien minuscule. Ce petit chien portait un manteau molletonné, mais il tremblait de froid. Il tremblait encore plus fort quand il s’est accroupi pour faire ses besoins. Je me suis arrêté pour l’observer. Pendant que la petite merde sortait, tout le petit corps frémissait, comme parcouru par un courant électrique. Quand la petite merde est finalement sortie, le tremblement s’est apaisé et le chien s’est mis à gratter le sol avec ses petites pattes. Je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Cette petite merde, me suis-je dit, a suffi à faire trembler ce chien. La vieille m’a lancé un regard sévère, probablement parce qu’elle m’avait entendu rire. Je me suis senti mal à l’aise, mais c’était vraiment comique. J’ai pensé alors à ce qui arriverait au chien le jour où la petite merde ne sortirait plus. Je l’ai imaginé dans une petite chaise roulante. Puis je me suis dit que je devrais quand même contrôler ma consommation d’alcool et laisser les bourbons tranquilles pour quelque temps. »

J’avais acheté ce bouquin sur un coup de tête car je partais en vacances au bord du lac de Côme (comme George Clooney) et que j’aime bien faire mon touriste bobo, à savoir, lire des bouquins en rapport avec l’endroit où je voyage.

Et alors, je vous le dis tout net, ce livre est fantastique. Je pense qu’il se classe sans problème dans le top 10 de l’année (merci de ne pas faire remarquer que l’année vient de commencer). Le narrateur, c’est l’auteur lui-même, Srdjan Valjarević. Alors que son pays natal (la Serbie) est enlisé en pleine guerre des Balkans, il obtient plus ou moins sur un malentendu une bourse de la part de la fondation Rockefeller pour résider pendant un mois dans une villa d’intellectuels au bord du lac de Côme et y écrire un bouquin. A l’intérieur de la villa, l’ambiance est exactement comme on pourrait se l’imaginer : il y a de bons vins, de la nourriture délicieuse, les draps sont moelleux ET les autres résidents sont insupportables (dans le genre « nous sommes l’élite de l’élite de l’élite, prout et clarinette »). Srdjan Valjarević décide alors de faire ce que nous aurions tous fait à sa place, à savoir, ne rien glander et profiter de la vie. Bon alors il a pas non plus rien glandé parce qu’au final il a écrit ce bouquin. Mais ça sonne plus comme une provocation qu’autre chose (et c’est ça qui est rigolo). Le livre est divisé en 30 chapitres : à chaque fois Srdjan y décrit sa journée, et à chaque fois il se passe à peu près la même chose :

  • il fait des grasses mat
  • il s’habille de manière moche, avec un pull en laine vert troué par les mites
  • il va marcher dans les collines qui surplombent le lac et observe les oiseaux, les couleurs, la lumière
  • il grogne contre les autres pensionnaires, qui sont vieux, riches et pénibles et tente par tous les moyens de fuir les obligations sociales
  • il se bourre la gueule
  • il essaye de pincer les fesses d’Alda, la serveuse du bar local

(toute ressemblance avec un certain renard au chômage est bien sûr totalement fortuite)

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« Je proposai d’acheter cent places pour un des concerts symphoniques de Rochester. Nous choisirions un concert de musique particulièrement douce. Trois heures avant le concert, aux cent Noirs qui auraient les tickets pour s’y rendre, on servirait un dîner : des haricots – rien d’autre – qu’ils auraient à ingurgiter en grandes quantités. Ils se rendraient alors au concert et on devine la suite. Imaginez un peu le tableau quand l’action commencerait. Le concert serait terminé avant même le premier mouvement ! (Il y a du Freud là-dedans, mais après tout!). Analysons cette tactique à la lumière des concepts que nous avons déjà mentionnés. La confusion provoquée sortirait entièrement du cadre de l’expérience de la « bonne «  société qui s’attendait au truc classique : réunions de masse, manifestations de rues, confrontations, marches. Même en imaginant le pire, ils n’auraient jamais pensé qu’on pût s’attaquer à leur joyau culturel, leur fameux orchestre symphonique. Deuxièmement, l’ensemble de l’action ridiculiserait la loi et il n’en existera jamais qui interdise les fonctions naturelles. Ici vous aurez un mélange de bruits, mais aussi d’odeurs, qu’on pourrait appeler des bombes puantes naturelles. Les bombes puantes habituelles sont illégales et peuvent faire arrêter immédiatement leur utilisateur, mais rien ici ne permettrait à la police ou aux huissiers ou à quiconque de réagir. La police se trouverait complètement paralysée. Les gens se mettraient à raconter l’histoire du concert et tous ceux qui l’apprendraient éclateraient de rire. Cet incident ferait apparaître l’orchestre symphonique sous un jour ridicule. Les pouvoirs publics n’auraient aucun recours pour réagir devant cette situation ou empêcher qu’une attaque de ce genre ne se reproduise. Que pourraient-ils faire ? Exiger que les gens ne mangent pas de haricots avant d’aller au concert ? Ordonner aux gens de se retenir pendant toute la durée du concert, même si c’est urgent ? Faire une déclaration publique aux termes de laquelle les concerts ne peuvent pas être interrompus par des dégagements d’odeurs corporelles ? Une déclaration de cette nature signifierait, à l’avenir, la ruine du festival. Imaginez un peu la tension dans la salle de concert au moment de l’ouverture ! Imaginez le sentiment du chef d’orchestre au moment de lever sa baguette ! Cette opération aurait aussi, à coup sûr, des retombées le matin suivant au petit déjeuner. Les femmes de cadres, à qui le festival apporte l’une de leurs principales fonctions sociales, accrocheraient leurs maris (cadres supérieurs ou jeunes cadres) en leur disant : « John, nous n’allons tout de même pas laisser ces gens-là ruiner notre festival. Je ne sais pas ce qu’ils veulent, mais quoi que ce puisse être, il faut absolument faire quelque chose pour empêcher qu’un tel scandale ne se reproduise. »

Pendant les vacances de Noël j’ai lu le journal Fakir pour la première fois de ma vie et c’était vachement bien. Pour les gens de droite du groupe qui ont encore rien suivi parce qu’ils étaient trop occupés à attendre la prochaine vente privée sur internet, Fakir c’est le canard fondé à Amiens par François Ruffin, le mec qui a fait le film « merci patron » (qui a ensuite été plus ou moins à l’origine de nuit debout). J’aime bien ce que fait Fakir parce qu’ils poursuivent deux objectifs :

  • sortir les gens de l’indifférence
  • montrer qu’il est possible d’agir localement (on a pas besoin d’avoir toute la France derrière soi pour faire changer les choses à son échelle)

Ce livre, « l’art de la guérilla sociale », tombait donc à pic. Assez court (140 pages), il se propose de vulgariser les thèses de Saul Alinsky, qui était un militant américain des années soixante, et qui a gagné plein de combats locaux à son époque en utilisant je cite « le rire comme arme, la ruse à la place de la force et le pragmatisme roublard ». Et franchement c’est hyper bien. Pour tout ceux qui comme moi sont un peu rétifs au militantisme « traditionnel » à base de saucisses grillées dans la rues et slogans de la CGT hurlés au microphone, ce livre vous ouvrira plein de perspectives nouvelles. Le parfait petit manuel pour faire chier, en somme (et 100 % garanti histoires de prout).

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(PS : pour ceux qui cherchent une idée de cadeau de naissance qui déchire sa race, Fakir propose un abonnement à vie pour la somme de 180 euros) (franchement si c’est le prix à payer pour être moins con, bah c’est pas si cher que ça)

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Pour rentrer en France pour les vacances de Noël, mon avion a eu la masse de retard et je me suis retrouvé à court de livres. L’inquiétude était palpable (on sait tous qu’un renard qui s’ennuie est un renard pénible), mais heureusement je suis miraculeusement tombé, au point presse du coin, sur ce bouquin de Mike Horn et c’était SUPAIR (j’ai aussi acheté « le liseur du 06h27 » et ce livre était une grosse daube. Je vous en parle même pas tellement c’était neuneu).

J’adore les histoires d’aventure. Sûrement parce que je suis l’animal le plus trouillard de la terre et que ma passion, dans la vie, c’est de vivre tout un tas de dangers par procuration, enroulé dans ma couette au coin du feu. Dans ce livre, Mike Horn fait chier sa femelle et tout son entourage décide de partir faire le tour du monde à pied, en vélo et en bateau, en s’imposant de rester dans une bande de quarante kilomètres autour de l’équateur. Je vous mets une carte pour que vous voyiez mieux à quoi ressemble son itinéraire :

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Bon alors c’est pas de la grande littérature, mais ça se lit vite et bien et en bonus vous emmagasinerez tout un tas de « survival tips » hyper utiles si tout à coup la civilisation s’effondrait.

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Je vous le dis tout net : j’avais de grands espoirs pour ce livre. Déjà à cause du titre : on aurait dit qu’il était fait pour moi. Ensuite à cause du pitch : un homme, déjà au chômage, se fait expulser de son appartement et décide de vivre dans sa voiture. Volontairement désœuvré, il arpente les rues de Paris à la recherche de signes d’une révolution à venir – signes qui vont se manifester sous la forme de tags bizarres sur les murs. Sur le papier tout y est : la critique du travail salarié, l’émergence d’un mouvement révolutionnaire type nuit debout qui inclurait les plus pauvres et pas seulement les gros bobos, etc. Sauf que passé les premiers chapitres, enthousiasmants, ça part en couille. Pour vous le dire simplement : je me suis mis à ne rien comprendre de ce qui écrivait l’auteur. Alors soit c’est vraiment de la poésie et je suis trop con pour saisir, soit à un moment Yannick Haenel s’est relâché le coussinet et a arrêté de tenir les fils de son intrigue (on ne sait pas). Par exemple si quelqu’un a une explication au sujet du passage suivant, qu’il n’hésite pas à se manifester dans les commentaires : « Privé de destin, le monde ne vaut pas mieux qu’une algue ou un tesson. C’est pourquoi la moindre occasion de déranger son ordre est si bouleversante: ceux qui se faufilent entre la fuite et le refuge ont deviné que la présence n’est qu’un exil, que rien d’autre n’existe que cet exil où les animaux, en effet, nous précèdent.«