Salut les poux,

Je sais que vous en avez tous marre de la vie politique française donc exceptionnellement cette semaine, pas de lobbying pour Philippe Poutou mais une liste de livres à la place. Ces derniers temps, j’ai lu 4 bouquins plutôt coolos (avec des réserves pour les deux derniers de la liste – je suis une blogueuse mode intègre et j’essaye de ne pas tout trouver fantastique):

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« J’ai seulement compris alors pourquoi il était toujours tellement facile de frapper autrui. C’était parce que je n’avais aucune imagination. Le chemin qui mène à la sympathie ou à l’empathie n’est pas de tout repos, mais c’est le seul que nous ayons. Pour comprendre les conséquences de nos actes, nous devons faire appel à notre imagination. Nous décidons qu’assommer quelqu’un avec une bouteille est une mauvaise idée, parce que nous nous mettons à la place de ce type et comprenons que, si on devait nous assommer avec une bouteille, bon dieu, ça ferait un mal de chien! On échange les rôles. Si vous faites ça – si vous pouvez faire ça – alors la violence devient pour vous une hypothèse de moins en moins probable. Vous collez le canon de votre arme contre le crâne d’un type. Si vous pouvez vous représenter ce que votre balle fera à ce crâne, alors il vous est littéralement impossible d’appuyer sur la détente. J’avais joyeusement tabassé des gens parce que je n’avais pas d’imagination ».

Je vous l’annonce tout net: ce livre m’a prouvé une fois de plus que j’étais un être insupportable et que malgré mes efforts pour lutter contre mes biais cognitifs, j’avais encore tout un tas d’idées reçues sur des sujets que je ne connaissais pas bien. Que je vous explique: de base, j’avais acheté ce bouquin parce que je savais que l’action se déroulait à Belfast, pendant les dernières années de la guerre civile. Pour moi, l’affaire était pliée: les anglais (et par extension: tous les protestants) étaient des colons et étaient donc forcément dans leur tord; les catholiques subissaient tout un tas d’injustices et c’était donc pas étonnant que l’IRA mène des actions terroristes en leur nom (hashtag « le vent se lève » de Ken Loach).

Sauf que dès les premières pages du livre, je me suis rendu compte que l’auteur ne partageait pas du tout ce point de vue. Il avait l’air de trouver tout le monde pénible (autant les républicains, les nationalistes, les loyalistes que les unionistes). Ça m’a étonné. Au début je l’ai soupçonné de d’être qu’un vil mou du genou apolitique (sens de la mesure, toujours). Et puis, à travers le personnage de Jack (celui qui parle dans la citation que je vous ai recopiée un peu plus haut), j’ai compris ce qu’il voulait dire. Et je me suis sentie honteux d’avoir eu une opinion aussi tranchée sur ce qui s’était passé en Irlande du Nord alors que je n’ai jamais mis un coussinet là-bas au moment des Troubles.

Bon sinon. Dans ce livre, vous trouverez: un chat obèse qui fait genre « je suis si mal nourri » pour apitoyer les passants, un Gavroche irlandais (le personnage de Roche, un gamin de 12 ans qui passe son temps à insulter tout le monde, ce qui donne lieu à des dialogues vraiment jouissifs), des tags mystérieux sur les murs, une chouette histoire d’amour et également une méthode radicale pour vous enrichir rapidement (indice: cela nécessite l’achat d’un godemichet géant). Il y a aussi de très belles pages sur Belfast, et sur l’attachement qu’on peut avoir pour l’endroit dans lequel on vit.

Seul bémol dans ce livre qui était quand même super chouette: la dernière partie (et globalement toute l’histoire centrée sur Chuckie, le gros protestant capitaliste) part un peu trop en quéquette à mon goût. J’ai eu l’impression que l’auteur s’est dit « mon livre est grave bien jusqu’ici, je vais lâcher les chevaux et raconter tout et n’importe quoi dans les dernières pages, mon éditeur n’y verra que du feu ».

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« Atticus avait raison. Il avait dit un jour qu’on ne connaissait vraiment un homme que lorsqu’on se mettait dans sa peau. Il m’avait suffi de me tenir sur la véranda des Radley. La bruine qui tombait rendait indistincte la lumière des réverbères. En rentrant à la maison, je me sentis très vieille mais, lorsque je regardai le bout de mon nez, je vis de fines perles de brume, malheureusement loucher ainsi me donna le vertige et j’arrêtai. En rentrant à la maison, je pensai à tout ce que j’aurais à raconter à Jem le lendemain. Il serait tellement furieux d’avoir raté tout ça qu’il ne m’adresserait pas la parole pendant plusieurs jours. En rentrant à la maison, je pensai que Jem et moi allions encore grandir, mais qu’il ne nous restait pas grand chose à apprendre, à part l’algèbre, peut-être ».

Grand classique (je suis sûr que la moitié d’entre vous ont déjà lu ce bouquin, j’arrive donc après la bataille). Ce livre, c’est un peu comme l’attrape-coeurs: je regrette de ne pas l’avoir lu avant. L’attrape-coeurs était le livre parfait pour adolescent grugru: j’aurais adoré lire, enfant, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur.

L’histoire est racontée à la première personne par Jean Louise (alias Scout). Scout a 6 ans et vit dans le Sud des Etats-Unis au moment de la Grande Dépression. Son père, Atticus, a été désigné avocat commis d’office pour défendre un homme noir soupçonné de viol. L’histoire s’étend sur 3 ans (des 6 aux 9 ans de Scout). Scout est vraiment une chouette gamine; j’avais l’impression d’être dans sa tête et de revivre, à travers elle, mon enfance (il y a une scène, assez drôle, où sa tante lui reproche de ne porter que des salopettes et pas de robes. Sa tante lui dit qu’elle doit devenir une « dame » pour être un « rayon de soleil » dans la vie de son vieux père fatigué. Scout répond qu’on peut être un rayon de soleil en salopette). Il y a de jolies pages sur la relation parent-enfant (Atticus répond toujours avec sérieux aux questions existentielles de Scout. Il m’a fait penser au père dans le film Captain Fantastic). Ou sur la relation frère-soeur (le frère de Scout, Jem, devient adolescent au moment où l’histoire de déroule). L’intrigue est sacrément bien tournée, à tel point qu’à la fin, je me sentais tout nostalgique et la larme à l’œil (les dernières pages sont quand mêmes sacrément cool).

C’est vraiment un sacré bon livre.

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« Nous discutâmes ainsi pendant au moins une heure. Étrangers au brouhaha de dialecte grossier autour de nous, nous nous sentions uniques, lui et moi, avec notre italien recherché et nos discours qui étaient importants pour nous et pour personne d’autre. Mais que faisions nous, en réalité? Était-ce vraiment une discussion? Un entraînement afin de pouvoir nous mesurer, dans l’avenir, à d’autres personnes ayant appris à manier le langage comme nous? Était-ce un échange de signaux destinés à nous prouver que les fondements d’une amitié longue et fructueuse existaient? Ou encore une manière cultivée de dissimuler nos désirs sexuels? Je ne sais pas. Ce qui est sûr, c’est que je n’avais aucun intérêt particulier pour ces questions ni pour les faits ou personnes auxquelles elles renvoyaient. Tout cela ne faisait partie ni de mon éducation ni de mes habitudes, mais comme toujours je m’efforçais de ne pas faire piètre figure. J’eus l’intuition que je devais être attentive à dire ce qu’il voulait que je dise, lui cachant à la fois mon ignorance et le peu de choses que je savais et pas lui ».

OUI: je me suis tapé le tome 1 et le tome 2 de la saga d’Elena Ferrante (car a) je suis une blogueuse mode qui se respecte et b) j’avais besoin d’un truc facile à lire pendant les vacances).

Je ne sais pas trop si je devrais vous conseiller cette série de bouquins car honnêtement pas mal de trucs m’ont gonflé. Déjà la liste de personnages à rallonge. Ça m’a rappelé l’Idiot de Dostoïevski, où tu es obligé de te faire une fiche de lecture avec le nom complet des personnages (surnom inclus), les liens de parenté et les métiers de tout le monde pour comprendre un minimum de quoi on cause. On veut des intrigues simples! Merde! (message sponsorisé par le lobby des renards lecteurs). Ensuite, il y a le problème du « page turner » (oui j’utilise des expressions anglaises pour me la péter). Le principe du page turner est simple: l’histoire t’énerve tellement que tu lis compulsivement jusqu’à 3h du matin pour connaître le dénouement, et à la fin tu es encore plus dégoutté car CLIFFHANGER: il faut acheter le bouquin suivant pour connaître la suite. Moi j’ai une règle dans la vie: je n’achète que des livres de poche (mon côté radin, doublé de mon coté « je fais du vélo & et ne veux pas me trimballer un sac de 110 kilos tous les jours merci »). Du coup quand j’ai fini le tome 2, j’ai évidemment pas pu lire le tome 3 (vu qu’il vient de sortir) et je me suis senti aigri.

Le pitch, vous connaissez certainement alors je vous la fais courte. En gros l’histoire est centrée autour de deux amies, Elena et Lila, qui habitent dans un quartier pauvre de Naples, dans les années 50. Le premier tome raconte leur enfance. Le second tome est centré sur leur adolescence. C’est un peu bizarre parce que je n’ai réussi à m’attacher à aucun des personnages. Lila est objectivement pète-couilles (c’est le genre de personne que, dans la vraie vie, je fuis comme la peste. Dans la catégorie « amie qui se définit comme hyper proche de toi mais qui passe son temps à te pourrir »). Et Elena est mou du genou. On a envie de la secouer et de lui dire d’arrêter de se poser 30 000 questions sur la vie (et de draguer des mâles qui sentent des pieds sous prétexte qu’ils se la jouent engagés en politique & poète incompris).

Moralité: ce livre m’a saoulé mais je lirai le tome 3 car je suis un renard curieux. Et aussi parce que trouve cool qu’Elena Ferrante veuille protéger son anonymat.

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Je voulais terminer cette liste de livres avec un peu de littérature de puriste (Kawabata a reçu le prix nobel de littérature en 1968). Ce bouquin (appartenant au mâle, qui est très japonisant), traînait dans la bibliothèque depuis un bon bout de temps. Je m’étais fait la promesse d’arrêter de lire des auteurs japonais car je trouve qu’ils ont un problème avec les femmes et que c’est énervant à la longue (prenez Murakami: ses héros sont systématiquement des mâles japonais mous du genou d’une trentaine d’années, vaguement dépressifs et indécis dans la vie qui, pour une raison incompréhensible, attirent dans leur lit tout un tas de femelles énamourées). Mais ce bouquin était court (à peine 200 pages) et parfois il faut se sortir de sa zone de confort donc je me suis dit: pourquoi pas.

J’ai râlé en continu tout au long des 200 pages.

(ce qui m’a valu un débat enragé avec le mâle, celui-ci soutenant qu’on ne pouvait pas adopter de position morale face aux œuvres d’art (je boycotte Polanski et Woody Allen depuis les histoires de pédophilie les concernant)).

Que je vous explique. L’histoire de Tristesse et beauté est la suivante: quand il avait 30 ans, Oki a eu une liaison extra-conjugale avec une jeune fille de 16 ans, Otoko. Otoko est tombée enceinte, mais a perdu l’enfant à la naissance. Elle a ensuite été internée en hôpital psychiatrique, et Oki l’a quittée. Par la suite, Oki a écrit un livre sur leur histoire d’amour, qui est devenu un best-steller. Il n’a jamais revu Otoko. Alors qu’il approche de la cinquantaine, il décide de la revoir (vous le sentez venir, le mec relou?). Otoko ne s’est jamais mariée. Elle est devenue peintre et vit en couple dans son atelier avec son apprentie (vous le sentez venir, le gros cliché de la lesbienne?).

Alors il y a pas à chier: ce bouquin est un petit chef d’œuvre de pureté stylistique (les descriptions de phénomènes naturels rendent jaloux devant tant de précision et de travail acharné pour trouver les mots exacts). Et le livre aborde la question de la vengeance, de la jalousie et de la possession, de manière intéressante. MAIS. Comme je m’en doutais, il y a un gros problème avec les femmes. Je pense que c’est vraiment lié à la culture japonaise, qui fait que la psyché féminine est complètement inaccessible aux mâles (à force d’être un pays complètement inégalitaire, on oublie vite à quoi ressemble la vie des dominés car comme dirait l’autre, l’histoire est écrite par les vainqueurs).

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Un passage en particulier m’a fait hurler plus fort que les autres:

« Il était encore tôt quand Oki ouvrit, vers quatre heures et demie, le paquet d’Otoko. Il contenait un assortiment de mets préparés à l’occasion du Nouvel An, ainsi que des boules de riz modelées avec soin, qui lui paraissaient traduire les sentiments d’une femme. Sans nul doute, Otoko les avait elle-même confectionnées à l’intention de celui qui avait, autrefois, détruit sa jeunesse. Tout en mâchant de petites bouchées de riz, Oki pouvait sentir sur sa langue et entre ses dents la saveur du pardon d’Otoko. Non, ce n’était pas son pardon, mais plutôt son amour, un amour encore bien vivant dans son cœur »

(elle ne t’a pas fait des boulettes de riz parce qu’elle t’aime en secret mec. C’est juste que c’est une femme japonaise disciplinée et qu’elle avait pas le choix que de te préparer ton putain de repas)

Salut les gourdins,

La présidentielle approche et comme il faut vivre avec son temps, j’ai décidé de lancer une nouvelle rubrique sur ce blog. La rubrique « présidentielle 2017 – les candidats sont tous des cacas« .

Le concept est simple: chaque semaine on prend un candidat à la présidentielle et on trouve 5 raisons qui montrent que cette personne est un petit caca séché. (le but ultime étant bien sûr de vous convaincre, si ce n’est pas déjà fait, que voter Philippe Poutou est le choix le plus raisonnable en 2017)

Aujourd’hui donc, Benoit Hamon, candidat du PS.

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Benoit Hamon, de base, j’avais rien contre lui. Je le trouvais vaguement sympa à cause de son air « petit animal fragile » et je me disais que c’était agréable d’avoir de temps en temps un homme politique qui ne HURLE pas quand il parle. Et puis je me suis penché un peu plus en détail sur son cas (je suis un citoyen qui essaye de bien faire son boulot de fact-checking des candidats avant d’aller voter) et je vous le dis tout net: il m’énerve grave. 50% à cause de son programme et 50% à cause de sa personnalité.

Top 5 des raisons, donc, pour lesquelles Benoit est un petit caca séché:

  1. Benoit a complètement dénaturé le concept du revenu universel. Je renvoie les incultes à la théorie de Bernard Friot, mais en gros pour que le revenu universel ait une quelconque chance d’améliorer les conditions de vie de tout le monde (et de ne pas se transformer en piège pour pauvres), il faut a) que le salaire de base soit assez élevé (700 euros par mois, c’est ridiculement trop bas) b) que sa mise en place s’accompagne d’une réforme fiscale ambitieuse et d’une remise en question du lien entre travail et argent (avec la surtaxation, voire l’interdiction, des métiers nuisibles à la société). Que des trucs dont Benoit ne parle pas. Il veut juste s’attirer les votes des étudiants en mettant en place un système identique à celui du Danemark (le SU = allocation universelle que tous les jeunes reçoivent pour faire leurs études). Moralité: pour le changement radical de société, on repassera.
  2. Benoit veut financer la protection sociale par une « taxe sur les robots ». Or c’est débile et ça ne veut rien dire. (Alter éco à fait deux supers articles qui expliquent pourquoi)
  3. Benoit n’a jamais travaillé, il a toujours été en politique. Donc au niveau « renouvellement des élus », 0/10.
  4. Benoit prétend représenter le PS (parti socialiste = historiquement le peuple, les pauvres) mais fait partie de l’élite (au sens sociologique, économique du terme). Et il nous emboucane grave à ce sujet. Deux exemples. a) son père était ingénieur civil dans la marine nationale et il a passé son enfance au Sénégal (fils d’expat, quoi). Il trouve le moyen de se vanter de cette expérience de néo-colon en racontant (un peu en mode Léa Seydoux et son « je n’ai pas eu une enfance bourgeoise ») que le fait d’être allé dans une école multiconfessionnelle pour riches lui a permis d’apprendre « la mixité et la tolérance religieuse ». Plus tard, il s’est logiquement engagé dans « touche pas à mon pote ». Ou le parcours classique du mec qui se croit de gauche parce qu’il est sympa avec sa femme de ménage (tout fier de balancer un petit choukrane quand elle a fini de lui repasser ses slips) mais qui ne se rend jamais compte qu’il vit dans sa bulle (la bulle des riches). b) autre exemple, les féministes sortez votre batte de baseball je m’en fous, la meuf de Benoit Hamon est responsable des affaires publiques de LVMH. Bon alors moi je veux bien être ouvert, genre ne confondons pas une personne avec son conjoint, mais LVMH quoi. Merde… La pire entreprise de luxe française! Je vous copie-colle un extrait d’une chronique de Danychou à ce sujet, qui explique bien tous les soupçons que l’on peut avoir au sujet de cette personne:

Prenons tout de même un exemple troublant : l’incuriosité générale de la presse envers les missions précises de la compagne de Benoit Hamon chez LVMH. C’est à la suite du refus de Hamon de participer à l’émission de Karine Le Marchand, que l’on a appris que sa compagne, Gabrielle Guallar, était salariée de haut niveau chez LVMH depuis 2014. Ah tiens. Intéressant, non ? Et qu’y fait-elle exactement ? Mystère. On pouvait penser que la question titillerait quelques curieux. Raté. Seul un court article de l’ultra-macronien Challenges (2) (donc feu orange à mon Décodex personnel), article repris nulle part, nous en a appris un peu plus ces dernières semaines. Le 15 mars 2015, Guallar a été repérée devant une commission spéciale du Sénat, défendant la loi Macron, et plus précisément le principe de l’ouverture des magasins le dimanche (notamment en faveur de Sephora, filiale LVMH).  Elle est chargée aujourd’hui du dossier du futur Palais LVMH de la Samaritaine, dossier épineux s’il en est (3), qui pourrait l’amener à s’opposer à la Mairie de Paris à propos de l’accès automobile au bâtiment, situé sur les quais. Peut-être plusieurs confrères ont-ils enquêté, et jugé le résultat de leurs enquêtes inintéressant. Cela peut se défendre. Sur la loi Macron, Hamon a parfaitement le droit de défendre des positions différentes de celles de sa compagne, et vice-versa. Mais je ne pouvais m’empêcher d’y penser ce matin en entendant Hamon, sur France Inter, patauger légèrement sur les délocalisations (toile de fond, comme on le sait, du récemment césarisé « Merci patron » (4) anti-LV MH de Ruffin).

Pourquoi est-ce un problème de faire partie des élites quand on prétend représenter les pauvres? Parce qu’on a pas les mêmes intérêts. Parce qu’on aura pas la même colère (liée aux conditions de vie) qui permet de changer les choses. En fait Benoit Hamon, il me fait penser à Hugo, le personnage principal des mains sales, la pièce de théâtre de Sartre. Pour ceux qui ne connaissent pas le pitch: Hugo, jeune intellectuel bourgeois, intègre un parti révolutionnaire. Hugo a les dents longues et nous fait chier souhaite prendre de l’importance dans la structure du parti. Pour ça, il faut qu’il assassine l’un des chefs du parti prolétarien communiste, Hoederer. Du coup il passe du temps avec Hoederer (il devient son secrétaire particulier). Or Hoederer le trolle au sujet de ses origines bourgeoises. Avec en filigrane, la question: faut-il forcément être pauvre pour être communiste? Hoederer pense que oui.

« ça ne doit pas être drôle tous les jours d’être un gosse de riches. C’est un mauvais début dans la vie » […] Comme tu tiens à ta pureté, mon petit gars ! Comme tu as peur de te salir les mains. Et bien, reste pur ! A quoi cela servira-t-il et pourquoi viens-tu parmi nous ? La pureté, c’est une idée de fakir et de moine. Vous autres, les intellectuels, les anarchistes bourgeois, vous en tirez prétexte pour ne rien faire. Ne rien faire, rester immobile, serrer les coudes contre le corps, porter des gants. Moi j’ai les mains sales. Jusqu’aux coudes. Je les ai plongés dans la merde et dans le sang »

5. Last but not least: Benoit refuse d’enterrer le PS et de se désister pour laisser la place à gauche à Mélenchon. Et ça les amis, je crois que c’est mon grief de base. (même si Mélenchon a tous les défauts du monde (on en reparlera dans un prochain article))

Salut les moches,

Je me pose tout le temps plein de questions sur les riches: qui sont-ils? quels sont leurs réseaux? pourquoi n’en ont-il pas marre de vivre de manière aussi grotesque? et pourquoi ont ils la sensation d’être de grosses victimes de la vie ? (spéciale dédicace aux gens qui trouvent qu’il y a trop de haine anti-riches en France). Alors que, comme le dit bien Warren Buffet:

« Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner »

En fait je pensais à tout ça aujourd’hui, car je réfléchissais au concept d’admiration. C’est assez courant, quand on est ado, de se choisir des modèles – des personnes que l’on admire, auxquelles on voudrait ressembler, et dont les actions nous guident dans nos propres choix de vie. Je comprends le concept du role model donc, mais ce que j’ai jamais compris, c’est pourquoi ce role model était, chez 99% des gens, quelqu’un de riche ou puissant (oui toi qui collais des posters de stars sur les murs de ta chambre quand tu étais ado, c’est de toi dont je parle).

Pourquoi y a il des gens, par exemple, qui admirent Kim Kardashian? (« nan mais tu vois avec ses grosses fesses elle révolutionne vraiment l’image de la femme »)? Ou Lily-Rose Depp? (« tu te rends pas compte, elle a vraiment eu une enfance terrible, elle a beaucoup souffert du divorce de ses parents et a dû se battre contre l’anorexie… »). Petit rappel des chiffres. Kim Kardashian: au moment de son agression, la meuf se baladait avec 9 millions d’euros de bijoux sur elle (soit 7800 smics). Lily-Rose Depp: la fortune de ses parents s’élève à 300 millions d’euros. A un moment, quand on est face à un tel niveau de richesse, on s’en fout que un tel ou un tel soit sympa ou ait souffert ou se tartine je ne sais quelle crème sur la face le soir avant d’aller se coucher: la seule chose qui compte, et la seule chose qu’on devrait remarquer, c’est qu’une telle richesse est anormale.

Alors il y en a toujours dans la salle pour balancer l’argument top bambou de « leur fortune, ils l’ont méritée », valeur travail etc. Bon alors déjà dans la majeure partie des cas les mecs ont hérité de leur fortune, alors pour le mérite on repassera. Et puis même s’ils ont travaillé d’arrache-pied pour arriver là, ça ne prouve qu’une chose: s’ils ont accumulé autant de fric, c’est qu’il y a un paquet de gens à l’autre bout de la chaîne qui se sont serrés la ceinture. A un moment c’est mathématique: la richesse sur terre n’est pas infinie hein; si une petite minorité se gave, la grande majorité crèvera de faim (et ne venez pas faire vos économistes de bac à sable en mode « mais c’est très bien, qu’il y ait des riches! les riches créent de la richesse pour tout le monde, et c’est grâce à eux que les pauvres peuvent élever leur niveau de vie! ». vous avez déjà vu un riche partager sa fortune, vous? pas moi)

Bref; donc face au problème des riches (qui nous pètent les couilles, il faut bien le dire), je ne vois que deux solutions.

1) voter Philippe Poutou:

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2) arrêter de vouer une admiration débile aux riches et puissants. Choisissez-vous des modèles de vie un peu plus cool, merde!

Sur ce je vous propose de terminer avec une citation de l’abbé pierre:

« Le contraire de la misère ce n’est pas la richesse. Le contraire de la misère, c’est le partage »

sur ces belles paroles, bye

Salut les fillonistes,

Aujourd’hui, je propose de sabrer le champagne: ça fait 3 mois que je suis au chômage et pour l’instant personne ne m’a attrapé par la peau du cou pour me forcer à me remettre au travail! whoop whoop

Gros succès sur le front de la glandouille active, donc.

Par contre là où je suis moins content, c’est par rapport à mon terrier. Car figurez-vous (attention sortez mouchoirs et clarinettes): on va se faire expulser de l’appart. Rien de bien grave vous me direz, des locataires qui se font tèj parce que le proprio veut vendre, ça arrive tous les jours. Ouai. Sauf que d’ici la fin de notre bail, le proprio a décidé de construire devinez quoi? Un balcon.

Avant j’aimais bien les balcons, je trouvais que c’était sympa comme concept, ambiance « je fais pousser des tomates cerise en pot comme un gros bobio ». Maintenant, je les hais. Déjà, qui a eu l’idée de construire un balcon au Danemark? Et qui plus est côté nord? Il fait jamais beau dans ce pays de toute façon: tout le monde sait que personne n’ira bronzer dessus, même en été (sauf les mouettes. j’espère qu’elles chieront dessus tiens). Et puis qui dit balcon dit « gros trou dans le mur »; or tout le monde conviendra qu’au mois de Février, c’est l’idée la plus con qui existe (amis du chauffage central, bonsoir).

Je crois que les ouvriers ont repéré qu’il y avait du renard agressif dans la place, parce qu’ils ont attaqué par étapes, suivant la technique bien connue du salami. Le principe de la technique du salami est simple, c’est pareil que le détricotage de l’état providence: on évite de supprimer trop d’acquis d’un coup. On rogne un peu par çi, un peu par là; c’est pas assez gros ou pénible pour susciter du brâme alors on attend un peu que l’animal concerné s’habitue; puis une fois que l’acclimatation à la nouvelle situation est faite, on enlève une autre tranche de salami, etc, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de salami.

Actuellement, au niveau du salami je dirais qu’il nous reste environ 2 tranches avant de nous retrouver SDF (ce qui est à la fois terrifiant est vaguement rigolo, ambiance survivalisme avant l’heure).

Au début ils se sont contentés de faire un trou dans le mur + de virer le plancher qui se trouvait juste à côté de la fenêtre. Pour compenser ils nous ont laissé un petit chauffage portatif du coup on s’est dit « trop sympa » et on a continué à vivre notre vie comme avant (en évitant de s’approcher de la fenêtre quand même pour pas risquer de tomber dans un trou). Comme on réagissait bien, ils ont décidé de nous mettre un peu plus de pression en commençant à travailler dès 7h30 le matin. Alors ouai j’avoue tout: moi à 7h30 du matin je n’ai rien de présentable: j’ai le poil débraillé, je suis grognon parce que j’ai mal dormi et SURTOUT, SURTOUT, j’ai besoin d’aller faire caca.

[avouez que ça vous a manqué les posts de blog où ça parle de caca?]

C’est comme ça qu’un matin, alors que j’étais assis sur le trône à moitié à poil, j’ai entendu quelqu’un (quelque chose?) gratter dans la cuisine. J’ai appelé mon mâle (car je suis trouillard) en disant « c’est quoi ce bruit? ». Pas de réponse. Tout de suite je me suis dit: ça y est, il y a un serpent à sonnettes dans l’appart, on va tous mourir. Je me précipite dehors à moitié cul-nul, prêt à en découdre (je suis trouillard mais brave) et là sur qui je tombe? Sur les ouvriers, tranquille pépouze, qui étaient en train de percer le mur de la cuisine. A 7h30 du matin les gars. Où est le respect?

Mais ça encore c’était petite bite comparé à ce qui a suivi. Parce que le matin suivant, alors qu’on s’était levés tôt exprès pour avoir le temps de manger (et de faire caca) avant l’arrivée des perceuses, le respo en chef du balcon s’est pointé  dans notre cuisine et nous a fait: « bah alors? qu’est-ce que vous foutez là? »? Je me suis drapé dans ma cape de ménagère italienne indignée et j’ai fait « mamma mia qu’est-ce que tou fous là toi? ». Et là cette personne nous a dit avec une grande tranquillité qu’il pensait qu’on était au courant, qu’apparemment non et que c’était bien dommage, mais que ça ne changeait rien: aujourd’hui, zou, ils enlevaient tout le plancher de la cuisine. Grand prince, il nous a donné une heure pour manger et virer tous les meubles de la pièce.

Ce que nous avons fait. J’avais l’impression de revenir cinq ans en arrière, quand avec le mâle on habitait dans un 14 m² à Paris, que les wc étaient sur le pallier, la douche collée aux plaques de cuisson de la « cuisine » et que pour dormir, il fallait déplier un canapé-lit qui occupait alors l’intégralité de la pièce (rendant toute sortie aux wc impossible). Puis le mâle est parti au travail et moi j’ai tenter de lire sereinement un bouquin sur la permaculture (c’est pas parce que je suis au chômage que je ne travaille pas secrètement à changer le monde, n’ayez crainte). Mais il y avait des bruits suspects dans la cuisine, donc je me suis senti inquiet. A midi, quand les ouvriers sont partis manger, j’ai risqué un œil dans la pièce et là, surprise: je me suis rendu compte qu’ils n’avaient pas fait que virer le plancher, mais toute la cuisine avec. Plus moyen de cuisiner quoi que ce soit donc, et plus de lavabo non plus (mais qui a besoin d’un lavabo en 2017?)

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R.I.P la cuisinière

En gros la pièce ressemblait à un appartement syrien post bombardement (sens de la mesure, etc.), et pour aller aux wc il fallait se frayer un passage parmi un amas indéterminé de gravats et de CLOUS:

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touch my tetanos

Je n’étais pas content, donc. Comme j’étais pas content, j’ai collé un poster de Philippe sur le frigo histoire de dévoiler le fond de ma pensée au proprio si jamais l’envie lui prenait de venir faire un tour dans notre grotte:

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Mais ça n’a servi à rien: pas plus tard que le lendemain, et alors que je me morfondais sur ma couverture chauffante (oui j’ai enfin accepté de me servir de la couverture chauffante que le mâle a acheté au magasin d’occasion même si c’est pas écolo. car j’ai des ENGELURES aux orteils ok), j’ai entendu une clef tourner dans la porte d’entrée. Et là bim: je me suis retrouvé face à un mec et sa fille, qui me regardaient avec un air de merlan frit. Je sais pas sur quoi ils s’attendaient à tomber? (certainement pas sur moi et mes culottes en train de sécher). J’ai vite pigé que ces personnes étaient les futurs proprios de l’appart, et qu’ils venaient en visite préliminaire afin de superviser l’avancée des travaux. J’ai eu envie de leur faire caca dessus mais je me suis abstenu.

La suite au prochain épisode, donc. En attendant, n’oubliez pas d’œuvrer à la destruction du capitalisme!

Allez bye

 

Ce week-end, j’étais top grugru.

Déjà, je suis allé voir au cinéma « moi, daniel blake », le dernier film de ken loach. Alors ok, on peut dire que j’étais conquis d’avance car dans le genre « cinéaste top chouchou », ken loach trône très haut dans mon panthéon personnel. Et puis le sujet me concernait directement parce que, rappelons le pitch, il s’agit de l’histoire d’un mec qui se retrouve au chômage. Donc, je me doutais que j’allais aimer ce film mais ce dont je me doutais moins, c’est que j’allais pleurer comme une madeleine pendant les 3/4 de la projection (oui le renardeau a une âme sensible). Tout le long du film, je n’arrêtais pas de me demander : pourquoi les gens n’aident pas daniel blake ? Pourquoi, quand il tague le mur du pôle emploi, les gens se contentent de rigoler, de le prendre en photo et d’applaudir, mais personne ne s’oppose à son arrestation quand la police arrive ? Pourquoi, à chaque échelon de la société (vigile du supermarché, conseillère du pôle emploi), chacun joue le rôle qui est attendu de lui, exerçant la domination à son échelle, terrorisé à l’idée de perdre sa place ? Alors qu’il suffirait de créer des alliances pour que le monde change ?

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Sinon dans la catégorie « mais que font les gens alors que tout va mal ? », j’ai aussi écouté une émission d’hors-série avec Pablo Servigne. Oui l’accès est payant (comme d’hab) mais vous pouvez trouver tout un tas d’autre émissions feat. Pablo Servigne un peu partout sur internet alors faites pas genre cela est hors de votre portée. Pablo Servigne c’est qui ? C’est un mec qui a écrit un bouquin intitulé « comment tout peut s’effondrer ». Donc ça parle de l’effondrement de notre civilisation (au sens civilisation industrielle dépendante des énergies fossiles). C’est un peu angoissant mais aussi terriblement nécessaire. De toute manière que vous le vouliez ou non, il y a de grandes chances qu’au cours de votre vie vous viviez ce fameux effondrement, donc autant commencer tout de suite à vous y préparer au lieu de vivre avec des œillères et de vous persuader que l’innovation technologique nous sauvera de la catastrophe.

Et donc, tout ceci nous amène à une question que je me pose tout le temps : comment les gens peuvent-ils continuer à vivre comme si de rien n’était alors que nous vivons à une époque où une crise majeure (économique, sociale, environnementale) se prépare ?

Deux solutions.

  1. les gens savent mais s’en foutent (c’est l’attitude « boire du champagne sur le titanic qui coule »)
  2. les gens ne savent pas.

Je vous propose de laisser un instant de côté la catégorie des « gens qui savent mais s’en foutent » (si vous voulez mon avis, l’histoire leur réglera leur compte tôt ou tard – remember marie-antoinette et son « s’ils ont faim, qu’ils mangent de la brioche ») et de réfléchir aujourd’hui tous ensemble à la question suivante : comment sensibiliser les « gens qui ne savent pas » aux enjeux cruciaux pour la survie de notre société, sans leur faire peur et les faire basculer dans la catégorie des « gens qui savent mais s’en foutent » ?

Il est évident que 99 % du temps, je suis la mauvaise personne pour m’attaquer à ce combat crucial (en effet, tel le militant de la manif pour tous ou l’écolo décroissant qui vit tout nu dans sa yourte, je cède souvent à la tentation d’asséner mes arguments à coup de gourdin quand quelqu’un n’est pas d’accord avec mon point de vue).

Or, tout le monde le sait, les gens sont susceptibles (et surtout les blogueuses mode). Face à la critique, ils vont bouder dans leur coin et après c’est un casse-tête sans fin pour les faire sortir de leur grotte et pouvoir à nouveau discuter avec eux.

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souvent une boite de thon dissipe tous les malentendus

Alors, comment convaincre sans crisper ? Pour vous, lecteurs fidèles, j’ai élaboré trois stratégies :

a) la technique « Guillaume Meurice », plus connue sous le nom « d’argumentation par l’absurde ». En gros ça consiste à ne pas dire « non » à l’autre quand il sort un argument débile mais au contraire de dire « ah oui ! » et dérouler la suite logique de l’argument, à savoir les implications sur le monde réel (indice : ça marche hyper bien avec les mecs de droite qui pensent que le patronat c’est hyper cool). Après, le risque avec cette technique, c’est évidemment la condescendance, d’où le choix crucial des cibles. Attaquer les pauvres en se foutant de leur gueule parce qu’ils votent FN, c’est plus de l’humour, c’est du mépris de classe. Ne vous trompez pas de cible : l’humour oui, mais d’abord contre les puissants !

b) deuxième technique : le débat argumenté. Le problème, c’est que beaucoup de gens se lancent dans des débats sans s’y être assez préparés. Combien de fois vous êtes vous retrouvés dans cette impasse qui consiste à demander à votre interlocuteur de vous croire sur parole ? (et quand il vous demande des chiffres, des preuves réelles de ce que vous avancez quoi, vous bafouillez un ridicule « je l’ai lu sur internet »). On veut des SOURCES, des faits en béton, merde. Si une cause est importante pour vous, travaillez votre argumentaire. Soyez préparés à toutes les questions possibles et essayez de vous en tenir à la rationalité scientifique sans partir dans les aigus (combien de débats se sont terminés par le fameux « au temps de la préhistoire les humains vivaient comme ça DONC il me paraît logique que ce mode de vie est plus naturel que les autres ». stop à la théorie de l’évolution pour tout et n’importe quoi, ne tendez pas les bâtons pour vous faire battre, merde). Et de grâce, restez calme. Utilisez les principes de la communication non violente. Comme dirait renard-mère, un animal énervé, qui montre les dents, est un animal en situation de détresse. Plus tu montres de l’agressivité, plus ça veut dire que tu perds du terrain et donc c’est désastreux pour ton image : c’est toi qui passes pour l’excité du bulbe extrémiste, aux idées irréalistes.

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moi quand je rentre à la maison et que je me mets à table

c) troisième technique : la théorie de l’exemplarité. Pourquoi vous croyez que le mot « décroissance », en France, suscite systématiquement des sourires condescendants ? Parce que pas mal de gens qui défendent cette cause sentent des pieds. Imposez-vous une hygiène de vie et une morale irréprochable. Si les autres considèrent que vous avez une vie cool, que vous êtes quelqu’un de fiable, de confiance, qui prend de bonnes décisions, ils auront tendance à écouter ce que vous avez à dire. Si au contraire vous dégagez une haleine fétide et que vous vous effondrez, essoufflé, à chaque fois que vous montez 4 étages, personne n’aura envie de mener la même existence que vous et d’écouter votre philosophie de vie. Le changement c’est maintenant comme dirait l’autre, mais c’est d’abord sur soi qu’il faut l’accomplir avant de pouvoir prétendre toucher les autres (ce qui nous amène au point tant controversé de l’engagement humanitaire : selon moi, il est ridicule de prétendre sauver la planète et les petits enfants en afrique quand soi-même on nage dans des tonnes de problèmes psychologiques & relationnels)

d) quatrième technique : la propagande. Vous êtes nul en débat ? Votre humour est à chier ? Vous êtes incapable de rester calme quand vous parlez d’un sujet qui vous passionne? Une seule solution s’offre à vous : faire découvrir aux autres les sources de votre pensée… directement à la source. Vu que vous, de toute évidence, n’arrivez jamais à retranscrire correctement ce que vous avez lu ou vu. Donc : forcez votre entourage à lire les livres qui vous ont marqué, abonnez votre famille de force aux journaux qui vous passionnent, offrez des dvd militants, et surtout, crevez la bulle de confort de tout le monde en introduisant du réel dedans, et des expériences.

Alors après je sais que vous allez me dire : « t’es bien gentil avec ton militantisme, mais même si les gens finissent par t’écouter poliment ça va changer quoi ? l’instant d’après ils seront repartis dans leur petit train-train quotidien et ça aura servi à rien au final ». Hé bien détrompez-vous. On ne peut JAMAIS savoir l’impact qu’on peut avoir sur la vie des gens. Parfois, vous dites un truc à quelqu’un, il s’énerve ou alors il ne réagit pas, vous vous dites « cette personne est hermétique à mes arguments » alors qu’en fait l’idée fait son chemin, souterrainement, à la manière d’une graine. Ne sous-estimez jamais votre capacité à influencer les autres. Si des blogueuses mode parviennent à vous faire acheter des vêtements moches fabriqués en Chine sous prétexte que « ce top est magnifique », alors tout est possible. Plantez des graines dans les esprits des gens !

Allez bye

Salut les poux lumineux,

Les vacances de Noël sont finies et nous rentrons dans le mois le plus déprimant de l’année, à savoir le mois de Janvier. Pour vous remonter le moral, je vous ai concocté une liste de livres à lire de derrière les fagots (je sais que c’est vos articles pref sur ce blog). Garanti 100 % top chouchou (sauf le dernier pour lequel j’ai de petites réticences mais je vous expliquerai pourquoi).

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« Je déambulais dans les rues désertes, je montais puis descendais des escaliers. J’ai alors croisé une vieille qui promenait un chien minuscule. Ce petit chien portait un manteau molletonné, mais il tremblait de froid. Il tremblait encore plus fort quand il s’est accroupi pour faire ses besoins. Je me suis arrêté pour l’observer. Pendant que la petite merde sortait, tout le petit corps frémissait, comme parcouru par un courant électrique. Quand la petite merde est finalement sortie, le tremblement s’est apaisé et le chien s’est mis à gratter le sol avec ses petites pattes. Je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Cette petite merde, me suis-je dit, a suffi à faire trembler ce chien. La vieille m’a lancé un regard sévère, probablement parce qu’elle m’avait entendu rire. Je me suis senti mal à l’aise, mais c’était vraiment comique. J’ai pensé alors à ce qui arriverait au chien le jour où la petite merde ne sortirait plus. Je l’ai imaginé dans une petite chaise roulante. Puis je me suis dit que je devrais quand même contrôler ma consommation d’alcool et laisser les bourbons tranquilles pour quelque temps. »

J’avais acheté ce bouquin sur un coup de tête car je partais en vacances au bord du lac de Côme (comme George Clooney) et que j’aime bien faire mon touriste bobo, à savoir, lire des bouquins en rapport avec l’endroit où je voyage.

Et alors, je vous le dis tout net, ce livre est fantastique. Je pense qu’il se classe sans problème dans le top 10 de l’année (merci de ne pas faire remarquer que l’année vient de commencer). Le narrateur, c’est l’auteur lui-même, Srdjan Valjarević. Alors que son pays natal (la Serbie) est enlisé en pleine guerre des Balkans, il obtient plus ou moins sur un malentendu une bourse de la part de la fondation Rockefeller pour résider pendant un mois dans une villa d’intellectuels au bord du lac de Côme et y écrire un bouquin. A l’intérieur de la villa, l’ambiance est exactement comme on pourrait se l’imaginer : il y a de bons vins, de la nourriture délicieuse, les draps sont moelleux ET les autres résidents sont insupportables (dans le genre « nous sommes l’élite de l’élite de l’élite, prout et clarinette »). Srdjan Valjarević décide alors de faire ce que nous aurions tous fait à sa place, à savoir, ne rien glander et profiter de la vie. Bon alors il a pas non plus rien glandé parce qu’au final il a écrit ce bouquin. Mais ça sonne plus comme une provocation qu’autre chose (et c’est ça qui est rigolo). Le livre est divisé en 30 chapitres : à chaque fois Srdjan y décrit sa journée, et à chaque fois il se passe à peu près la même chose :

  • il fait des grasses mat
  • il s’habille de manière moche, avec un pull en laine vert troué par les mites
  • il va marcher dans les collines qui surplombent le lac et observe les oiseaux, les couleurs, la lumière
  • il grogne contre les autres pensionnaires, qui sont vieux, riches et pénibles et tente par tous les moyens de fuir les obligations sociales
  • il se bourre la gueule
  • il essaye de pincer les fesses d’Alda, la serveuse du bar local

(toute ressemblance avec un certain renard au chômage est bien sûr totalement fortuite)

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« Je proposai d’acheter cent places pour un des concerts symphoniques de Rochester. Nous choisirions un concert de musique particulièrement douce. Trois heures avant le concert, aux cent Noirs qui auraient les tickets pour s’y rendre, on servirait un dîner : des haricots – rien d’autre – qu’ils auraient à ingurgiter en grandes quantités. Ils se rendraient alors au concert et on devine la suite. Imaginez un peu le tableau quand l’action commencerait. Le concert serait terminé avant même le premier mouvement ! (Il y a du Freud là-dedans, mais après tout!). Analysons cette tactique à la lumière des concepts que nous avons déjà mentionnés. La confusion provoquée sortirait entièrement du cadre de l’expérience de la « bonne «  société qui s’attendait au truc classique : réunions de masse, manifestations de rues, confrontations, marches. Même en imaginant le pire, ils n’auraient jamais pensé qu’on pût s’attaquer à leur joyau culturel, leur fameux orchestre symphonique. Deuxièmement, l’ensemble de l’action ridiculiserait la loi et il n’en existera jamais qui interdise les fonctions naturelles. Ici vous aurez un mélange de bruits, mais aussi d’odeurs, qu’on pourrait appeler des bombes puantes naturelles. Les bombes puantes habituelles sont illégales et peuvent faire arrêter immédiatement leur utilisateur, mais rien ici ne permettrait à la police ou aux huissiers ou à quiconque de réagir. La police se trouverait complètement paralysée. Les gens se mettraient à raconter l’histoire du concert et tous ceux qui l’apprendraient éclateraient de rire. Cet incident ferait apparaître l’orchestre symphonique sous un jour ridicule. Les pouvoirs publics n’auraient aucun recours pour réagir devant cette situation ou empêcher qu’une attaque de ce genre ne se reproduise. Que pourraient-ils faire ? Exiger que les gens ne mangent pas de haricots avant d’aller au concert ? Ordonner aux gens de se retenir pendant toute la durée du concert, même si c’est urgent ? Faire une déclaration publique aux termes de laquelle les concerts ne peuvent pas être interrompus par des dégagements d’odeurs corporelles ? Une déclaration de cette nature signifierait, à l’avenir, la ruine du festival. Imaginez un peu la tension dans la salle de concert au moment de l’ouverture ! Imaginez le sentiment du chef d’orchestre au moment de lever sa baguette ! Cette opération aurait aussi, à coup sûr, des retombées le matin suivant au petit déjeuner. Les femmes de cadres, à qui le festival apporte l’une de leurs principales fonctions sociales, accrocheraient leurs maris (cadres supérieurs ou jeunes cadres) en leur disant : « John, nous n’allons tout de même pas laisser ces gens-là ruiner notre festival. Je ne sais pas ce qu’ils veulent, mais quoi que ce puisse être, il faut absolument faire quelque chose pour empêcher qu’un tel scandale ne se reproduise. »

Pendant les vacances de Noël j’ai lu le journal Fakir pour la première fois de ma vie et c’était vachement bien. Pour les gens de droite du groupe qui ont encore rien suivi parce qu’ils étaient trop occupés à attendre la prochaine vente privée sur internet, Fakir c’est le canard fondé à Amiens par François Ruffin, le mec qui a fait le film « merci patron » (qui a ensuite été plus ou moins à l’origine de nuit debout). J’aime bien ce que fait Fakir parce qu’ils poursuivent deux objectifs :

  • sortir les gens de l’indifférence
  • montrer qu’il est possible d’agir localement (on a pas besoin d’avoir toute la France derrière soi pour faire changer les choses à son échelle)

Ce livre, « l’art de la guérilla sociale », tombait donc à pic. Assez court (140 pages), il se propose de vulgariser les thèses de Saul Alinsky, qui était un militant américain des années soixante, et qui a gagné plein de combats locaux à son époque en utilisant je cite « le rire comme arme, la ruse à la place de la force et le pragmatisme roublard ». Et franchement c’est hyper bien. Pour tout ceux qui comme moi sont un peu rétifs au militantisme « traditionnel » à base de saucisses grillées dans la rues et slogans de la CGT hurlés au microphone, ce livre vous ouvrira plein de perspectives nouvelles. Le parfait petit manuel pour faire chier, en somme (et 100 % garanti histoires de prout).

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(PS : pour ceux qui cherchent une idée de cadeau de naissance qui déchire sa race, Fakir propose un abonnement à vie pour la somme de 180 euros) (franchement si c’est le prix à payer pour être moins con, bah c’est pas si cher que ça)

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Pour rentrer en France pour les vacances de Noël, mon avion a eu la masse de retard et je me suis retrouvé à court de livres. L’inquiétude était palpable (on sait tous qu’un renard qui s’ennuie est un renard pénible), mais heureusement je suis miraculeusement tombé, au point presse du coin, sur ce bouquin de Mike Horn et c’était SUPAIR (j’ai aussi acheté « le liseur du 06h27 » et ce livre était une grosse daube. Je vous en parle même pas tellement c’était neuneu).

J’adore les histoires d’aventure. Sûrement parce que je suis l’animal le plus trouillard de la terre et que ma passion, dans la vie, c’est de vivre tout un tas de dangers par procuration, enroulé dans ma couette au coin du feu. Dans ce livre, Mike Horn fait chier sa femelle et tout son entourage décide de partir faire le tour du monde à pied, en vélo et en bateau, en s’imposant de rester dans une bande de quarante kilomètres autour de l’équateur. Je vous mets une carte pour que vous voyiez mieux à quoi ressemble son itinéraire :

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Bon alors c’est pas de la grande littérature, mais ça se lit vite et bien et en bonus vous emmagasinerez tout un tas de « survival tips » hyper utiles si tout à coup la civilisation s’effondrait.

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Je vous le dis tout net : j’avais de grands espoirs pour ce livre. Déjà à cause du titre : on aurait dit qu’il était fait pour moi. Ensuite à cause du pitch : un homme, déjà au chômage, se fait expulser de son appartement et décide de vivre dans sa voiture. Volontairement désœuvré, il arpente les rues de Paris à la recherche de signes d’une révolution à venir – signes qui vont se manifester sous la forme de tags bizarres sur les murs. Sur le papier tout y est : la critique du travail salarié, l’émergence d’un mouvement révolutionnaire type nuit debout qui inclurait les plus pauvres et pas seulement les gros bobos, etc. Sauf que passé les premiers chapitres, enthousiasmants, ça part en couille. Pour vous le dire simplement : je me suis mis à ne rien comprendre de ce qui écrivait l’auteur. Alors soit c’est vraiment de la poésie et je suis trop con pour saisir, soit à un moment Yannick Haenel s’est relâché le coussinet et a arrêté de tenir les fils de son intrigue (on ne sait pas). Par exemple si quelqu’un a une explication au sujet du passage suivant, qu’il n’hésite pas à se manifester dans les commentaires : « Privé de destin, le monde ne vaut pas mieux qu’une algue ou un tesson. C’est pourquoi la moindre occasion de déranger son ordre est si bouleversante: ceux qui se faufilent entre la fuite et le refuge ont deviné que la présence n’est qu’un exil, que rien d’autre n’existe que cet exil où les animaux, en effet, nous précèdent.«