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Archives Mensuelles: septembre 2017

Salut.

Je suis triste car mon année de chômage touche à sa fin (en effet, à partir du 1er octobre, je vais officiellement être obligé de rechercher à nouveau du travail). Et qui dit retour au salariat dit retour de l’ennui abyssal en open space et donc RETOUR DU BLOG. Afin d’anticiper ce retour, donc, j’ai décidé de vous faire un article avec tous les trucs trop bien que j’ai découverts ces derniers temps et dont je vous ai encore jamais parlé:

1.LES MUTINS DE PANGÉE

Je ne sais pas si vous vous souvenez de Noël Godin alias l’entartreur? (perso c’était le héros de mon enfance). Hé bah entre deux attentats pâtissiers contre BHL il a créé les mutins de pangée, qui est une « coopérative audiovisuelle » qui diffuse tout un tas de cools documentaires à bas prix. Vous y trouvez notamment en VOD:

  • la sociale de gilles perret (sur l’histoire de la sécurité sociale en france. ou comment fermer le bec une bonne fois pour toutes à tous ceux qui assimilent le communisme au nazisme et soutiennent que le programme du CNR était le fruit d’un « consensus » entre gauche et droite au sortir de la seconde guerre mondiale. il y a eu consensus mes couilles ouais. la vérité, c’est que ça a été à peu près la seule fois dans l’histoire de france où on a pu mettre en œuvre un programme un minimum révolutionnaire dans ce pays)
  • iranien de mehran tamadon (vous découvrirez peut-être alors, comme moi, que vous vous sentez intellectuellement proches des ayatollahs)
  • la cigale, le corbeau et les poulets de olivier azam (pour choper des idées de communisme rural efficace)
  • ni dieu ni maître: une histoire de l’anarchisme de tancrède ramonet

Et encore plein d’autres trucs.

2.LES COUILLES LUMINEUSES POUR VÉLO

(ne me remerciez pas)

3.JEAN-CLAUDE MICHÉA

Je ne sais pas comment j’ai pu vivre si longtemps sans connaître Jean-Claude Michéa. C’est vraiment incompréhensible, car Jean-Claude et moi sommes en osmose sur ABSOLUMENT TOUT. Bon alors en gros pour vous résumer les thèses de Jean-Claude:

  • il n’y a pas d’un côté un « bon » libéralisme et de l’autre un néo-libéralisme horrible. Il n’y a qu’un seul libéralisme, qui produit partout les mêmes effets.
  • par conséquent, si on se dit anti-libéral, il faut être cohérent avec soi-même et être à la fois anti-libéral en économie ET sur les sujets de société. or ce principe est trop souvent oublié à gauche (coucou les groupes facebook « insoumis libertins »)
  • le libéralisme est en train de gagner et risque de détruire l’humanité (humanité au sens littéral, c’est à dire « ce qui fait de nous des humains »). le seul moyen de s’y opposer, c’est de calquer nos actions sur le « common sense » que décrit si bien orwell. common sense qu’on trouve encore dans les milieux populaires (moralité: rentrez-vous bien dans le crâne que si vous n’aimez ni le foot ni l’ambiance PMU vous n’arriverez jamais à faire la révolution)

Plus sérieusement, je bois ce qu’écris Jean-Claude comme du petit lait. Récemment par exemple j’ai terminé « l’empire du moindre mal » et j’ai surligné toutes les pages tellement c’était trop bien. Un exemple parmi tant d’autres, sur l’éducation:

« Si l’éducation a un sens, c’est précisément d’offrir à l’enfant les moyens de dépasser cet égocentrisme initial et d’acquérir progressivement ce sens des autres qui représente, à la fois, le signe et la condition de toute autonomie véritable (ou, ce qui revient au même, de toute maturité psychologique). C’est alors seulement qu’un être humain devient capable de tenir sa place dans l’ordre humain, autrement dit d’entrer à son tour dans les chaînes socialisantes du don et de la réciprocité. Si donc, pour une raison ou une autre, la défaillance des fonctions « paternelles » ou « maternelles » n’a pas permis à ce travail d’autonomisation de s’accomplir efficacement (avec tous les renoncements nécessaires qu’il implique par définition), le sujet se retrouvera inexorablement rivé, sous réserve de rencontres émancipatrices ultérieures, à son désir initial de toute-puissance et, par conséquent, privé de son pouvoir de « grandir ». Il demeurera ainsi une monade égoïste, incapable de donner, de recevoir et de rendre, autrement que de façon purement formelle (c’est-à-dire sur le mode des simples « convenances » indispensables à toute comédie sociale, et dont l’acquisition ne requiert qu’un dressage, non une éducation au sens strict). Sous ce rapport, les différentes pathologies de l’ego – qu’il s’agisse de la volonté de pouvoir manifestée en tant que telle, ou ses multiples formes dérivées, comme, par exemple, le besoin pathétique de devenir « riche » ou « célèbre » – doivent apparaître pour ce qu’elles sont: l’effet d’une dépendance non résolue à des histoires d’enfance, dépendance qui conduit invariablement un sujet à envisager sa propre vie comme l’occasion d’une revanche personnelle à prendre (manière de voir mutilante, puisqu’elle transforme automatiquement cette vie en « carrière », pathologiquement structurée par le désir de parvenir, ou tout simplement par la nécessité de vivre perpétuellement en représentation). L’expérience confirme toujours, en effet, que ceux qui ont consacré leur « vie » à grimper les différents échelons d’une hiérarchie (quelle qu’elle soit) n’ont jamais, selon la belle formule de Georges Elgoay, que « ramper verticalement ». D’un point de vue anarchiste, les classes dominantes sont d’abord à plaindre ».

 

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