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Archives Mensuelles: février 2017

Salut les gourdins,

La présidentielle approche et comme il faut vivre avec son temps, j’ai décidé de lancer une nouvelle rubrique sur ce blog. La rubrique « présidentielle 2017 – les candidats sont tous des cacas« .

Le concept est simple: chaque semaine on prend un candidat à la présidentielle et on trouve 5 raisons qui montrent que cette personne est un petit caca séché. (le but ultime étant bien sûr de vous convaincre, si ce n’est pas déjà fait, que voter Philippe Poutou est le choix le plus raisonnable en 2017)

Aujourd’hui donc, Benoit Hamon, candidat du PS.

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Benoit Hamon, de base, j’avais rien contre lui. Je le trouvais vaguement sympa à cause de son air « petit animal fragile » et je me disais que c’était agréable d’avoir de temps en temps un homme politique qui ne HURLE pas quand il parle. Et puis je me suis penché un peu plus en détail sur son cas (je suis un citoyen qui essaye de bien faire son boulot de fact-checking des candidats avant d’aller voter) et je vous le dis tout net: il m’énerve grave. 50% à cause de son programme et 50% à cause de sa personnalité.

Top 5 des raisons, donc, pour lesquelles Benoit est un petit caca séché:

  1. Benoit a complètement dénaturé le concept du revenu universel. Je renvoie les incultes à la théorie de Bernard Friot, mais en gros pour que le revenu universel ait une quelconque chance d’améliorer les conditions de vie de tout le monde (et de ne pas se transformer en piège pour pauvres), il faut a) que le salaire de base soit assez élevé (700 euros par mois, c’est ridiculement trop bas) b) que sa mise en place s’accompagne d’une réforme fiscale ambitieuse et d’une remise en question du lien entre travail et argent (avec la surtaxation, voire l’interdiction, des métiers nuisibles à la société). Que des trucs dont Benoit ne parle pas. Il veut juste s’attirer les votes des étudiants en mettant en place un système identique à celui du Danemark (le SU = allocation universelle que tous les jeunes reçoivent pour faire leurs études). Moralité: pour le changement radical de société, on repassera.
  2. Benoit veut financer la protection sociale par une « taxe sur les robots ». Or c’est débile et ça ne veut rien dire. (Alter éco à fait deux supers articles qui expliquent pourquoi)
  3. Benoit n’a jamais travaillé, il a toujours été en politique. Donc au niveau « renouvellement des élus », 0/10.
  4. Benoit prétend représenter le PS (parti socialiste = historiquement le peuple, les pauvres) mais fait partie de l’élite (au sens sociologique, économique du terme). Et il nous emboucane grave à ce sujet. Deux exemples. a) son père était ingénieur civil dans la marine nationale et il a passé son enfance au Sénégal (fils d’expat, quoi). Il trouve le moyen de se vanter de cette expérience de néo-colon en racontant (un peu en mode Léa Seydoux et son « je n’ai pas eu une enfance bourgeoise ») que le fait d’être allé dans une école multiconfessionnelle pour riches lui a permis d’apprendre « la mixité et la tolérance religieuse ». Plus tard, il s’est logiquement engagé dans « touche pas à mon pote ». Ou le parcours classique du mec qui se croit de gauche parce qu’il est sympa avec sa femme de ménage (tout fier de balancer un petit choukrane quand elle a fini de lui repasser ses slips) mais qui ne se rend jamais compte qu’il vit dans sa bulle (la bulle des riches). b) autre exemple, les féministes sortez votre batte de baseball je m’en fous, la meuf de Benoit Hamon est responsable des affaires publiques de LVMH. Bon alors moi je veux bien être ouvert, genre ne confondons pas une personne avec son conjoint, mais LVMH quoi. Merde… La pire entreprise de luxe française! Je vous copie-colle un extrait d’une chronique de Danychou à ce sujet, qui explique bien tous les soupçons que l’on peut avoir au sujet de cette personne:

Prenons tout de même un exemple troublant : l’incuriosité générale de la presse envers les missions précises de la compagne de Benoit Hamon chez LVMH. C’est à la suite du refus de Hamon de participer à l’émission de Karine Le Marchand, que l’on a appris que sa compagne, Gabrielle Guallar, était salariée de haut niveau chez LVMH depuis 2014. Ah tiens. Intéressant, non ? Et qu’y fait-elle exactement ? Mystère. On pouvait penser que la question titillerait quelques curieux. Raté. Seul un court article de l’ultra-macronien Challenges (2) (donc feu orange à mon Décodex personnel), article repris nulle part, nous en a appris un peu plus ces dernières semaines. Le 15 mars 2015, Guallar a été repérée devant une commission spéciale du Sénat, défendant la loi Macron, et plus précisément le principe de l’ouverture des magasins le dimanche (notamment en faveur de Sephora, filiale LVMH).  Elle est chargée aujourd’hui du dossier du futur Palais LVMH de la Samaritaine, dossier épineux s’il en est (3), qui pourrait l’amener à s’opposer à la Mairie de Paris à propos de l’accès automobile au bâtiment, situé sur les quais. Peut-être plusieurs confrères ont-ils enquêté, et jugé le résultat de leurs enquêtes inintéressant. Cela peut se défendre. Sur la loi Macron, Hamon a parfaitement le droit de défendre des positions différentes de celles de sa compagne, et vice-versa. Mais je ne pouvais m’empêcher d’y penser ce matin en entendant Hamon, sur France Inter, patauger légèrement sur les délocalisations (toile de fond, comme on le sait, du récemment césarisé « Merci patron » (4) anti-LV MH de Ruffin).

Pourquoi est-ce un problème de faire partie des élites quand on prétend représenter les pauvres? Parce qu’on a pas les mêmes intérêts. Parce qu’on aura pas la même colère (liée aux conditions de vie) qui permet de changer les choses. En fait Benoit Hamon, il me fait penser à Hugo, le personnage principal des mains sales, la pièce de théâtre de Sartre. Pour ceux qui ne connaissent pas le pitch: Hugo, jeune intellectuel bourgeois, intègre un parti révolutionnaire. Hugo a les dents longues et nous fait chier souhaite prendre de l’importance dans la structure du parti. Pour ça, il faut qu’il assassine l’un des chefs du parti prolétarien communiste, Hoederer. Du coup il passe du temps avec Hoederer (il devient son secrétaire particulier). Or Hoederer le trolle au sujet de ses origines bourgeoises. Avec en filigrane, la question: faut-il forcément être pauvre pour être communiste? Hoederer pense que oui.

« ça ne doit pas être drôle tous les jours d’être un gosse de riches. C’est un mauvais début dans la vie » […] Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Et bien, reste pur ! A quoi cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c’est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j’ai les mains sales. Jusqu’aux coudes. Je les ai plongés dans la merde et dans le sang »

5. Last but not least: Benoit refuse d’enterrer le PS et de se désister pour laisser la place à gauche à Mélenchon. Et ça les amis, je crois que c’est mon grief de base. (même si Mélenchon a tous les défauts du monde (on en reparlera dans un prochain article))

Salut les moches,

Je me pose tout le temps plein de questions sur les riches: qui sont-ils? quels sont leurs réseaux? pourquoi n’en ont-il pas marre de vivre de manière aussi grotesque? et pourquoi ont ils la sensation d’être de grosses victimes de la vie ? (spéciale dédicace aux gens qui trouvent qu’il y a trop de haine anti-riches en France). Alors que, comme le dit bien Warren Buffet:

« Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner »

En fait je pensais à tout ça aujourd’hui, car je réfléchissais au concept d’admiration. C’est assez courant, quand on est ado, de se choisir des modèles – des personnes que l’on admire, auxquelles on voudrait ressembler, et dont les actions nous guident dans nos propres choix de vie. Je comprends le concept du role model donc, mais ce que j’ai jamais compris, c’est pourquoi ce role model était, chez 99% des gens, quelqu’un de riche ou puissant (oui toi qui collais des posters de stars sur les murs de ta chambre quand tu étais ado, c’est de toi dont je parle).

Pourquoi y a il des gens, par exemple, qui admirent Kim Kardashian? (« nan mais tu vois avec ses grosses fesses elle révolutionne vraiment l’image de la femme »)? Ou Lily-Rose Depp? (« tu te rends pas compte, elle a vraiment eu une enfance terrible, elle a beaucoup souffert du divorce de ses parents et a dû se battre contre l’anorexie… »). Petit rappel des chiffres. Kim Kardashian: au moment de son agression, la meuf se baladait avec 9 millions d’euros de bijoux sur elle (soit 7800 smics). Lily-Rose Depp: la fortune de ses parents s’élève à 300 millions d’euros. A un moment, quand on est face à un tel niveau de richesse, on s’en fout que un tel ou un tel soit sympa ou ait souffert ou se tartine je ne sais quelle crème sur la face le soir avant d’aller se coucher: la seule chose qui compte, et la seule chose qu’on devrait remarquer, c’est qu’une telle richesse est anormale.

Alors il y en a toujours dans la salle pour balancer l’argument top bambou de « leur fortune, ils l’ont méritée », valeur travail etc. Bon alors déjà dans la majeure partie des cas les mecs ont hérité de leur fortune, alors pour le mérite on repassera. Et puis même s’ils ont travaillé d’arrache-pied pour arriver là, ça ne prouve qu’une chose: s’ils ont accumulé autant de fric, c’est qu’il y a un paquet de gens à l’autre bout de la chaîne qui se sont serrés la ceinture. A un moment c’est mathématique: la richesse sur terre n’est pas infinie hein; si une petite minorité se gave, la grande majorité crèvera de faim (et ne venez pas faire vos économistes de bac à sable en mode « mais c’est très bien, qu’il y ait des riches! les riches créent de la richesse pour tout le monde, et c’est grâce à eux que les pauvres peuvent élever leur niveau de vie! ». vous avez déjà vu un riche partager sa fortune, vous? pas moi)

Bref; donc face au problème des riches (qui nous pètent les couilles, il faut bien le dire), je ne vois que deux solutions.

1) voter Philippe Poutou:

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2) arrêter de vouer une admiration débile aux riches et puissants. Choisissez-vous des modèles de vie un peu plus cool, merde!

Sur ce je vous propose de terminer avec une citation de l’abbé pierre:

« Le contraire de la misère ce n’est pas la richesse. Le contraire de la misère, c’est le partage »

sur ces belles paroles, bye

Salut les fillonistes,

Aujourd’hui, je propose de sabrer le champagne: ça fait 3 mois que je suis au chômage et pour l’instant personne ne m’a attrapé par la peau du cou pour me forcer à me remettre au travail! whoop whoop

Gros succès sur le front de la glandouille active, donc.

Par contre là où je suis moins content, c’est par rapport à mon terrier. Car figurez-vous (attention sortez mouchoirs et clarinettes): on va se faire expulser de l’appart. Rien de bien grave vous me direz, des locataires qui se font tèj parce que le proprio veut vendre, ça arrive tous les jours. Ouai. Sauf que d’ici la fin de notre bail, le proprio a décidé de construire devinez quoi? Un balcon.

Avant j’aimais bien les balcons, je trouvais que c’était sympa comme concept, ambiance « je fais pousser des tomates cerise en pot comme un gros bobio ». Maintenant, je les hais. Déjà, qui a eu l’idée de construire un balcon au Danemark? Et qui plus est côté nord? Il fait jamais beau dans ce pays de toute façon: tout le monde sait que personne n’ira bronzer dessus, même en été (sauf les mouettes. j’espère qu’elles chieront dessus tiens). Et puis qui dit balcon dit « gros trou dans le mur »; or tout le monde conviendra qu’au mois de Février, c’est l’idée la plus con qui existe (amis du chauffage central, bonsoir).

Je crois que les ouvriers ont repéré qu’il y avait du renard agressif dans la place, parce qu’ils ont attaqué par étapes, suivant la technique bien connue du salami. Le principe de la technique du salami est simple, c’est pareil que le détricotage de l’état providence: on évite de supprimer trop d’acquis d’un coup. On rogne un peu par çi, un peu par là; c’est pas assez gros ou pénible pour susciter du brâme alors on attend un peu que l’animal concerné s’habitue; puis une fois que l’acclimatation à la nouvelle situation est faite, on enlève une autre tranche de salami, etc, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de salami.

Actuellement, au niveau du salami je dirais qu’il nous reste environ 2 tranches avant de nous retrouver SDF (ce qui est à la fois terrifiant est vaguement rigolo, ambiance survivalisme avant l’heure).

Au début ils se sont contentés de faire un trou dans le mur + de virer le plancher qui se trouvait juste à côté de la fenêtre. Pour compenser ils nous ont laissé un petit chauffage portatif du coup on s’est dit « trop sympa » et on a continué à vivre notre vie comme avant (en évitant de s’approcher de la fenêtre quand même pour pas risquer de tomber dans un trou). Comme on réagissait bien, ils ont décidé de nous mettre un peu plus de pression en commençant à travailler dès 7h30 le matin. Alors ouai j’avoue tout: moi à 7h30 du matin je n’ai rien de présentable: j’ai le poil débraillé, je suis grognon parce que j’ai mal dormi et SURTOUT, SURTOUT, j’ai besoin d’aller faire caca.

[avouez que ça vous a manqué les posts de blog où ça parle de caca?]

C’est comme ça qu’un matin, alors que j’étais assis sur le trône à moitié à poil, j’ai entendu quelqu’un (quelque chose?) gratter dans la cuisine. J’ai appelé mon mâle (car je suis trouillard) en disant « c’est quoi ce bruit? ». Pas de réponse. Tout de suite je me suis dit: ça y est, il y a un serpent à sonnettes dans l’appart, on va tous mourir. Je me précipite dehors à moitié cul-nul, prêt à en découdre (je suis trouillard mais brave) et là sur qui je tombe? Sur les ouvriers, tranquille pépouze, qui étaient en train de percer le mur de la cuisine. A 7h30 du matin les gars. Où est le respect?

Mais ça encore c’était petite bite comparé à ce qui a suivi. Parce que le matin suivant, alors qu’on s’était levés tôt exprès pour avoir le temps de manger (et de faire caca) avant l’arrivée des perceuses, le respo en chef du balcon s’est pointé  dans notre cuisine et nous a fait: « bah alors? qu’est-ce que vous foutez là? »? Je me suis drapé dans ma cape de ménagère italienne indignée et j’ai fait « mamma mia qu’est-ce que tou fous là toi? ». Et là cette personne nous a dit avec une grande tranquillité qu’il pensait qu’on était au courant, qu’apparemment non et que c’était bien dommage, mais que ça ne changeait rien: aujourd’hui, zou, ils enlevaient tout le plancher de la cuisine. Grand prince, il nous a donné une heure pour manger et virer tous les meubles de la pièce.

Ce que nous avons fait. J’avais l’impression de revenir cinq ans en arrière, quand avec le mâle on habitait dans un 14 m² à Paris, que les wc étaient sur le pallier, la douche collée aux plaques de cuisson de la « cuisine » et que pour dormir, il fallait déplier un canapé-lit qui occupait alors l’intégralité de la pièce (rendant toute sortie aux wc impossible). Puis le mâle est parti au travail et moi j’ai tenter de lire sereinement un bouquin sur la permaculture (c’est pas parce que je suis au chômage que je ne travaille pas secrètement à changer le monde, n’ayez crainte). Mais il y avait des bruits suspects dans la cuisine, donc je me suis senti inquiet. A midi, quand les ouvriers sont partis manger, j’ai risqué un œil dans la pièce et là, surprise: je me suis rendu compte qu’ils n’avaient pas fait que virer le plancher, mais toute la cuisine avec. Plus moyen de cuisiner quoi que ce soit donc, et plus de lavabo non plus (mais qui a besoin d’un lavabo en 2017?)

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R.I.P la cuisinière

En gros la pièce ressemblait à un appartement syrien post bombardement (sens de la mesure, etc.), et pour aller aux wc il fallait se frayer un passage parmi un amas indéterminé de gravats et de CLOUS:

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touch my tetanos

Je n’étais pas content, donc. Comme j’étais pas content, j’ai collé un poster de Philippe sur le frigo histoire de dévoiler le fond de ma pensée au proprio si jamais l’envie lui prenait de venir faire un tour dans notre grotte:

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Mais ça n’a servi à rien: pas plus tard que le lendemain, et alors que je me morfondais sur ma couverture chauffante (oui j’ai enfin accepté de me servir de la couverture chauffante que le mâle a acheté au magasin d’occasion même si c’est pas écolo. car j’ai des ENGELURES aux orteils ok), j’ai entendu une clef tourner dans la porte d’entrée. Et là bim: je me suis retrouvé face à un mec et sa fille, qui me regardaient avec un air de merlan frit. Je sais pas sur quoi ils s’attendaient à tomber? (certainement pas sur moi et mes culottes en train de sécher). J’ai vite pigé que ces personnes étaient les futurs proprios de l’appart, et qu’ils venaient en visite préliminaire afin de superviser l’avancée des travaux. J’ai eu envie de leur faire caca dessus mais je me suis abstenu.

La suite au prochain épisode, donc. En attendant, n’oubliez pas d’œuvrer à la destruction du capitalisme!

Allez bye