ASTUCE DE CHÔMEUR #1

Salut les venimeux,

C’est officiel: je suis au chômage!

Je vous raconte même pas depuis combien de temps j’attendais ce moment (depuis que j’ai douze ans je crois). Par contre je ne sais pas vous mais moi, je m’imaginais que la transition entre le travail salarié et la liberté allait se produire de manière un peu plus solennelle – tel un esclave à qui l’on prévoit de retirer ses chaînes je me figurais naïvement que du champagne serait sabré et que tout du moins mes collègues de travail me feraient un petit truc sympa pour marquer mon départ. Que nenni les amis. ça a été comme si toutes ces années de souffrance au travail n’avaient servi absolument à rien. Aucune reconnaissance de mon sacerdoce. Lors de mon dernier jour, la moitié de mon équipe (dont mon chef) n’étaient pas là. Raison officielle: « c’est les vacances scolaires » (raison officieuse: never mind the bollocks). Je m’étais saigné en allant acheter 4 gros gâteaux à la boulangerie bio (si vous voulez savoir combien coûtent 4 gros gâteaux à la boulangerie bio je vous répondrai: une FORTUNE. j’aurais mieux fait de faire des stocks de beurre de cacahuète à la place) et les gens ont à peine picoré dedans, c’était un véritable gâchis (il faut dire qu’il y avait eu des œufs au bacon au petit-dèj et que le taux de cholestérol du groupe, en ce vendredi après-midi, était au max). Le clou du spectacle a été atteint au moment où j’ai dû me faire un discours à moi-même (personne ne se dévouant pour le faire) (hashtag joie et bonne humeur). Ensuite mes collègues m’ont offert mon cadeau avec l’air mal à l’aise des gens qui savent qu’ils offrent une bouse mais tentent d’être cordiaux quand même. Je vous le donne en mille: c’était une plante grasse. Le petit mot disait laconiquement: « merci pour les discussions à la cantine ».

Un véritable fiasco, quoi.

Je pensais que j’allais ruminer sur mon échec professionnel pendant environ trois mois et demi (je suis un animal rancunier) mais la vérité, c’est qu’au moment où j’ai posé le pied dans le terrier pour entamer ma nouvelle vie de chômeur, tout a été oublié. Notamment car le mâle m’a lancé dans la construction d’une ÉTAGÈRE:

dsc_4640waow amazing say TROP BEAU

Et quoi de mieux que le bricolage pour oublier ses soucis? Comme dirait l’ami Cavanna:

« Visser une vis dans du bois est un acte profondément sensuel. Je ne parle pas seulement de cette satisfaction de sentir la matière obéir, de ce sentiment de toute-puissance, de maîtrise des choses et de l’événement, mais bien d’une autre jouissance, simultanée mais différente, jouissance essentiellement, profondément physique. Les muscles de la paume, des doigts, de l’avant-bras et de l’épaule sont à la fête, chacun d’eux prend sa part de plaisir, un plaisir discret, calme et fort, et chaque tour la vis s’enfonce, et s’enfonce, sur la fin du parcours la résistance s’affermit, devient héroïque, elle ne cède que pas à pas, quart de tour à quart de tour, c’est fini, les muscles se relâchent, on respire, on s’aperçoit qu’on avait oublié de respirer. Enfoncer un clou est sensuel. On sent le clou céder un peu à chaque coup de marteau, céder à regret, ferme jusqu’au bout, on sait quel coup sera le dernier, on s’en réjouit d’avance, le voilà, à toute volée, victorieusement, c’est le coup qui scelle le clou, qui enfonce légèrement la tête dans l’épaisseur du bois… Et quand un tenon glisse enfin dans sa mortaise, poussé au cul à petits hochements de maillet, et vient buter juste bien en place… On a fait du définitif, on a mis ensemble ce qui était destiné à l’être de toute éternité… J’ai besoin d’une tâche, difficile mais pas hors de portée. Je m’attache aux objets, aux lieux. Surtout ceux que j’ai faits de mes mains, ou que j’ai conçus, ou sur lesquels j’ai beaucoup travaillé. Je suis tellement content de moi que j’ai une bouffée de plaisir chaque fois que je marche sur « mon » pavage, que j’appuie sur « mon » interrupteur, que je caresse le feuillage pétant de santé de l’arbre par moi planté. »

Du coup je me suis dit que j’allais vous faire un tuto spécial « astuce de chômeur ». Alors, comment fabriquer cette fabuleuse « étagère-design sur plan incliné » sans se ruiner? Déjà vous aurez besoin des trucs suivants:

  • une planche en bois (se pique facilement dans la rue près des poubelles quand les gens paresseux balancent la moitié de leur mobilier à la rue avant de déménager. si vous êtes audacieux et que vous souhaitez un résultat personnalisé vous pouvez toujours scier votre vieille table Ikea moche en petits morceaux)
  • 2 cordes assez solides, mais pas trop grosses non plus (on a toujours des bouts de corde qui traînent à la cave. laissez parler la blogueuse mode en vous pour ce qui est du choix des couleurs – dans mon cas, j’avais le choix entre jaune, rouge et vert mais je me suis dit que cette dernière teinte n’était pas idoine pour une cuisine)
  • 7 petits crochets
  • la perceuse du voisin
  • une équerre
  • un crayon à papier
  • un niveau à bulle (si vous n’en avez pas, tuto ici)

Ensuite la marche à suivre est assez simple et c’est assez rigolo, promis. Déjà commencez par vérifier que la planche est à la bonne taille. Une fois que vous avez un rectangle aux dimensions idoines, munissez-vous de votre équerre et tentez de vous rappeler de vos cours de CM2. L’objectif étant de positionner vos 5 crochets à égale distance a) l’un de l’autre b) du bord (pour les nuls en maths et en géométrie spatiale: courage). Une fois que vous aurez résolu ce problème, marquez la position de chaque crochet au crayon à papier, puis enfoncez-les. ça c’est la meilleure partie j’avoue. je crois qu’il n’y a rien de mieux dans la vie que de visser des crochets à une planche en bois (on a les plaisirs qu’on peut dans la vie hein).

dsc_4650du coup votre planche doit ressembler à ça à la fin

Ensuite c’est le moment de s’attaquer au moment tendax de ce tuto, à savoir le trou dans le mur. [astuce de chômeur: demandez à votre mâle de s’en occuper, et tant pis pour le féminisme]. Le but étant de fixer les 2 crochets muraux, ceux qui soutiendront les cordes de part et d’autre de la planche:

dsc_4645ou sous un autre angle de vue

dsc_4654Une fois que votre mur est percé sans trop de dommages collatéraux, et vos crochets, vissés, dégainez les bouts de corde. Coupez les à la longueur qui vous parait la plus appropriée (comme votre étagère est sur un mur en pente, le plus malin sera de raccourcir l’angle formé par la corde. mais plusieurs combinaisons sont possibles). Vous pouvez vous aider de votre niveau à bulle pour vérifier que l’étagère est bien parallèle au sol et pas toute branlante. Vérifiez la solidité de votre nœud, et c’est terminé! Vous pouvez désormais vous la péter lors de vos dîners mondains à base de « c’est moi qui l’ai fait ».

allez bye

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8 commentaires
  1. Hey, mais… ! Te voilà blogueuse DIY-lifestyle ? (option décroissance)

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    • renardeau a dit:

      ouai j’essaye d’élargir le cœur de cible de ce blog afin de recevoir plus d’articles sponsorisés

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  2. yonrogg a dit:

    C’est là qu’on voit qu’un collègue c’est juste un voisin de travail. C’est souvent très con et parfois bizarrement sympathique. Oh que c’est louche un collègue sympathique.

    Pour moi un collègue super coocool c’est un machin qui va essayer de se décharger de toutes les tâches foireuses sur toi à la moindre occasion, avoir de bonnes idées devant le chef qu il fera réaliser par ses chers collègues et amis, voire te tuera professionnellement si besoin est, au cas où. Ce mot « collègue » appelle le chomage volotaire et bénévole!!!!!!!!!

    Pour ne pas être « collègue » il faut rester invisible. C’est ma technique.

    Le bricolage, ça me rappelle mes collègues…

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    • renardeau a dit:

      ouai je plussoie sur la technique de l’invisibilité (travailler avec des écouteurs aide à ne pas se sociabiliser également)

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  3. O. a dit:

    Je trouve qu’elle est super jolie votre étagère. Félicitations à tous les deux (même si objectivement c’est toi qui as fait la plus grande partie du boulot, c’est évident à la lecture et à la vue des photos).

    Une plante grasse n’est pas une bouse. C’est peut-être le degré minimal de l’attention et de l’affection selon toi, mais c’est pas une bouse.

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  4. O. a dit:

    On les appelle aussi « plantes succulentes ».

    HA!

    Allez, bye le délicieux.

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    • renardeau a dit:

      nan mais on ne me fera pas croire que les plantes grasses sont COOL (je suis sûr que ça se mange même pas en plus)

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