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Archives Mensuelles: décembre 2016

« Pour tous ceux d’entre nous qui fréquentent les réseaux assidûment, reconnaissons que nous avons tous déjà trollé. Nous avons répondu par la vindicte à des discours pourtant modérés, nous avons appelé à l’insurrection sur des sujets nécessitant surtout de la mesure et de la diplomatie, nous avons usé de mauvaise foi manifeste, nous avons exprimé des opinions partisanes dans des espaces où nous savions qu’elles ne seraient pas les bienvenues, qu’elles provoqueraient gêne ou embarras, nous avons moqué, raillé. Et nous y avons pris du plaisir. Celui d’un soulagement parfaitement inessentiel mais libérateur et le plus souvent jubilatoire »

-Veni Vidi Trolli: en défense du trolling, rue89

2016 touche bientôt à sa fin. Le monde est toujours aussi pourri et les gens sont toujours aussi cons. L’existence vous déprime et vous ne savez pas quelles résolutions prendre pour 2017 ? J’ai la solution : pourquoi ne pas adhérer à l’association nationale des trolls velus ?

En tant que troll en formation (ce blog existe deux ans et demi, champagne !) j’ai réuni pour vous une série de tips qui vous aideront je l’espère à faire chier le monde efficacement – et qui sait, peut-être qu’un jour les trolls seront au pouvoir (on a hâte).

1.MENTIR SUR SON CV

Faites pas genre « oulala non le mensonge c’est mal très peu pour moi ». Tout le monde ment sur son CV. Par ailleurs, je sais pas si vous avez fait une recherche d’emploi lors de ces derniers mois, mais c’est quand même du gros foutage de gueule. Genre pour le moindre boulot à la con les mecs te demandent un master + au moins trois ans d’expérience + un QI de génie des mathématiques (alors qu’en vrai, tout le monde sait qu’un enfant de CM2 serait capable d’accomplir les taches intellectuellement peu stimulantes qui s’offriront à vous si par hasard vous décrochez le gros lot à l’entretien).

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Mon conseil : faites comme Trump. Mentez éhontément. Inventez-vous des expériences à l’étranger ou dans des start-ups dynamiques (si le mec des ressources humaines se montre soupçonneux et vous demande de fournir un numéro de téléphone pour contacter votre ancien patron, donnez celui de votre mère ! Qui serait mieux placé que votre génitrice pour faire l’inventaire de vos talents ?).

Après, si la recherche d’emploi, c’est pas votre truc (car vous êtes riche et oisif), mais que vous voulez quand même faire chier le monde, vous pouvez toujours vous créer un faux profil linkedin. Ça sert à rien (à part à emmerder les community managers) mais c’est rigolo. Dans la case « compétences clés » vous pourrez ainsi mettre : fruit picking, amazing cocktail engineering, depressing alone at home, secretaring, fishing on earthworm (et attendre de voir si quelqu’un finit par se montrer intéressé par vos talents) (parole de renard, catégorie « expérience vécue dans la vraie vie » : sur un malentendu ça peut marcher).

2.TROLLER LES SONDAGES DU FIGARO AU PETIT-DÉJEUNER

Acte de rébellion facile, pouvant s’effectuer en pyjama, qui consiste à voter à l’inverse de la masse des lecteurs du Figaro lors du sondage du jour. Fonctionne également avec la page sondages du site internet de Valeurs Actuelles.

3.ADHÉRER A LA BRIGADE ANTI-PUB

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4.PASSER SOUS LINUX

On nous ment : NON, utiliser Linux n’est pas compliqué !!!! (la preuve, c’est que même moi, le renard aux talents informatiques les plus faibles de la planète, je m’en sors très bien). La plupart des gens ne se servent de leur ordinateur que pour envoyer des mails, regarder des séries en streaming, zoner sur les réseaux sociaux et éventuellement utiliser le traitement de texte. D’où vous avez besoin d’un ordinateur microsoft ultra performant ? Il existe tout en tas de revendeurs, partout en France, qui offrent du matériel informatique d’occasion en très bon état de marche avec Linux installé dessus. Vous pouvez pas voter front de gauche et continuer à engraisser Bill Gates. Un peu de cohérence, merde.

5.S’ADONNER A LA FATALE FLATTERIE SUR LES BLOGS DE MODE

Vous en avez pas marre parfois de lire des conneries sur les blogs de mode ET dans les commentaires ? J’ai la solution : devenir un fatal flatteur. Historiquement le mouvement des fatals flatteurs est né en 2008 (un groupe de trolls s’était mis en tête de laisser des commentaires excessivement laudatifs sous les articles de gros melons médiatiques tels que BHL ou Alain Minc. Les cibles, persuadées de la profondeur de leurs analyses, ne s’étaient pas rendues compte tout de suite qu’on leur brossait le poil avec une pommade un peu trop visqueuse). Plus d’infos ici.

Après 2008, plus rien. Le mouvement des fatals flatteurs est retombé dans l’anonymat et je trouve ça bien dommage, parce que c’est super efficace. Pour avoir testé le truc sur les blogs de mode, un commentaire volontairement agressif et rentre-dedans a environ 99 % de chances de se faire censurer. Un commentaire bête et mielleux a environ 60 % de chances de passer. Comme on le voit, le jeu en vaut donc la chandelle (je vous conseille d’aller vous faire les dents ici, ici et ici. Cibles 100 % narcissiques et faciles).

6.CRÉER UNE ICE (INITIATIVE CITOYENNE EUROPÉENNE)

Ça c’est pour les révoltés du slip qui trouvent que l’union européenne nous emboucane et ne vote jamais sur les sujets qui nous, nous intéressent (et quand elle le fait, c’est pour légaliser les pesticides. Merci bien). Donc bon, vous pouvez voter pour les verts aux élections européennes. Ou alors vous pouvez participer à une ICE. Une ICE c’est quoi ? C’est un dispositif qui permet aux citoyens européens, pour peu qu’ils réunissent en un an 1 million de signatures dans au moins sept pays de l’union, de forcer la Commission à débattre et prendre des mesures en faveur d’un sujet donné. Par exemple il y a de ça quelques années on a un peu parlé le l’ICE pour le revenu de base inconditionnel (indice : ça a pas marché, ça a seulement récolté 300 000 signatures. Car les gens comme VOUS ne se sont pas bougés les fesses).

7.VOTER POUR PHILIPPE POUTOU AUX PROCHAINES ÉLECTIONS

Car Philippe est doux, Philippe est frais, Philippe est top chouchou.

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Salut les croustillants,

Je sais pas vous mais chez moi & comme tous les ans, le mois de décembre est placé sous le signe du drama des cadeaux de noël.

13-compress« Mais j’aime pas Noël !! ça me gonfle ! groaaaarrr »

Et j’avoue que cette année je suis particulièrement excité du bulbe parce que je trouve le principe du cadal de noël encore plus absurde et grotesque que d’habitude. Je vais pas vous faire le laïus écolo, tout le monde le connaît (si, avec le degré d’information auquel vous avez accès, vous préférez continuer à surconsommer, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Faudra pas venir pleurer le jour où l’espèce humaine s’éteindra par votre FAUTE). Il y a le coup de la Syrie aussi. Alors je veux pas me faire accuser d’être un sale bobo gauchiste bien-pensant hein : je sais que des drames affreux, il y en a tous les jours dans le monde, mais sérieusement, ce qui se passe à Alep en ce moment ne vous empêche pas de dormir ? Vous allez sérieusement ouvrir vos cadeaux de merde avec joie en oubliant ce que notre pays a contribué à faire là-bas ? C’est un putain de scandale, qui va nous revenir à la figure un de ces quatres vous verrez, et faudra pas venir se plaindre que « oh bah qu’est-ce qui se passe que de violence gratuite je comprends pas, vraiment ».

BREF, si comme moi Noël vous donne des crises de sébum pires que celles de Manuel Valls, j’ai trouvé la solution pour vous : le trolling littéraire. Alors ok, un livre c’est fait avec du papier et quelque part c’est mal (rapport à la déforestation etc). Mais l’avantage d’un bouquin, c’est qu’il peut radicaliser votre entourage pour pas cher et pratiquement sans danger (la NSA ne viendra pas vous espionner pendant que vous tournerez les pages) (bonus : vous pourrez même inciter l’heureux destinataire à offrir le livre à quelqu’un d’autre après lecture afin de poursuivre la radicalisation à L’INFINI).

Du coup je vous ai préparé une petite liste de bouquins dont on a jamais parlé ici mais qui peut-être feront chier votre entourage (et tout le monde sait que l’exaspération est le début du changement).

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« Après avoir survécu aux secousses de l’enfance, après avoir acquis l’habitude de la réflexion, il m’arrivait de méditer sur l’étrange absence de bonté véritable chez les Nègres, de réaliser combien notre tendresse était inconstante, combien nous manquions de passion vraie, combien nous étions vides d’espoirs exaltants, combien notre joie était timide, nos traditions pauvres, notre mémoire creuse, combien nous manquions de ces sentiments intangibles qui lient l’homme à l’homme et combien notre désespoir même était superficiel. Après avoir connu d’autres modes d’existence, je réfléchissais à l’ironie inconsciente de ceux qui trouvaient que les Nègres avaient une vie si passionnelle ! Je découvrais que ce qu’on avait pris pour notre force émotive était fait de notre désarroi négatif, de nos dérobades, de nos angoisses, de notre colère refoulée. Chaque fois que je pensais à l’aspect essentiellement morne de la vie noire en Amérique, je me rendais compte qu’il n’avait jamais été donné aux Nègres de saisir pleinement l’esprit de la civilisation occidentale ; ils y vivaient tant bien que mal, mais n’en vivaient pas. Et quand je songeais à la stérilité culturelle de la vie noire, je me demandais si la tendresse pure, réelle, si l’amour, l’honneur, la loyauté et l’aptitude à se souvenir étaient innés chez l’homme. Je me demandais s’il ne fallait pas nourrir ces qualités humaines, les gagner, lutter et souffrir pour elles, les conserver grâce à un rituel qui se transmettait de génération en génération ».

Le livre idéal à offrir à son petit cousin à la place du traditionnel Tom Sawyer. Pas de panique : on reste dans le même genre de littérature jeunesse car Richard Wright y raconte son enfance dans le Sud des Etats-Unis au siècle dernier – on y parle donc des eaux jaunes et endormies du Mississipi, de l’odeur de la poussière d’argile battue par la pluie fraîche, des jeux auxquels il s’adonnait avec les autres enfants, de la vie du quartier, de ses bêtises sévèrement punies par sa mère, sa tante et sa grand-mère… Sauf que ça ne se passe pas chez les Blancs mais chez les Noirs. Du coup l’impression qu’on tire du bouquin est très différente de la lecture des aventures d’Huckleberry Finn. Ici, les conséquences de la ségrégation ont un impact direct sur le développement de Richard : pauvreté, faim, absence d’affection, manque d’éducation, la violence. Bref j’en dis pas plus mais lisez et faites lire ce livre et ensuite vous y repenserez à deux fois quand vous nous sortirez le laïus du mérite et de la valeur travail.

Ce qui me fait penser que si vous n’êtes pas branché « achat de livres » (mais qui ne l’est pas?), offrir un abonnement à hors-série c’est cool aussi. Pour 30 euros par an vous avez accès à tout un tas d’émissions trop bien. Par exemple « l’Amérique blanche » avec Sylvie Laurent, enregistrée après l’élection de Trump et qui fait un bel écho aux thèmes abordés dans « black boy ».

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« Ses vues se limitaient à l’horizon qu’elle connaissait – et les esprits limités n’aperçoivent que les limites des autres. Elle confondait les bornes de son propre champ de vision, qu’elle croyait très vaste, avec les frontières de l’esprit de Martin et elle rêvait de les aplanir pour l’amener à voir comme elle, s’imaginant élargir son horizon en l’identifiant au sien ».

Jack London, c’est vraiment facile de le glisser parmi les cadeaux de Noël parce que plus personne ne se méfie de lui depuis que Croc-Blanc est devenu le livre de chevet de toute une génération de jeunes mâles attirés par la nature virile et l’aventure (n’hésitez pas à vous manifester dans les commentaires si vous vous sentez visé).

De quoi parle Martin Eden ? De classes sociales. Ou plutôt du syndrome du transclasse : Martin, ancien marin fauché, tombe amoureux d’une jeune bourgeoise et, pour gagner son affection, s’emploie à devenir écrivain. Or c’est seulement une fois arrivé au terme de son élévation sociale qu’il se rend compte que la belle, et toute sa famille, sont décevants et médiocres… Il constate alors avec effarement qu’il n’est plus chez lui nulle part : il ne sera jamais un riche car il est né pauvre, et le chemin intellectuel qu’il a dû accomplir pour s’extraire de son ancien milieu social l’empêche de faire tout retour en arrière. Ça c’est pour le pitch, somme toute assez classique mais diablement efficace. A coté de ça le livre est truffé de tout un tas de phrases méchantes que vous pourrez balancer avec décontraction aux gens qui vous énervent entre le foie gras et la dinde. Comme : « la vulgarité – une vulgarité chic, je l’admets – est le fondement du raffinement et de la culture bourgeoise ». Ou : « les chiens de garde du succès littéraire sont les ratés de la littérature : ce ne sont que des tubes digestifs, qui n’ont pas plus de sens artistique que des mollusques ».

Mais moi ce qui m’a le plus plu, c’est la critique du travail que fait le livre en sourdine. Le travail au sens travail laborieux, travail de pauvre, qui te prend tout ton temps et te laisse les membres et la tête tellement épuisés que la seule issue possible est d’aller au bar le soir et de se torcher la gueule. Il y a un passage très fort, vers le milieu du livre, dans lequel Martin choisit de démissionner de son emploi dans une blanchisserie car il réalise qu’il est abruti, empêché de penser, de vivre, d’être un être humain à part entière. Le livre montre aussi que le socialisme et la solidarité de classe (entre pauvres) est une des seules manières de mener correctement son existence (avis aux amateurs).

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Apprentis écrivains, LoveStar est un miracle : c’est la preuve qu’on peut réussir à se faire publier sans avoir pondu aucune intrigue sérieuse. Parce que je vais pas vous mentir : Andri Snaer Magnason, l’auteur, a l’air d’être un gros zinzin. On a l’impression que l’histoire qu’il a écrite est juste un machin accessoire, un truc décousu dont il essaye de ramener les coutures ensemble pour les faire tenir avec du gros scotch, mais qui lui sert surtout de prétexte pour délirer sur tout un tas de sujets accessoires. Donc si vous êtes anal de l’humour absurde, il est possible que ce livre vous énerve. Moi en tout cas, il m’a énervé.

MAIS malgré ce défaut de taille (qui n’en sera pas un pour tout le monde), ce livre a le mérite de vous faire sentir à quoi pourrait ressembler le quotidien si personne ne mettait de frein au développement d’internet, des réseaux sociaux et des objets technologiques en général. Et je dois avouer que malgré le caractère totalement futuriste de l’univers dans lequel évoluent les personnages, on se dit souvent que ça ne serait pas étonnant si on finissait par en arriver là :

« Indridi Haraldsson appartenait à cette catégorie des hommes modernes et sans fil. Rien d’anormal donc, à ce qu’il éructe subitement aux oreilles de quelqu’un « BOISSON AU MALT BIEN FRAPPÉE ! BOISSON AU MALT BIEN FRAPPÉE ! » pendant dix longues secondes sans que ses yeux ou son corps en semblent affectés. La raison de son comportement était toute simple : les annonces publicitaires qu’on lui envoyait arrivaient directement dans les aires langagières de son cerveau. Cela impliquait qu’il était aboyeur de publicités ou tout simplement aboyeur, comme on les appelait le plus souvent. Dans ce cas, sans doute était-il assez fauché pour se trouvé exclu de la plupart des groupes cibles, il était alors vain de lui envoyer des publicités. En revanche, on pouvait se servir de lui pour les transmettre à d’autres personnes : il suffisait de connecter directement les aires langagières de son cerveau aux annonces en utilisant sa bouche comme mégaphone. C’était là une méthode plus percutante que les traditionnelles exhortations diffusées à la radio ou par le biais de panneaux publicitaires. Voilà pourquoi, en croisant un homme qui sortait d’un parking, Indridi s’était écrié : « ATTACHEZ VOTRE CEINTURE ET NE ROULEZ PAS TROP VITE! ». Récemment arrêté pour excès de vitesse et défaut du port de ceinture, l’homme avait été condamné à écouter, par aboyeurs interposés, deux mille annonces de rééducation dont il payait les frais. Là résidait peut-être l’avantage majeur des technologies nouvelles : elles amélioraient la société ».

Le livre idéal pour se décider enfin à se désinscrire de Facebook et Twitter donc, remplacer son smartphone par un bon vieux téléphone fixe des familles et GROGNER contre le marketing web.

Bon allez sur ce il est l’heure pour moi de me rendre à la poissonnerie car en tant que femme au foyer les menus de la semaine indiquent mercredi = maquereau (bisou les végétariens).

1. »KARIM BENZEMA, PATRIOTE FISCAL« 

Spéciale dédicace à tous ceux qui ont pourri Karim-chou au fil des ans (oui j’apprécie Karim Benzema okay? que JUSTICE soit enfin faite)

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Puisqu’on parle de foot, l’autre jour dans so foot il y avait un article sur les gardiens de but chinois qui m’a beaucoup fait ricaner donc je me permets de vous en recopier un passage (en espérant que ça vous donne envie de vous abonner à ce génial magazine). Pour resituer le contexte: en 2000, la Fédération de Chine de football a interdit aux clubs professionnels de faire jouer des gardiens étrangers. L’idée sous-jacente étant que si le niveau des gardiens locaux s’améliorait, mécaniquement celui des défenseurs et des attaquants suivrait et la Chine pourrait se constituer une vraie belle équipe de foot nationale comme le Japon. Sauf que:

« Si la mesure a bien bouté hors de Chine ces étrangers qui faisaient de l’ombre aux Chinois, quinze ans après son adoption, qu’en est-il? Le niveau de jeu des portiers locaux s’est-il amélioré? « ils sont toujours assez mauvais. Dans l’ensemble, ils ont de grosses lacunes », démolit Benjamin Gavanon, ancien jour du Shenzhen Ruby. « J’ai vu des goals de 1,90 m se faire lober sur des corners rentrants… Quand je voyais les bourdes que pouvait faire notre gardien, je n’étais jamais serein. J’ai vu des buts casquette comme jamais je n’ai vu ailleurs ». Preuves comiques de la médiocrité ambiante, les bourdes des portiers chinois, au premier rangs desquelles figure l’œuvre de Sui Weije. La saison dernière, le portier du Chongqing Lifan s’est pris un but alors qu’il buvait tranquillement à sa gourde, dos au terrain, sans se soucier de l’action en cours. Pourquoi les gardiens chinois sont-ils aussi mauvais? Pour Benjamin Gavanon, il y a une part de mystère: « Ils ne font pas les bons choix, je sais pas pourquoi. Je ne pourrais pas l’expliquer, selon moi, ils ont un problème d’espace-temps. Ils sentent pas les trajectoires ». Philippe Troussier, de son côté, préfère mettre en avant les caractéristiques de l’homme asiatique. « Quand on est gardien, il faut gueuler, se mettre en avant. Ce n’est pas le point fort des chinois », professe ce technicien, aujourd’hui sans club. « Dans la culture asiatique, il y a une retenue sociale, chacun doit rester à sa place ». Le manque de professionnalisme et le laisser-aller des portiers chinois seraient une troisième explication. « Ils sont feignants. Ils refusent de s’entraîner le matin parce qu’ils ont la flemme de se lever, et dès qu’il pleut, ils veulent que l’entraînement se fasse en salle. De vraies chochottes! » sulfate l’entraîneur adjoint d’un grand club, qui préfère rester anonyme de peur de perdre son poste ».

2. »CES BOULOTS QUI NE NOUS RENDENT PAS TOUJOURS HEUREUX« 

Bon alors ce podcast de « grand bien vous fasse » sonnera peut-être peu téméraire aux oreilles des plus radicaux d’entre nous. Mais il a le mérite de rétablir certaines vérités constamment malmenées à notre curieuse époque au sujet du travail. L’émission s’appuie sur une étude de la NEF qui analyse le « coût social réel » de différents métiers (étude que je vous invite à aller lire dans le texte, vous verrez c’est über cool pour pouvoir couper le caquet à votre oncle de droite tendance Fillon au prochain dîner dominical). Exemple: les banquiers de la city touchent des salaires faramineux car soit-disant ils « créent de la richesse ». Mais en vrai, pour chaque euro que leur boulot de merde finit par produire, ils en détruisent mécaniquement 7 pour le reste de la société. Plus rigolo encore, spécial dédicace à tous ceux qui travaillent dans le marketing: eux, pour chaque euro créé, ils en détruisent 11 (quand je vous disais que les blogs de mode, c’est le mal). Le pire du top boulot nuisible étant atteint par le conseil fiscal, qui lui, champagne, détruit 47 fois plus que ce qu’il crée.

A l’inverse. Le mec qui fait le ménage à l’hôpital (qui lui, rappelons-le, est payé une misère): pour chaque euro qu’il reçoit en salaire, il en crée 10 de plus en « valeur sociale ». Les éboueurs, eux, produisent 12 euros de valeur sociale pour chaque euros gagné.

On voit donc que les banquiers devraient devenir éboueurs plus vite que ça le salaire n’a aucune rapport avec le mérite, ou avec la richesse effectivement créée. Ce qui nous amène à la conclusion logique, qui implique qu’il faut dissocier le lien entre travail et salaire, et militer pour le salaire à vie (je vous renvoie à l’excellente émission de hors-série pour ceux qui ne voient pas de quoi je parle).

3.LA PAGE FACEBOOK « COMPLOTS FACILES POUR BRILLER EN SOCIÉTÉ« 

C’est souvent con, mais parfois drôle:

 screenshot-from-2016-12-07-15-26-23Coïncidence???

4.AMIS YOGIS, PRUDENCE

Je me suis fait une tendinite au poignet en faisant du yoga (ne me jugez pas). D’abord je me suis senti con de m’être blessé d’une manière aussi grotesque, ensuite je me suis senti reconnaissant de ce petit avertissement que la vie m’envoyait – car le yoga, ça peut être dangereux, okay? Et pas seulement pour les poignets, aussi pour le cou (amis hypocondriaques, cette lecture vous plongera certainement dans des abîmes d’angoisse. mais si ça peut vous faire réfléchir deux minutes avant de vous lancer tête baissée dans diverses postures hardcores telles que le poirier sans les mains, mon objectif aura été atteint).

Plus généralement, je voulais un peu grogner contre la vague de yoga qui envahit internet ces derniers temps (et à laquelle, à mon corps défendant, j’ai parfois un peu participé). Sans vouloir faire mon vieux réac (oui bon ok j’avoue. je suis un vieux réac), je trouve qu’il y a une contradiction totale entre la philosophie du yoga et les photos instagram par exemple. Chacun doit avancer à son rythme, en écoutant son propre corps, le but étant non pas l’objectif à atteindre – pouvoir effectuer telle ou telle posture acrobatique et impressionner tout le monde en se mettant les orteils dans le nez – mais le cheminement qui y mène, avec, un ligne de mire, la volonté de parvenir à un état d’esprit méditatif. Le yoga est avant tout une philosophie de vie (je dirais bien « une religion » mais j’ai peur de passer pour un mystique), pas un sport destiné à avoir le plus beau cul du quartier. Et aussi, à force de voir des gens très souples se tortiller dans des postures improbables, on finit par croire que c’est normal. Ce qui fait que a) les gens qui auraient le plus besoin de faire du yoga (les non souples / non sportifs) se disent d’avance que tout ça n’est pas fait pour eux b) ça devient la course à l’échalote, que ça soit dans les cours collectifs ou sur internet, à celle qui sera la plus grande master yogi – avec risque de blessure à la clef.

Donc, je peux pas trop faire de doigt d’honneur car remember, j’ai une tendinite, mais fuck la société quoi.

allez bye

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« Il n’y a pas de punition plus terrible que le travail inutile et sans espoir »

– Albert Camus

Salut les exploités,

Ça fait un mois que je suis au chômage ! Et qui dit date anniversaire dit bilan. Voici donc les premières observations que je peux vous ramener du Front de Libération du Travail Salarié.

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Déjà je voulais vous dire : être une blogueuse mode au chômage, c’est pas si facile. Depuis que je suis au chômage, je pense que j’ai perdu environ 100 points de sexy. Bon de base, je partais déjà pas d’un top niveau donc l’adaptation à ma nouvelle vie (la vie de moche) n’a pas été trop difficile. Mais quand même, certains jours je me dis qu’on a atteint un nouveau pallier. Déjà à cause de la coiffure. Alors je sais que c’est à la mode en ce moment de se faire un chignon dégueu quand on a le poil gras et qu’on sait pas comment se coiffer le matin. Mais arrêtons de nous mentir : le bun décoiffé ou la chignasse, ça ne ressemble jamais à ça ou à ça, mais à ça :

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Après au niveau de ma garde-robe, j’ai adopté de manière instinctive pour un uniforme minimaliste de chômeur. Call me the new garance doré. Limite on devrait me payer pour écrire un bouquin là-dessus, je l’intitulerais « chômage et décroissance, conseils pour retourner ses slips quand ils sont sales ». En bref, ma technique c’est de m’habiller tous les jours pareil. Avant, quand je travaillais, je faisais un petit effort parce que j’avais peur que les gens me considèrent comme un gros cracra si je me ramenais tous les jours avec les mêmes vêtements. Maintenant, je n’ai plus de scrupules. En plus il fait hyper froid. Du coup tous les matins je fais le même choix vestimentaire : un collant troué, des chaussettes par dessus les collants et un gros pull en laine. ATTENTION tout de même à ne pas sortir dans la rue en collant pour aller faire les courses. Être au chômage oui, retourner au look « maternelle 1996 » non.

Au niveau de mon stage de remise à niveau « femme au foyer 2016 », ça se passe moyen. Je pensais que le temps libre qui s’offrait à moi me permettrait enfin d’apprendre à nettoyer les toilettes correctement. Je suis au regret de vous annoncer que c’est un échec (mon foyer est toujours aussi crado qu’avant et renard-mère a hurlé en voyant l’état du frigo, nous menaçant de mourir de botulisme dans les mois qui viennent).

Bon allez j’y retourne, le chômage n’attend pas

xoxo